Résumé de « Le Cercle des sorcières » de Tatiana Korsakova
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«Le Cercle des sorcières» de Tatiana Korsakova est un roman paru en 2014 chez Eksmo. D’après la bibliographie de l’auteure, il s’agit d’un ouvrage indépendant, bien qu’il s’appuie déjà sur l’imagerie classique des sorcières, des ombres et de la frontière entre la vie et la mort. Le livre instaure d’emblée une atmosphère tendue et inquiétante qui se maintient jusqu’à la toute fin, où l’intrigue policière se mêle inextricablement au drame personnel d’Arina.
Au début du récit, Arina vit avec le souvenir des traumatismes passés et de Volkov, un homme qui l’attire irrésistiblement et qu’elle s’efforce de ne déranger qu’en cas d’absolue nécessité. Son cadeau et son numéro de téléphone demeurent le symbole d’un lien indéfectible, et chaque nouveau danger la ramène involontairement à lui. Déjà dans ces épisodes, il est clair qu’Arina est lasse des étranges coïncidences, des omissions et du sentiment d’être constamment sous le regard d’une force supérieure.
La vie ordinaire s’estompe enfin lorsque Margot initie Arina au monde du Cercle des Sorcières, une communauté fermée de femmes aux pouvoirs surnaturels. Pour Margot, ce cercle est synonyme de privilège, de statut élevé et de soutien, mais pour Arina, il apparaît d’abord comme un ensemble de belles paroles, de règles obscures et d’ambitions à peine dissimulées. Lors des réunions du cercle, elle rencontre des femmes aux personnalités et aux origines diverses, et il devient presque vite évident que derrière l’excentricité apparente se cachent la peur, la rivalité et une dure réalité. Anouk, une sorcière ancienne et très puissante, se distingue particulièrement, et elle deviendra plus tard la principale source de vérités crues pour Arina.
L’atmosphère mystique se révèle rapidement bien plus complexe qu’une simple alliance secrète. Arina et Margo se retrouvent dans un lieu où le moindre détail trahit le vol et le meurtre de la propriétaire de ce monde étrange et clos, une disparition qui ne reviendra pas. Black, le chien d’Arina, les entoure constamment, pressentant le danger et les événements avant même qu’elles ne puissent les nommer. Dès lors, la mort cesse d’être une menace abstraite et s’immisce dans le quotidien de l’héroïne comme une présence presque tangible.
Alors que les tensions s’exacerbent, Arina se tourne vers Anouk et lui confie presque tout ce qu’elle sait. Elle vient à elle non par confiance, mais par épuisement : seule, elle ne parvient plus à contenir sa peur, ses soupçons et ses questions sur l’identité de celui qui traque les sorcières et sur la précision chirurgicale des attaques. Mais les confidences d’Anouk ne lui apportent pas d’explication simple, car chaque réponse dévoile une nouvelle facette du mystère, et il devient de plus en plus évident que l’ennemi connaît les rouages du cercle.
Parallèlement, un autre fil conducteur se dessine : une vieille histoire, presque criminelle, celle d’un homme que sa sœur avait jadis tenté de sauver, et qui avait été déclaré fou. Cet homme ne manifeste aucun remords et embrasse même volontairement l’image d’un meurtrier ; ainsi, le passé, apparemment relégué au passé, ressurgit dans le monde réel sous forme de crimes. C’est ainsi que Babai apparaît dans le récit – une figure à la frontière de la folie, de la violence et d’une sombre vengeance, d’abord comme une trace terrifiante, puis comme une force bien réelle.
Le cycle des attaques devient de plus en plus évident. Flora disparaît, et Arina la voit à l’endroit où la police ne trouvera aucun corps, puis Sofia est découverte presque au même endroit. Ces épisodes démontrent que le tueur agit de façon cohérente, sait effacer ses traces et semble avoir une longueur d’avance sur l’enquête. Dès lors, Volkov, qu’Arina avait si longtemps hésité à contacter, redevient pour elle la personne sans laquelle il lui est impossible de relier la dimension mystique de l’affaire à la réalité terrestre.
Le danger se profile à l’horizon lorsqu’un homme, les mains ensanglantées et armé d’un couteau, se présente à Arina une nuit. Dès lors, Anouk ne parle plus de morts individuelles, mais de la structure même du Cercle des Sorcières et de la façon dont les femmes sont parvenues à le fermer. Pour elle, la question est cruciale : le cercle aurait pu les protéger, mais il aurait aussi pu les lier toutes par un fil unique et fatal, par lequel le mal pouvait les atteindre. L’angoisse d’Arina s’inscrit alors dans un schéma plus ancien et plus dangereux, où les liens magiques ne sont jamais sans danger.
Le livre déplace ensuite progressivement l’action vers la frontière entre la réalité et l’autre monde. Là, les règles sont différentes : les ombres peuvent parler sans mentir ouvertement, un arbre aux noms gravés préserve la possibilité même de l’existence, et l’on peut errer entre la vie et la mort, sans savoir encore de quel côté on se trouve. Pour Arina, l’autre monde cesse d’être un cauchemar nébuleux et devient un lieu où elle cherche des réponses, paie pour ses choix et voit ce que personne ne remarque dans le monde ordinaire. C’est là que l’aide de Black est particulièrement manifeste, comme s’il la guidait vers un lieu où elle peut encore réparer ses erreurs.
Au dénouement, la véritable source du trouble est enfin révélée. Derrière cette série de morts se cache Salomé, en qui le pouvoir de la sorcière se mêle à de froids mensonges, à l’envie et à une soif de supériorité. Elle agit par le biais d’illusions, dissimule sa véritable identité et détruit le cercle de l’intérieur, exploitant les faiblesses d’autrui. Anouk ne la perçoit plus comme une simple membre déchue du cercle, mais comme une créature qu’il est impossible de laisser parmi les vivants ou les morts.
L’affrontement final se déroule simultanément sur plusieurs plans : humain, magique et posthume. Volkov est prêt à mourir à la place d’Arina, et ce choix bouleverse le cours des événements plus profondément que n’importe quel rituel. Babai assouvit sa vengeance, vengeant sa sœur, et Anouk utilise une dague ancestrale spéciale pour consumer l’essence de la sorcière en Salomé. Après cela, Salomé disparaît complètement, et il est clairement établi qu’elle n’existera plus ni dans le monde des vivants ni dans celui des morts.
Après le dénouement, le roman ne relâche pas la tension, mais la déplace plutôt vers une scène quasi immobile et terrifiante, au bord de la mort. Arina voit Volkov blessé mais vivant : sa poitrine est bandée, le sang ne coule plus, son cœur bat régulièrement. À côté de lui, elle remarque son propre corps – étranger, immobile, un fuseau entre ses doigts tordus – et comprend qu’elle n’est plus parmi les vivants. Black gît près de sa maîtresse, comme pour garder l’éventualité de son retour.
Anouk dit à Arina qu’elle n’est pas encore tout à fait morte et qu’elle peut revenir si elle le souhaite vraiment. L’ombre, au contraire, l’incite à partir, lui promettant contes de fées et paix, lui rappelant que presque personne ne souhaite jamais revenir. Arina choisit non pas le vide, mais le souvenir de Volkov, et son dernier geste intérieur lui est donc adressé. Mais le livre s’achève au moment où l’ombre l’entraîne encore et proclame que son temps sur cette terre est révolu.
La fin reste ouverte, même si la bataille principale est terminée. Le mal est puni, Saloméa est effacée, Volkov est sauvé, et Arina se retrouve face à la question la plus difficile : qu’est-ce qui est le plus fort : l’appel de la mort ou le lien avec ceux qui donnent envie de revenir ? C’est précisément cette scène finale qui sous-tend tout le sens du livre : le prix de la victoire ne se mesure pas au triomphe, mais à ce qui reste d’une personne après une confrontation avec l’ombre.
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