« François d’Assise » de Dmitri Merezhkovsky, résumé
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Ce livre est une réflexion philosophique et biographique sur la vie du grand saint catholique, publié en 1938. L’auteur considère François comme un héritier spirituel direct de l’abbé calabrais Joachim de Fiore, qui avait prédit l’avènement d’une nouvelle ère mondiale.
La prophétie de Joachim de Flore
Au XIIe siècle, Joachim de Flore reçut une révélation mystique sur le mont Thabor. Il reçut la doctrine des trois états de l’univers : l’Âge du Père, l’Âge du Fils et le Troisième Testament à venir – le royaume du Saint-Esprit et la liberté absolue. S’appuyant sur ces idées, l’auteur établit un parallèle direct entre Joachim et François. Tous deux rejetaient catégoriquement la propriété privée. Pour eux, le matérialisme et l’accumulation étaient synonymes d’esclavage et de mort spirituelle, et la pauvreté absolue était perçue comme le seul chemin vers la béatitude originelle.
Une jeunesse tumultueuse et un tournant spirituel
François naquit en 1182, fils du riche marchand Pietro Bernardone. Sa mère lui donna secrètement le nom de Jean, mais le monde le connaissait sous le surnom de « petit Français » – François. Le jeune homme faisait commerce d’étoffes précieuses, organisait de somptueux banquets chaque soir, chantait des chansons provençales et était surnommé « roi des fous » par la jeunesse d’Assise. Capturé pendant la guerre contre Pérouse, il passa une année entière en prison, conservant sa bonne humeur et sa confiance en un avenir brillant.
Son retour au pays fut marqué par une douloureuse quête de vérité. Sa rencontre avec un lépreux fut le point de son effondrement intérieur. Une profonde répulsion physique pour la maladie fit place à une compassion immense. Le jeune homme descendit de cheval, s’inclina jusqu’au sol devant le malade, lui tendit sa bourse de pièces d’or et baisa sa main couverte de plaies. Plus tard, dans l’église délabrée de Saint-Damien, François entendit une voix provenant d’un crucifix noirci. La voix lui ordonna : «Rénove ma maison en ruine.» Prenant l’appel au pied de la lettre, François se procura en secret les plus beaux tissus d’un rouge flamboyant, très à la mode, dans une boutique, les vendit, ainsi que le cheval, à la foire de Foligno, et apporta l’argent au prêtre. Craignant la colère de Pietro Bernardone, le prêtre refusa les pièces. François jeta la bourse sur le rebord de la fenêtre.
Le procès de l’évêque et la création de l’ordre
Fou de rage, le père lança une chasse à l’homme pour retrouver son fils. Pendant un mois, François se cacha dans une cave obscure, rongé par la peur. Sortant de sa cachette, sale et en haillons, le jeune homme fut raillé par une foule de gamins des rues. Des enfants des rues lui jetèrent de la terre et des œufs pourris. Pietro Bernardone le battit et l’enferma à la cave, exigeant la restitution du butin. Peu après, sa mère le libéra. Le différend dégénéra en procès public devant l’évêque Guido d’Assise. Devant les notables de la ville, François se dépouilla entièrement de ses vêtements, déposa ses affaires aux pieds de son père et le renia à haute voix, ne reconnaissant que le Seigneur céleste comme son père. L’évêque couvrit la nudité du jeune homme de son manteau.
Alors qu’il se dirigeait vers les montagnes, François tomba entre les mains de bandits. Ils le rouèrent de coups et le jetèrent dans une fosse profonde remplie de neige fondante. Le jeune homme émergea dans une clairière et se mit à chanter des louanges à Dieu. Peu après, de ses propres mains, il restaura l’église San Damiano et la chapelle Notre-Dame des Anges dans la forêt reculée de la vallée de Portioncula. Son altruisme attira des disciples. Le premier à se dépouiller de ses biens fut le riche marchand Bernardo da Quintavalla. Il fut suivi par le chanoine Pietro da Cattani et le prêtre Sylvestre. Entendant l’appel du Christ à prêcher sans argent, sans bâton ni chaussures pendant la liturgie, François ôta ses chaussures et se ceignit d’une simple corde.
Conflit avec l’Église romaine
Durant l’été 1210, François et onze compagnons vinrent à Rome pour approuver la règle de la confrérie. Au début, le pape Innocent III les considérait avec une grande méfiance. La mise en pratique littérale de la pauvreté prônée par l’Évangile semblait impossible aux prélats. Les cardinaux craignaient une rébellion. La situation changea après un songe prophétique : le pontife vit François soutenir de son épaule le mur qui s’effondrait de la basilique du Latran. À son réveil, le pape donna son accord verbal pour la prédication de la pénitence. Le cardinal Colonna leur conféra la tonsure. Les frères mendiants devinrent des hommes d’Église.
De retour en Ombrie, les moines s’installèrent dans des huttes de branchages au village de Rivo Torto. Ils mendiaient, soignaient les lépreux et prêchaient la paix. François contraignit les classes belligérantes d’Assise à signer un traité de paix. Cependant, ses idéaux rencontrèrent une forte résistance, même parmi ses confrères. Apercevant une grande maison de pierre à Portioncula, construite par les habitants pour l’ordre, François monta sur le toit et se mit à jeter des tuiles, tentant de détruire l’édifice.
Les relations avec la hiérarchie officielle se compliquèrent. Le cardinal Ugolino et le calculateur frère Élie de Cortone restructurèrent méthodiquement la Fraternité Mineure. La liberté de vie céda la place à des règles institutionnelles rigides. Cédant aux pressions, François démissionna de la direction de l’ordre, remettant le pouvoir d’abord à Pierre de Catane, puis au frère Élie. Il effaça peu à peu l’esprit de liberté originel des rites.
Unité des créations et des stigmates
Le trait le plus important du saint était sa relation avec la création divine. François prêchait aux oiseaux, chantait avec la sauterelle et sauvait les oiseaux aquatiques. Lors du douloureux traitement de sa cécité par un fer rouge, il s’adressait avec tendresse au feu, le suppliant de ne pas lui infliger de souffrances atroces. Pour lui, l’univers entier était comme une échelle de symboles lumineux, où la plus petite créature était reconnue comme un frère racheté.
À l’automne 1224, François se retira sur le rocher noir et inaccessible du mont Alverne. Le jour de la fête de l’Exaltation de la Croix, à l’aube, un séraphin à six ailes lui apparut, crucifié. La vision fut accompagnée d’une parole secrète. Des plaies – des stigmates, semblables à celles de Jésus – s’ouvrirent sur les mains, les pieds et le côté droit du saint. Du sang suintait constamment de son flanc. Le bienheureux dissimula soigneusement ses plaies sous une épaisse soutane, ne laissant apparaître à ses compagnons que le bout de ses doigts.
Les derniers jours des bienheureux
La santé de François se détériora rapidement. Il devint presque aveugle et souffrit d’hydropisie et de douleurs d’estomac. Dans l’obscurité la plus totale, il composa le célèbre « Chant des créatures », louant le Soleil, la Terre et la Mort. Frère Élie transporta François, à demi mort, à travers les villes d’Ombrie sous la garde d’un détachement militaire armé, craignant que son précieux corps ne soit dérobé. Arrivé à Assise, le saint fut pratiquement retenu prisonnier au palais épiscopal.
Pressentant sa mort imminente, François demanda instamment à être transféré au monastère forestier de Portioncula. En chemin, il ordonna d’arrêter le brancard et bénit sa ville natale. Le samedi soir, les frères exaucèrent le dernier vœu du mourant. Ils le déshabillèrent et l’étendirent à même le sol, avec l’intention de l’y laisser le temps qu’il faut à un homme pour parcourir environ un kilomètre. François bénit le pain et le distribua à ses compagnons, imitant le Christ lors de la Cène. Il chanta un psaume, remerciant Dieu de lui avoir permis de mourir libre de tout lien terrestre. À l’instant de son dernier souffle, une volée d’alouettes se posa sur le toit de chaume de la hutte forestière.
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