« Les victimes n’ont aucun droit », d’Arkady et Georgy Vainer, résumé
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Ce roman policier soviétique classique, écrit en 1986, mêle habilement intrigue criminelle et questionnements moraux et éthiques. Son principal ressort réside dans une situation paradoxale : un homme endosse volontairement la responsabilité d’un meurtre pour protéger les véritables coupables, tandis que les victimes tentent par tous les moyens d’étouffer l’affaire. Le titre original, « Faire des délits de fuite à tout va », est une citation directe d’un instructeur de conduite militaire adressé au protagoniste.
Toujours en 1986, le réalisateur Bolat Shmanov a réalisé une adaptation cinématographique du même nom aux studios Kazakhfilm. Le film a connu un franc succès, attirant plus de dix millions de spectateurs dans les salles soviétiques.
Nouvelles fonctions de l’enquêteur
Le procureur principal Boris Vassilievitch Subbotin emmène sa femme Lila à Moscou pour une formation avancée. À son retour, il reprend le dossier de son collègue, Piotr Verechtchaguine, qui est promu. Une affaire exige une résolution urgente : le chauffeur Alexandre Stepanov est accusé d’avoir délibérément renversé un groupe de personnes. Vassili Drozdenko est décédé dans l’accident. Suren Egiazarov, le maître d’hôtel du restaurant Central, a été grièvement fracturé aux deux jambes.
Stepanov est en détention provisoire et reconnaît pleinement sa culpabilité. L’accusé affirme s’être disputé avec un groupe d’inconnus sur le parking d’un kebab. Il aurait alors provoqué une bagarre, pris le volant de sa vieille Pobeda et foncé dans la foule. Subbotin rend visite à Stepanov dans sa cellule d’isolement. Il y a été placé pour une rixe avec ses codétenus. L’enquêteur remarque un comportement inhabituel chez le détenu : Stepanov se vante, est en colère et son témoignage est confus. Il ne manifeste aucun remords, bien qu’il ait exprimé verbalement être prêt à subir une peine sévère.
Rencontres avec les victimes
Subbotin se rend à l’hôpital pour voir Suren Egiazarov. Le maître d’hôtel est en traction, mais de bonne humeur. Il écoute un magnétophone japonais lorsqu’une serveuse séduisante, Marina, arrive. Elle porte un uniforme de l’US Air Force, ce qui amène Subbotin à la prendre ironiquement pour une pilote. Egiazarov prend l’inspecteur pour un agent du Gosstrakh et se comporte avec une aisance déconcertante. Lorsqu’il apprend la vérité, il n’en est pas le moins du monde gêné. La victime offre de l’argent à Subbotin pour le dédommager et le supplie de libérer Stepanov. Il justifie sa demande par un élan soudain de générosité. Marina, la serveuse, assure à l’inspecteur qu’elle a personnellement assisté à la bagarre. Cependant, elle confond les noms, ce qui prouve la fausseté de son témoignage.
Plus tard, Subbotin se rend au restaurant Central pour interroger les autres participants au pique-nique. Il exige le témoignage du directeur Eduard Vinokurov et du chef Valery Karmanov. Ce sont des hommes bien nourris, sûrs d’eux et bénéficiant de nombreuses relations. Karmanov affirme que Stepanov les a agressés sans provocation. L’enquêteur retrouve Vinokurov dans un établissement de bains huppé. Le directeur du restaurant, entouré d’une suite servile, persuade Subbotin d’abandonner les investigations inutiles. Il lui propose un festin somptueux en échange de la conclusion rapide de l’affaire. Subbotin décline l’offre, éprouvant une aversion croissante pour ce groupe.
Preuves cachées
Lors de son entretien avec Alexey Plakhotin, le chauffeur du food truck, Subbotin remarque de nouvelles incohérences. Plakhotin ment ouvertement au sujet de la bagarre. L’enquêteur l’oblige à enlever son T-shirt et découvre de terribles ecchymoses sur son corps. Le chauffeur se défend maladroitement, prétextant une chute. Subbotin ordonne un examen médico-légal pour constater les blessures.
L’enquêteur se rend ensuite sur les lieux du crime : un restaurant de barbecue en bord de route. Akhmet Sadykov, cuisinier expérimenté, y travaille. Subbotin interroge Valya, le gardien d’une pension de famille voisine, et Abdrazakov, un vacancier. Des témoins confirment que la bagarre a commencé avant que la voiture de Stepanov ne recule. Subbotin mesure lui-même la distance à l’aide d’un mètre ruban. La distance entre le restaurant et le carrefour est exactement de 118 mètres. Abdrazakov ajoute un détail inquiétant : il a clairement vu une lame brillante dans les mains de l’un des agresseurs.
Subbotin organise une fouille du bosquet voisin à la recherche d’indices. Les garçons, dont Marat, le fils de l’enquêteur, découvrent un lourd couperet de cuisine dans la boue. Ferapontov, un vieux coutelier qui fabrique des couteaux sur mesure, examine la lame, reconnaît sa marque et confirme les soupçons de l’enquête. Cet énorme couperet, pesant six cents grammes, a été forgé spécialement pour le chef Karmanov. La véritable arme du crime a été retrouvée.
Pression sur l’enquête
Chez lui, Subbotin est confronté à un défi tout aussi difficile. Il vit modestement avec son fils Marat et sa belle-mère, Valentina Stepanovna. Le jour de l’anniversaire de son fils, l’enquêteur rentre du travail et découvre que l’enfant a reçu un cadeau d’une valeur inestimable : un magnétophone portable japonais. Il s’avère que le généreux donateur est Oleg Karmanov, le fils du chef cuisinier faisant l’objet de l’enquête.
Subbotin comprend immédiatement le sens caché de ce cadeau. C’est un pot-de-vin déguisé, une tentative d’acheter la loyauté par le biais des enfants. Boris Vassilievitch est inflexible. Il oblige son fils, bouleversé, à rendre le cadeau sur-le-champ. L’enquêteur explique au garçon la règle ancestrale des gens honnêtes : on ne doit accepter que ce que l’on est capable de se donner soi-même. Cet épisode souligne l’incorruptibilité absolue de Subbotin.
Ils tentent également d’influencer l’enquêteur par d’autres moyens. Subbotin rencontre par hasard son ami d’enfance, Senka Tolstopaltsev. Ce dernier dirige une entreprise de rénovation d’appartements et a amassé une fortune et des relations. Senka, par amitié, propose de rénover le modeste appartement des Subbotin avec luxe. Au cours de la conversation, un élément crucial est révélé : Tolstopaltsev agit sur ordre direct d’Eduard Vinokurov et cherche à apaiser l’avocat récalcitrant. Subbotin repousse fermement ces avances.
Reconstitution des événements
Les éléments de l’enquête commencent à se préciser. Subbotin comprend que la mafia des restaurants est impliquée dans un vaste trafic de viande. Le chauffeur, Plakhotin, devait de l’argent à Vinokurov et Karmanov pour des marchandises qu’il revendait au noir. Cette nuit-là, les criminels l’ont sauvagement agressé sur le parking. Alexander Stepanov, qui passait en voiture, a assisté à la scène et s’est précipité à son secours. Les restaurateurs l’ont attaqué. Karmanov a tenté de frapper le jeune homme avec un grand couperet.
Stepanov se réfugia dans la forêt, éloignant les assaillants de sa voiture. Son jeune frère, Vadik, dormait à l’intérieur du Pobeda. Étudiant en mathématiques de dix-sept ans, il ne savait pas conduire. Réveillé par des cris, Vadik, terrifié, aperçut des hommes armés. Il prit le volant et tenta de se rapprocher pour sauver son frère, mais, pris de panique, il actionna mal les pédales. La voiture fonça dans la foule.
Alexander Stepanov assuma l’entière responsabilité, celle de sauver son frère de la prison. Les restaurateurs approuvèrent sans réserve cette version. Ils n’avaient absolument aucun besoin d’une enquête approfondie. L’attention de la police aurait pu mettre au jour leurs trafics de viande et leur tentative de meurtre. Un climat de silence s’installa, les victimes protégeant le faux meurtrier.
Le dénouement de l’histoire
Subbotin recrute des agents de l’OBKhSS, le département de lutte contre le vol de biens socialistes, pour participer à l’opération. Ils arrêtent Plakhotin et Akhmet en flagrant délit alors qu’ils déchargent la viande volée. Terrifié, Plakhotin avoue tout. Il témoigne des vols, du passage à tabac pour une dette et de la tentative de meurtre sur Stepanov. Karmanov a poursuivi le jeune homme avec un couteau sur ordre direct de Vinokurov.
Le procureur Shatokhin avait auparavant exigé la clôture rapide de cette affaire manifestement irrémédiable sous la pression de sa hiérarchie. Ce jeune homme, adepte d’un mode de vie sain, craignait de faire chuter les statistiques. Il soutient désormais Subbotin. Ce dernier signe un décret de libération de Stepanov. Subbotin convoque Vadik Stepanov dans son bureau et le confronte. Le garçon avoue avoir conduit la voiture. Il l’a fait par peur et par ignorance totale de la conduite. Il a pris le volant car son grand frère l’a toujours protégé.
L’enquêteur relâche Alexander. Vadik reste pour un interrogatoire formel et une confrontation avec la mafia. L’affaire criminelle contre les détourneurs de fonds du restaurant est portée devant la justice. Le soir même, un Piotr Vereshchagin bouleversé entre dans le bureau de Subbotin. L’enquête honnête de Subbotin ruine la carrière de Vereshchagin. C’est Piotr qui, au départ, avait cru à la fausse version des faits et avait failli envoyer un innocent en prison. Vereshchagin reconnaît que son collègue avait raison et quitte les lieux en claquant la porte.
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