« Slavo-russe » de R.N. Ovsyannikov, résumé
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L’ouvrage «Slavyanorousskiy» est un recueil journalistique et philologique consacré à la recherche des racines des mots : la quête du sens premier des mots à travers leurs racines et leurs dérivés, s’appuyant sur les textes et les idées d’A.S. Chichkov ainsi que sur les nombreuses notes de l’auteur. On ignore la date de sa création et de sa première publication, mais l’ouvrage aborde constamment les réalités de la Guerre patriotique de 1812 et des exemples historiques antérieurs servant d’arguments. Il mêle analyses étymologiques et débats religieux, moraux et politiques sur le devenir de la langue russe.
L’arbre du langage et la figure de Shishkov
Les premières pages instaurent la métaphore du langage comme « Arbre de Vie » : les racines sont associées à des mots « ancestraux », et leur endommagement est décrit comme une menace culturelle et spirituelle liée à une pression extérieure et à un déracinement intérieur. Suit une invitation au lecteur à consulter le « dictionnaire des racines » comme moyen de renouer avec les significations primordiales et de renforcer l’« instinct de conservation » du peuple. Un hommage solennel est également rendu : les mots de Nicolas Ier adressés à l’amiral et président de l’Académie russe A.S. Chichkov.
Le compilateur décrit ensuite Chichkov comme un homme d’État et un écrivain qui, simultanément, officiait à la cour et «déterrait» les racines des mots, reconstituant la ramification des significations et des traces dans diverses langues. Il souligne sa distraction au quotidien, les railleries de son entourage et le manque d’intérêt suscité par ses travaux linguistiques, malgré leur ampleur (il mentionne la restauration d’«environ six mille» branches). Le compilateur se qualifie explicitement de «preneur de notes» et expose sa propre position : la rootologie est pour lui une question de foi, d’éducation et de protection du peuple.
Langue, éducation, guerre contre «l’étranger»
Dans de longs passages, Chichkov aborde l’ancienneté et la «justesse» de la langue russe, la possibilité de discerner plus clairement l’origine des mots et les liens de parenté entre les langues grâce à elle, et le fait que l’étude des mots exige un travail approfondi et des comparaisons. Le fil conducteur du récit est le chapitre «Si vous voulez détruire un peuple, détruisez sa langue», qui dépeint la disparition progressive de la littérature nationale, des pratiques religieuses et des liens avec la tradition à travers le portrait d’une éducation noble dispensée par «les Français». Le texte explore ensuite ce motif à travers ses conséquences quotidiennes et sociales : un jeune homme parle couramment français mais ne lit pas d’auteurs russes, méprise «les anciennes coutumes», perd la capacité d’exercer les fonctions de guerrier, de juge, d’époux et de maître, et sa fortune passe entre les mains de «deux ou trois étrangers».
S’ensuit le monologue «Pensées à voix haute sur le porche rouge du comte F.V. Rostopchine», présenté comme un discours du noble Sila Andreïevitch Bogatyrev, venu à Moscou prendre des nouvelles de ses proches partis à la guerre. Assis sur le porche rouge après un office à la cathédrale de l’Assomption, le protagoniste critique l’engouement pour le français, ridiculise les mœurs de la société moscovite et associe un comportement «simiesque» au déclin moral et au danger qui menace le pays. Dans ce même contexte, apparaissent des réflexions sur la Révolution française et les campagnes napoléoniennes, et le ton du discours passe de la réprimande à l’enthousiasme lorsqu’il évoque la résistance et la victoire du «royaume russe».
Vient ensuite « Glorification des ancêtres », une lettre adressée à l’éditeur du « Messager russe », dans laquelle Chichkov conteste les idées reçues étrangères sur la « barbarie » de la Russie et propose de s’appuyer sur le langage, les chroniques et des exemples moraux pour les réfuter. Il cite notamment un épisode de 1228 : le conflit du prince Iaroslav avec les Pskovites et leur lettre refusant de « faire la guerre » aux Novgorodiens, affirmant que « les hommes fidèles et infidèles sont tous issus du même Adam », et préférant une paix sans « attachement » à l’anarchie d’autrui. L’auteur utilise cet épisode pour illustrer la prudence politique, l’éthique et le pouvoir des mots dans la correspondance de la Russie ancienne.
Racines des mots : méthode et exemples
Dans le chapitre « Retour aux sources : un fils parle toujours la langue de son père », un cadre général pour l’origine des langues est développé : les peuples se dispersent, les dialectes divergent, mais les « racines » des mots primaires demeurent, et leur parenté peut être retracée à travers elles. Shishkov aborde la confusion de Babel comme la divergence des dialectes à partir d’une source commune et utilise le mot « jour » comme exemple, démontrant à quel point les formes peuvent diverger tout en conservant une racine reconnaissable. Il explique ensuite la méthode d’analyse : séparer les préfixes et les terminaisons, rechercher un concept de racine stable et distinguer les sens de « racine » et de « branche », qui, dans l’usage courant, se confondent souvent.
Cette logique se déploie ensuite à travers une série de « familles » de mots : on analyse des exemples où le sens est clair (myrtille, fraise, prison) et des cas où il est obscurci par l’évolution ou l’habitude (colombe et l’expression « colombe blanche »). Des exemples individuels illustrent le travail de comparaison : « ours » est expliqué par « miel » et « veda » (savoir), et l’origine de « champignon » est liée à la racine « grb/gorb » (larve/bosse) par la séquence cave – cercueil – peigne – bosse et l’image d’un chapeau bossu. L’auteur ajoute des notes, insistant sur le fait que dans une école classique, la racine est enseignée formellement « lettre par lettre », tandis que chez Shishkov, la racine est conservée selon son sens originel et permet de « retrouver » les liens perdus.
La section «Racines indigènes et mots émigrés» illustre les «transitions» de mots et de sens entre les langues : «science» est interprété à travers son lien avec «oreille» et l’idée d’entendre par hasard, «parole» est comparé à «logos» et à la voix, «homme» dérive de «slovki», et «Slaves» est associé à «parole/gloire». Viennent ensuite l’analyse de «année», «heure», «temps» et «rayon», où l’étymologie est constamment mise en parallèle avec des considérations morales et religieuses, comme la comparaison entre «année» et «bien» et un débat sur le rétrécissement occidental du sens de «bénéfice». Le latin «lux» et la conjonction «rayon» et «ruse» sont également abordés comme exemples de confusion sémantique dans les langues européennes, accompagnés d’un commentaire incisif.
Critique de la novlangue et des thèmes finaux
Dans « Un temps de stérilité », un étranger (le comte Meister) remarque que l’ère des Lumières privilégie les emprunts à la créativité. Dans ce contexte, il critique les innovations bureaucratiques et mondaines, la mode de l’inintelligibilité et les clichés. Chichkov ridiculise les techniques d’écriture sans verbe (rappelant que « parler sans verbe » revient à « meugler »), critique l’usage excessif des tirets et s’attaque à la norme établie par des néologismes et des gallicismes. Dans « Au lieu d’une postface », le débat entre « critique » et « écrivain » se résume à une thèse : la pensée est indissociable des mots, et la richesse de la pensée ne peut naître sans une attention particulière à la production des mots.
Vient ensuite «L’Arbre des Mots à la Racine de TR», où se tissent les liens suivants : tremblement – frémissement – patience, la « peur » dérivant du « frémissement », et la « passion » définie comme un état d’esprit proche de la peur et de la souffrance. Suit la section philosophique et journalistique « Le Don de la Parole », où la parole est décrite comme la distinction divine entre l’homme et la bête et le fondement de la vie communautaire, des lois, des sciences et du culte. La section « Liberté d’expression » analyse la « liberté » à travers le concept de « slaboda/sloboda », et l’auteur transpose ce motif dans le thème contemporain de la « guerre de l’information ». L’ouvrage se conclut par le fragment « Le Despotisme de la Presse », où K.P. Pobedonostsev livre ses réflexions sur le pouvoir des journaux et l’irresponsabilité de l’écrit, capable d’exercer une pression sur la gouvernance, la culture et l’opinion publique.
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