Francois Auguste Biard – Proclamation of the Abolition of Slavery in the French Colonies 23rd April 1848, 1849
Emplacement: Palace of Versailles (Château de Versailles), Paris.
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Lœuvre dépeint un moment solennel, une scène publique emplie d’émotion et d’attente. Le regard est immédiatement attiré par la figure centrale : un homme en uniforme, probablement un représentant de lautorité coloniale, brandissant un drapeau tricolore. Il se tient sur une estrade improvisée, un tissu rouge servant de tapis, et son geste semble marquer laboutissement dune proclamation.
Autour de lui, une foule disparate réagit à lannonce. On distingue clairement deux groupes principaux : dune part, des femmes blanches, élégamment vêtues, formant une barrière humaine à lavant-plan, leurs visages exprimant une gamme démotions allant de lappréhension à la satisfaction. Dautre part, une foule plus nombreuse, constituée dhommes, de femmes et denfants à la peau sombre, semble à la fois soulagée et incertaine. Certains sont agenouillés, les mains jointes en prière, tandis que dautres se tiennent debout, leurs bras levés, les poignets encore marqués par les chaînes brisées. Ces chaînes, symboles puissants de loppression passée, sont par terre, dispersées au pied de lestrade, soulignant la rupture avec un système injuste.
Larrière-plan offre un paysage tropical luxuriant, avec des palmiers et une étendue deau, suggérant le contexte colonial dans lequel se déroule la scène. La lumière, bien que diffuse, met en valeur les visages et les corps, intensifiant limpact émotionnel de lévénement.
Au-delà de la représentation littérale dune abolition, le tableau recèle des sous-textes complexes. La disposition des groupes, avec les femmes blanches formant une sorte de rempart entre les deux communautés, suggère une tentative de maintenir une certaine distance sociale, même après labolition. Leurs expressions, mélangeant inquiétude et espoir, témoignent peut-être des incertitudes et des craintes liées à lavenir.
La présence des chaînes brisées, bien que célébrant la liberté retrouvée, évoque également le passé douloureux de lesclavage, et la tâche ardue de la réconciliation. Lœuvre ne présente pas une libération pure et simple, mais plutôt un moment de transition, un instant suspendu entre le passé et lavenir, où la joie se mêle à lincertitude et à lappréhension. On sent une volonté de légitimer laction, de la présenter comme un acte de progrès, mais aussi une certaine prudence, voire une certaine ambivalence, face aux conséquences de cette abolition.