Une sorcière amoureuse d’Anne Jane, résumé
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Le roman d’Anna Jane, écrit en 2019 et publié pour la première fois en 2020, est le second tome de la duologie consacrée à Tanya Vedmina et Oleg Vladyko. L’intrigue s’y intensifie nettement : outre l’histoire d’amour, se mêlent surveillance, vieilles rancunes, rumeurs universitaires et la traque de l’homme qui s’en prend délibérément à Oleg. Dès les premières pages, Kostya, le premier amour de Tanya, fait son retour. Rentré chez lui, il repense à la jeune fille qu’il n’a jamais pu oublier, se remémorant leur complicité, leur voyage sur « l’île du printemps éternel » et le moment où il lui a donné de l’espoir, sachant déjà qu’il serait bientôt anéanti. Ce prologue donne immédiatement le ton du roman : le passé est toujours présent et Tanya attend toujours de revoir celui qui lui a jadis causé tant de souffrance.
L’intrigue principale poursuit l’histoire de Tanya et Oleg, dont la relation, née d’un jeu de vengeance, s’est muée en une véritable histoire d’amour. Tanya conserve son franc-parler, son goût pour les coups et dissimule aisément sa vulnérabilité derrière une attitude arrogante, tandis qu’Oleg demeure impassible, quelque peu distant et exigeant, surtout envers lui-même. Au fil du temps, tous deux évoluent : Tanya gagne en sincérité et Oleg cesse peu à peu de se murer dans le silence.
Leur relation est compliquée par le contexte même. Oleg enseigne à l’université et Tanya y est étudiante ; le moindre mot maladroit se transforme donc en ragots, et chaque regard est interprété comme la preuve d’une liaison interdite. À ces tensions s’ajoutent les études, les examens et les conflits avec les professeurs, parmi lesquels Savelyev est particulièrement désagréable, ouvertement hostile à Oleg et donc prêt à rendre la vie de Tanya infernale à la veille des examens.
Au quotidien, leur romance se nourrit de l’alternance entre les journées étudiantes ordinaires et les rares moments de calme où Tanya et Oleg se retrouvent seuls. Pour Tanya, c’est presque une renaissance : avec lui, elle ne cherche plus à exprimer ses sentiments, elle ne les feint plus, mais apprend à faire confiance à un homme qui la voit non comme un masque, mais comme une femme à part entière – têtue, vulnérable, fière et profondément attachée. Pour Oleg, ces moments de partage sont également une véritable transformation, car après la mort de ses parents et de longues années de solitude, il recommence à ressentir la chaleur du foyer, et même l’excitation des fêtes de fin d’année qu’il croyait disparue depuis longtemps.
L’intrigue du Nouvel An dans le roman ne sert pas de simple décor, mais de contraste. Tanya fait des projets, rêve de promenades ensemble, d’un sapin de Noël et d’un bonheur simple avec Oleg, tandis que lui, absorbé par son travail et les affaires de son entreprise, s’autorise, pour la première fois depuis des années, à considérer décembre comme un jour férié, et non comme une simple date vide sur le calendrier. Dans ce contexte, le coup dur à venir n’en est que plus poignant, car les personnages ont le temps d’entrevoir ce qu’aurait pu être leur vie paisible ensemble.
Parallèlement, l’une des intrigues de longue date de Tanya – sa rivalité avec Vasilina Okladnikova – évolue elle aussi. Au début, Tanya interagit avec elle par curiosité et par une vieille rancune, cherchant à comprendre ce qui la préoccupe. Mais elle réalise ensuite que derrière son attitude compétitive habituelle se cache une jeune fille typique, perdue, avec ses peurs, sa jalousie et ses tentatives absurdes pour retenir l’attention d’autrui. Peu à peu, la vieille mentalité de « l’ennemie numéro un » s’estompe, et pour la première fois, Tanya envisage sérieusement la possibilité de mettre un terme à la guerre contre Vasilina.
Tanya elle-même a besoin de ce changement. Elle cesse de considérer les autres comme de simples pions dans une lutte personnelle et agit de plus en plus non par ressentiment, mais sous l’impulsion d’émotions authentiques. Ainsi, leur histoire d’amour se mue simultanément en un récit initiatique, où Tanya se défait peu à peu de son habitude enfantine de gagner à tout prix et commence à assumer les conséquences de ses actes.
Le retour de Kostya intensifie ce conflit intérieur. Il n’a pas fait le deuil de Tanya, chérit son image comme une partie intégrante de sa propre vie et, à sa manière, est convaincu que leur histoire n’est pas encore terminée. Son apparition est douloureuse pour Tanya, car Kostya est lié à son souvenir le plus douloureux : il fut jadis son premier grand amour, avant de condamner leur relation à l’échec. Le revoir révèle que le souvenir de ce sentiment passé est toujours présent, mais ne la domine plus comme avant.
Parallèlement, Andrei entre en scène, lié à Ksyusha, la sœur de Tanya. D’abord, il semble être un nouveau venu dans la famille de l’héroïne, mais on découvre plus tard qu’il suivait Oleg, une coïncidence trop troublante pour être une simple coïncidence. Tanya comprend rapidement que derrière cette apparente simplicité se cache un enchevêtrement de traumatismes, d’erreurs anciennes et de manœuvres calculées.
L’histoire d’Andrei est construite sans excuses faciles. Son passé est marqué par une forte dépendance affective, l’humiliation et un profond sentiment de vide, qu’il explore plus tard, notamment avec un thérapeute. Par conséquent, il ne devient pas un méchant, même si ses actions et ses relations laissent longtemps présager le pire.
Pendant ce temps, la pression s’accentue sur Oleg de toutes parts. Ses affaires sont en difficulté, des rumeurs circulent à son sujet, des personnes aux intentions troubles gravitent autour de lui, et un adversaire invisible agit avec une audace et une intimité croissantes. Juste avant le Nouvel An, cette série d’événements aboutit à une conclusion tragique : Oleg se retrouve dans une situation extrêmement périlleuse, et ce n’est pas seulement sa relation avec Tanya qui est en jeu, mais aussi sa liberté et sa capacité même à mener une vie normale.
Après cela, Tanya cesse d’hésiter et commence à agir avec détermination et précision. Elle est contrainte de reconstituer le puzzle d’incidents disparates, de se demander à qui faire confiance et de réévaluer Ksyusha, Andrey, Stas, ses vieux griefs et les événements étranges récents qui lui semblaient auparavant fortuits. Elle s’accroche à Oleg avec une obstination presque farouche, et c’est précisément cette loyauté qui, à un moment critique, devient sa plus grande qualité.
Le dénouement dissipe certains soupçons infondés et recentre l’attention sur les véritables personnes impliquées dans cette sombre affaire. Oleg est presque libre, Andrey est également libéré, et Denis est officiellement hors d’état de nuire. Pour Tanya, il ne s’agit pas seulement d’une victoire contre un complot, mais d’une épreuve pour ses sentiments : elle ne cède pas lorsque les mots d’amour ne suffisent plus.
Après la crise, le regard que portent les personnages sur eux évolue. Tanya craint moins son attachement, Oleg cesse de la tenir à distance, et le passé – Kostya, Vasilina, les humiliations passées et les bagarres scolaires – ne semble plus dicter indéfiniment le présent. Même les intrigues secondaires prennent de l’ampleur : Ksyusha et Andrey sortent de la zone de méfiance qui les entourait, et la querelle entre Tanya et Vasilina ne définit plus l’ensemble de ses sentiments.
La fin est conçue comme un geste de confiance absolu. Avant le saut en parachute, Oleg demande Tanya en mariage à l’improviste. Stupéfaite, elle accepte, allant même jusqu’à réclamer la bague promise à sa manière. Ils s’élancent ensuite ensemble dans le ciel, et cet épisode les amène à un point où la peur persiste, mais surtout, Tanya sait avec certitude qu’elle est avec quelqu’un en qui elle a une confiance totale. Les derniers mots sur le vol et le bonheur partagé scellent le roman, l’histoire de deux êtres obstinés qui ont surmonté la vengeance, la méfiance, la jalousie et le danger, pour parvenir à une union épanouie.
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