« En avance sur son temps :
Essai sur la vie et l’œuvre de Thomas More » par Anatoly Varshavsky, Résumé
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Cet essai universitaire décrit la vie de l’humaniste anglais de la Renaissance. Rédigé en 1967, il offre une reconstitution historique détaillée du parcours politique de l’homme d’État au cœur des intrigues de la cour royale.
La démission du chancelier
L’histoire débute en 1532, la vingt-troisième année du règne d’Henri VIII Tudor. Thomas More démissionne volontairement de son poste de chancelier. Son épouse, indignée par cette perte de statut, lui reproche son manque d’empressement à gouverner et prédit des difficultés financières pour la famille. Leurs revenus chutent à cent livres sterling par an. Le héros réagit à ces changements avec ironie. Il rassure sa femme par des plaisanteries et projette d’aller pêcher sur la Tamise.
Les premières années du jeune humaniste furent riches en événements mémorables. À vingt ans, lors d’un dîner, il rencontra Érasme de Rotterdam. Au cours d’une discussion philosophique, Érasme s’exclama : «On ne peut qu’être Plus!» Le jeune homme répliqua : «Mais vous, vous êtes soit Érasme, soit le diable en personne.» Les deux amis se rendirent au palais d’Eltham, où ils rencontrèrent le prince Henri, alors âgé de neuf ans. Érasme écrivit un poème élogieux à la famille royale. Dans ses lettres, le penseur néerlandais exalta la culture et le climat de l’Angleterre, ainsi que l’intelligence de son ami.
contexte historique
Le royaume est gouverné par Henri VII Tudor. Le souverain a conquis la couronne à la bataille de Bosworth, mettant fin à la guerre des Deux-Roses. Afin de consolider son pouvoir, il épouse l’héritière yorkiste, Élisabeth. Le monarque fait preuve d’une remarquable ruse. Il préfère imposer un tribut aux rebelles plutôt que de les exécuter. Il amasse une immense fortune grâce à des impôts élevés.
À cette époque, le monde est en pleine mutation. Hauts fourneaux et nouvelles machines-outils font leur apparition dans l’industrie. Bartolomeu Dias fait le tour de l’Afrique, Vasco de Gama atteint l’Inde et Christophe Colomb ouvre la voie vers de nouveaux continents. L’afflux d’or bouleverse l’économie européenne. Le roi d’Angleterre cherche des alliés et arrange le mariage de son fils Arthur avec la princesse espagnole Catherine d’Aragon. Le jeune prince meurt quelques mois plus tard. L’alliance entre l’Angleterre et l’Espagne est menacée. Après la mort d’Henri VII, son plus jeune fils monte sur le trône. Le souverain décrète une amnistie et emprisonne les collecteurs d’impôts Empson et Dudley.
Petite enfance et éducation
Ce futur penseur naquit à Londres, fils d’un juge. Sa date de naissance est estimée entre 1477 et 1478. Il fréquenta l’école St. Anthony, rue Threadneedle. Son professeur, Nicholas Holt, lui inculqua l’amour de la nature et le goût de l’expression.
Son père fit en sorte que l’adolescent travaille comme page au palais de Lambeth auprès du chancelier John Morton. Dans cette riche demeure, le jeune homme servait à table et assistait à des discussions animées sur la religion et la politique. Morton prédit un avenir prometteur à ce page talentueux. En 1492, le jeune homme entra à Oxford. Là, il lisait en secret des auteurs classiques la nuit. L’étudiant étudiait le grec, une langue que de nombreux membres du clergé qualifiaient de «porte de l’hérésie».
Son père exige qu’il abandonne la philosophie pour se consacrer au droit. Menacé de perdre son soutien financier, le jeune homme s’inscrit à la faculté de droit. Il se soumet à la volonté de son père. Le jeune homme écrit des satires sur la soif de pouvoir.
Lutte parlementaire
En 1501, le jeune avocat avait acquis une certaine renommée. En 1504, il devint député à la Chambre des communes. Henri VII exigea du Parlement une somme exorbitante : les trois quinzièmes de l’impôt. Le prétexte officiel invoqué était la dot de sa fille Marguerite et les frais d’adoubement du défunt prince Arthur. Le président de la Chambre espérait une obéissance sans heurts. Cependant, le jeune député prononça un discours courageux, démontrant l’illégalité de cette extorsion. Le Parlement ramena la somme à trente mille livres.
Le roi est furieux. Bénéficiant de l’immunité parlementaire, il se venge du père de l’avocat rebelle. Le juge est emprisonné à la Tour de Londres et libéré seulement après avoir payé une lourde amende. Le jeune homme politique vit dans la crainte d’une arrestation jusqu’à la mort du souverain en 1509.
Idées humanitaires et vie quotidienne
Sous le nouveau souverain, l’atmosphère s’adoucit temporairement. Érasme de Rotterdam séjourne chez l’avocat. En une semaine, il écrit la satire «Éloge de la folie» et la dédie à son hôte hospitalier.
En 1510, l’avocat devint shérif adjoint de Londres, chargé des affaires civiles. Les habitants appréciaient son intégrité. Après le décès de sa première épouse, il épousa la veuve Alice. Une atmosphère intellectuelle régnait au sein du foyer. Les filles étudiaient le latin et le grec ancien. La famille possédait de nombreux animaux de compagnie : des singes, des renards, des poissons exotiques et deux perroquets.
Dehors, une crise sociale se développe. Les propriétaires terriens clôturent les pâturages, privant les paysans de leurs lopins de terre. La laine devient la principale source de richesse de la noblesse. Les routes sont encombrées de sans-abri. On chante une ballade sur le pays féerique de Cocagne, où coulent des rivières de lait. Les paysans rêvent d’égalité et de satiété.
Création du traité
Durant l’été 1515, des marchands londoniens envoyèrent un juriste réputé en Flandre afin de rétablir les relations commerciales. Les négociations s’éternisèrent. Durant son temps libre, l’ambassadeur rencontra Pierre Égide d’Anvers. Au cours de longues soirées, le diplomate rédigea un traité sur un gouvernement juste.
Le livre fut publié à Louvain, en Belgique, en 1516. Le texte se présente sous la forme d’un dialogue avec le marin expérimenté Raphaël Hythlodée. Ce marin portugais fictif voyage avec Amerigo Vespucci et visite des îles lointaines. Il prononce un discours contre les coutumes anglaises, déclarant que les brebis dociles ont commencé à dévorer les hommes. Hythlodée critique les exécutions cruelles des voleurs, l’oisiveté des prêtres et la cupidité des rois. Le marin identifie la propriété privée comme la source de tous les maux. L’auteur intervient avec prudence, soulignant que sans gain personnel, les hommes cesseront de travailler.
Au sommet du pouvoir
Le cardinal Wolsey tente de contraindre l’homme politique indépendant à entrer au service du gouvernement. Des conflits éclatent entre eux. Furieux, Wolsey traite son conseiller d’imbécile téméraire. L’homme politique réplique : «Dieu merci, le roi n’a qu’un seul fou dans son conseil.» Il décline une offre de poste d’ambassadeur en Espagne, prétextant le mauvais climat.
Henri VIII affiche une attitude feinte. Le souverain se promène avec un penseur dans les jardins de Chelsea. Le courtisan, d’un ton grave, évalue la situation. Il confie à son gendre Roper que le monarque donnerait volontiers sa vie pour un simple château français.
En 1529, le diplomate négocia une paix favorable à Cambrai. L’influence du cardinal Wolsey déclina. Le roi nomma Thomas More chancelier. Le nouveau chef du pouvoir judiciaire compara sa position à une épée de Damoclès.
L’honnêteté du chancelier est légendaire. Un jour, Lady Alice acheta le chien d’une autre personne. Le véritable propriétaire porta plainte. Le juge plaça les deux femmes aux extrémités opposées de la salle et ordonna qu’on appelle le chien. L’animal accourut vers son ancienne maîtresse. Le chancelier reconnut l’innocence de la pauvre femme et ordonna à son épouse de racheter l’animal pour le triple de sa valeur.
Conflit avec la Couronne
En 1521, Anne Boleyn fit son apparition à la cour. Henri VIII décida de divorcer de Catherine d’Aragon. L’alliance avec l’Espagne perdait de son importance face à la puissance grandissante de l’empire de Charles Quint. Le pape Clément VII refusa d’accorder le divorce, craignant la colère de l’empereur espagnol.
Le secrétaire royal, Thomas Cromwell, propose une solution radicale : l’Angleterre doit rompre ses liens avec Rome. Le monarque deviendra le chef spirituel du pays, s’emparant des revenus de l’Église et des terres monastiques.
Les opposants au nouvel ordre tentent de discréditer l’ancien chancelier. Des rumeurs de corruption circulent. Les enquêteurs interrogent un plaignant au sujet d’argent et de gants. L’accusé admet avoir accepté les gants par politesse, mais restitue l’argent. Il est accusé d’avoir reçu une coupe en or. L’ancien fonctionnaire affirme avoir offert en retour un gobelet de plus grande valeur. Il a rempli un autre récipient de vin, a porté un toast à la santé du donateur, puis a immédiatement rendu le présent. Le tribunal le déclare non coupable.
Cromwell cherche de nouveaux prétextes. À Canterbury, la voyante Elizabeth Burton prédit la mort imminente du roi s’il divorce. Un secrétaire accuse l’ancien chancelier d’entretenir une liaison secrète avec une religieuse rebelle. Cromwell apporte également un livre falsifié critiquant les agissements du monarque, écrit dans le style de l’homme politique déchu.
L’accusé réfute les fausses accusations. Il admet avoir consulté une voyante, mais la croyait atteinte de troubles mentaux. L’archevêque Cranmer persuade le gouverneur de ne pas pousser l’affaire jusqu’à l’absurde et de classer le procès contre l’auteur du traité social.
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