Résumé des « Silhouettes littéraires » d’Alexander Voronsky
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Ce livre est un recueil d’essais critiques écrits entre 1922 et 1925. L’auteur y propose une analyse approfondie et impartiale de l’œuvre de ses contemporains, cherchant à comprendre la place de l’écrivain dans une période de profondes mutations. Ce texte constitue une des premières tentatives d’évaluation objective du processus littéraire des premières années post-révolutionnaires, accordant une égale importance aux auteurs prolétariens, aux sympathisants du mouvement et aux écrivains opposés au nouvel ordre.
Boris Pilnyak
Voronsky entame son analyse par l’œuvre de Boris Pilnyak, notamment la nouvelle « Par-delà le ravin », le roman « L’Année nue » et d’autres textes. Le critique perçoit chez Pilnyak le reflet de la nature élémentaire, animale et instinctive de la vie humaine. Les personnages de l’écrivain, tels que l’ours Makar ou le chasseur Demid de la nouvelle « L’Année de leur vie », sont intimement liés à la taïga lointaine et à des instincts ancestraux. L’auteur note que Pilnyak conçoit la révolution comme une révolte paysanne spontanée, dépourvue de tout principe organisateur.
L’écrivain brosse le tableau de la Russie provinciale durant la guerre civile avec des traits amples, créant des scènes unifiées par un style commun et l’esprit de l’époque, plutôt que par une intrigue rigide. Le paysan Ivan Koloturov, installé dans la maison du prince, commence à regretter l’ancien mode de vie, tandis que les nobles Rostov, déracinés, se décomposent et dépérissent. Pilnyak dépeint la nature comme une aïeule – violente, cruelle, impitoyable et dépourvue de toute douceur. Un critique reproche à l’auteur un biologisme excessif, tout en reconnaissant son indéniable talent naturel.
Vsevolod Ivanov
Le second essai est dédié à Vsevolod Ivanov, dont l’auteur admire profondément le talent immense, vigoureux et joyeux. Issu d’un milieu ouvrier de la Rus’, Ivanov a embrassé sans réserve la Russie soviétique. Son parcours de vie est impressionnant : il fut tour à tour typographe, marin, fakir, lutteur et, durant la guerre civile, soldat de l’Armée rouge et impliqué dans des conspirations communistes. Voronsky souligne que le jeune écrivain relate les événements récents avec simplicité, sincérité et exhaustivité.
Contrairement à nombre d’auteurs sceptiques, Ivanov ne se laisse pas influencer et n’hésite pas à afficher un engagement indéfectible envers le bolchevisme. Pour autant, il se garde de toute propagande édulcorée où les citoyens se contentent de glorifier aveuglément les autorités. Les héros d’Ivanov sont des vagabonds, des partisans, des soldats de l’Armée rouge et des paysans qui apparaissent comme de véritables bâtisseurs d’une vie nouvelle, et non plus comme de simples rebelles en quête de rébellion. L’auteur de l’essai voit en Ivanov un héritier des traditions de Maxime Gorki, œuvrant dans un contexte historique inédit.
Evgeny Zamyatin
Dans son analyse de l’œuvre d’Evgueni Zamiatine, Voronsky le cite en exemple de l’insuffisance de l’intelligence et du talent lorsqu’on perd le contact avec son époque. Le critique évoque la nouvelle prérévolutionnaire de Zamiatine, « Le Provincial », dont il loue les qualités artistiques, la maîtrise de l’écriture et la description saisissante de la vie provinciale, avec ses habitants somnolents et sa douce folie. L’existence paisible du provincial est incarnée par la figure vibrante d’Anfim Baryba.
Le corps massif et trapu de Baryba et son âme bestiale ne pensent qu’à satisfaire leurs instincts les plus primaires : bien manger et bien dormir. Baryba symbolise l’essence même du monde provincial : glouton, stupide et cruel, prêt à sacrifier un ami pour une carrière. Pourtant, dans son œuvre post-révolutionnaire, Zamiatine, selon le critique, est devenu un « touriste » détaché, un passager lambda sur un navire, observant la modernité avec hostilité. L’auteur reproche à l’écrivain d’être déconnecté de la réalité et incapable de saisir la dimension créatrice du changement.
Sergueï Essénine
Dans son essai sur Sergueï Essénine, Voronsky remarque que le poète a fait son entrée dans la littérature russe en chantant la Rus’ rurale. La place des poèmes d’amour dans ses premières œuvres est supplantée par sa terre natale, avec ses aubes paisibles, sa mélancolie automnale, ses sorbiers et son ciel bleu. Le critique décrit la Rus’ d’Essenine comme somnolente, pieuse, figée et soumise. Le poète aborde la vie rurale exclusivement sous un angle idyllique, occultant la dureté du travail agricole et la colère sociale accumulée au fil des siècles.
Parallèlement, les poèmes d’Essenine sont empreints d’une «animalité ineffable» : les nuages déchirent le soc du soleil, les étoiles ressemblent à des tétons et le ciel à une vache après le vêlage. Voronsky exprime une vive inquiétude quant à l’avenir d’Essenine, relevant l’apparition de motifs oppressants dans le recueil «La Taverne de Moscou». Il prévient que la désintégration intérieure du poète et les signes de déclin idéologique pourraient entraîner la disparition de son immense talent. Le critique pose alors la question amère : Essenine n’entrera-t-il dans cette nouvelle ère qu’en tant qu’auteur de poèmes de taverne?
Demyan Bedny
Le cycle s’achève par une analyse de l’œuvre de Demyan Bedny. Voronsky souligne le caractère ouvrier et paysan de la révolution et la complexité de l’alliance entre le prolétariat et la paysannerie, alliance à la fois propriétaire et ouvrière. La révolution russe, selon le critique, présente un visage singulier : son visage ouvrier révèle clairement des traces de paysannerie et exhale un mélange d’huile de machine, d’absinthe et de foin. Demyan Bedny apparaît ici comme un poète dont l’œuvre est indissociable de cette tâche historique.
Les fables, chansons et comptines de Bedny connurent un immense succès dans les tranchées, les usines et les villages les plus reculés. L’auteur sut saisir avec acuité cette dimension paysanne du changement révolutionnaire, tandis que d’autres poètes ne chantaient que le froid du métal et du béton. Voronsky souligne l’incroyable perspicacité politique de la poésie de Bedny, tout en reconnaissant que l’avènement de la Nouvelle Politique Économique (NEP) obligea le poète à marquer une pause et à rechercher de nouveaux thèmes. Néanmoins, l’œuvre militante et précise de Demyan demeure plus que jamais nécessaire.
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