« L’Affaire du meurtre » (Hôtel « Chez l’alpiniste mort ») d’Arkadi et Boris Strougatski, résumé
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Ce court roman de science-fiction, stylisé comme un polar classique, a été écrit par les frères Strougatski en 1970. Il se distingue dans leur bibliographie comme une expérience de genre novatrice, où une intrigue policière hermétique se mue de façon inattendue en un drame philosophique sur le contact avec une intelligence extraterrestre et la responsabilité morale humaine. L’un des aspects essentiels du texte réside dans son exploration de la façon dont la bureaucratie et le respect scrupuleux des consignes peuvent mener à une tragédie irréparable face à l’inconnu.
Le livre a été adapté au cinéma en 1979 par le réalisateur Grigori Kromanov, aux studios Tallinnfilm. Le film, « Hôtel chez le montagnard mort », a remporté l’Astéroïde d’argent au Festival international du film de science-fiction de Trieste et est devenu un film culte auprès du public soviétique grâce à son esthétique visuelle et sa musique électronique.
L’inspecteur arrive et rencontre les invités
L’inspecteur Peter Glebsky arrive dans un hôtel isolé, niché dans une vallée enneigée du comté de Vingi, après avoir reçu une menace de mort anonyme. En chemin, sa voiture évite de justesse une collision avec un motard imprudent qui remorque un skieur. L’hôtel, au nom inquiétant « Chez le Montagnard Mort », accueille le policier avec une enseigne excentrique et un imposant Saint-Bernard nommé Lel.
Sa première rencontre avec les résidents de l’hôtel est pour le moins insolite. Glebsky découvre un jeune homme pendu au plafond, près de la porte. Il se présente comme Simon Simonet, « lieutenant-chef de cybernétique ». Le propriétaire de l’hôtel, Alek Snevar, présente l’inspecteur aux autres clients : le riche couple Moses (Monsieur Moses possède des dons de magicien et son épouse, Olga, est d’une beauté éblouissante) et un étrange couple croisé sur la route. Il s’agit du puissant Scandinave Olaf Andvarafors et d’une créature androgyne à lunettes noires, que tous appellent « Enfant » ou Brun.
L’enquête débute par une complication : Snevar affirme n’avoir pas appelé la police et qu’aucun crime n’a été commis à l’hôtel. Glebsky contacte la direction, confirme que l’appel était mensonger, mais décide de rester à l’hôtel jusqu’au lendemain en raison du mauvais temps et de la fatigue, dans l’intention de déguster la liqueur maison du propriétaire.
Des incidents étranges et une avalanche
Un séjour paisible à l’hôtel est perturbé par une série d’événements mystérieux. Glebsky aperçoit sur le toit un homme en manteau de fourrure – M. Hinkus – au comportement extrêmement suspect : il cache des bouteilles et semble avoir constamment froid, prétextant la tuberculose. La chambre de l’inspecteur est vandalisée et un mot, composé de coupures de presse, y est déposé, identifiant Hinkus comme un dangereux gangster surnommé Filin.
Ce soir-là, en jouant au billard, Olaf fait preuve d’une précision surnaturelle, empochant les billes selon des trajectoires impossibles et plongeant Simone dans le désespoir. L’inspecteur tente de s’expliquer avec Hinkus, qui, paniqué, se réfugie sur le toit et refuse de descendre dîner. La situation s’aggrave lorsqu’une catastrophe naturelle survient : un glissement de terrain massif bloque la seule sortie du ravin, coupant toute communication téléphonique. Les résidents de l’hôtel se retrouvent coupés du monde.
Cette nuit-là, un homme épuisé fait irruption dans l’hôtel et est retrouvé sur le seuil. L’étranger, qui se présente comme Luarvik Luarvik, est lent, a du mal à trouver ses mots et exige de voir Olaf Andvarafors. Glebsky et Snevar montent dans la chambre d’Olaf et le trouvent mort : il a la nuque brisée, mais la chambre est rangée et la fenêtre est ouverte. Il n’y a aucune trace de pas dans la neige fraîchement tombée sur le rebord de la fenêtre ni sous la fenêtre.
Investigation dans un espace confiné
Glebsky prend la situation en main, scelle la pièce et entame une enquête. Un appareil complexe à la fonction inconnue – un boîtier noir muni de cadrans – est découvert dans la valise du défunt. Après l’avoir examiné, Simone soupçonne une origine militaire ou spatiale. Le physicien lui-même confie un détail troublant à l’inspecteur : alors qu’il tentait de séduire Mme Moses, il a découvert dans sa chambre non pas une femme vivante, mais un mannequin glacé, qui a ensuite repris vie.
Hinkus est rapidement découvert, ligoté et caché sous une table dans une des pièces vides. Libéré, « Filin » avoue hystériquement être un membre d’un gang envoyé espionner un transfuge surnommé Belzébuth (qu’il identifie comme étant Moïse). Hinkus prétend avoir été maîtrisé par Olga, qui possède une force surhumaine. Pour le prouver, lui et Snevar montrent à l’inspecteur un profilé en acier, noué à mains nues.
Luarvik, reprenant partiellement conscience, identifie le corps d’Olaf, mais d’une manière étrange, comme s’il reconnaissait non pas une personne, mais une machine. Il exige avec insistance la restitution de la « valise » (l’appareil), offrant des sommes considérables en échange. Glebsky confisque l’argent, y voyant une tentative de corruption, et refuse de remettre la preuve.
La théorie des extraterrestres
Simone, en rassemblant les faits — les capacités phénoménales d’Olaf, l’état « mort » d’Olga, le discours étrange de Luarvik et les appareils techniques — en conclut que l’hôtel n’est pas occupé par des humains. Il tente de convaincre Glebsky qu’ils ont rencontré des extraterrestres.
Bientôt, Moïse révèle sa véritable nature. Lui, Olga, Olaf et Luarvik sont des extraterrestres (ou des organismes cybernétiques qu’ils ont créés) qui se sont écrasés. Olaf est mort d’une panne de courant, et le « meurtre » n’était en réalité que la désactivation d’un mécanisme. Luarvik est le pilote d’un vaisseau de sauvetage. Ils ont absolument besoin de la « valise » — un accumulateur d’énergie — pour quitter la Terre. Moïse (le vrai ou son double) est en effet traqué par le syndicat du crime « Champion », qui le prend pour leur trésorier en fuite.
Le choix fatal de l’inspecteur
Glebsky est confronté à un grave dilemme moral. D’un côté, une histoire fantastique d’extraterrestres, étayée par des miracles (métamorphoses, force surhumaine). De l’autre, son devoir professionnel et la logique d’un policier lui dictent qu’il a affaire à une bande de criminels rusés qui utilisent l’hypnose et la ruse. Simone le supplie de lui remettre la batterie et de les relâcher, mais Glebsky, craignant de commettre une faute grave, reste inflexible. Il ordonne l’arrestation de tous jusqu’à l’arrivée des autorités.
À un moment critique, Simone et Snevar tentent de s’emparer de la valise des mains de l’inspecteur par la force, mais Glebsky résiste. Profitant de la confusion, les extraterrestres (Moïse portant Olga et l’appareil, Luarvik traînant le corps d’Olaf) s’échappent de l’hôtel et tentent de fuir à ski dans les montagnes.
Fin tragique
Glebsky, Snevar et Simone se précipitent sur le porche. L’inspecteur attend l’arrivée de l’hélicoptère de la police qu’il était censé avoir appelé (en réalité, la radio était hors service). Un hélicoptère apparaît effectivement dans le ciel. Les extraterrestres, le voyant, poursuivent leur chemin, ne se doutant de rien. Cependant, l’hélicoptère n’appartient pas à la police, mais au gang des « Champions », convoqué par Hinkus.
L’hélicoptère descend et les bandits ouvrent le feu à la mitrailleuse lourde sur les fugitifs. Olaf, Olga, Moïse et Luarvik périssent sous une pluie de balles. L’hélicoptère disparaît derrière une crête. Désespérée, Simone accuse Glebsky de stupidité et de formalisme, le tenant responsable de la rupture du contact avec une autre civilisation. L’inspecteur se retrouve seul face à son constat : son respect scrupuleux de la loi a mené au désastre. Finalement, seul le chien Lel hurle de douleur, pleurant les morts.
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