"Histoire de l’Ordre de Malte" par AR Andreev, VA Zakharova, IA Nastenko, résumé
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Écrit en 1999 à l’occasion du neuvième centenaire de la plus ancienne confrérie de chevalerie, cet ouvrage retrace en détail l’évolution des Hospitaliers, de leurs débuts comme unités de croisés à leur rôle dans une mission humanitaire mondiale, en mettant l’accent sur les relations diplomatiques russo-maltaises. S’appuyant sur des documents originaux conservés aux Archives de la Mission de l’Ordre souverain militaire de Malte à Moscou, il documente avec précision les normes juridiques, la hiérarchie interne et les transformations historiques de l’organisation.
L’hôpital de Jérusalem et les premières forteresses
À l’automne 1095, au concile de Clermont, le pape Urbain II appela les chrétiens à libérer le Saint-Sépulcre. Une immense armée de croisés se mit en marche vers l’Orient. En juillet 1099, les troupes de Godefroy de Bouillon s’emparèrent de Jérusalem après un long siège. Le premier roi de Jérusalem fit don du village de Salsola à l’hospice johannite. Gérard de Thorn devint le supérieur de la confrérie. Les moines soignaient les blessés et nourrissaient les pèlerins pauvres.
En 1120, Raymond de Puy fut élu supérieur des Hospitaliers. Il rédigea la première charte, qui imposait aux frères des vœux de chasteté, d’obéissance et de pauvreté volontaire. L’ordre était divisé en chevaliers de noble naissance, chapelains et écuyers. Les chevaliers de Saint-Jean portaient des robes de drap noir ornées d’une croix de lin blanc à huit pointes. Au combat, ils revêtaient des capes rouges. Le pape Innocent II publia une bulle affranchissant les Hospitaliers de l’autorité des autorités locales.
La Confrérie reçut de nombreuses forteresses au Moyen-Orient pour protéger les pèlerins. Le château de Krak des Chevaliers était protégé par une double enceinte de pierre, des douves creusées dans la roche et une garnison de 2 000 hommes. À l’intérieur, des moulins, des greniers et un aqueduc fournissaient l’eau potable. La forteresse de Margat contenait des vivres pour un siège de cinq ans. En 1187, l’armée du sultan égyptien Saladin vainquit les Croisés à Hittin et occupa Jérusalem. Les Chevaliers transférèrent leur capitale à Acre. En 1291, les Mamelouks s’emparèrent des derniers bastions chrétiens du Levant. Les Hospitaliers se réfugièrent sur l’île de Chypre, où ils reconstituèrent leurs forces dans la ville de Limisso pendant une vingtaine d’années.
L’époque de Rhodes et la lutte en mer
En 1310, le Grand Maître Fouquet de Villaret reconquit l’île de Rhodes aux Turcs. Un État souverain et indépendant y fut établi. La Confrérie fut divisée en huit sections nationales : Provence, Auvergne, France, Italie, Aragon, Castille, Allemagne et Angleterre. Les biens de l’Ordre du Temple, dissous en 1312, furent transférés aux Chevaliers de Saint-Jean par décision du pape Clément V. Le Grand Maître, conjointement avec le Chapitre sacré et le Conseil, exerçait le gouvernement.
Les chevaliers rhodiens construisirent des galères blindées à plusieurs rames et commencèrent à utiliser le feu grégeois. La flotte des chevaliers de Saint-Jean vainquit la flottille d’Osman à Amorgos en 1310 et à Chios en 1318. En 1480, l’armée turque de Meshi Pacha, forte de 70 000 hommes, tenta de s’emparer de Rhodes. Le grand maître Pierre d’Aubuisson combattit personnellement dans les brèches et fut blessé à cinq reprises. Les Turcs battirent en retraite. Le sultan Bayezid II, en signe de réconciliation, offrit aux chevaliers la main droite de Jean-Baptiste.
En 1522, le sultan Soliman le Magnifique débarqua à Rhodes avec une armée de 200 000 hommes, appuyée par 400 navires. Trois cents chevaliers, sous le commandement de Philippe de Villiers de l’Isle-Adam, défendirent la forteresse pendant six mois. Les Turcs perdirent 100 000 soldats, tués ou victimes de maladies. Le sultan accepta une reddition honorable. Le 1er janvier 1523, les chevaliers de Saint-Jean quittèrent l’île, emportant leurs canons, leurs bannières et leurs reliques chrétiennes. L’empereur Charles Quint qualifia cette défense de défaite la plus honorable de l’histoire militaire.
Défenseurs de Malte
En 1530, Charles Quint céda aux Hospitaliers les îles de Malte et de Gozo, ainsi que la ville africaine de Tripoli. Le loyer annuel s’élevait à un faucon de chasse vivant. La plus grande épreuve des chevaliers survint lors du Grand Siège de 1565. L’armée de Mustafa Pacha, forte de 30 000 hommes, débarqua. Le fort Saint-Elme tomba après un violent bombardement. Le Grand Maître Jean de La Valette ordonna de jeter sur les assaillants des cercles de bois enflammés, imbibés de salpêtre et de goudron. Les Turcs battirent en retraite, perdant 25 000 hommes. En l’honneur de leur chef, les chevaliers fondèrent une nouvelle capitale fortifiée : La Valette.
La flotte maltaise participa à la bataille de Lépante le 7 octobre 1571. Trois galères des Chevaliers de Saint-Jean, commandées par Pietro Giustiniani, combattirent sur le flanc gauche. La victoire chrétienne mit fin à la domination ottomane en Méditerranée. La Confrérie s’affirma comme une puissance souveraine, dotée de la meilleure académie navale, d’une vaste bibliothèque et d’hôpitaux modernes.
Contacts diplomatiques avec la Russie
L’intérêt de l’État russe pour Malte s’est manifesté sous le règne de Pierre le Grand. Le boyard Boris Sheremetev visita l’île au printemps 1698. Le grand maître Raymond de Pereillos le reçut avec les honneurs et lui offrit une croix sertie de diamants. Cet été-là, l’intendant Piotr Tolstoï inspecta l’arsenal, l’hôpital et la grotte de l’apôtre Paul. Sous le règne de Catherine II, des officiers de la marine russe furent formés sur des galères maltaises. L’escadre russe de l’amiral Grigori Spiridov effectua des réparations dans les ports maltais durant la campagne de Chesma.
Les partages de la Pologne ont transféré les terres de l’Ostroh Majorat à l’Empire russe. Ces possessions finançaient historiquement le Prieuré polonais des Hospitaliers. L’ambassadeur du bailli Giulio Litta arriva à Saint-Pétersbourg pour exiger le remboursement des revenus. L’empereur Paul Ier accepta de régler la dette. Le 4 janvier 1797, les parties signèrent une convention établissant le Grand Prieuré de Russie. Le trésor alloua trois cent mille zlotys polonais pour l’entretien annuel des commanderies.
L’empereur Paul Ier à la tête des Hospitaliers
Durant l’été 1798, l’escadre française de Napoléon Bonaparte approcha de Malte. Le Grand Maître Ferdinand von Hompesch capitula sans opposer de résistance et remit les forts aux Français. Indignés, les chevaliers se rassemblèrent à Saint-Pétersbourg. Ils accusèrent Hompesch de lâcheté et le destituèrent. En novembre 1798, Paul Ier fut proclamé nouveau Grand Maître.
Le monarque russe créa une branche orthodoxe distincte de la confrérie. La haute noblesse obtint le droit d’établir des commanderies familiales, moyennant un pourcentage des revenus de leurs domaines. La croix de Malte blanche figura sur les armoiries de l’Empire russe. À Saint-Pétersbourg, l’architecte Giacomo Quarenghi érigea la chapelle catholique Saint-Jean. À l’automne 1799, la main droite de Jean-Baptiste, un fragment de la Vraie Croix et l’icône de Philermos furent solennellement remis à Gatchina.
La flotte britannique bloqua la garnison française de Malte. Paul Ier ordonna à l’amiral Fiodor Ouchakov de préparer un débarquement. Les Britanniques occupèrent l’île en septembre 1800 et refusèrent d’y laisser entrer les soldats russes. Une grave crise diplomatique s’ensuivit. L’assassinat de Paul Ier au château Saint-Michel, le 12 mars 1801, mit fin à la confrontation politique. Les conspirateurs, parmi lesquels le comte Palen et le général Bennigsen, agissaient avec le soutien de la diplomatie britannique.
Quitter la Russie et s’installer à Rome
L’empereur Alexandre Ier renonça au titre de Grand Maître. Il conserva celui de Protecteur et confia au comte Nikolaï Saltykov la gestion provisoire des affaires de l’Ordre. Le pape Pie VII nomma l’Italien Giovanni Battista Tommasi à la tête des Hospitaliers. Le gouvernement russe cessa de verser les responsa en 1810. En 1817, les activités des Chevaliers de Saint-Jean en Russie furent définitivement suspendues. Les reliques de l’Ordre furent conservées dans la cathédrale de Gatchina, puis, après la révolution de 1917, transportées secrètement en Europe et placées dans un monastère monténégrin.
La Confrérie perdit la plupart de ses propriétés européennes. Après de nombreux déménagements, le Chapitre acquit un hôtel particulier Via Condotti à Rome. Son siège permanent y fut établi en 1834. En 1879, le pape Léon XIII rétablit le titre de Grand Maître.
Mission humanitaire au XXe siècle
Au XXe siècle, les Hospitaliers durent entreprendre d’importantes œuvres caritatives. Durant la Première Guerre mondiale, ils organisèrent des trains sanitaires. La croix blanche devint un symbole de l’assistance médicale au front. En 1960, des notes diplomatiques obtinrent l’extraterritorialité des sites romains.
Aujourd’hui, cette entité souveraine entretient des relations diplomatiques avec quatre-vingt-un États. L’organisation est dirigée par le Grand Maître Andrew Bertie. Elle gère des centaines d’hôpitaux, de léproseries et de banques de sang. Sa constitution distingue strictement trois catégories de membres : les Chevaliers de Justice, qui prononcent des vœux monastiques, les Chevaliers d’Obéissance et les laïcs de troisième classe. Des centres du Service de Secours de Malte sont présents en Russie et fournissent régulièrement aux hôpitaux de Moscou, Saint-Pétersbourg et Smolensk des tonnes de médicaments, de matériel et d’aliments pour bébés.
Les auteurs de cet ouvrage exposent en détail les activités d’organisations autoproclamées modernes. Des marchands en Amérique et en Europe vendent activement de faux titres de chevalerie, revendiquant sans fondement une succession mythique du prieuré orthodoxe de Paul Ier. Des groupes comme l’association américaine de Shickshinny utilisent ces titres contrefaits pour s’enrichir. L’ordre catholique authentique ne reconnaît pas ces entités commerciales et mène son action humanitaire exclusivement par le biais d’associations nationales officielles.
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