Uffizi – Parmigianino - Madonna with the long neck
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Lattention du spectateur est immédiatement captée par une composition singulière, qui défie les conventions établies de la représentation sacrée. On y observe une Vierge Marie, installée sur un siège, dont le cou sallonge de manière inhabituelle, presque fantasmagorique. Elle semble regarder au loin, son expression empreinte dune mélancolie pensif, voire distanciée. L’enfant Jésus, assis à ses pieds, se tend vers un personnage féminin, probablement une Sainte Anne, qui lui présente une amphore.
À larrière-plan, un paysage vaste et inquiétant se déploie. Une architecture classique, avec une colonnade imposante, sélève dans un lointain brumeux. Une tour solitaire, également dinspiration antique, se dresse à côté, contribuant à une atmosphère à la fois grandiose et déconcertante. Le ciel, sombre et orageux, suggère un certain malaise, un présage peut-être.
La mise en scène générale est marquée par un jeu complexe dellipses et de perspectives déformées. Les figures ne sont pas disposées de manière naturelle et équilibrée; elles semblent comprimées, étirées, voire contorsionnées. Lespace est comprimé, ce qui renforce le sentiment de tension et d’étrangeté.
Lartiste a choisi de privilégier lesthétique à la narration conventionnelle. Les proportions sont exagérées, les postures artificielles, ce qui crée un effet de dissonance. Cette stylisation poussée ne vise pas à reproduire la réalité, mais à explorer les possibilités de la forme et de lexpression.
L’œuvre suscite une réflexion sur la nature de la beauté et de la représentation. Lélargissement du cou de la Vierge, par exemple, semble moins être une déformation accidentelle qu’une volonté délibérée d’explorer des idéaux de beauté nouveaux, peut-être inspirés par les modèles antiques et par la cour de Fontainebleau.
Il est possible dy déceler une critique implicite des conventions artistiques de lépoque, une volonté de se démarquer et de proposer une vision personnelle et singulière de la scène religieuse. La mélancolie qui émane des personnages, ainsi que le paysage inquiétant, laissent entrevoir une certaine ambivalence, voire un questionnement sur le sens de la foi et de la beauté. On peut également y voir une exploration des thèmes de la vanité et de la fugacité du temps, suggérés par la décomposition et la transformation des formes.