Histoire des emprunts à l’anglais dans le commerce international
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Des mots anglais qui se prononcent de la même façon dans les bureaux de Tokyo, Berlin ou São Paulo font désormais partie intégrante du langage des affaires. On retrouve ces emprunts lexicaux dans les contrats, les normes d’entreprise, les campagnes marketing et la correspondance. Les linguistes les appellent des «anglicismes» et les considèrent comme une réponse des langues à l’influence économique des pays anglophones et à la mondialisation des affaires.
Dans le commerce international, les anglicismes remplissent une fonction pratique. Ils permettent de définir rapidement un nouvel instrument financier, un modèle de gestion ou un service numérique lorsqu’il n’existe pas d’équivalent établi dans la langue nationale. Parallèlement, ils signalent l’appartenance de celui qui les utilise à la communauté des affaires mondiale, la maîtrise de ce vocabulaire étant devenue un élément de compétence professionnelle.
Les recherches linguistiques montrent que les emprunts à l’anglais se produisent simultanément dans différents pays, mais dépendent de l’histoire locale, du contexte juridique et du système linguistique. Certains pays renforcent leur réglementation pour freiner la propagation des anglicismes, tandis que d’autres, au contraire, accueillent sereinement les formes hybrides et la nouvelle terminologie.
L’anglais comme langue des affaires internationales
La domination actuelle de l’anglais dans le monde des affaires résulte de plusieurs vagues historiques. Les recherches sur l’histoire du langage commercial soulignent l’influence durable de l’Empire britannique, pour lequel le commerce et le transport maritime étaient des secteurs d’activité essentiels. L’anglais s’est imposé comme la langue de travail des ports, des compagnies commerciales, des compagnies d’assurance et des banques.
Au XXe siècle, ce phénomène a été accentué par l’essor économique des États-Unis. Après la Seconde Guerre mondiale, ce sont les entreprises et les institutions financières américaines qui ont façonné les normes de gouvernance d’entreprise, de marketing, de gestion et de technologies de production de masse. Le vocabulaire issu de ces domaines s’est diffusé parallèlement aux produits, aux investissements et aux modèles de gestion.
Au tournant des XXe et XXIe siècles, les facteurs numériques se sont conjugués aux facteurs économiques. Les premiers logiciels grand public, les réseaux de communication professionnels et les normes internationales de gestion documentaire d’entreprise ont été créés en anglais. Ceci a incité les entreprises et les professionnels à utiliser la terminologie anglaise pour maintenir un contact direct avec les technologies et la documentation sous-jacentes.
Les études en communication d’entreprise décrivent l’anglais comme une lingua franca, une langue commune permettant aux participants à des transactions de différents pays de communiquer sans avoir recours à un interprète à chaque étape. Il en résulte un ensemble d’anglicismes : des expressions utilisées dans les langues locales, mais basées sur la norme internationale de l’anglais des affaires.
Le concept d’anglicisme et les mécanismes d’emprunt
En linguistique, un anglicisme est un mot ou une construction d’origine anglaise utilisé(e) dans une autre langue et qui conserve des éléments reconnaissables de la forme anglaise : orthographe, prononciation ou morphologie. Ce n’est pas seulement l’apparence qui importe, mais aussi le lien avec un domaine spécifique, comme le commerce, la finance ou les services numériques.
Les chercheurs qui étudient les emprunts à l’anglais distinguent plusieurs types principaux. Premièrement, les emprunts directs, où un mot est transféré sans traduction et souvent sans modification de sa forme : « marketing », « start-up », « broker » dans différentes langues. Deuxièmement, les calques, où la structure d’une expression anglaise est transmise par la langue cible, comme dans le cas de « supply chain » (dérivé du modèle de la chaîne d’approvisionnement) ou de « cash flows » (dérivé du modèle des flux de trésorerie).
Le troisième type est celui des formations hybrides, où le radical anglais se combine à des affixes nationaux. Par exemple, l’espagnol décrit les formes « marketero » à partir de « market », et le français les formations avec les suffixes -eur et -aire, ajoutés aux racines anglaises. Le quatrième type est celui des emprunts sémantiques, lorsqu’un mot existant acquiert un nouveau sens sous l’influence de l’anglais, comme le démontre le vocabulaire informatique polonais.
Enfin, une catégorie distincte regroupe les pseudo-anglicismes : des mots qui ressemblent à de l’anglais mais qui n’existent pas en anglais ou qui ont une signification différente. Des recherches sur l’allemand et l’espagnol montrent que, dans la publicité et le monde des affaires, ces éléments servent à créer une image d’« internationalité » ou de sophistication technologique, même s’ils paraissent étranges aux anglophones.
Étapes historiques de la diffusion des emprunts anglais dans le monde des affaires
L’histoire des emprunts anglais dans le monde des affaires peut être commodément envisagée à travers plusieurs périodes, chacune liée à l’évolution des centres économiques et des technologies. Chaque période a apporté ses propres groupes thématiques de mots et ses propres schémas d’adaptation.
L’industrialisation précoce du XIXe siècle s’est accompagnée d’un essor du commerce, de la banque et de l’assurance. Déjà à cette époque, des termes anglais relatifs aux prêts, aux sociétés par actions, aux transports et à l’assurance s’intégraient aux langues européennes, souvent par le biais du français. Ces emprunts concernaient principalement le vocabulaire technique des banques et des bourses.
La première moitié du XXe siècle a enrichi le vocabulaire de la gestion des grandes entreprises et du commerce international. La correspondance commerciale, les lettres commerciales et les premiers contrats types ont vu le jour. Les recherches sur l’histoire des termes économiques dans différentes langues révèlent une augmentation des emprunts à l’anglais dans les domaines de la comptabilité, de la réglementation douanière et de la logistique des transports.
Après la Seconde Guerre mondiale et la création de nouvelles institutions économiques internationales, les principaux modèles de gouvernance d’entreprise et d’analyse financière se sont imposés en anglais. Des concepts tels que « management », « marketing », « leasing », « know-how » et bien d’autres termes se sont répandus dans les milieux professionnels des pays industrialisés.
Depuis la fin du XXe siècle, avec la numérisation, les emprunts linguistiques se sont orientés vers les technologies de l’information, le commerce électronique et les infrastructures financières électroniques. Le polonais, l’ukrainien, l’espagnol et d’autres langues ont connu un afflux important d’anglicismes liés au commerce électronique, aux plateformes en ligne, au marketing digital et à la gestion des données. Ces termes s’intègrent désormais au vocabulaire courant, tant professionnel que populaire.
Thèmes et types d’anglicismes dans le commerce international
Les études modernes sur la terminologie du management et du marketing constatent une forte concentration d’anglicismes dans plusieurs domaines thématiques. Dans le milieu des affaires russophone, les termes issus du management et de la finance d’entreprise sont particulièrement fréquemment empruntés : « management », « marketing », « outsourcing », « development », « leasing », « factoring », « offshore » et « startup ».
L’économie numérique et le marketing sont marqués par une présence encore plus importante d’éléments anglophones. L’analyse de revues spécialisées en marketing hispanophones révèle la persistance de termes tels que « branding », « buyer journey », « consumer engagement », « cloud computing », « deep learning », ainsi que de nombreux acronymes comme « ROI », « B2B » et « OTT ». Ces termes sont utilisés sans traduction et, généralement, sans explication à destination des professionnels.
Les intitulés de poste et les fonctions hiérarchiques constituent un niveau distinct : PDG, directeur financier, directeur des opérations, chef de marque, gestionnaire de compte, chef de projet, etc. Différentes langues développent leurs propres règles d’orthographe et de déclinaison pour ces titres. L’allemand et le russe, par exemple, présentent des variantes avec ou sans trait d’union, ainsi que des variations de casse.
Sur le plan structurel, les termes complexes combinent souvent plusieurs bases anglaises. Les textes marketing en espagnol utilisent des expressions telles que « business of experience », « customer data platform » et « digital process automation », difficiles à traduire en un seul mot et souvent employées comme formules toutes faites. On retrouve des expressions similaires dans les contrats et les présentations rédigés dans d’autres langues.
Les langues européennes et les emprunts à l’anglais dans le monde des affaires
Allemand et «Denglish»
L’influence de l’anglais dans le monde des affaires a été étudiée de manière particulièrement approfondie en allemand. Les études sur la communication d’entreprise ont mis en évidence un grand nombre d’anglicismes, tant à l’oral qu’à l’écrit, notamment dans la publicité, les documents institutionnels et la presse spécialisée. Ceci a donné naissance à la métaphore populaire du « Denglish », qui désigne le mélange d’allemand et d’anglais.
Des termes anglais comme «meeting», «deal», «business plan», «consulting», «marketing», «sponsoring», et bien d’autres, sont couramment utilisés en allemand des affaires. Dans certains cas, ils coexistent avec leurs équivalents allemands, tandis que dans d’autres, ils remplacent complètement les variantes locales. Les linguistes constatent que le choix entre l’allemand et l’anglais est souvent motivé par la volonté de souligner la dimension internationale d’une entreprise.
En allemand, certains mots anglais subissent des modifications morphologiques ou des nuances de sens. Par exemple, les formes se terminant par -ing peuvent désigner non pas un processus, mais un produit ou un service spécifique, ce qui les différencie de leur sens anglais d’origine. Cela complexifie la rétrotraduction et exige une attention accrue de la part des traducteurs.
Langue française et réglementation juridique
En français, la concurrence entre les anglicismes et les politiques réglementaires étatiques est intense. Les études linguistiques soulignent la forte pénétration des mots anglais dans le vocabulaire des affaires et du quotidien : brainstorming, mainstream, process, workshop, burnout, conference, et bien d’autres sont utilisés dans le contexte professionnel parallèlement à leurs équivalents français.
Pour freiner la propagation des anglicismes, plusieurs lois protégeant la langue française ont été adoptées. La plus connue est la loi Toubon de 1994, qui impose l’usage du français dans les publications officielles, la publicité, les contrats de travail et de nombreux documents commerciaux. Tout terme étranger doit être accompagné de son équivalent français.
En pratique, cela signifie que les slogans et les noms en anglais sont accompagnés de traductions françaises dans les supports publicitaires et sur les emballages, et que la terminologie française prévaut dans les contrats, même si l’anglais est couramment utilisé dans le langage des affaires. Les chercheurs attribuent ce phénomène à une volonté de préserver la transparence des textes juridiques et de garantir que toutes les parties à la transaction comprennent les termes de celle-ci.
Langue espagnole et anglicismes marketing
Dans le monde hispanophone, les anglicismes sont particulièrement présents dans le marketing, l’informatique et la culture populaire. D’après les études linguistiques et les enquêtes de l’Académie royale, des mots comme blog, casting, chat, copyright, online, email, link, show, tour, et bien d’autres, sont couramment utilisés en espagnol moderne.
Dans les publications marketing spécialisées, les anglicismes sont souvent présentés sans traduction ni explication, ce qui présuppose une expertise professionnelle de la part du lecteur. Les dictionnaires, en revanche, recensent différents degrés d’adoption : certains termes sont adaptés à la morphologie espagnole, tandis que d’autres conservent leur orthographe originale et sont qualifiés d’emprunts grossiers.
Les faux anglicismes et les glissements sémantiques sont devenus un sujet d’étude à part entière. Les recherches sur l’espagnol moderne montrent que certaines formes formelles anglaises sont utilisées en espagnol avec des significations différentes de celles de la langue source, ce qui pose des difficultés aux traducteurs et aux apprenants. Ce phénomène est également fréquent dans le vocabulaire des affaires, notamment en publicité.
L’espace post-soviétique et les emprunts à l’anglais dans le monde des affaires
L’apprentissage du russe dans le management et la finance
Dans le vocabulaire managérial russe, les anglicismes constituent l’une des couches les plus dynamiques. Les recherches sur la terminologie managériale moderne constatent un afflux rapide de mots anglais utilisés pour décrire de nouvelles formes d’organisation, des approches managériales et des instruments financiers. Parmi ceux-ci figurent « benchmarking », « brainstorming », « outsourcing », « coaching », « line manager », « teambuilding », et bien d’autres.
Les linguistes classent ces emprunts lexicaux selon leur structure, leurs modes de formation et leur fréquence d’utilisation. Ils distinguent les emprunts monosyllabiques (management, marketing), les expressions complexes (processus métier, capital-risque) et les abréviations (CRM, introduction en bourse, KPI), souvent employées sans autre précision dans le milieu professionnel.
Les emprunts massifs suscitent également des réactions nationales. En russe et en chinois, comme le souligne une étude comparative de la terminologie commerciale, les débats publics portent sur le risque de séparer le langage professionnel du langage courant et sur la préservation de la « pureté linguistique ». Toutefois, dans la communication d’entreprise courante, les anglicismes demeurent un outil important pour décrire des phénomènes nouveaux.
Adaptation de la langue ukrainienne et de la formation des mots
En ukrainien, l’intégration des anglicismes dans le vocabulaire des affaires est particulièrement visible au niveau de la formation des verbes. Une étude des emprunts récents met en évidence l’utilisation des suffixes -ува-, -изва-/-ізува- et -и- dans la formation des verbes à partir de l’anglais et d’autres racines étrangères. Ces constructions servent notamment à désigner des actions dans le domaine des affaires et de la finance.
Les auteurs soulignent que l’adaptation se fait de manière inégale : certaines racines empruntées acquièrent des familles entières de mots dérivés, tandis que d’autres restent mal intégrées. Il est souvent difficile de déterminer si un verbe ukrainien dérive directement d’un verbe anglais ou d’un nom déjà intégré à la langue. Ceci illustre la complexité de la phase de transition lors de l’acquisition du vocabulaire commercial.
Le russe et le persan dans le coaching d’entreprise
Une étude comparative de la terminologie du coaching d’entreprise en russe et en persan en offre un exemple intéressant. Les auteurs analysent 150 unités et démontrent que les traducteurs utilisent différentes stratégies : emprunt direct à l’anglais, calques, adaptation et traduction descriptive. De plus, des termes anglais tels que « mindset », « empowerment », « coachability » et bien d’autres nécessitent une adaptation culturelle, les langues cibles ne disposant pas d’équivalents exacts.
Les résultats de l’étude démontrent que les traducteurs professionnels et expérimentés produisent des traductions plus naturelles et précises que les traducteurs automatiques, qui souvent traduisent mécaniquement les mots anglais ou choisissent des équivalents formels sans tenir compte des spécificités du secteur. Ceci souligne l’importance du facteur humain dans la formation de la terminologie commerciale nationale à partir de sources anglaises.
L’Asie orientale et les anglicismes katakana
Vocabulaire chinois de la langue et du commerce
Des études comparatives du russe et du chinois dans le domaine du commerce attestent de la présence significative d’emprunts à l’anglais dans les deux systèmes. En chinois, l’adaptation est déterminée par le système d’écriture hiéroglyphique et la phonétique tonale ; ainsi, les termes anglais sont souvent transcrits phonétiquement par des hiéroglyphes, qui transmettent le son plutôt que le sens.
Dans le commerce, l’anglais s’impose avec l’apparition de nouvelles pratiques : marketing en ligne, livraison express et systèmes de paiement numérique. Certains mots empruntés restent cantonnés aux milieux professionnels, tandis que d’autres intègrent rapidement le langage courant urbain.
La langue japonaise, le gairaigo et l’environnement des affaires
En japonais, les emprunts lexicaux, y compris ceux de l’anglais, sont traditionnellement écrits en katakana. La liste des gairaigo et des wasei-eigo révèle un grand nombre de termes liés au monde des affaires et à la culture de bureau : sararīman (employé de bureau), ol (employée de bureau), service (service) et reji (caisse enregistreuse).
Ces mots proviennent formellement de l’anglais, mais en japonais, ils acquièrent souvent de nouvelles significations et connotations. Les chercheurs soulignent que de nombreux emprunts sont liés au mode de vie occidental, à la culture d’entreprise et aux infrastructures urbaines : des restaurants et hôtels aux transports et services financiers. Dans le monde des affaires, ces mots sont intégrés aux intitulés de poste, aux types de contrats et aux services proposés.
Lorsqu’on repasse à l’anglais, le problème des fausses équivalences se pose. Ce qui est considéré comme un anglicisme courant en japonais peut paraître étrange, voire incompréhensible, à un anglophone natif ; c’est pourquoi les traducteurs et les enseignants s’attachent à expliquer les différences.
Réponses juridiques et institutionnelles aux anglicismes dans le monde des affaires
Les politiques linguistiques relatives aux anglicismes varient considérablement d’un pays à l’autre. En France, comme indiqué précédemment, la loi Toubon et les réglementations associées exigent que le français soit au moins aussi visible que la langue étrangère dans la publicité, les documents destinés aux consommateurs et certains textes officiels. Cela s’applique notamment à la documentation commerciale, aux interfaces logicielles et aux contrats d’utilisation.
Les analyses juridiques soulignent que la loi n’interdit pas l’utilisation de termes anglais, mais oblige de fait les entreprises à rédiger des versions françaises complètes de leurs contrats, descriptions techniques et supports publicitaires. Les infractions sont passibles d’amendes, comme cela a été le cas dans des affaires très médiatisées visant de grandes entreprises.
D’autres pays appliquent une réglementation plus souple. Les instituts de langues espagnol et allemand publient des recommandations sur l’usage des anglicismes, incluant des listes d’équivalents locaux privilégiés, mais ces recommandations ne sont pas encadrées par des mécanismes juridiques stricts. Dans le monde russophone, des initiatives visant à limiter l’emploi de mots étrangers dans l’espace public sont régulièrement évoquées, mais la communication professionnelle reste ouverte aux emprunts à l’anglais.
Les chercheurs constatent que des politiques juridiques strictes n’éliminent pas le besoin des entreprises en matière de terminologie internationale. Par conséquent, dans la pratique, des modèles mixtes émergent : les documents officiels sont rédigés dans la langue nationale, tandis que la correspondance professionnelle, les présentations et les négociations utilisent activement des emprunts à l’anglais et des formules bilingues.
Traduction, gestion terminologique et normalisation
Les linguistes et les spécialistes de la traduction soulignent que la prolifération rapide des anglicismes dans le monde des affaires exige une gestion terminologique efficace. Les recherches sur la gestion terminologique dans la communication d’entreprise montrent que, dans certaines langues, comme le serbe, il existe une concurrence entre les termes locaux et les termes anglicisés pour désigner les mêmes concepts, ce qui engendre un risque d’incohérence.
Les enquêtes menées auprès d’étudiants et de professionnels dans le cadre de cette étude ont révélé un résultat intéressant : face à une paire « terme local/anglicisme », les utilisateurs ont tendance à privilégier la variante locale, malgré l’idée généralement admise que les professionnels préfèrent la forme anglaise. Cela suggère que la perception des anglicismes dépend du statut du public et du contexte éducatif.
En traduction, plusieurs stratégies permettent de gérer les anglicismes dans les textes commerciaux. Il s’agit notamment de rechercher un équivalent existant, d’emprunter le terme avec adaptation orthographique, de translittérer, de transcrire et de traduire de manière descriptive. Le choix de la stratégie dépend du genre du texte, des exigences légales et des attentes du public cible.
La traduction des abréviations et des acronymes présente des difficultés. Une analyse des abréviations anglaises utilisées dans la communication scientifique et commerciale montre qu’une traduction littérale peut en altérer le sens si la langue cible possède un système d’abréviations différent. Dans certains cas, il est conseillé de développer l’abréviation ou de choisir un équivalent fonctionnel.
Adaptation sémantique et changement de sens
L’adaptation sémantique des anglicismes dans le monde des affaires fait l’objet de recherches spécialisées. À partir du sociolecte informatique polonais, il est démontré que les termes anglais empruntés non seulement enrichissent le vocabulaire, mais subissent également des transformations sémantiques. Certains mots voient leur champ d’application se restreindre, tandis que d’autres, au contraire, l’étendent et s’intègrent au langage courant.
Les exemples de termes «client», «adresse» et «clé» issus du jargon informatique polonais illustrent le passage d’un domaine hautement spécialisé au langage courant. De plus, leur signification peut différer de celle de leur équivalent anglais. L’étude souligne que de telles évolutions sont inévitables lorsqu’un terme commence à être utilisé par des locuteurs natifs en dehors d’un contexte professionnel restreint.
En français et en espagnol, il arrive que des anglicismes acquièrent des connotations supplémentaires et s’intègrent au vocabulaire évaluatif. Par exemple, certains emprunts lexicaux en marketing et en publicité sont utilisés pour donner au texte une sonorité plus moderne, même lorsqu’il n’existe pas de besoin direct d’une forme anglaise. Ceci illustre la fonction sociale des anglicismes, qui dépasse leur simple fonction terminologique.
Un axe de recherche distinct est consacré aux faux anglicismes et aux anglicismes «trompeurs» en espagnol. L’analyse montre que des formes anglaises déformées ou abrégées peuvent être utilisées dans le contexte commercial avec des significations propres à l’espagnol, ce qui exige une attention particulière en matière de traduction et d’enseignement.
Les anglicismes dans l’économie numérique et le commerce en ligne
La numérisation de l’économie et l’émergence de nouvelles formes d’activité commerciale ont considérablement accru les emprunts à l’anglais. En ukrainien et dans d’autres langues slaves, les linguistes constatent un afflux rapide de nouveaux emprunts lexicaux et nominaux liés aux services internet, au marketing numérique et à la finance en ligne. Toutefois, l’adaptation au système grammatical est lente et les dictionnaires peinent à intégrer toutes les innovations.
Dans les revues espagnoles de marketing, la plupart des anglicismes concernent la technologie : cloud computing, blockchain, streaming, jumeau numérique, etc., désignent à la fois l’infrastructure et les outils d’analyse. Nombre de ces termes sont utilisés en anglais faute d’équivalents locaux établis ou jugés moins pratiques par les auteurs.
La communication en ligne favorise la diffusion rapide des anglicismes dans les milieux non professionnels. Les études sur la communication mondiale soulignent la présence importante d’éléments anglais dans les interfaces des plateformes, des réseaux sociaux et des applications mobiles, qui s’intègrent ensuite au langage parlé des utilisateurs dans différents pays. Le vocabulaire des affaires, quant à lui, se retrouve fréquemment dans l’usage courant.
Les études linguistiques soulignent que l’environnement numérique renforce également la dimension internationale du vocabulaire des affaires. Les termes anglais liés au commerce électronique, à l’analyse de données et à la gestion de projet se diffusent simultanément au sein des communautés professionnelles, des ressources pédagogiques et des logiciels.
De l’emprunt à la norme : l’intégration des anglicismes dans le système linguistique
Le processus d’intégration des emprunts anglais dans les langues nationales dépend de la phonétique, de la morphologie et de l’orthographe de la langue cible. Les recherches sur les emprunts lexicaux soulignent que les anglicismes passent par plusieurs étapes d’adoption : d’un terme professionnel rare à un mot d’usage courant qui a perdu son caractère étranger.
Au niveau phonétique, l’emprunt s’adapte à la structure sonore de la langue. En français, cela se manifeste par un accentuation caractéristique et une adaptation consonantique ; en russe, par la désonorisation des consonnes et des combinaisons typiques avec des suffixes ; et en japonais, par la transcription de mots anglais en katakana. Au niveau graphique, une coexistence des graphies originales et adaptées est possible.
L’intégration morphologique s’exprime par l’ajout d’affixes nationaux. Les exemples mentionnés précédemment, à savoir les suffixes espagnols -ero, -izar et -ado, les suffixes ukrainiens -uva et -i, et les suffixes russes -ing et -er, illustrent comment le radical anglais s’intègre aux schémas de formation de mots familiers. Ceci facilite la formation ultérieure de nouveaux termes à partir de racines déjà acquises.
L’étape finale de l’intégration sémantique se manifeste par la disparition de l’anglicisme, désormais perçu comme un mot étranger. Pour certains emprunts commerciaux, cette transition est déjà accomplie : en russe ou en allemand, l’origine étrangère de certains termes financiers ou juridiques n’est pas toujours reconnue. D’autres mots conservent leur origine étrangère et continuent d’être débattus dans le cadre de la politique linguistique.
Influence inverse : vocabulaire anglais et international des affaires
L’histoire des emprunts de l’anglais dans d’autres langues offre un éclairage fascinant sur l’histoire de ces mêmes emprunts. Les recherches montrent qu’une part importante du vocabulaire anglais est d’origine étrangère, allant du français et du latin aux langues scandinaves et non européennes. En économie et en droit, l’héritage français et latin est particulièrement visible.
Les études sur l’histoire du vocabulaire anglais soulignent que les termes commerciaux anglais modernes reposent sur un mélange de strates d’emprunts et de processus internes de formation des mots. Cela a un impact négatif sur la nature des anglicismes dans d’autres langues : ce qui est emprunté n’est pas une racine purement « anglo-saxonne », mais un système complexe de termes à l’histoire riche et complexe.
Dans certains cas, on observe un phénomène de réemprunt, où un mot initialement introduit en anglais à partir d’une autre langue y retourne ensuite sous une forme réinterprétée dans le contexte des affaires internationales. Ces trajectoires, bien que pas toujours évidentes pour les locuteurs natifs, témoignent de la complexité des liens historiques entre les langues des affaires.
Attitudes sociales et perception des anglicismes par les milieux d’affaires
Des études sur l’allemand, le français, l’espagnol, le russe et d’autres langues révèlent des attitudes contradictoires à l’égard des anglicismes. D’une part, ils sont perçus comme un indicateur de modernité, d’ouverture internationale et de progrès technologique. D’autre part, on s’inquiète de la perte de clarté du discours et de la disparition progressive des terminologies nationales.
Des enquêtes menées auprès d’étudiants et de professionnels dans différents pays révèlent que le choix entre un terme local et un anglicisme dépend du contexte de communication. Les textes académiques et les documents officiels privilégient l’équivalent local, tandis que le langage oral et les supports marketing privilégient la forme anglaise.
Pour les entreprises internationales, ce contraste devient un enjeu de politique linguistique. Les guides de style et les glossaires internes précisent souvent les variations acceptables afin de garantir la cohérence de la communication et de faciliter la traduction. Ils indiquent quand privilégier le terme anglais et quand privilégier le terme local, ainsi que les adaptations à apporter à l’orthographe et à la déclinaison.
Enfin, dans plusieurs pays, le débat sur les anglicismes s’inscrit dans des problématiques plus larges d’identité culturelle et de politique éducative. Cependant, en pratique, le critère fonctionnel demeure déterminant : la mesure dans laquelle un terme donné garantit la précision, la clarté et l’efficacité des échanges entre les parties à une transaction.
Caractéristiques du discours commercial en anglais et son lien avec les emprunts
Les études sur le discours commercial en anglais le décrivent comme un type de langage professionnel caractérisé par un haut degré de standardisation, de précision et d’économie de ressources linguistiques. Ce discours se caractérise par des formules figées, des collocations constantes, une terminologie abondante et l’emploi fréquent de mots complexes et d’abréviations. Ces caractéristiques facilitent le passage d’expressions entières dans d’autres langues sans traduction.
Une étude du thésaurus d’anglais des affaires souligne que les textes commerciaux sont dominés par des mots et des termes au sens littéral. L’auteur note la stabilité de la terminologie et l’usage régulier d’affixes, de conversions et d’abréviations. La disponibilité de modèles préétablis facilite à la fois l’assimilation des anglicismes par les locuteurs d’autres langues et leur adaptation interne par l’ajout de suffixes nationaux.
Les recherches sur les paramètres fonctionnels et linguistiques de l’anglais professionnel montrent qu’il se caractérise par des objectifs communicatifs clairs, un ensemble de genres relativement fixe et des schémas d’interaction prévisibles. La présence de ces schémas récurrents contribue au transfert massif de termes et d’expressions figées vers d’autres langues, ainsi que du genre d’une lettre, d’un rapport ou d’une présentation.
Styles nationaux de discours d’affaires et anglicismes
Une comparaison des discours d’affaires anglais et russes révèle des différences dans les usages stylistiques et les niveaux de formalité. Les textes en anglais présentent une plus grande flexibilité stylistique, un mélange de registres informels et formels, et un recours fréquent aux formats numériques. Les textes d’affaires en russe conservent généralement une structure stylistique plus rigide et un niveau de formalité élevé.
Une étude des styles discursifs nationaux révèle que les textes commerciaux en langue russe empruntent souvent non seulement des mots anglais isolés, mais aussi des modèles de genre entiers – par exemple, la structure des rapports ou des présentations d’entreprise. Parallèlement à ces modèles, des anglicismes désignant les fonctions de direction, les types de documents et les éléments de reporting sont également bien ancrés.
Une comparaison des communications d’entreprise britanniques et australiennes révèle que, même au sein du monde anglophone, les pays combinent différemment jargon professionnel et expressions familières. Dans les deux cas, les auteurs constatent une proportion importante de terminologie spécialisée et de formules figées. Lors de la transposition de ces modèles dans d’autres langues, un corpus d’expressions anglaises clés est également préservé, notamment dans les textes destinés aux partenaires internationaux.
Genres de communication d’entreprise et trajectoires d’emprunt
Les différents genres de discours d’affaires utilisent les anglicismes avec une intensité variable. Les recherches sur le discours d’affaires mettent notamment en lumière les contrats, les rapports, la correspondance commerciale, les présentations, les discours publics, les argumentaires d’entreprise, l’actualité économique et les textes de conseil spécialisés.
Une analyse des discours d’entrepreneurs diffusés dans les émissions télévisées anglophones révèle une forte densité de vocabulaire spécialisé et de formules persuasives. Ces discours servent souvent de modèles aux entrepreneurs étrangers et, parallèlement au genre, des expressions anglaises clés sont adoptées, qu’il s’agisse de noms de modèles économiques ou de descriptions d’indicateurs de croissance et de profit.
L’étude d’un rapport annuel portant sur le genre de la section analytique révèle un lien entre les caractéristiques linguistiques et les indicateurs de performance de l’entreprise. Les auteurs recensent un ensemble spécifique de termes désignant l’évaluation des résultats, les risques, les perspectives, ainsi que des constructions établies pour décrire les dynamiques. Lors de la traduction de tels textes, ce sont précisément ces formules et termes qui relèvent le plus souvent de l’anglicisme.
Le discours des négociations industrielles internationales, par exemple dans l’industrie textile, se caractérise par une forte densité de termes liés aux normes, à la certification et aux spécifications techniques. Le vocabulaire inscrit dans les accords et normes sectoriels se diffuse ensuite dans les langues commerciales nationales, tandis que les termes anglais restent partie intégrante du langage courant.
Anglicismes, abréviations et acronymes
Les abréviations et acronymes anglais constituent une source d’emprunt linguistique à part entière. Une étude sur les abréviations anglaises dans la communication scientifique et commerciale décrit les spécificités de leur formation et de leur traduction en russe. Les auteurs soulignent que la traduction littérale d’une abréviation ne préserve pas toujours son sens ; les traducteurs doivent donc choisir entre conserver la forme originale, proposer une traduction plus développée ou opter pour un équivalent fonctionnel.
Les dictionnaires pratiques et les ouvrages de référence sur les abréviations commerciales recensent des centaines d’abréviations anglaises accompagnées de leur traduction en russe. On y trouve des désignations organisationnelles courantes (PDG, AGM, RH), des termes financiers (PIB, EBITDA) et des éléments de la correspondance commerciale (ASAP, attn, cc). L’existence de ces listes témoigne de la demande constante d’abréviations anglaises dans le monde des affaires et de leur intégration progressive dans l’usage russophone.
Les études sur le vocabulaire de l’anglais des affaires soulignent que l’abondance d’abréviations découle de la nécessité d’exprimer de manière concise des concepts et des procédures complexes. Cela facilite l’intégration de ces unités dans la communication multilingue : elles sont perçues comme des symboles internationaux et restent souvent inchangées d’une langue à l’autre, même si le reste du texte est traduit.
Parallèlement, des études sur l’argot internet et la correspondance commerciale en langue russe montrent que toutes les abréviations anglaises ne sont pas largement utilisées en dehors de cercles professionnels restreints. Nombre d’entre elles restent des marqueurs d’un groupe d’utilisateurs spécifique et peuvent engendrer la confusion chez un public plus large.
Métaphore, allusion et expressions figées basées sur le vocabulaire anglais
Malgré l’importance accordée à la précision et à la concision dans le langage des affaires, le discours commercial anglophone recourt abondamment aux métaphores, aux expressions idiomatiques et aux allusions. Les chercheurs constatent de fréquentes références au sport, à l’armée, à la vie quotidienne et à la littérature. Ces expressions se retrouvent ensuite dans les langues nationales, accompagnées d’anglicismes, notamment dans les médias d’information et d’analyse.
Une étude des noms communs dans la presse économique anglophone révèle que les journalistes font régulièrement appel à des figures littéraires et culturelles comme Scrooge ou Shylock pour caractériser succinctement un comportement ou une situation économique. De telles allusions, en traduction, exigent non seulement la transmission d’informations factuelles, mais aussi la prise en compte du contexte culturel, ce qui complexifie l’adaptation à d’autres langues.
Les unités phraséologiques du discours économique en anglais, analysées dans une étude, révèlent un entrelacement dense de terminologie et d’expressions figées, souvent à connotation figurative. Lors de la traduction, certaines de ces unités sont calquées, donnant naissance à de nouvelles expressions figées en russe et dans d’autres langues ; d’autres sont rendues de manière descriptive ou remplacées par des images locales, mais le vocabulaire anglais original est généralement conservé.
L’enseignement de l’anglais des affaires et la diffusion des anglicismes par l’éducation
L’histoire de l’enseignement de l’anglais des affaires est étroitement liée au développement de l’approche de l’anglais de spécialité (ESP). Après la Seconde Guerre mondiale, la demande de formations ciblées en anglais pour les spécialistes en économie, en ingénierie et en commerce a connu une croissance rapide. Les cours d’anglais des affaires ont alors émergé comme un domaine à part entière, axé sur les défis pratiques de la communication en entreprise.
Les recherches sur l’anglais de spécialité (ESP) montrent que ces cours sont conçus autour d’une analyse des besoins des apprenants et des situations de communication typiques. Le programme inclut donc délibérément du vocabulaire anglais pertinent, généralement utilisé dans les contrats, les négociations, les présentations et les rapports. Les étudiants l’apprennent non pas comme un vocabulaire abstrait, mais comme un outil pour résoudre des problèmes professionnels.
L’étude de l’anglais des affaires en tant que discipline de spécialité souligne que les enseignants doivent posséder non seulement une excellente maîtrise linguistique, mais aussi une connaissance approfondie du sujet. Ceci est particulièrement important pour expliquer des termes anglais qui n’ont pas encore d’équivalents établis dans la langue maternelle des étudiants. Dans ce cas, l’enseignant contribue activement à la formation de la terminologie nationale de demain, en proposant des traductions et des descriptions.
Les recherches sur les verbes à particule dans les cours d’anglais des affaires montrent que même des éléments souvent associés au langage familier ont une importance considérable dans le contexte professionnel. La maîtrise d’expressions figées comme « atteindre le seuil de rentabilité », « déprécier » et « éliminer progressivement » est essentielle pour une compréhension précise des textes et des énoncés oraux, et influence également les calques et les emprunts qui apparaissent dans la langue maternelle des étudiants.
L’anglais des affaires comme lingua franca et son influence sur les langues nationales des affaires
Les recherches décrivent l’anglais des affaires comme une lingua franca utilisée par les acteurs du commerce international dont la langue maternelle n’est pas l’anglais. Dans ce contexte, ils intègrent des structures de leur langue maternelle à leur discours en anglais, mettent l’accent sur les termes clés et simplifient souvent la grammaire. Cependant, le corpus lexical du commerce international reste majoritairement anglophone.
Les recherches sur l’enseignement de l’anglais des affaires dans une perspective interculturelle soulignent que l’objectif n’est pas seulement de développer les compétences grammaticales, mais aussi de favoriser la capacité à participer à des négociations et discussions multinationales. Dans ce contexte, les termes anglais, compréhensibles par des locuteurs de différents pays sans traduction, revêtent une importance particulière. Leur acquisition dans les programmes d’enseignement accroît la probabilité de leur intégration ultérieure dans les langues nationales.
Une analyse des méthodes modernes d’enseignement de l’anglais des affaires sur les plateformes éducatives confirme que la formation privilégie la clarté, la précision et un vocabulaire spécialisé. L’accent est mis sur les expressions fonctionnelles utilisées pour les négociations, les présentations et la communication écrite. Nombre de ces expressions et termes sont ensuite empruntés par les diplômés lorsqu’ils intègrent des entreprises nationales et utilisent un vocabulaire familier dans leur langue maternelle.
Transcodage entre l’anglais des affaires et l’anglais courant
Une analyse comparative de l’anglais des affaires et de l’anglais courant révèle des différences aux niveaux lexical, syntaxique et discursif. Selon cette étude, l’anglais des affaires se caractérise par une plus grande concision et une plus grande sobriété dans son expression, tout en possédant un vocabulaire spécialisé riche. Ces caractéristiques expliquent pourquoi l’anglais des affaires est une source plus fréquente d’emprunts linguistiques.
Lors de la traduction de l’anglais des affaires vers une langue nationale, les traducteurs sont souvent confrontés à des situations où une traduction littérale peut paraître trop familière ou, à l’inverse, trop formelle pour le public cible. Il est donc nécessaire de trouver un équilibre entre la préservation du vocabulaire anglais et son adaptation, ainsi que de choisir les éléments du discours commercial qu’il convient d’intégrer à la langue nationale.
Les recherches sur les stratégies de communication dans les discours d’affaires en anglais et leurs traductions russes montrent que, lors de la traduction vers le russe, certains termes anglais restent inchangés, tandis que d’autres sont remplacés par des équivalents. Ce choix dépend des attentes du public russophone, du contexte et du genre du discours. Ce processus crée une zone dynamique où certains anglicismes se consolident ou, au contraire, disparaissent.
Spécificités sectorielles des anglicismes dans le monde des affaires
L’intensité et la nature des emprunts à l’anglais varient selon les secteurs économiques. Des recherches menées dans les domaines du tourisme, du textile, de la banque, des technologies de l’information et du commerce électronique révèlent des profils d’anglicismes spécifiques à chaque secteur, liés aux normes internationales et aux contrats types.
Dans le secteur bancaire, les anglicismes sont souvent associés aux normes internationales d’information financière, aux nouveaux produits financiers et aux produits dérivés. Le développement des systèmes de paiement mondiaux et des technologies financières accélère l’arrivée de nouveaux termes, d’abord inscrits dans les documents en anglais, puis intégrés aux réglementations nationales et aux pratiques bancaires.
Dans le secteur du tourisme et de l’hôtellerie, la terminologie anglaise constitue le cadre de la communication internationale entre les voyagistes, les chaînes hôtelières et les agences en ligne. Les recherches sur la traduction du vocabulaire touristique en kazakh et dans d’autres langues montrent que nombre de désignations anglaises de services et de modalités de service sont difficiles à traduire sans ambiguïté ; de ce fait, des anglicismes sont souvent conservés ou partiellement adaptés.
En marketing et publicité numérique, notamment en espagnol et dans les autres langues romanes, les termes anglais dominent la description des stratégies de promotion, des analyses et de la gestion des données. Des expressions comme « branding », « remarketing », « marketing d’influence » et de nombreux acronymes servent de marqueurs internationaux d’expertise professionnelle et sont rarement traduites littéralement.
Études lexicographiques et de corpus sur les anglicismes dans le monde des affaires
Les lexicographes et les linguistes de corpus utilisent activement les bases de données textuelles électroniques pour suivre la diffusion des anglicismes. L’étude des corpus de discours d’affaires, de rapports annuels et d’autres genres permet d’identifier la fréquence des termes individuels, leurs combinaisons et la dynamique d’émergence de nouveaux mots.
Les études consacrées au thésaurus d’anglais des affaires identifient des zones stables de vocabulaire thématique et démontrent quelles racines et quels affixes sont les plus productifs dans la formation de nouveaux mots. Ces données sont également importantes pour les lexicographes des langues nationales, car elles leur permettent de prédire quels éléments de la langue anglaise sont les plus susceptibles d’intégrer le vocabulaire professionnel d’autres pays.
Les recherches sur les caractéristiques sémantiques et stylistiques des unités phraséologiques dans le discours économique mettent en évidence la diversité des expressions figées intégrant des termes anglais. L’analyse de corpus permet de distinguer les découvertes ponctuelles d’auteurs des expressions figées déjà considérées comme faisant partie intégrante du langage commercial international.
Lorsqu’ils travaillent sur les anglicismes, les lexicographes des langues nationales sont confrontés à un choix : quelles unités doivent être répertoriées dans les dictionnaires généraux, lesquelles dans les ouvrages de référence terminologiques spécialisés, et lesquelles doivent être exclues de la codification car jugées instables ou trop techniques ? Ce choix, fondé sur une analyse de fréquence et thématique, influence le devenir des emprunts dans le langage des affaires.
Emprunts en anglais et formation linguistique des économistes et des gestionnaires
Dans de nombreux pays, les programmes destinés aux économistes et aux gestionnaires mettent l’accent sur la maîtrise du vocabulaire de l’anglais des affaires. Les recherches sur les cours d’anglais des affaires pour les étudiants en économie soulignent que ces derniers attendent des bénéfices pratiques de ces cours : la capacité d’analyser des rapports, de rédiger des correspondances et de participer à des négociations.
Les recherches sur l’histoire de l’enseignement de l’anglais des affaires montrent une évolution progressive, passant du travail sur des textes adaptés à la simulation de situations professionnelles réelles. Les cours modernes mettent l’accent non seulement sur les traductions, mais aussi sur la création d’expressions écrites et orales utilisant la terminologie internationale. Ceci contribue à intégrer les anglicismes au vocabulaire courant des futurs professionnels.
Les recherches sur les supports pédagogiques de l’anglais de spécialité soulignent l’importance des textes authentiques : l’intégration de contrats, de lettres, de rapports annuels et de présentations réels dans les programmes. Ces documents contiennent naturellement des termes anglais, que les étudiants perçoivent comme faisant partie intégrante du monde professionnel. Ils transposent ensuite ces modèles dans les pratiques commerciales nationales, reproduisant ainsi automatiquement des éléments propres à l’anglais.
Stratégies de communication et choix entre anglicismes et vocabulaire local
Une étude des stratégies de communication dans les discours d’entreprise en anglais et leurs traductions russes montre que le choix entre un anglicisme et son équivalent local est déterminé par l’impact sur le public. Lorsqu’il est nécessaire de souligner la dimension internationale d’un projet ou d’une entreprise, les traducteurs conservent souvent la forme anglaise, en y ajoutant parfois une brève explication.
Lorsqu’ils s’adressent à un public plus large, non directement impliqué dans le commerce international, les traducteurs ont plus souvent recours à des équivalents locaux et à des formules descriptives. Cela réduit le nombre d’anglicismes dans le texte final, sans toutefois les éliminer complètement : les termes clés relatifs au statut juridique des entreprises, aux instruments financiers ou aux types de contrats conservent leur forme originale.
Des études sur le discours des négociations internationales dans des secteurs comme l’industrie textile confirment que la densité du vocabulaire spécialisé en anglais reste élevée, même lorsque des représentants de cultures linguistiques différentes y participent. Lorsque ces négociations sont ensuite interprétées et traduites dans les langues nationales, une part importante de ces expressions se transforme en anglicismes propres à chaque secteur.
Noms d’entreprise, slogans et environnement visuel
Les études sur l’anglicisme soulignent qu’une part importante du vocabulaire anglais s’intègre aux langues nationales par le biais des noms d’entreprises et des slogans. Les entreprises internationales et locales utilisent des éléments anglais dans leurs marques, leurs noms de produits, leurs emballages et leurs publicités extérieures. Ces éléments sont souvent perçus tels quels par les consommateurs, qui les considèrent comme un tout.
Dans le discours marketing espagnol et français, l’utilisation de termes anglais dans les noms de campagnes et de produits est perçue comme un indicateur de la dimension internationale d’une entreprise. Parallèlement, les documents officiels rédigés dans la langue nationale s’efforcent de préserver la clarté juridique en employant la terminologie locale pour décrire les termes du contrat, tout en conservant les noms propres anglais.
La législation française impose la présence d’une version française des informations sur la publicité, l’emballage et la documentation destinée aux consommateurs. Il en résulte l’apparition de formes bilingues, où le nom du produit et le slogan restent en anglais, tandis que les explications et les mentions légales sont rédigées en français. Les linguistes considèrent ces constructions comme un exemple de la coexistence d’emprunts à l’anglais et de normes linguistiques nationales.
Dans les communautés russophones et sinophones, les noms commerciaux comportant des éléments anglais restent souvent non traduits, mais sont accompagnés de transcriptions adaptées dans la langue parlée ou dans des documents informels. Ce corpus lexical évolue progressivement vers des noms propres courants, dont certains deviennent des mots du langage courant et enrichissent le vocabulaire national.
Alternance codique et formes hybrides dans la communication au travail
L’alternance codique – l’insertion d’éléments anglais et nationaux au sein d’une même phrase ou lettre – est fréquente dans la communication d’entreprise courante. Des études sur le discours commercial en différentes langues soulignent la présence de termes anglais au sein des structures grammaticales nationales : le genre, le nombre, le cas et la syntaxe sont adaptés aux normes locales, tandis que le radical conserve sa forme anglaise.
Des études sur le discours commercial russe et allemand citent des exemples de mots anglais fléchis selon les conventions de la langue hôte, s’enrichissant de préfixes et de suffixes nationaux, tout en conservant leur identité internationale. Ces formes hybrides remplissent une double fonction : d’une part, elles assurent le lien avec la terminologie internationale ; d’autre part, elles facilitent l’intégration de ces mots dans la langue maternelle et le langage courant des employés.
Dans les courriels et les applications de messagerie instantanée, l’alternance codique est souvent associée à des blocs de genre spécifiques : l’anglais est utilisé dans l’objet, les noms de fichiers et les points clés de la présentation, tandis que le contenu principal est rédigé dans la langue nationale. L’analyse de ces textes montre que les éléments anglais se concentrent autour des concepts clés du projet, des termes techniques et des titres de documents.
Dans les pays dotés de politiques linguistiques actives, l’alternance codique est parfois perçue comme une remise en cause des normes établies, mais les données issues de la correspondance d’entreprise et des communications verbales montrent que les milieux d’affaires continuent de s’appuyer sur le vocabulaire anglais international pour un échange d’informations précis et rapide.
Méthodes d’étude des anglicismes dans la communication d’entreprise
Les linguistes utilisent diverses méthodes pour étudier les emprunts lexicaux anglais dans le vocabulaire des affaires. Une première approche repose sur l’analyse de corpus : de vastes ensembles de textes – allant des rapports annuels à la presse spécialisée – sont collectés, puis des outils informatiques sont utilisés pour identifier les éléments anglais fréquents et leurs contextes.
D’autres études utilisent des méthodes sociolinguistiques : enquêtes et entretiens auprès de représentants d’entreprises, d’étudiants en économie et de professeurs d’anglais de spécialité. Ces études permettent de mieux comprendre les attitudes subjectives envers les anglicismes, les mots considérés comme essentiels et ceux perçus comme redondants ou à la mode.
Un autre axe de recherche porte sur l’analyse contrastive. On compare des textes en anglais et dans la langue nationale – contrats, rapports, présentations, articles de presse. Les chercheurs examinent quels éléments anglais sont conservés à la traduction, lesquels sont calqués et lesquels sont remplacés par des équivalents locaux. Cela leur permet d’identifier non seulement les emprunts eux-mêmes, mais aussi les stratégies de traduction qui expliquent leur persistance.
Enfin, on recourt aux méthodes d’analyse du discours. Les études portant sur les négociations commerciales, les discours d’entrepreneurs et l’actualité économique examinent les anglicismes dans le cadre d’une stratégie de communication plus large. Dans ce contexte, la forme du mot n’est pas le seul élément important ; son rôle dans la structure du texte, sa fonction argumentative et son impact sur le destinataire le sont tout autant.
Points de vue critiques et favorables sur les anglicismes dans le monde des affaires
Les débats linguistiques et publics concernant le rôle des emprunts à l’anglais dans le discours commercial sont souvent polarisés. Les partisans d’un recours actif à l’anglais mettent en avant ses avantages pratiques pour l’intégration des entreprises dans les échanges internationaux et l’accès à la littérature spécialisée pertinente. Selon eux, les termes anglais constituent un outil permettant de décrire avec précision les phénomènes nouveaux.
Les critiques soulignent le risque de réduire la compréhensibilité des textes commerciaux pour un public non spécialisé et le possible déclin de la terminologie nationale. Dans les documents juridiques et de consommation, l’utilisation excessive d’anglicismes peut rendre les clauses contractuelles ou les spécifications de produits difficiles à comprendre. C’est précisément ce problème qui sous-tend la législation linguistique française et des initiatives similaires dans d’autres pays.
Les linguistes adoptent souvent une position intermédiaire. En analysant les données, ils identifient les cas où la forme anglaise offre une réelle concision et une comparabilité internationale, ainsi que ceux où un équivalent local peut être utilisé sans perte de précision. Sur cette base, ils formulent des recommandations à l’intention des traducteurs, des enseignants et des rédacteurs de dictionnaires terminologiques.
Des études sur la perception des anglicismes par les étudiants et les professionnels montrent que de nombreux locuteurs acceptent volontiers les termes anglais dans des contextes très spécialisés, mais privilégient le vocabulaire local dans les textes populaires et médiatiques. Cette distinction entre usage professionnel et usage général de la langue influence la persistance et la disparition progressive des anglicismes.
Anglicismes et genre de l’information économique
Le journalisme économique occupe une place particulière dans l’histoire des emprunts à l’anglais. Les journalistes qui couvrent les marchés mondiaux, les transactions d’entreprises et les tendances technologiques travaillent souvent avec des sources anglophones et sont contraints de transmettre rapidement de nouveaux termes à leurs lecteurs. De ce fait, le discours médiatique devient un vecteur important de diffusion des anglicismes.
Une étude du discours journalistique économique anglais révèle l’usage fréquent d’allusions, de métaphores et d’expressions idiomatiques, en complément du vocabulaire spécifique. Lors de la traduction dans les langues nationales, les rédacteurs décident de conserver la forme anglaise, d’opter pour un calque ou de remplacer l’expression par un terme adapté au contexte local. Ces choix déterminent si un terme anglais s’intègre au style journalistique national.
Les médias économiques russophones utilisent souvent un mélange de vocabulaire russe et anglais : les noms anglais d’instruments financiers, d’indices et de normes comptables côtoient des verbes et des connecteurs russes. Ces textes sont accessibles aux professionnels maîtrisant la terminologie, mais peuvent nécessiter des explications pour le grand public.
Les études de corpus portant sur
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