Critias de Platon, résumé
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Il s’agit d’un dialogue philosophique inachevé, écrit par le grand penseur grec antique Platon vers 360 av. J.-C. L’œuvre fait suite au dialogue Timée et contient la description la plus détaillée qui nous soit parvenue de la légendaire Atlantide : sa structure politique, sa géographie et sa destruction. Une caractéristique marquante du texte est sa fin abrupte : le récit s’interrompt au moment où Zeus s’apprête à prononcer un discours sur le châtiment des Atlantes.
Introduction et passation de pouvoir
Le dialogue s’ouvre sur un monologue de Timée, qui conclut son exposé sur l’univers et cède la parole à Critias. Timée adresse une prière au dieu, le priant de transformer ses paroles en une connaissance qui apaisera l’âme. Critias, prenant la parole à son tour, sollicite l’indulgence de l’auditoire. Il soutient qu’il est bien plus difficile de parler des affaires humaines et de l’histoire terrestre que des dieux et des phénomènes célestes.
Critias explique son idée par une analogie avec la peinture : lorsqu’il représente la terre, les montagnes ou le ciel, l’artiste satisfait le spectateur par une ressemblance même approximative, car la connaissance précise de ces objets est hors de portée de l’humanité. En revanche, lorsqu’un maître peint le corps humain, la moindre imprécision suscite de vives critiques, car le sujet est familier à tous. De même, les discours sur les mortels sont soumis à un examen plus rigoureux que les discussions sur le divin. Socrate approuve ces arguments et donne la parole à Critias, tandis qu’Hermocrate l’exhorte à invoquer hardiment l’aide de Péon et des Muses pour exalter les vertus des anciens citoyens.
Athènes antique : Le destin d’Athéna et d’Héphaïstos
Critias commence par une invocation à Mnémosyne (la déesse de la mémoire) et relate ensuite des événements survenus il y a neuf mille ans. Il s’agit d’une guerre entre les peuples vivant au-delà des Colonnes d’Hercule et ceux qui y résidaient. Ces derniers étaient menés par l’Athènes antique, tandis que leurs ennemis étaient gouvernés par les rois de l’Atlantide.
Selon la légende, les dieux se partagèrent la terre par le sort, sans dispute. Athéna et Héphaïstos, unis par une même nature et un même amour de la sagesse, reçurent l’Attique en héritage commun, terre propice à la culture de la vertu. Ils peuplèrent cette terre d’hommes nobles et y établirent l’ordre politique. Les noms de ces premiers hommes nous sont parvenus (Cécrops, Érechthée, Érichthonios), mais le souvenir de leurs exploits a été effacé par les catastrophes et le temps.
La structure sociale de l’Athènes antique était clairement hiérarchisée. Les artisans et les agriculteurs vivaient séparément de la classe guerrière. Les gardes guerriers résidaient au sommet de l’Acropole, autour des sanctuaires. Ils possédaient tout collectivement, n’avaient ni propriété privée, ni or, ni argent, et ne recevaient des citoyens que la nourriture nécessaire.
Critias décrit en détail les transformations géographiques de la région. Pendant plus de neuf millénaires, de puissantes inondations ont emporté les sols fertiles, ne laissant derrière elles que «le squelette d’un corps ravagé par la maladie». Dans l’Antiquité, l’Acropole était immense, s’étendant jusqu’aux fleuves Éridan et Ilissus, et la terre était incroyablement fertile, capable de nourrir une grande armée. Les forêts y étaient abondantes et, au lieu de se déverser sans but dans la mer comme aujourd’hui, l’eau de pluie s’infiltrait dans le sol, alimentant des sources jaillissantes.
L’origine de l’Atlantide
Poséidon hérita de la vaste île d’Atlantide. Au centre de l’île, sur une plaine, s’élevait une colline basse où vivait l’un des premiers hommes, Événor, avec sa femme Leucippe et sa fille Clitó. Poséidon tomba amoureux de Clitó et, pour protéger son foyer, il fortifia la colline. Il l’entoura d’anneaux alternés de terre et d’eau : deux anneaux de terre et trois anneaux d’eau, créés avec une parfaite précision géométrique.
Le dieu fit jaillir de la terre deux sources, l’une chaude, l’autre froide, offrant à l’île une végétation luxuriante. Poséidon et Clitó eurent cinq paires de jumeaux. L’aîné de la première paire, Atlas, devint roi suprême, et l’île ainsi que la mer environnante furent nommées en son honneur. Son jumeau, Gadès (Eumélos en grec), régnait sur la partie la plus éloignée de l’île, près des Piliers. Les autres fils reçurent également des terres et du pouvoir. La lignée d’Atlas régna pendant de nombreuses générations, amassant une richesse incommensurable.
Ressources naturelles et structure du capital
L’île regorgeait de ressources. On y extrayait toutes sortes de métaux, dont l’orichalque, aujourd’hui disparu, qui n’était surpassé en valeur que par l’or. Les forêts fournissaient des matériaux de construction et les prairies nourrissaient une faune variée, notamment des éléphants. La terre y produisait une grande variété de fruits, de légumes et d’encens.
Les rois de l’Atlantide créèrent une infrastructure colossale. Ils construisirent des ponts enjambant les anneaux d’eau, aménagèrent la voie menant au palais royal et creusèrent un canal gigantesque reliant la mer à l’anneau extérieur. Ce canal mesurait environ 90 mètres de large et 30 mètres de profondeur, permettant ainsi le passage des plus grands navires.
Les cercles de terre étaient entourés de murs de pierre. La pierre, blanche, noire et rouge, était extraite localement. Les murs du cercle extérieur étaient recouverts de cuivre, ceux du cercle intérieur d’étain coulé, et le mur de l’Acropole lui-même brillait d’orichalque.
Au centre de la citadelle se dressait le temple sacré de Cléito et de Poséidon, entouré d’une muraille d’or. Le temple principal de Poséidon impressionnait par sa splendeur barbare : son extérieur était revêtu d’argent et ses acrotères d’or. À l’intérieur, le plafond était incrusté d’ivoire et les murs et le sol étaient recouverts d’orichalque. Une statue en or du dieu le représentait conduisant un char tiré par six chevaux ailés, entouré de cent Néréides chevauchant des dauphins.
La ville s’enorgueillissait de deux sources (chaude et froide), autour desquelles furent construits des bains : pour les rois, les citoyens, les femmes et même les chevaux. L’eau était acheminée vers le bois sacré de Poséidon, où les arbres atteignaient des hauteurs incroyables, puis vers les anneaux extérieurs par des aqueducs. Ces anneaux abritaient des sanctuaires, des jardins, des gymnases et un vaste hippodrome d’environ 185 mètres de large. Les chantiers navals regorgeaient de trirèmes et le grand port était animé par l’activité commerciale intense des navires arrivant de toutes parts.
puissance civile et militaire
Au-delà de la ville s’étendait une plaine rectangulaire d’environ 555 kilomètres sur 370. Protégée par des montagnes au nord et exposée aux vents du sud, elle fut nivelée par les rois qui l’entourèrent d’un immense fossé d’environ 1 850 kilomètres de long. Ce fossé, alimenté par les cours d’eau des montagnes, se jetait dans la mer. Un réseau de canaux rectilignes d’une trentaine de mètres de large traversait la plaine, servant au flottage du bois et au transport des récoltes, effectuées deux fois par an.
L’organisation militaire était rigoureuse. La plaine était divisée en 60 000 districts, chacun fournissant un chef de guerre. En cas de guerre, chaque district avait besoin d’un sixième de char de guerre, de deux chevaux de selle avec leurs cavaliers, d’une paire de chevaux sans char, d’un fantassin muni d’un petit bouclier, d’un conducteur de char, de deux hoplites, de deux archers et frondeurs, de trois lanceurs de pierres et lanciers, et de quatre marins. La flotte totale comptait 1 200 navires.
Lois et rituel sacré
Les dix rois exerçaient un pouvoir absolu sur leurs territoires respectifs, mais leurs relations étaient régies par le Code de Poséidon, inscrit sur une stèle d’orichalque dans le temple central. Les rois se réunissaient tous les cinq ou six ans pour rendre des jugements et se concerter.
Un rituel particulier fut accompli avant le procès. Des taureaux en liberté furent capturés dans le bois sacré du temple, sans fer, seulement à l’aide de bâtons et de nœuds coulants. Le taureau capturé fut conduit jusqu’à la stèle et abattu afin que son sang imprègne les inscriptions des lois. Après le sacrifice, les rois mêlèrent le sang à du vin dans un cratère, puis chacun versa un caillot de sang dans le feu et jura de juger selon les lois inscrites sur la stèle.
À la tombée de la nuit, lorsque le feu sacrificiel s’éteignit, les rois revêtirent leurs plus belles robes bleu foncé (noir bleuté). Assis à même le sol près des braises ardentes de l’autel des serments, ils tinrent audience dans l’obscurité la plus totale. Au matin, les verdicts furent inscrits sur des tablettes d’or. La loi principale interdisait aux rois de se faire la guerre et les obligeait à porter assistance en cas de menace contre la famille régnante, quel que soit l’État. Le pouvoir suprême appartenait aux descendants d’Atlas.
Déclin moral
Pendant de nombreuses générations, les Atlantes préservèrent leur nature divine, obéissant aux lois et méprisant tout sauf la vertu. La richesse ne les enivrait pas et ils conservaient la maîtrise de soi. Mais avec le temps, leur nature divine, se mêlant à leur nature mortelle, commença à s’estomper. La nature humaine l’emporta.
Les Atlantes perdirent toute décence, bien qu’en apparence ils fussent au comble du bonheur. Ils furent consumés par une cupidité débridée et une soif de pouvoir. Ils ne pouvaient plus supporter le poids de leur prospérité.
Zeus, dieu des dieux et gardien des lois, constata la corruption de son peuple jadis glorieux. Il décida de le punir afin que, par la souffrance, il acquière la sagesse. Le Tonnerre convoqua tous les dieux dans sa demeure la plus glorieuse, située au centre du monde, d’où il pouvait contempler tout ce qui touchait à la naissance.
Le texte du dialogue s’interrompt brusquement à ce moment critique : «…et il s’adressa à ceux qui étaient réunis en ces termes…»
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