Résumé de « Comment faire d’un bon scénario un chef-d’œuvre » de Linda Seger
Automatique traduire
Linda Seger a écrit un ouvrage fondamental sur les aspects pratiques de la transformation d’ébauches en scénarios professionnels. Publié dans les années 1980, ce livre est rapidement devenu un classique culte auprès des cinéastes hollywoodiens. Son principal atout réside dans son système clair d’identification des erreurs dramaturgiques et dans les algorithmes permettant de les corriger lors de la révision du manuscrit.
Cet ouvrage n’a jamais été adapté au cinéma et n’a reçu aucun prix littéraire majeur. Il s’agit d’un guide purement pratique, dont l’efficacité est confirmée par le succès commercial et artistique des films qui y sont analysés. Seger a longtemps travaillé comme consultante en scénario, ce qui lui a permis de constituer une vaste base de données sur les erreurs courantes commises par les scénaristes en herbe.
Principes fondamentaux de la composition
Le processus de réécriture commence par une analyse de la structure en trois parties. Chaque récit doit comporter une introduction, un développement et une résolution. La première partie, d’une dizaine à une quinzaine de pages, présente au lecteur les règles du jeu. Le visuel y est plus efficace que le dialogue. Les plans d’ouverture de « Witness », muets, dépeignent la vie paisible des fermiers amish. Le visuel donne immédiatement le ton et crée un contraste qui annonce les événements à venir.
Après l’exposition visuelle, un élément déclencheur est nécessaire : un événement qui met l’action en branle. Cet élément peut être une action, un dialogue ou une situation. Dans À la poursuite du diamant vert, l’écrivaine Joan Wilder reçoit un message inquiétant de sa sœur. Ce télégramme la contraint à se rendre en Colombie, déclenchant une série d’aventures. Cet élément déclencheur pose le problème central du film, auquel la fin doit apporter une réponse définitive. La réponse est généralement positive, mais le chemin pour y parvenir la maintient dans l’angoisse.
L’intrigue ne peut se développer de manière linéaire. Des changements de direction brusques sont introduits par des points de bascule. Le premier survient à la fin de la demi-heure, le second vingt minutes avant la fin. Dans « Witness », John Book fait part à son supérieur des soupçons d’un garçon, ce qui déclenche une tentative d’assassinat. Book prend alors conscience de la corruption de ses supérieurs, et l’action bascule radicalement. Le second point de bascule accélère le rythme, devenant une bombe à retardement, annonçant le dénouement.
Développement de l’histoire
Une intrigue décrit une suite d’actions matérielles, tandis qu’une histoire leur confère du sens. L’histoire se concentre sur le thème de l’œuvre. Souvent, une intrigue s’articule autour d’une tâche simple, tandis qu’une histoire se concentre sur une histoire d’amour ou une quête spirituelle. Les créateurs de Retour vers le futur n’ont pas raconté l’histoire d’une machine à voyager dans le temps, mais celle de la relation complexe d’un adolescent avec ses parents. La machine à voyager dans le temps n’est qu’un artifice narratif permettant de révéler les liens entre les différents éléments de l’intrigue.
Les intrigues suivent une structure en trois parties bien définie. Dans la comédie « Tootsie », Michael se déguise en femme pour travailler. Voilà pour l’intrigue. Celle-ci se divise en cinq fils narratifs distincts : les relations de Michael avec Julie, Sandy, Les, Brewster et Ron. Chaque fil narratif a un début, un point culminant et une fin. L’entrecroisement de ces fils forme une image complexe, incitant le spectateur à éprouver de l’empathie pour le personnage qui se fait passer pour quelqu’un d’autre. Michael ne peut révéler la vérité à Julie par crainte de perdre son emploi, mais sans Julie, cet emploi n’a aucun sens.
Pour maintenir le rythme dans la seconde partie du scénario, des moments d’action sont utilisés : obstacles, complications et retournements de situation. Un obstacle oblige le héros à chercher des solutions alternatives. Dans « Les Dents de la mer », l’équipage du yacht utilise en vain une ligne de pêche, un harpon et une cage avant que Martin ne fasse exploser une bonbonne d’oxygène. Une complication n’apporte pas de résultat immédiat, mais elle crée une tension palpable. Un retournement de situation fait basculer brutalement l’histoire du positif au négatif. La mort du requin, pourtant réussie, laisse place à l’horreur de réaliser que le requin mangeur d’hommes est toujours en vie.
La cohérence perceptive est obtenue grâce aux prédictions et aux motifs récurrents. La prédiction fournit des informations qui seront exploitées ultérieurement. Le tract appelant au sauvetage de la tour de l’horloge au début de Retour vers le futur indique la date exacte de la foudre qui sauve Marty à la fin. Un motif visuel ou auditif récurrent renforce l’atmosphère. La musique angoissante qui accompagne l’apparition du requin ou les plans sur les grains de blé dans Witness unissent fermement des épisodes disparates en un tout cohérent.
Potentiel commercial et mythologie
Le succès d’un film repose sur sa capacité à toucher les valeurs humaines universelles. Les spectateurs paient pour ressentir des émotions, trouver des réponses ou s’identifier au héros. Les thèmes du triomphe du plus faible, de la soif de vengeance ou de la force des émotions sont universels et parlent à tous. Le héros doit agir conformément à nos habitudes ou incarner un modèle de comportement idéalisé.
L’utilisation des mythes classiques confère une profondeur au récit. Le parcours héroïque comprend toujours des étapes reconnaissables : l’appel de l’aventure, le rejet, la rencontre d’un mentor, les épreuves, le danger mortel et la renaissance finale. Luke Skywalker suit le chemin classique qui mène du fermier désœuvré au sauveur de la galaxie, guidé par Obi-Wan Kenobi. Le mythe du retour du fils prodigue est utilisé dans les drames où un personnage est contraint de quitter son environnement familier pour trouver l’harmonie intérieure.
Motivation et développement du caractère
Le développement d’un personnage repose sur une triade : motivation, action et but. Une motivation obscure empêche le spectateur de ressentir de l’empathie. Les retours en arrière et les longs monologues explicatifs ralentissent l’action ; les auteurs doivent donc révéler les motivations par des actions concrètes. Dans Star Wars, les méchants détruisent la maison de Luke, ce qui lui donne une raison parfaitement valable de rejoindre les Rebelles.
Le drame exige un conflit d’intérêts. Un affrontement de désirs est l’étincelle qui met le feu aux poudres. Le conflit peut être intérieur, social, situationnel ou cosmique, mais au cinéma, il se transforme le plus souvent en conflit relationnel. Book et son patron corrompu, Paul, ont des objectifs diamétralement opposés. Le tourment intérieur de Michael, rongé par ses mensonges dans « Tootsie », dégénère en confrontations directes avec son voisin, Jeff.
La personnalité d’un personnage se révèle à travers sa philosophie, ses actions concrètes et ses réactions émotionnelles. Les stéréotypes nuisent à la vitalité du film. La transformation d’un personnage est un processus lent qui exige un temps d’écran conséquent. L’individualiste égoïste John Book apprend la menuiserie, développe des sentiments pour Rachel et s’intègre à la communauté. Le changement s’opère progressivement, par une série de micro-décisions.
Les personnages secondaires servent l’intrigue principale. Le protagoniste fait progresser l’action. Les personnages de soutien agissent comme catalyseurs ou confidents, permettant au protagoniste de s’exprimer. Les personnages subalternes offrent un contraste, mettant en valeur les atouts du protagoniste. Les figures thématiques, comme Mme Moore dans <i>La Route des Indes</i>, incarnent la position de l’auteur et transmettent l’idée principale. La répartition de ces fonctions permet d’éliminer les personnages superflus du scénario. «À vous de juger si j’ai réussi tout cela.»
Vous ne pouvez pas commenter Pourquoi?