« Le Gentilhomme de Laporte » de Francis Bret Harte, résumé
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Le roman de Francis Bret Harte, écrit dans la seconde moitié du XIXe siècle, décrit la vie des chercheurs d’or californiens durant l’hiver 1851. Le détail le plus remarquable du texte réside dans la personnalité du protagoniste : totalement dépourvu d’humour, il prend toute moquerie au pied de la lettre et allie une maladresse physique à une franchise effrayante et à des manières raffinées.
Ce texte demeure un exemple classique de régionalisme américain, documentant les coutumes des colonies minières sans embellissement ni romantisme excessif.
L’apparition du premier colon
Un groupe de prospecteurs, mené par le capitaine Henry Symes, se fraye un chemin à travers les congères. Dans une petite vallée, qui portera plus tard le nom de Laporte, ils découvrent un homme solitaire. Ce dernier vit dans une cabane d’écorce, se contentant de maigres rations de biscuits et de lardons, mais reste jovial. Lorsqu’il rencontre des prospecteurs, il les aborde coiffé d’un haut-de-forme et ganté. L’étranger offre des cigares à ses hôtes, bien que lui-même fume une pipe bon marché.
Bill Parker commence à se moquer de l’étrange tenue et des manières de son hôte. Il s’enquiert de l’identité des invités, et le colon répond gravement que des Indiens sont de passage. Parker, dont le cuir chevelu avait été arraché d’environ treize centimètres par des Indiens, prend ces mots pour une provocation. L’étranger lui tend une carte de visite au nom de J. Trott, du Kentucky. Parker persiste dans son impolitesse et donne un coup de pied dans le chapeau haut-de-forme de Trott.
Le capitaine Symes décrit ce qui suivit comme un ouragan soudain. Sans cris ni coups de feu, une brève bagarre éclata. Symes reprit conscience dans un épais fourré, la chemise déchirée et les poches remplies de sable, pour un poids d’environ 1,3 kilo. Bill Parker se retrouva suspendu à un arbre à environ six mètres du sol. Prenant conscience de la force physique de Trott, Parker descendit, s’excusa auprès de lui, et ils sortirent de l’abri bras dessus bras dessous.
La vie et les bizarreries du juge Trott
Le monsieur de Laporte s’installe définitivement au village. Ses excentricités sont pardonnées grâce à sa force physique indéniable. Trott est un personnage gauche : de longues jambes, les paumes tournées vers l’extérieur, une démarche maladroite et un regard fixe dans ses yeux jaune-bleu. Il est totalement incompétent. Lorsqu’un villageois tente de se moquer de William Peghemmer, Trott prend ses paroles au pied de la lettre et accuse sévèrement l’autre homme de mentir.
Trott fut l’un des découvreurs de la mine Eagle. Les revenus qu’il en tira lui permirent de vivre confortablement. Trott aimait offrir des cadeaux chargés de souvenirs. Il offrit à un ami une canne sculptée dans les lianes qui surplombaient le site de la découverte de la mine Eagle. Le manche de cette canne avait appartenu au père de Trott, et son embout était fait du dernier demi-dollar en argent qu’il avait rapporté en Californie. Indigné, le destinataire du cadeau se plaignit plus tard de ne pas pouvoir miser la canne à la place de cinq dollars lors d’une partie de cartes.
Les citoyens de Laporte élisent à l’unanimité Trott juge de paix. À ce poste, il fait preuve d’une clémence inattendue. Le juge propose aux condamnés le choix entre l’arrestation et une amende, puis leur prête secrètement de l’argent par l’intermédiaire de sa secrétaire. Un jour, un criminel obstiné refuse l’argent et est incarcéré à la prison du comté. Le soir même, Trott arrive en caleçon blanc et gants jaunes. Il s’assoit pour jouer aux cartes avec le condamné et le shérif. Du jour au lendemain, le juge perd l’intégralité de son salaire annuel.
Malgré cette clémence apparente, Trott réprime sévèrement l’outrage au tribunal. Un jeune avocat de Sacramento plaide devant le juge Trott. Confiant dans l’issue de sa plaidoirie, il affiche ouvertement son mépris pour le juge, qu’il juge naïf. Trott, furieux, lui demande s’il est au courant du droit du tribunal de lui infliger une amende de cinquante dollars pour outrage. L’avocat accepte effrontément de payer. Trott réplique d’un ton sombre qu’il reconnaît la liberté d’expression et d’action. Il se lève, saisit l’avocat et le jette violemment par la fenêtre, dans un fossé situé à environ six mètres. Après cela, le juge appelle calmement les prochains accusés.
La démission et la visite de Clotilde de Montmorency
La réputation de Trott est mise à mal lors du procès des habitants qui ont vandalisé la roulette d’un tripot. La plaignante est la propriétaire de l’établissement, se faisant appeler Mademoiselle Clotilde Montmorency. Les villageois sont persuadés que le jeu « La Roue de la Fortune » est d’origine étrangère. Clotilde est soutenue par son amant, Jake Woods. La culpabilité des vandales est flagrante, mais le jury les acquitte. Trott demande au président du jury leur décision finale. Ce dernier répond avec une irrévérence enjouée. Trott ordonne au greffier d’enregistrer sa démission et quitte la salle d’audience. Des notables et des jurés accourent vers lui, tentant de s’expliquer, mais l’ancien juge reste inflexible.
Un mois plus tard, Clotilde se rend à la cabane de l’ancien juge. Trott porte un monocle en or. Elle lui explique que Jake Woods lui a demandé de se renseigner sur les pertes financières subies par Trott suite à sa démission, afin qu’il puisse payer les dommages et intérêts. Trott donne une réponse évasive, prétextant une mauvaise vue. Il prétend avoir à peine aperçu Clotilde pendant le procès et ne pas avoir remarqué sa tenue.
Clotilde décrit sa tenue en détail. Elle mentionne un chapeau de paille de San Francisco, doublé de soie rouge, à bord relevé et orné de rubans rouges au cou. Elle évoque également une mantille de soie colorée. Trott lui adresse un sourire poli et vague. La femme réalise qu’il n’a absolument pas remarqué son élégance. Elle plante son parapluie au sol et lui demande directement les raisons de sa démission.
L’ancien juge justifie son geste uniquement par son refus d’accepter le verdict injuste du jury, et non par une quelconque sympathie personnelle à son égard. La femme se met en colère, déclare que Jake Woods n’est pas son mari et se met à pleurer. Trott la calme, pose la main sur son épaule et refuse poliment l’argent.
Le mariage et la révélation d’un secret
Clotilde demande à Trott de la regarder à travers son monocle. Elle approche son visage du sien. Trott, gêné, rougit et lui demande de transmettre ses remerciements à Jake Woods. Clotilde répond que Woods est parti pour les États-Unis. Avant de partir, elle conseille à Trott de prendre soin de ses yeux.
Bientôt, la nouvelle se répand à Laporte et dans les mines environnantes. Le juge Trott va épouser Mlle Jan Thompson, née Clotilde Montmorency, à San Francisco. Les villageois sont indignés. Ils sont persuadés que la démission du juge est un stratagème pour conquérir le cœur de Clotilde et s’emparer de sa petite fortune. Les habitants forment même un comité pour écrire une lettre de condoléances à Jake Woods, abandonné de ses fonctions.
La discussion est interrompue par le capitaine Henry Symes. Il révèle à l’assistance un fait méconnu : le jour de leur mariage, Clotilde consulta un médecin qui confirma que Trott était irrémédiablement aveugle. Symes explique qu’elle abandonna sa profession et Woods pour s’occuper de cet homme aveugle et pauvre qui, par principe, l’avait défendue. Le capitaine met en garde les habitants contre toute ingérence dans la vie privée de Trott : « Veuillez m’excuser, mais je sais par expérience combien il est dangereux de se mêler des affaires privées du gentilhomme de Laporte. »
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