« Napoléon :
La vie après la mort » d’Edward Radzinsky, résumé
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Ce roman historique, paru pour la première fois en 2002, est habilement stylisé sous la forme de mémoires dictées par le monarque déchu à son secrétaire, Emmanuel de Las Cases, durant son exil. L’auteur y propose une audacieuse supercherie historique évoquant un empoisonnement délibéré et la théorie d’un sosie. Faits avérés et fiction s’entremêlent avec fluidité. L’auteur brosse un portrait psychologique saisissant d’un homme qui, ayant perdu sa couronne, aspire ardemment à remporter la bataille finale pour l’influence des générations futures.
Le Retour des Cendres et les Mystères de l’Exil
Le récit s’ouvre sur les réflexions du vieux marquis de Las Cases, à l’automne 1832. Bien des années après la mort du commandant, il relit de vieux journaux intimes et découvre une nouvelle incroyable. Lors de l’exhumation à Sainte-Hélène, le corps du grand exilé a été retrouvé intact. Son fidèle serviteur, Louis Marchand, lui remet un ancien message du défunt. Le document révèle que son auteur a toujours su que sa dépouille serait ramenée triomphalement à Paris. Las Cases comprend alors la vérité. Sa capture et sa mort sur cette île perdue furent une mise en scène magistralement orchestrée, l’acte final d’une grande tragédie.
Les pensées du secrétaire se tournent à nouveau vers l’été 1815. Après la défaite de Waterloo, le chef déchu renonce à son projet de fuite en Amérique. Il se rend volontairement aux Britanniques et embarque à bord de la frégate Bellerophon. Le gouvernement britannique, par traîtrise, exile le célèbre prisonnier à vie sur une île rocheuse isolée. Le reste de sa suite partage les dures épreuves de la solitude. Les généraux Gourgaud, Bertrand, le comte Montholon, le domestique Marchand et Las Cases lui-même s’installent dans la maison humide de Longwood. Le bâtiment, reconstruit à la hâte à partir d’une ancienne cour de ferme, est infesté de rats.
Le chemin vers le pouvoir illimité
Dans les cellules étouffantes de Longwood, le prisonnier commence à dicter le récit de ses triomphes passés. Submergé par ses souvenirs, il décrit sa jeunesse corse. Né sous le signe de la comète, le garçon se sentit privilégié dès son plus jeune âge et dévorait les biographies des anciens chefs militaires. Sa carrière militaire débuta aux portes de Toulon. Le jeune capitaine d’artillerie conçut un plan pour anéantir la flotte anglaise depuis les falaises de l’Aiguillette. Il fit preuve d’un génie tactique rare et d’une intrépidité sans précédent sous une pluie de boulets de canon ennemis. Promu général, il sauva la Convention d’une émeute royaliste. Après avoir épousé la créole Joséphine de Beauharnais, le commandant partit écraser les forces autrichiennes dans les Apennins.
La campagne d’Italie lui apporte sa première gloire éclatante. Des fantassins misérables et en haillons traversent rapidement les Alpes. Les soldats idolâtrent leur chef, qui, sous le feu ennemi, s’empare de Lodi. Après avoir conquis les terres italiennes, le commandant planifie une expédition audacieuse en Égypte. Aux portes des anciennes citadelles orientales, il rêve de suivre les traces d’Alexandre le Grand. La résistance de la forteresse de Saint-Jean-d’Acre réduit à néant ces projets grandioses. Laissant son armée ravagée par la peste au Moyen-Orient, il s’embarque secrètement pour la France. Le pays est exténué par la tyrannie des spéculateurs et le Directoire, affaibli, est plongé dans l’anarchie.
Le coup d’État du 18 Brumaire fit de lui Premier Consul et le sauveur légitime de la nation face au chaos. Le nouveau souverain promulgua le Code civil, considérant cet ensemble de lois comme son héritage historique le plus important. Il punit sévèrement les conspirateurs potentiels. L’ordre d’arrestation et d’exécution du duc d’Enghien visait à semer la terreur parmi les partisans des Bourbons déchus. Reconnaissant la nécessité politique de fonder une nouvelle dynastie, le dictateur s’autoproclama empereur. Dans la cathédrale Notre-Dame, en présence du pape, le monarque prit la couronne sur l’autel. Il posa lui-même la couronne d’or sur sa tête, défiant ouvertement les traditions ancestrales.
Triomphe et erreurs fatales
S’entourant de ministres intelligents mais profondément fourbes – Joseph Fouché et Charles-Maurice de Talleyrand – , le souverain nouvellement couronné redessina la carte de l’Europe. De brillants succès militaires à Austerlitz, Iéna et Friedland écrasèrent méthodiquement les armées régulières d’Autriche, de Prusse et de Russie. À Tilsit, le tsar Alexandre Ier fut contraint de se rapprocher de son ancien ennemi et de signer un traité de paix. L’Empire atteignit l’apogée de sa puissance militaire et politique, imposant sa loi avec une rigueur implacable sur tout le continent.
Cherchant à asphyxier économiquement l’Angleterre par un blocus continental, le souverain commit sa première erreur fatale. Il renversa les Bourbons d’Espagne et s’engagea dans une guerre populaire éprouvante dans les Pyrénées. Afin d’assurer la naissance d’un héritier légitime au trône, le monarque divorça en larmes de Joséphine, stérile. Peu après, il contracta un mariage dynastique avec Marie-Louise, fille du souverain autrichien. La jeune épouse donna naissance à un fils tant attendu. À l’été 1812, l’armistice en Europe prit fin. Une immense armée multinationale franchit le Niémen et envahit l’Empire russe.
Évitant les batailles majeures à la frontière occidentale, les commandants russes attirent l’ennemi au cœur du vaste territoire. Ils laissent méthodiquement derrière eux des villages réduits en cendres. Après la bataille de Borodino, d’une brutalité sans précédent, les corps d’armée français pénètrent sans rencontrer de résistance dans Moscou désertée. Un immense incendie ravage aussitôt l’ancienne capitale. Après des semaines d’offres de paix vaines de la part de l’autocrate russe, les envahisseurs entament une retraite difficile le long de la route de Smolensk dévastée.
Les rigueurs de l’hiver et les raids incessants des Cosaques à cheval déciment méthodiquement la Grande Armée. Des dizaines de milliers de soldats, transis de froid, périssent en traversant la Bérézina glacée. De lourds convois de ravitaillement, chargés de butin pillé à Moscou, coulent. Le commandant en chef abandonne les maigres restes de ses troupes démoralisées aux soins des maréchaux. Dans un traîneau bâché, il se précipite à Paris pour mener une campagne de recrutement d’urgence et rassembler de nouvelles divisions afin de poursuivre le combat.
La chute de l’Empire et les Cent-Jours
La campagne massive de 1813 se déroule sur les champs de bataille d’Allemagne. Lors de la sanglante bataille de Leipzig, des unités saxonnes font défection et rejoignent la coalition anti-française en plein combat. Une explosion prématurée à un point de passage sur une rivière coupe la retraite des régiments français, transformant celle-ci en un désastre complet. Les combats se déplacent inexorablement vers la France même. Malgré une série de manœuvres brillantes et de succès tactiques contre les forces alliées dispersées, Paris capitule face à l’ennemi avec la complicité directe de Talleyrand.
Au château de Fontainebleau, les maréchaux les plus proches refusent catégoriquement de mener leurs troupes épuisées à l’assaut de la capitale occupée. Ils se rebellent ouvertement et contraignent leur chef, sous une pression intense, à signer un acte d’abdication absolue. Cette même nuit, le monarque déchu avale de l’arsenic et de l’opium contenus dans une fiole de verre. Le poison mortel reste sans effet, ne lui causant que de terribles souffrances physiques. Au matin, il fait ses adieux à sa fidèle Vieille Garde dans la cour du château. Il embrasse le drapeau de bataille et part pour un exil humiliant en Méditerranée.
Exilé sur la minuscule île d’Elbe, le prisonnier, plein d’énergie, refuse d’accepter son sort. Au début du printemps 1815, il débarque secrètement sur la côte française avec une poignée de gardes fidèles. Les régiments d’infanterie royaux, envoyés par les Bourbons pour réprimer la rébellion armée, font défection en larmes pour rejoindre leur ancien idole. Sans tirer un seul coup de feu, le monarque revenu entre triomphalement dans Paris. Une nouvelle coalition de puissances européennes refuse de reconnaître la légitimité de son autorité. La bataille décisive de Waterloo se solde par la déroute complète des forces françaises, victimes d’une attaque surprise de la cavalerie prussienne sur leurs flancs.
La dernière bataille de Sainte-Hélène
L’histoire de Las Cases nous ramène aux sombres réalités de Sainte-Hélène. Le gouverneur Hudson Lowe tourmente le noble captif par de mesquines querelles bureaucratiques. Le prisonnier provoque délibérément des scandales, façonnant avec brio l’image d’un martyr innocent pour les générations futures. Il est sincèrement convaincu que les Britanniques complotent pour le tuer. Un jour, une scène étrange est découverte dans la cave à vin. Son fidèle serviteur corse, Cipriani, mélange secrètement un liquide inconnu à du vin importé d’Algérie. Le prisonnier déclare publiquement avoir ordonné que le vin soit dilué avec de l’eau. Peu après, Cipriani meurt subitement d’une maladie présentant des symptômes suspects d’empoisonnement.
Au printemps 1821, la santé de l’exilé se détériora rapidement et irrémédiablement. Il souffrait d’insupportables crampes d’estomac, de vomissements fréquents et de fièvre. Avant de mourir, il rédigea un testament détaillé. Dans ce document, le mourant accusait ouvertement l’oligarchie britannique et son assassin d’être responsables de sa mort. Le 5 mai, au milieu du grondement d’une tempête océanique s’apaisant, l’ancien maître de l’Europe rendit son dernier souffle. Des médecins anglais pratiquèrent une autopsie officielle. Ils diagnostiquèrent un cancer, mais interdirent catégoriquement tout examen toxicologique. Le corps du défunt fut enterré dans une tombe anonyme, sous des saules pleureurs.
À la fin du manuscrit, Las Cases nous ramène à l’automne genevois de 1832. Le vieil homme discute avec tension avec ses compagnons des rumeurs absurdes qui circulent en France. Des légendes persistantes racontent qu’un sosie serait mort sur l’île rocheuse. Le baron d’Auttancourt rejette catégoriquement ces spéculations, s’exclamant avec véhémence : «Un sosie, vraiment?» Les amis tentent de trouver une explication rationnelle. L’empoisonnement lent à l’arsenic était-il un ordre secret du prisonnier lui-même, qui voulait s’évader invaincu et ternir à jamais la réputation de l’Angleterre? Le mystère de l’histoire demeure entier, mais la grande légende née sur l’île continue de hanter l’humanité.
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