Kuzma Sergeevich Petrov-Vodkin – Boys (playing boys). 1911
Emplacement: State Russian Museum, St. Petersburg (Государственный Русский Музей).
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COMMENTAIRES: 4 Ответы
надо же быть таким извращенцем!!!
Почему для вас оголённые тела = извращенство? Художник нарисовал обычную жизнь мальчуганов того времени, для которых это всё просто ребячество и только, без каких-либо подтекстов.
En réalité, le tableau est dune grandeur et dune tristesse incroyables.
À première vue, si lon ne sattarde pas sur le sens et la mise en scène de lhistoire, ni sur lannée de création, on voit simplement deux jeunes garçons denviron 12 ans qui jouent ou pratiquent une activité sportive. Cest la vie ordinaire des garçons de tous les temps, hier comme aujourdhui.
Mais ensuite, une association plus profonde nous vient à lesprit : lun des garçons tient quelque chose dans sa main, et le spectateur essaie de comprendre ce que cest. Lallégorie de Caïn et Abel, ainsi que dautres choses archétypales, viennent à lesprit (je ne les détaillerai pas ici).
Le garçon à droite semble se protéger de la violence, comme sil se défendait dune attaque, tandis que le garçon plus pâle et plus mince, en même temps quil lattaque, semble aussi essayer de lempêcher de tomber. Mais en examinant les détails, on voit que sa main est serrée en poing.
Lidée est que le spectateur essaie de résoudre une énigme : les enfants jouent-ils ou sagit-il réellement dune tentative dassassinat, ou quelque chose dautre? On commence à analyser les postures des garçons et on remarque que les pieds du garçon bouclé et foncé sont sur un plan différent, comme sil se propulsait vers lavant tout en tombant. Et dans les mains du garçon blond, il y a un morceau de terre, et la forme de la terre sur laquelle ils se tiennent rappelle... disons, le dessin de la Terre sur une carte.
Il est question de la conquête du Pôle Sud par Amundsen et Scott. Il nest pas étonnant que le garçon aux cheveux foncés soit physiquement plus développé, au moins ses jambes.
Peut-être que lintention est aussi que, en essayant de comprendre le sens, le spectateur essaie lui-même de se mettre dans les poses des enfants : cela demande un effort musculaire considérable. Lintensité de la tension est également indiquée par une couleur rouge sur le corps.
Il ny a donc aucune question de pose détendue. Regardez leurs visages : celui du garçon blond ressemble à celui de *La Mère Patrie appelle*, ce nest pas le visage dun enfant.
En général, lartiste montre la nature futuriste de lhomme : deux jeunes garçons nus engagés dans un dialogue intense, qui se dressent au-dessus de la planète et, on pourrait dire, de lespace.
Et lintrigue ambivalente et contradictoire, sous forme dune histoire tragique de voyageurs, est délibérément choisie, surtout si le spectateur connaît les détails, la saleté et les accusations des autres expéditions similaires, comme le cannibalisme et la contamination des populations locales. Ensuite, on pourrait penser à *Deux Capitaines*.
On peut aussi y voir quelque chose qui rappelle le *yin et le yang* : la pureté des aspirations des grands explorateurs est toujours mêlée à laspect matériel de la vie, cest-à-dire quil faut parfois se soumettre aux autres pour obtenir les fonds et les ressources nécessaires à la réalisation de leurs projets purs et innocents. Limportance accordée à laccomplissement et à sa mise en œuvre éclipse le plus important : le bonheur et la valeur qui résident dans lunité des aspirations nobles et du processus même de tension. La grandeur de leffort doit être préservée de la bassesse. Si ces enfants étaient constamment préoccupés par les soucis matériels, ils ne pourraient pas se concentrer autant sur un objectif.
*Un résultat brut est une carcasse*, qui a laissé derrière elle les aspirations et le processus de création, et personne ne sintéressera plus ni aux doutes, ni aux désirs qui nous élèvent au-dessus de la banalité du quotidien.
*Car lessentiel ne se trouve pas dans son objectif, mais dans sa réalisation.*
Les garçons sont intéressés par le processus, et non par le résultat, par le dépassement des difficultés, par les prises de décision, et non par un statut statique et éternel. Dans ces poses, presque tous les muscles du corps sont tendus, lartiste voulait montrer lessence même : la tension, la lutte. Ils nont rien dautre que la main dun ami, la seule chose qui lempêche de tomber, et le deuxième na rien dautre quun morceau de terre dans sa main.
(Quil serre avec une force maximale au point où lon voit à quel point la partie de la paume est gonflée et tendue. Essayez vous-même et vous comprendrez ce que je veux dire).
La réussite, le miracle, se trouvent dans le processus lui-même.
Personnellement, cela me rappelle aussi Bukreev et Fischer.
La compétition et le désir dêtre le premier, de posséder au moins ceci, conduisent à la folie et à lobsession.
Lorsque le garçon exprime ses désirs merveilleux, il devient également comme nu : le risque que son rêve soit écrasé, mélangé à la boue, mélangé à la saleté du matériel.
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Le second garçon, dont la peau est plus sombre et les cheveux noirs, est au sol. Il se contorsionne, le visage enfoui dans ses mains, comme sil était en proie à la douleur ou à lhumiliation. Le mouvement est vif, presque convulsif, suggérant un combat ou une lutte physique.
Lensemble se déroule sur un terrain plat, dun vert sombre et peu détaillé, qui contraste fortement avec le ciel bleu profond. Cette séparation chromatique, presque géométrique, isole les figures et renforce leur présence dramatique. Le fond uniforme et dépourvu de détails contribue à une atmosphère de tension, en concentrant lattention du spectateur sur linteraction entre les deux garçons.
L’absence de contexte narratif précis ouvre la porte à plusieurs interprétations. On peut y voir une représentation brute de la compétition enfantine, une lutte pour la domination, ou encore une métaphore de lopposition et du conflit. Le contraste physique entre les deux garçons, lun clair et lautre sombre, pourrait symboliser une différence de statut, de force ou dattitude face à ladversité. La position de soumission du garçon au sol évoque la vulnérabilité et la possible cruauté des interactions humaines, même dans le jeu.
Lensemble de la composition, avec ses formes angulaires et ses couleurs vives, dégage une impression de force et dintensité émotionnelle. Lœuvre semble interroger la nature du jeu, la violence potentielle de lenfance, et les dynamiques de pouvoir qui se manifestent, même dans les moments les plus apparemment innocents.