Alexandre Hogue – Hogue ErosionNo2-Mother-Earth-Laid-Bare-sj
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Lœuvre déploie un paysage singulier, dune étrange familiarité et dune inquiétante étrangeté. Au premier abord, on perçoit une topographie sculptée, un relief ondulant de teintes ocres et beige, évoquant à la fois des dunes et des formes organiques, presque corporelles. L’aspect sinueux et les courbes généreuses de ces formations suggèrent, de manière troublante, une représentation anthropomorphe, rappelant la silhouette dune femme allongée, dénudée. Cette allusion au corps féminin, à la Terre Mère, est renforcée par labsence de toute autre présence humaine immédiate, si ce nest une distance respectueuse.
Au loin, une ferme isolée s’épanche sur un horizon sombre, souligné par un ciel menaçant, chargé de nuages violacés. Cette habitation, modeste et légèrement délabrée, se présente comme un dernier vestige dune occupation humaine, un point de repère fragile dans un environnement en mutation. La présence dune clôture, à peine perceptible, et dune silhouette d’oiseau en vol accentue le sentiment de solitude et de désolation.
Au premier plan, un outil agricole, un charrue rouillée et abandonnée, repose sur le sol. Cet objet, symbole de travail de la terre, de domestication de la nature, se trouve ici délaissé, comme inutile, voire impuissant face à la force érosive du paysage. La petite mare d’eau, reflétant le ciel sombre, ajoute une dimension mélancolique à la scène, soulignant labsence et la perte.
L’ensemble de la composition suggère une réflexion sur le rapport entre lhomme et la nature. On ressent une tension palpable entre le désir de maîtrise et limpuissance face aux forces géologiques. La dénudation du paysage, la mise à nu de la « Terre Mère », comme l’indique le titre, peut être interprétée comme une critique de l’exploitation des ressources naturelles, une méditation sur la fragilité de lenvironnement et les conséquences de laction humaine sur le long terme. La vulnérabilité de la ferme et le silence assourdissant du paysage évoquent un futur incertain, une remise en question des modes de vie et des valeurs. Lœuvre, dans son ambiguïté, invite à une contemplation silencieuse, à une prise de conscience de la précarité de notre existence face à l’immensité de la nature.