« La favorite de l’époque » de Katya Kachur, résumé
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« Darling of the Era », le deuxième roman de Katya Kachur, a été publié en 2022. L’histoire est entièrement racontée du point de vue posthume de Rodion Grinwich, qui assiste à ses propres funérailles dès le premier chapitre. Ce procédé instaure d’emblée un ton poignant : la vie du héros s’est déjà achevée, et ses souvenirs le ramènent à ces épisodes où la culpabilité familiale, les traumatismes de l’enfance et les omissions longtemps refoulées ont engendré une tragédie collective.
Enfance
Au cœur du roman se trouvent deux frères, Rodion et Ilyusha, fils de Sofia Mikhaïlovna. Dès son plus jeune âge, Rodion est beau, fort, ambitieux et habitué à la victoire, tandis qu’Iliousha est attiré par le silence, la solitude et les petites choses étranges qu’il peut contempler longuement, presque hypnotisé. Une relation complexe se tisse rapidement entre eux : l’aîné exerce une pression constante, le cadet se mesure sans cesse à lui, et même leur affection fraternelle est, dès le départ, teintée de souffrance.
Un tournant décisif survient durant son enfance, lorsqu’une voisine déséquilibrée, surnommée Époch, kidnappe Ilyusha, sept ans, et le séquestre pendant deux jours dans son appartement insalubre. Ses parents et Rodion retrouvent le garçon ; les médecins ne trouvent aucune trace de coups ni de violence directe, mais l’horreur vécue le hantera longtemps : Ilyusha se met à bégayer et refuse de parler de ce qui s’est passé. Dès lors, la maison est imprégnée des séquelles de cet événement : la pitié des adultes, les séances d’orthophonie, la honte, l’irritation et la peur de quelque chose d’inexplicable.
Ilyusha tente de survivre du mieux qu’il peut à cette nouvelle vie. Il apprécie ses séances d’orthophonie, économise pour aller voir « La Princesse des cygnes », recycle les bouteilles, se crée ses propres mondes intérieurs et s’accroche à tout ce qui lui apporte un semblant d’ordre. Après l’enlèvement, Rodion éprouve pour la première fois une véritable culpabilité envers son frère, mais il ne peut rien changer à leur relation : son amour pour Ilyusha est constamment mêlé d’impériosité, d’irritation et d’une tendance à se prendre pour le maître de la vie des autres.
Grandir
Devenus adultes, les frères empruntent des chemins différents. Rodion devient un brillant médecin, et même après sa mort, son entourage se souvient de lui comme d’un spécialiste hors pair. Les conversations posthumes évoquent les opérations, les séjours à l’hôpital et l’opération à cœur ouvert quasi record qu’il a réalisée sur un patient surnommé « Shalushik ». Parallèlement, l’image officielle du médecin irréprochable contraste constamment avec l’homme que l’on découvre au fond de lui : un homme vaniteux, austère et capable, tardivement, de se remémorer le passé.
L’entrée dans l’âge adulte d’Ilyusha est bien plus difficile. Il endure la brutalité militaire, l’humiliation, une mâchoire fracturée et une attente interminable devant un procureur militaire. Plus tard, il tente de fuir le plus loin possible de son ancienne vie et, grâce à des connaissances de la Société Volontaire d’Assistance à l’Armée, à la Marine et à la Marine (DOSAAF), se retrouve embarqué dans une expédition dans le nord. Son parcours, tel que décrit dans le livre, est celui d’un homme d’apparence fragile mais en réalité résilient, qui survit sans cesse à la cruauté d’autrui, bien qu’il soit presque incapable de se défendre verbalement.
Parallèlement, le roman explore d’autres destins, d’abord apparemment secondaires. L’un d’eux concerne Sanya Pyatibratov : vivant dans un appartement vide et lugubre, il est victime d’un grave accident, passe de longs mois à l’hôpital et, après sa mort, se retrouve auprès de Rodion au cimetière. Cette intrigue enrichit l’univers du roman et montre qu’une vie humaine banale, presque inaperçue, revêt ici autant d’importance que le destin d’un médecin renommé.
Zlatka
L’intrigue la plus longue et la plus subtile du livre nous conduit au village de Fedotovka. Là, un bébé roux ensanglanté, Zlatka, est découvert parmi les bardanes. Le roman relate ensuite l’histoire de trois générations de femmes du village liées à elle : Nyura Korzinkina, Zinka et Zlata elle-même. Leurs vies sont marquées par la pauvreté, le labeur éreintant, l’humiliation et une dépendance constante envers autrui.
Zlatka grandit, vive et pétillante, avec ses cheveux roux. À l’école, elle excelle en sciences plutôt qu’en littérature et s’enfuit du village, mais cela ne lui réserve pas une fin heureuse. Elle est trahie par un homme surnommé le Flagellant, subit une grossesse soudaine, une grave blessure et fait face à de nouvelles formes d’exclusion, alors que son propre corps et sa propre vie ne lui appartiennent presque plus.
Il apparaît plus tard que la disparition de Zlatka n’est remarquée que par Nina Lanskaya, déjà liée au comité municipal du Parti communiste de l’Union soviétique. Le chapitre consacré au passeport révèle comment des documents sont falsifiés, des noms changés et de nouvelles versions officielles de la vie d’une autre personne créées. Le roman amène progressivement le lecteur à comprendre que l’époque tumultueuse de la cour et l’histoire du vieux village sont bien plus étroitement liées qu’il n’y paraît au premier abord.
Le Mystère de l’Époque
Après la mort de Rodion, Ilyusha est contraint de replonger dans son passé. Avec l’aide de Lena, il explore les archives de son frère, consulte des avocats, épluche des documents financiers, recherche d’anciens témoins et retrouve Vitaly, un ancien policier autrefois impliqué dans son enlèvement. Il ne cherche pas une solution idéale, mais la réponse à une question qui le hante depuis l’enfance : pourquoi l’Époque l’a-t-elle emporté et pourquoi l’a-t-elle choisi ?
Le livre entrelace peu à peu l’enlèvement d’Ilioucha, le passé de Zlatka, l’histoire des faux documents et la lignée féminine qui, pendant des années, est restée invisible au sein de la famille Greenwich. Dans ce contexte, Rodion prend une nouvelle dimension : figure emblématique, homme fort et accompli, il n’a jamais pu, de son vivant, percer le secret le plus douloureux de la famille, tandis qu’Ilioucha, toujours considéré comme faible, se révèle être celui par qui cette vérité finit par éclater.
Le dénouement nous ramène dans l’au-delà, où Rodion vit depuis longtemps auprès d’Epoch et des autres défunts au cimetière Piatnitski. Soudain, une lueur jaillit et Ilioucha court vers trois silhouettes rousses auréolées. Dans cette vision, tous les fils du roman convergent : le traumatisme de son enfance, le mystère d’Epoch et la longue histoire des femmes Fedotov. Rodion laisse son frère les rejoindre, lui promettant de ne plus jamais le perdre. Ilioucha, qui a passé sa vie à rechercher l’acceptation, se retrouve enfin dans les bras de ceux auxquels il était lié plus profondément qu’il ne le pensait.
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