Loi de Hick
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L’effort nécessaire pour prendre une décision augmente avec le nombre d’options. Plus vous proposez d’options, plus il est difficile pour les clients de se décider.
La loi de Hick (ou loi de Hick-Hyman) est un principe psychologique qui stipule que le temps de décision, lorsqu’on doit choisir entre plusieurs options, augmente de façon logarithmique avec le nombre d’options. Cette loi décrit non seulement la perception subjective de la difficulté du choix, mais aussi une relation mesurable entre le nombre d’options et le temps de réaction. C’est pourquoi elle est largement utilisée en psychologie cognitive, en ergonomie et en conception d’interfaces.
2 Description mathématique
3 mécanismes cognitifs
4 Critiques et limites
5 Concepts connexes
6 Application en conception UX et d’interface
7 Application en marketing et en vente
8 Application en ergonomie et en conception industrielle
9 Applications dans le domaine de la santé et de la médecine
10 Application dans l’éducation
11 Application en droit et en application de la loi
12 Loi de Hick et neurosciences
13 Comparaison avec les lois connexes
14 Limites d’application
15 Principes pratiques découlant de la loi de Hick
Histoire de la découverte
Contexte : Merkel et les premières observations
Les premières données expérimentales sur la relation entre le nombre d’alternatives et le temps de réaction ont été obtenues en 1885 par le psychologue allemand Josef Merkel. Il a démontré que les sujets réagissent plus lentement aux stimuli lorsque le nombre de signaux possibles est élevé. Les travaux de Merkel sont restés confidentiels et peu connus, mais ils ont posé les bases empiriques sur lesquelles les scientifiques se sont appuyés au milieu du XXe siècle.
Parallèlement, des observations connexes en physiologie et en psychophysique s’accumulaient. Les chercheurs constataient que plus le nombre de stimuli nécessitant diverses réponses motrices augmentait, plus la vitesse de réaction diminuait. Cependant, la nature de cette relation – linéaire ou logarithmique – demeurait incertaine jusqu’aux années 1950.
William Edmund Hick : L’expérience de 1952
En 1952, le psychologue britannique William Edmund Hick mena une série d’expériences où les sujets devaient répondre à des signaux lumineux clignotants, dont le nombre variait de un à dix, en appuyant sur des touches. Les résultats montrèrent que le temps de réaction augmentait proportionnellement au logarithme en base 2 du nombre d’options, et non linéairement. Hick formula sa loi comme une dépendance de la vitesse de réaction au « taux d’acquisition de l’information », un terme directement emprunté à la théorie de l’information de Claude Shannon, publiée quelques années auparavant.
L’article de Hick, intitulé « On the Rate of Gain of Information », a été publié en 1952 dans le Quarterly Journal of Experimental Psychology. Il décrivait les réponses des sujets en unités d’information – les bits – , une approche fondamentalement nouvelle pour la psychologie à l’époque. C’est l’application de la théorie de l’information à une expérience psychologique qui a fait du travail de Hick une étape scientifique majeure, et non une simple accumulation de données.
Ray Hyman et la clarification de la loi
En 1953, le psychologue américain Ray Hyman mena sa propre série d’expériences, explorant la relation entre le temps de réaction et le nombre moyen d’options présentées. Hyman utilisa une matrice de huit ampoules, chacune portant un nom : le sujet devait prononcer le plus rapidement possible le nom de l’ampoule allumée.
Hyman a fait varier non seulement le nombre de lampes, mais aussi la probabilité d’apparition de chacune, ce qui lui a permis de distinguer l’influence du nombre de stimuli et de leur incertitude informationnelle. Il a confirmé la relation logarithmique identifiée par Hick et l’a développée : le temps de réaction est linéairement proportionnel à la quantité d’information transmise en bits. Les travaux conjoints des deux chercheurs ont été formalisés par le terme « loi de Hick-Hyman », bien que l’abréviation « loi de Hick » soit plus couramment employée dans la littérature, tant populaire qu’appliquée.
Description mathématique
Formule et ses composants
La formule de base de la loi est :
T = a + b × log 2 (n + 1)
Où T représente le temps de réaction moyen ; n le nombre d’alternatives équiprobables ; a et b des constantes reflétant respectivement le temps de réaction de base et la vitesse de traitement de l’information. On ajoute 1 à n pour tenir compte de l’option « absence de stimulus » comme situation informationnelle indépendante.
Le facteur b exprime numériquement la vitesse de traitement de l’information par le cerveau : il est mesuré en millisecondes par bit. Dans la plupart des études, cette valeur se situe entre 150 et 200 ms/bit, bien qu’elle varie considérablement selon la tâche, l’entraînement du sujet et la nature des stimuli.
Dépendance logarithmique plutôt que linéaire
La nature logarithmique de l’évolution du temps de réaction implique que doubler le nombre d’options ne double pas le temps de décision. En passant de deux à quatre options, le temps augmente d’un bit ; en passant de quatre à huit, il augmente encore d’un bit. Cette propriété est importante en pratique : l’ajout des premières alternatives est coûteux, tandis que l’ajout de chaque alternative suivante, à mesure que le nombre d’options augmente, entraîne des augmentations de temps de plus en plus faibles.
En pratique, cela signifie que la différence entre deux et trois options est beaucoup plus perceptible pour l’utilisateur que celle entre vingt et vingt et une options. La loi prend ainsi en compte l’influence décroissante, mais non nulle, de chaque option supplémentaire.
Formule de Hyman généralisée
Hyman a étendu la formule en abandonnant l’hypothèse d’une probabilité d’incitation égale. Dans sa forme généralisée, la loi prend en compte l’entropie informationnelle de l’ensemble des alternatives, telle que définie par Shannon :
T = b × H
où H = ∑ n i=1 × p i × log 2 × 1/ p i représente l’entropie de la distribution de probabilité des stimuli. Si certaines options apparaissent significativement plus fréquemment que d’autres, l’incertitude totale est plus faible et le temps de réaction plus court que ne le prédirait une formule simple avec n. Cette observation a des implications directes pour la conception : sélectionner l’action la plus probable réduit la charge cognitive tout en conservant le même nombre total d’options.
mécanismes cognitifs
Charge d’informations et mémoire de travail
La loi de Hick décrit un phénomène couramment associé en psychologie cognitive moderne à la charge de la mémoire de travail. La mémoire de travail humaine a une capacité limitée : selon George Miller, elle peut contenir environ 7 ± 2 unités d’information simultanément. Chaque choix supplémentaire réduit cette capacité, ralentissant ainsi le traitement de l’information.
Chaque nouvelle option oblige le cerveau à effectuer une étape de discrimination supplémentaire : comparer cette nouvelle alternative à celles déjà envisagées, évaluer son importance et mettre à jour son classement interne des options. C’est pourquoi la loi est logarithmique et non par paliers : traiter chaque option supplémentaire coûte moins cher que la précédente, mais n’est pas gratuit.
Compatibilité stimulus-réponse
D’après la loi de Hick, le temps de réaction est influencé par la compatibilité stimulus-réponse. Lorsque l’action proposée est similaire au stimulus lui-même (par exemple, tourner le volant dans le même sens que celui où la voiture doit tourner), le temps de réaction diminue quel que soit le nombre d’alternatives. Les combinaisons stimulus-réponse incompatibles augmentent le temps de réaction au-delà de celui prédit par la formule de base.
Cet aspect est particulièrement important en ergonomie : la disposition des commandes doit correspondre aux attentes intuitives de l’utilisateur. Une correspondance imprécise entre une commande et sa fonction alourdit la charge cognitive déjà engendrée par la multiplicité des possibilités.
Le rôle de la familiarité et de la formation
Il est bien connu que les utilisateurs expérimentés réagissent beaucoup plus rapidement aux choix que les novices. L’entraînement réduit le coefficient b dans la formule : le cerveau commence à traiter les alternatives familières comme des « blocs » unifiés, des unités sémantiques condensées qui requièrent moins de ressources. Un pianiste professionnel choisissant parmi des symboles musicaux agit plus vite qu’un étudiant, même si tous deux sont confrontés au même nombre d’alternatives.
Il en découle une conclusion pratique : la loi de Hick est plus contraignante pour les nouveaux utilisateurs ou ceux qui travaillent avec une interface inconnue. Pour les experts, un trop grand nombre d’options est moins préjudiciable, même si cela n’élimine pas complètement le risque.
Critiques et limites
Conditions d’applicabilité
Les recherches menées durant la seconde moitié du XXe siècle ont mis en évidence plusieurs conditions dans lesquelles la loi de Hick n’est pas strictement respectée, voire pas du tout. De nombreuses expériences ont démontré des écarts à la linéarité dans des tâches atypiques, par exemple en présence d’une très grande incertitude (supérieure à 3 bits). De plus, certains types de réactions automatiques rapides, comme les saccades oculaires, ne présentent pratiquement aucun ralentissement lorsque le nombre d’options augmente.
Une autre limite tient à la confusion entre le nombre de stimuli et le nombre de réponses dans les expériences initiales. Hick et Hyman ont utilisé des tâches où chaque stimulus avait une réponse unique, ce qui rendait impossible de distinguer l’influence de l’incertitude liée au stimulus de celle liée à l’incertitude liée à la réponse. Des études ultérieures, notamment celle de Whyfall et al. en 2015, ont tenté de démêler ces deux contributions et ont constaté que les deux sont significatives, mais que leur importance relative dépend des conditions expérimentales spécifiques.
La paralysie du choix en tant que phénomène distinct
La loi de Hick décrit un ralentissement du temps de réaction, mais elle ne décrit pas la perte totale de choix – un phénomène communément appelé en psychologie «paralysie du choix» ou «surcharge de choix». Il s’agit d’une distinction cruciale : la loi de Hick-Hyman décrit quantitativement l’augmentation du temps de réaction, tandis que la paralysie du choix survient lorsque les coûts psychologiques du choix dépassent la valeur perçue de chaque option.
C’est là que le droit rejoint une catégorie plus large de phénomènes étudiés en psychologie du consommateur. La surcharge d’options peut non seulement ralentir la prise de décision, mais aussi conduire à un refus catégorique de s’engager.
Méta-analyse et reproductibilité
La fiabilité de cette loi dans la pratique reste sujette à débat. La célèbre « expérience de la confiture » menée par Sheena Iyengar et Mark Lepper en 2000 a démontré que les consommateurs étaient nettement plus enclins à acheter de la confiture lorsqu’on leur proposait six variétés plutôt que 24. Si l’étalage de 24 variétés attirait davantage l’attention, il se traduisait moins efficacement par un achat : environ dix fois moins souvent.
Cependant, des méta-analyses ultérieures ont donné des résultats moins concluants. Certaines expériences n’ont pas permis de reproduire un effet de surcharge significatif, et le degré de ralentissement dépendait du domaine, du nombre d’options proposées et de la familiarité des participants avec les produits. Par conséquent, la loi de Hick doit être considérée comme une tendance constante plutôt que comme une formule universelle à coefficients fixes.
Concepts connexes
Le paradoxe du choix par Barry Schwartz
Dans son ouvrage «Le paradoxe du choix» (2004), le psychologue Barry Schwartz a approfondi les idées liées à la loi de Hick sur les plans social et philosophique. Il a démontré qu’un excès d’options non seulement ralentit la prise de décision, mais diminue également la satisfaction qui en découle : une personne qui choisit parmi vingt options est plus susceptible de regretter les options manquées qu’une personne qui choisit parmi trois.
Le mécanisme ici diffère de la loi de Hick : il ne s’agit pas de la vitesse de réaction, mais du traitement cognitif des alternatives après la prise de décision. Cependant, les deux phénomènes décrivent le même fait sous-jacent : le cerveau doit fournir un effort mental pour chaque alternative proposée.
Charge cognitive
La théorie de la charge cognitive, développée par John Sweller à la fin des années 1980, offre un cadre théorique pour comprendre les mécanismes sous-jacents à la loi de Hick. Sweller distingue la charge intrinsèque (due à la complexité du sujet lui-même), la charge extrinsèque (due aux éléments non pertinents de la tâche) et la charge productive (associée à la formation de nouveaux schémas cognitifs). Un trop grand nombre d’options de choix relève principalement de la charge extrinsèque : elle n’enrichit pas la compréhension, mais ne fait que mobiliser les ressources cognitives.
fatigue décisionnelle
Le phénomène de fatigue décisionnelle a été décrit par le psychologue social Roy Baumeister dans le cadre de sa théorie de «l’épuisement de l’ego». L’idée est que les ressources disponibles pour la régulation volontaire et le choix conscient sont limitées : chaque décision consomme une partie de ces ressources, et au bout d’une longue série de choix, les individus ont tendance à prendre des décisions plus impulsives ou stéréotypées.
La loi de Hick décrit une situation où un seul choix est possible, tandis que la fatigue décisionnelle résulte de l’effet cumulatif d’une longue série de choix. Ces deux phénomènes convergent cependant vers une même conclusion : la capacité cognitive humaine à prendre des décisions est limitée, et il est impératif d’en tenir compte dès lors que des options sont présentées.
Application en conception UX et d’interface
Architecture de navigation et d’information
En conception de produits numériques, la loi de Hick est l’un des principes théoriques les plus fréquemment cités. Appliquée aux menus de navigation, elle stipule que plus un menu comporte d’éléments à un même niveau, plus l’utilisateur met de temps à choisir la section à sélectionner. Cela ne signifie pas que le menu doive être minimaliste au détriment de l’exhaustivité ; il s’agit plutôt d’organiser l’information de manière à ce que le nombre d’alternatives perçues à chaque niveau soit réduit.
La division de la navigation en catégories et sous-catégories découle directement de la loi de Hick. Au lieu de présenter à l’utilisateur vingt liens d’égale valeur, le concepteur les regroupe en quatre ou cinq catégories de cinq liens chacune. Le nombre perçu d’alternatives est déterminé par le nombre de catégories principales, et non par le nombre total de liens.
divulgation progressive
La divulgation progressive est une méthode qui consiste à masquer les fonctionnalités avancées ou rarement utilisées sur les premiers écrans et à les rendre accessibles au fur et à mesure de la navigation de l’utilisateur. Cela permet de proposer un nombre restreint d’options sans compromettre la fonctionnalité.
Un exemple clair en est celui des formulaires de commande étape par étape : au lieu d’une longue page comportant des dizaines de champs, l’utilisateur se voit présenter plusieurs étapes courtes et successives. Chaque étape ne requiert qu’une ou deux décisions, et l’ensemble de ces décisions est plus facile à gérer que de devoir les prendre toutes en même temps.
Boutons d’appel à l’action
La loi de Hick s’applique également aux boutons d’appel à l’action. Lorsque plusieurs boutons d’importance égale sont affichés simultanément sur un même écran, l’utilisateur réagit plus lentement à chacun d’eux. Mettre l’accent sur une action principale et minimiser l’importance visuelle des autres constitue un moyen efficace de réduire le temps de réaction.
C’est précisément la logique qui sous-tend les pages d’abonnement de nombreux services de streaming : plusieurs formules tarifaires sont présentées sous forme de trois ou quatre fiches, dont l’une est mise en évidence comme « recommandée ». Cette mise en évidence réduit l’incertitude subjective en déplaçant la distribution des probabilités vers une option, ce qui, selon la formule généralisée de Hyman, réduit l’entropie et accélère le processus de sélection.
Interfaces de recherche et de filtrage
Dans les interfaces gérant de vastes catalogues de produits ou de contenus, la loi de Hick explique pourquoi les filtres surchargés de dizaines de paramètres ralentissent la prise de décision, même s’ils offrent formellement davantage d’options à l’utilisateur. Afficher les filtres par ordre décroissant de fréquence d’utilisation et masquer les paramètres les moins utilisés derrière un bouton « Plus » est une application pratique de ce principe.
Application en marketing et en vente
structure de la gamme de produits
La loi de Hick s’applique directement à la question de la profondeur de l’assortiment de produits. Les données de l’expérience de la confiture ont montré qu’un étalage présentant six variétés convertissait les observateurs occasionnels en acheteurs dix fois plus efficacement qu’un étalage en proposant 24, malgré le fait que ce dernier ait attiré davantage l’attention au départ. Ceci illustre clairement le décalage entre l’attrait d’un large choix et son utilité concrète pour finaliser un achat.
Au niveau de la stratégie produit, cela conduit à recommander de limiter le nombre de forfaits, de configurations de produits ou d’offres de services. Proposer trois options au lieu de sept est la pratique courante sur les marchés des logiciels, des forfaits téléphoniques et des produits bancaires.
L’effet de leurre et la gestion de l’attention
Un outil marketing lié à la loi de Hick est l’effet de leurre : l’introduction d’une alternative asymétriquement dominante dans un ensemble d’options rend l’option cible plus attractive. Dans le cadre de la loi de Hick, cet effet de « crayon rouge » agit en réduisant l’incertitude subjective : une option est perçue comme nettement préférable, ce qui diminue l’entropie de l’ensemble et accélère la prise de décision.
Le fait de mettre en avant un produit ou de le positionner comme «le plus populaire» souligne l’asymétrie probabiliste des options. L’utilisateur le perçoit comme une réponse quasi évidente, et non comme un élément de comparaison supplémentaire.
Commerce en ligne et conversion
L’application de la loi de Hick au commerce électronique concerne non seulement le nombre de produits dans le catalogue, mais aussi la structure des pages de paiement. Les formulaires longs comportant de nombreux champs, les pages de panier proposant des produits similaires et les promotions actives augmentent le nombre d’options perçues et ralentissent, voire interrompent, le processus d’achat.
Amazon, avec son bouton « Acheter en 1 clic », est un exemple parfait d’application de la loi de Hick à l’architecture produit. Les informations de paiement et l’adresse de livraison enregistrées transforment l’étape finale de l’achat en une simple décision (« acheter maintenant » ou « ne pas acheter »), réduisant considérablement la charge cognitive.
Application en ergonomie et en conception industrielle
Panneaux de commande
La loi de Hick est utilisée depuis longtemps en ergonomie industrielle, bien avant l’avènement des interfaces numériques. La conception des panneaux de commande — pour les centrales nucléaires, les cockpits d’avions et les équipements médicaux — repose notamment sur la minimisation du nombre d’actions simultanément visibles par les opérateurs.
En aviation, le principe de minimisation des options en situation critique est directement lié à la loi de Hick : en cas d’urgence, chaque seconde compte et toute décision inutile peut coûter des vies. C’est pourquoi les procédures d’urgence reposent sur le principe d’arbres de décision rigides, avec un nombre minimal d’alternatives à chaque étape.
Télécommandes pour appareils électroménagers
Au niveau des appareils électroménagers, la loi de Hick explique pourquoi les lave-linge ou les multicuiseurs surchargés de boutons sont perçus comme difficiles à utiliser, même si chaque fonction prise individuellement est simple. Les utilisateurs ont tendance à sélectionner les quelques modes les plus familiers, en ignorant les autres ; ce comportement est bien décrit par la formule généralisée de Hyman : lorsque certaines options ont une probabilité subjective d’utilisation quasi nulle, elles sont largement ignorées lors du choix, mais créent néanmoins une surcharge d’informations lors de la première utilisation de l’appareil.
Panneaux routiers et navigation
L’ergonomie des transports s’appuie sur la loi de Hick pour la conception du marquage et de la signalisation routière. À une intersection à sorties multiples, les conducteurs doivent prendre des décisions en quelques secondes ; si la quantité d’informations est trop importante, le temps de réaction augmente, de même que le risque d’erreur. C’est pourquoi les normes internationales de signalisation routière imposent de limiter le nombre de panneaux sur un même poteau et de prévoir un avertissement préalable : cela permet de répartir la charge cognitive dans le temps.
Applications dans le domaine de la santé et de la médecine
La prise de décision en médecine d’urgence
La loi de Hick est un sujet de discussion fréquent dans le contexte de la prise de décision clinique. Aux urgences et en soins intensifs, les médecins sont contraints de choisir parmi de nombreuses options diagnostiques et thérapeutiques dans des délais extrêmement courts. Les recherches montrent que des protocoles structurés, comportant un nombre limité d’options, réduisent significativement les délais de décision et les erreurs.
L’élaboration de protocoles cliniques et de listes de contrôle en médecine est une réponse directe à la loi de Hick. La liste de contrôle chirurgicale de l’Organisation mondiale de la santé, proposée par Atul Gawande, repose sur le principe de réduire chaque étape à une décision binaire « réussi/échoué », minimisant ainsi l’incertitude.
Produits pharmaceutiques et de pharmacie
La multitude de médicaments aux effets similaires disponibles en pharmacie est un problème classique lié à la loi de Hicks. Un patient face à une vingtaine de marques d’ibuprofène passera beaucoup plus de temps à choisir que face à trois ou quatre options. Les fabricants de médicaments sans ordonnance utilisent activement l’option « recommandée » – un procédé analogue à l’effet de leurre – pour réduire l’incertitude du consommateur.
Application dans l’éducation
Didactique et structure des tâches
En pédagogie, la loi de Hick décrit un phénomène bien connu des enseignants : lorsqu’un élève doit choisir un sujet pour un exposé individuel, il consacre souvent un temps disproportionné à choisir plutôt qu’à étudier le sujet lui-même. Limiter le nombre de sujets proposés allège la charge administrative et permet de se concentrer davantage sur le fond.
L’approche de la classe inversée et d’autres formats pédagogiques modernes impliquent souvent une structuration rigide du choix des tâches précisément pour cette raison : un petit nombre d’alternatives bien formulées est plus motivant qu’un large éventail de possibilités.
Test à choix multiples
Le nombre d’options de réponse dans les questions d’un test fait l’objet de recherches distinctes. La recommandation classique des concepteurs de tests d’inclure quatre à cinq options de réponse repose en partie sur la loi de Hick : augmenter le nombre de distracteurs (options incorrectes) ralentit le temps de réponse et accroît la charge cognitive, ce qui nuit à la validité de la mesure. Parallèlement, réduire le nombre d’options à moins de trois diminue considérablement le pouvoir discriminant psychométrique de la question.
Application en droit et en application de la loi
Prendre des décisions sous pression
La loi de Hick est abordée dans la formation des forces de l’ordre, notamment en matière de gestion des menaces. Les recherches montrent qu’un agent confronté à de multiples options dans une situation critique réagit plus lentement et commet davantage d’erreurs qu’un agent dont le répertoire se limite à quelques stratégies éprouvées.
En pratique, on peut conclure que la pratique intensive de scénarios typiques, jusqu’à l’automatisme, réduit le nombre effectif de réponses dans la formule : une réponse bien entraînée est perçue par le cerveau comme quasiment la seule option, et non comme une option parmi d’autres. Cela permet une réaction plus rapide, même dans des situations objectivement difficiles.
Loi de Hick et neurosciences
Bases neurobiologiques
Les recherches neurobiologiques des années 2010 ont mis au jour les mécanismes sous-jacents à la loi de Hick au niveau des systèmes cérébraux. Une étude de 2017, publiée dans la revue Frontiers in Human Neuroscience, a démontré que la loi de Hick-Hyman est médiée par le système de contrôle cognitif, principalement le cortex cingulaire antérieur et le cortex préfrontal dorsolatéral. Ces structures sont responsables de la gestion des conflits entre les options de réponse et du choix entre les réponses concurrentes.
À mesure que le nombre de stimuli augmente, l’activité dans ces zones s’intensifie, ce qui est corrélé à un allongement du temps de réaction. Fait important, ce schéma se reproduit en neuro-imagerie : le cerveau « travaille » littéralement plus intensément face à un plus grand nombre d’options, et cet effort supplémentaire se traduit par un allongement du temps de réaction de quelques millisecondes.
Modèle basé sur la mémoire
En 2011, David Schneider a proposé le modèle de la loi de Hick, fondé sur les mécanismes de récupération de la mémoire à long terme. Selon ce modèle, la sélection de la réponse implique la consultation séquentielle d’associations stimulus-réponse stockées en mémoire ; plus ces associations sont nombreuses, plus le risque d’interférence entre elles est élevé, ce qui entraîne un ralentissement.
Ce modèle explique pourquoi l’entraînement réduit le temps de réaction : la répétition d’une tâche renforce les associations pertinentes et supprime les associations non pertinentes, réduisant ainsi les interférences. Ceci est cohérent avec le principe général énoncé par la loi de Hick : plus l’environnement de choix est prévisible pour une personne donnée, moins elle paie pour chaque option supplémentaire.
Comparaison avec les lois connexes
En psychologie cognitive et en ergonomie, la loi de Hick est associée à plusieurs autres lois quantitatives qui décrivent l’interaction humaine avec l’information et les interfaces.
| Loi | Que décrit-il? | Formule | Champ d’application |
|---|---|---|---|
| Loi Hick-Hyman | Dépendance du temps de réaction au nombre d’options | T = a + b × log 2 (n+1) | Choix parmi les alternatives |
| Loi de Fitts | La dépendance du temps de déplacement vers la cible à sa taille et à la distance | T = a + b × log 2 (2D/W) | Tâches motrices, mouvement du curseur |
| Loi de Miller | La limite de la mémoire de travail est de 7 ± 2 unités | — | Mémorisation, regroupement |
| Loi de Jacob | Les utilisateurs s’attendent à un comportement similaire à celui des produits qu’ils connaissent bien. | — | Conception d’interface |
La loi de Fitts décrit la rapidité avec laquelle un utilisateur peut atteindre physiquement un élément d’interface, tandis que la loi de Hick décrit la rapidité avec laquelle il décide vers quel élément se diriger. Ces deux lois sont souvent utilisées conjointement pour évaluer l’efficacité des interfaces.
Limites d’application
Quand la loi de Hicks ne fonctionne pas ou fonctionne mal
La loi de Hick prédit un ralentissement du processus de décision lorsque le nombre d’options augmente, mais elle n’affirme pas que moins d’options sont toujours préférables. Voici quelques situations où réduire le nombre d’alternatives n’est ni bénéfique ni même nuisible :
- Les utilisateurs experts qui connaissent bien un domaine ne présentent que peu ou pas de ralentissement lorsque le nombre de variantes dépasse un certain seuil.
- Tâches pour lesquelles l’utilisateur sait exactement ce qu’il recherche à l’avance (par exemple, en saisissant une requête dans la barre de recherche) : un excès d’options dans les résultats de recherche ne ralentit pas la recherche de l’option souhaitée si le classement est correct.
- Dans certains contextes, un grand nombre de variantes est précieux : catalogues de bibliothèques, bases de données scientifiques, ouvrages de référence. Dans ces cas, réduire le nombre de variantes diminue l’exhaustivité des données.
- Situations où les probabilités des options sont très inégales : une option clairement dominante rend le choix rapide quel que soit le nombre total d’alternatives.
Lien avec la tâche et motivation
Dans les expériences de Hicks, les temps de réaction ont été mesurés en laboratoire, avec des tâches simples et des stimuli neutres. Dans la réalité, la motivation, l’implication émotionnelle et le contexte social influencent considérablement le comportement. Une personne cherchant une robe de mariée est disposée à consacrer beaucoup plus de temps et d’efforts à choisir parmi une centaine d’options qu’à choisir un stylo. La loi décrit des coûts cognitifs minimaux dans des conditions neutres ; les choix dans la réalité sont toujours plus complexes que ce modèle.
Principes pratiques découlant de la loi de Hick
L’ensemble des recherches sur la loi de Hick aboutit à un ensemble de principes robustes applicables à la conception de systèmes, de produits et de communications.
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