« Til » de Grigory Gorin, résumé
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Cette pièce, écrite en 1970, est une réinterprétation audacieuse et pleine d’esprit du célèbre roman de Charles de Coster. Le texte fut créé spécialement pour le Théâtre Lenkom et son metteur en scène principal, Mark Zakharov, et devint la base d’une production légendaire. L’auteur y mêle des éléments historiques à une satire mordante, transformant le héros flamand en un rebelle solitaire et intrépide qui défie la tyrannie et le sectarisme.
Prologue et jeunesse du héros
L’histoire commence en Flandre, chez Claes, mineur de charbon. Sa femme, Soetkin, est enceinte. Le poissonnier Joost vient leur rendre visite. Le bourreau boit de la bière et lit le décret du roi d’Espagne : la lecture de livres interdits et le fait d’abriter des hérétiques seront punis du bûcher, et les délateurs recevront un tiers des biens du condamné. Joost s’intéresse aussitôt au gain financier que représentent les dénonciations. Sa voisine, Catalina, prédit la naissance de deux enfants : le prince espagnol Philippe et le fils de Claes, qui deviendra l’esprit et le grand moqueur des Flandres. Soetkin donne naissance à un garçon, et le père, comblé de bonheur, le nomme Til.
Les années passent. Katalina sombre dans la folie après avoir subi d’horribles tortures de la part de l’Inquisition. Le gros Lamme Gudzak se plaint de sa femme Kalliken, qui lui refuse toute intimité conjugale sur ordre strict du moine Cornelius. Sur la place du village, Damme Til raille un vendeur d’indulgences et propose aux badauds un portrait à son effigie, en leur montrant un cadre vide. Il chante des couplets moqueurs sur les personnes représentées dans ce cadre. Profos, offensé par la cruelle plaisanterie à l’égard du roi, condamne l’insolent à l’exil : il devra se rendre à pied à Rome pour implorer le pardon du pape. Til fait ses adieux à sa fiancée, Nele. Lamme entreprend un long voyage avec son ami.
La rencontre avec le roi et la mort du père
Le monarque espagnol, Philippe II, s’ennuie profondément au palais. Ni la passion de la reine Marie ni les rapports de l’Inquisiteur sur la rébellion grandissante des Geuzen de la forêt ne le réjouissent. Le roi, obsédé par l’ordre, décide de livrer la moitié des biens des hérétiques à des informateurs. Pendant ce temps, à Damme, un bourreau, muni d’un fagot de cordes, arrête Claes. Jost avoue hypocritement à Soetkin avoir rédigé la dénonciation. Le traître espère ainsi découvrir où se trouve le frère protestant décédé de Claes. La femme, furieuse, maudit le poissonnier.
Sur le chemin du retour de Rome, des patrouilleurs espagnols arrêtent Thiel et Lamme pour vagabondage. Le jeune homme insolent est conduit dans les appartements de Philippe II. Le roi offre au prisonnier l’honorable charge de peintre de la cour et la réalisation d’un portrait de groupe. En réponse, le Flamand se moque ouvertement des inquisiteurs, de la reine et du duc d’Albe. Furieux, le souverain ordonne qu’on lui tranche la gorge, exigeant qu’il implore sa grâce à haute voix. Dans un dernier souffle, le condamné demande au monarque de l’embrasser sur les lèvres, car il ne peut parler flamand. Philippe apprécie la raillerie du bouffon et le libère.
À Damme, le procès brutal de Claes s’achève. Le charbonnier torturé refuse d’abjurer ses convictions. À la demande de la foule en délire, l’inquisiteur remplace le feu lent par un feu vif. Le condamné s’adresse à ses concitoyens, les exhortant à se libérer de leur peur servile. Til arrive sur le lieu de l’exécution et embrasse son père une dernière fois. Le bourreau remet à Soetkin une poignée des cendres de Claes, et la mère, accablée de chagrin, accroche l’urne à la poitrine de son fils. Jost supplie le vengeur de le tuer pour apaiser son remords, mais celui-ci refuse de se souiller les mains. Cette nuit-là, Katalina, bouleversée, donne aux jeunes amoureux une potion de la forêt. Des esprits désincarnés apparaissent à Til et Nele, appelant à un massacre sanglant et à la mort, mais la jeune fille sauve son fiancé par son amour sincère.
Trahison et guerre
Quarante jours après le bûcher, la famille organise une veillée funèbre. Jost, déguisé en Hans le Chevalier Noir, trompe et ensorcelle Katalina pour qu’elle lui remette l’argent caché de Klaas. De retour chez lui, Til découvre le vol. Comprenant que la résignation ne protège pas des prédateurs, il se dispute violemment avec Nele et part avec son fidèle Lamme rejoindre les rebelles. Les cendres de son père brûlent sa poitrine.
Au camp militaire de Geuzen, le mercenaire allemand Riesenkraft entraîne de nouvelles recrues. Il insulte les Flamands, et Eulenspiegel, de sang-froid, frappe l’officier avec un balai. Le prince d’Orange ordonne l’exécution immédiate du rebelle, mais les soldats sont à court de munitions depuis longtemps. Le jeune homme arrêté fournit au prince des renseignements précis sur les effectifs et les finances des troupes espagnoles, calculés à partir du nombre de prostituées de l’armée. Le prince d’Orange nomme ce tacticien ingénieux commandant de la ville de Brielle, alors occupée par l’ennemi régulier.
La chute de Brill
Le roi inspecte les garde-côtes au port de Brielle. Le commandant de la garnison locale, le général de Lumes, se vante de batteries habilement camouflées. Philippe flirte ouvertement avec l’épouse du général, Anna, et caresse sa croix de guerre. Un poissonnier arrive et informe le monarque de l’avancée des navires de la Geuse et de l’apparition d’Eulenspiegel à l’arrière. Tard dans la soirée, Thiel entre dans la chambre d’Anna par une fenêtre, la charme habilement par des paroles romantiques et s’empare sans difficulté d’une carte des fortifications secrètes.
Le matin, le saboteur revêt un uniforme de soldat espagnol et prend son poste de sentinelle au fort, plein d’assurance. Il contraint le déserteur Riesenkraft à mener la patrouille plus loin sur la côte. Le général de Lumes prend la sentinelle solitaire pour son compatriote barcelonais, visiblement ennuyé, et lui décrit avec nostalgie le déploiement de l’artillerie. Après avoir remis la carte capturée au prince d’Orange, arrivé juste à temps, Thiel retourne dans la ville dangereuse pour secourir Lamme, porté disparu.
L’embuscade dans un bordel et le dénouement
Dans l’établissement louche du vieux Stephen, des prostituées attendent nonchalamment les clients. Le moine avide Cornelius vend la naïve Kalliken au propriétaire pour 200 florins. Des prostituées entraînent également Lamme, malgré lui, à l’intérieur. Le couple se reconnaît avec joie derrière un paravent. Til apparaît et comprend qu’il est tombé dans une embuscade tendue par Jost, assoiffé de vengeance. Il persuade rapidement les femmes de travailler pour les rebelles et de séduire en masse les officiers espagnols à la veille de l’assaut nocturne. Des soldats armés font irruption. Le poissonnier place un couteau froid sous la gorge de Kalliken, menaçant de la tuer sur-le-champ. Til remet volontairement son arme aux gardes pour sauver la vie des siens.
La nuit, dans sa cellule, le condamné se dispute intérieurement avec l’esprit de son père, rejette les justifications de la tyrannie de Philippe II et confesse sincèrement son amour à une Nele imaginaire. Un bourreau, un ancien bourreau de Damme, entre dans la cellule. Poussé par le besoin, son compatriote a repris son métier sanglant. Un garde ivre suggère d’échanger leurs vêtements pour tromper les gardes. Soudain, Jost apparaît et tire dans le dos du bourreau, croyant avoir tué Thiel. Le traître tire alors à bout portant sur le prisonnier, mais celui-ci reste mystérieusement indemne. Croyant que les balles sont à blanc, le poissonnier se tire une balle et est tué par une vraie.
Au matin, les Gueuze victorieux prennent la ville. Lamme et Til, épuisés, sont assis sur l’estrade vide. Le gros homme reproche à son ami d’être resté immobile pendant la cérémonie et d’avoir laissé Oransky organiser des funérailles fastueuses aux frais de l’État. Til explique : «Tu sais, Lamme, quand règne le calme et la tranquillité, quand tout va bien, je ne suis peut-être pas d’une grande utilité. Mais si le malheur frappe à la maison, alors je serai là!» Les amis dressent une lourde croix de bois et la recouvrent d’un bonnet de bouffon à grelots. Parents et camarades survivants se rassemblent tristement autour de la fausse tombe, et le héros immortel entonne à pleins poumons son chant entraînant.
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