La texture vivante de Marlen Spindler
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с 18 Марта
по 31 ИюляМузей нонконформизма
ул. Мясницкая, д. 24/7, стр. 2
Москва
La galerie Nadezhda Brykina accueillera l’exposition «Texture vivante», consacrée à Marlen Spindler, figure majeure de l’art russe du XXe siècle. Cette exposition présentera des œuvres de Marlen Spindler, exposées pour la première fois à Moscou, offrant ainsi aux visiteurs une occasion unique de découvrir de nouvelles facettes de sa démarche créative. Le vernissage coïncidera avec le 95e anniversaire de la naissance de Spindler et le 20e anniversaire de la galerie.
Marlen Spindler, l’un des maîtres les plus remarquables de la contre-culture soviétique, ne fut reconnu par le monde qu’après l’effondrement du système socialiste en URSS. Durant une longue période, son talent s’épanouit malgré les épreuves et les vicissitudes qui jalonnèrent son existence difficile. Il passa quinze ans de sa vie en prison et en exil, subissant la perte de liberté et les limitations physiques qui devinrent pour lui une source de souffrance, mais aussi de force spirituelle. Ces années éprouvantes furent également pour lui un temps de profonde introspection, au cours duquel il apprit à trouver du réconfort. Malgré son passé douloureux, Spindler refusa de se conformer aux normes sociales, et son tempérament fougueux et provocateur le mena souvent à des affrontements.
Ces épreuves l’ont endurci et ont façonné sa perception unique de la vie, où tragédie et joie, douleur et admiration pour le monde sont inextricablement liées. Sa personnalité mêlait la tragédie de son vécu à une remarquable liberté intérieure, qui se reflétait dans ses peintures, empreintes d’énergie, de gestuelle et d’un profond drame. La vie de Špindler est devenue une histoire de dépassement de soi, un dialogue avec son expérience personnelle et le monde qui l’entourait, qui est devenu la principale source de son inspiration artistique.
L’œuvre de Marlen Spindler, comme l’écrit le spécialiste d’art russe Jean-Claude Marcadet, est aussi saisissante par sa puissance que sa personnalité. Son œuvre est intimement liée aux influences qui ont marqué sa vie. Il s’agit avant tout de la nature sauvage et immaculée des vastes étendues russes, ainsi que de l’iconographie ; et, de plus, de la tragédie de l’existence humaine, qu’il a personnellement vécue. Mais elle est aussi empreinte d’un amour inconditionnel de la vie et d’une grande sensibilité à la joie. Malgré toutes les épreuves qu’il a endurées, Marlen Spindler n’est pas un rebelle ; il a fait la paix avec le monde. Marlen Spindler est une figure proche de celle d’un autre artiste chrétien célèbre et influent, Georges Rouault. En dépeignant la tragédie humaine, il a su, comme Marlen, conjuguer des éléments contradictoires dans son œuvre : une existence misérable et une spiritualité profonde. Par ailleurs, on peut relever une autre similitude entre la personnalité de Marlen Spindler et le style poétique de Georges Rouault : la rigueur des contours qui entourent les éléments figuratifs, lesquels, dans les œuvres de Rouault, sont sans aucun doute associés à l’influence des vitraux des églises et des cathédrales catholiques.
Marlen Spindler entretenait un lien profond avec la vie foisonnante du monde extérieur. Les éléments figuratifs se métamorphosent en hiéroglyphes et pictogrammes, agencés de façon rythmique sur la surface picturale. L’artiste privilégie le geste, à l’instar de Picasso qui y laissait des empreintes vibrantes, un geste qui explique la spontanéité de l’art primitif, de l’art rupestre ou des graffitis à la Larionov. La grandeur de la pensée spirituelle, la mélancolie de l’emprisonnement et l’admiration pour la vie n’empêchent pas Marlen Spindler de créer des fragments d’humour et d’illogisme.
Ses réflexions sur l’art méritent d’être considérées au même titre que ses peintures. Citons l’une de ses phrases, qui illustre avec quelle maîtrise l’artiste a su unir art et vie : « Tout converge vers le centre, comme au football. La conscience du spectateur est attirée vers le centre par les ailes, comme si elle se préparait tranquillement à l’événement principal, puis au centre : une explosion, un déchaînement. L’essentiel est de maintenir le spectateur au centre, de ne pas le lâcher. »
Le rêve d’un art monumental conduit Marlen Spindler à explorer un nouveau matériau : la toile de jute grossière, à la texture similaire. Cette texture, évoquant une surface murale, possède une énergie naturelle qui semble offrir une réponse adéquate aux ruptures spatiales.
Dans ces œuvres, dont la technique d’exécution s’apparente à la fresque, le souci de la liberté du geste spontané se trouve complexifié par la perception de la profondeur de la couche picturale, qui semble répondre au geste, comme si la volonté même de la matière modifiait celle de l’artiste, créant ainsi une dramaturgie complexe et conflictuelle. Peindre ces toiles s’apparente à la réalisation de fresques. Le travail est ardu et exige, outre un effort physique considérable, une immense concentration mentale, car, comme chacun sait, une fresque ne peut être ni repeinte ni corrigée. Elle doit être créée sur le champ, d’un seul souffle, et compte tenu de l’imprévisibilité d’une image abstraite, cela représente un véritable défi.
Les craquelures et les fissures qui apparaissent dans la couche de peinture immédiatement après son application confèrent à l’œuvre une dimension temporelle ; la texture vivante et respirante de la couche picturale, comparable aux surfaces organiques naturelles de la terre, semble avoir été obtenue par des processus tectoniques de longue durée.
Selon Natalia Alexandrova, organisatrice de l’exposition Spindler à la galerie Tretiakov en 1996, il peut être considéré comme l’un de ces artistes «qui méritent d’être placés aux côtés des maîtres de l’avant-garde russe — Marc Chagall, Vassily Kandinsky et Kazimir Malevitch. C’est le phénomène unique de ces génies individuels qui a façonné toute l’ampleur du processus artistique du XXe siècle.»
Outre les œuvres de Spindler, la galerie présente également une exposition permanente renouvelée consacrée aux artistes des années soixante, mettant en valeur leurs œuvres les plus importantes.
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