« Bumbarash (Talisman) » d’Arkady Gaidar, résumé
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La rédaction du roman a débuté en 1936. Le protagoniste, Semyon Bumbarash, simple soldat, revient de captivité et se retrouve pris dans le tourbillon de la guerre civile qui ravage le sud de la Russie, luttant pour survivre entre les armées belligérantes. L’intrigue présente de fortes similitudes avec «Je suis le fils du peuple» de Valentin Kataïev, publié en 1937.
L’histoire a été adaptée avec succès au cinéma. En 1971, un téléfilm en deux parties, mettant en vedette Valery Zolotukhin, a connu un grand succès et a fait du personnage un favori du public national.
Retour à la maison
Semyon Bumbarash a combattu l’Autriche, a enduré une terrible captivité et rentre enfin dans son pays natal. La guerre s’est heureusement terminée. Les prisonniers ont été échangés. Il rentre chez lui sur le toit d’un wagon de marchandises, emportant avec lui des présents tant attendus : un pot de sucre, du tabac d’officier et des panneaux de tente verts. Sa garnison l’accueille dans un chaos indescriptible : soldats, marins et drapeaux rouges s’agitent. La révolution fait rage. Une guerre civile brutale est en cours.
Au milieu du brouhaha de la gare, Bumbarash aperçoit une vieille mendiante nommée Babunikha. Assise sur des briques cassées près d’une fosse à ordures, elle tient un morceau de saucisse. D’un ton indifférent, elle annonce au soldat une nouvelle stupéfiante : son frère Vassili avait organisé, il y a longtemps, une cérémonie commémorative pour Semyon, le croyant mort. Sa fiancée bien-aimée, Varvara Gordeeva, n’était pas entrée au monastère. La vieille femme donne un coup de coude à Semyon en grommelant avec colère qu’il ferait mieux de reposer en paix dans sa tombe et de ne pas déranger les vivants.
Il lui reste plus de vingt kilomètres à parcourir jusqu’à son village natal, Mikheïevo. Aucun chariot ne passe. Des réfugiés apeurés approchent. On parle de la bande du colonel Tourgachev. On évoque aussi le cruel ataman Dolgunets, qui se prétend le petit-fils de Stenka Razine. Bumbarash parcourt cinq kilomètres en camion. Il termine le chemin à pied, à travers la forêt sombre et silencieuse.
En chemin, il échappe de justesse à une balle tirée par une étrange femme rousse dans une charrette. À la tombée de la nuit, le soldat affamé atteint la cabane du garde-frontière. La cabane a été abandonnée à la hâte. Des journaux jonchent le sol, l’herbe sent le kérosène renversé, mais le poêle russe est encore chaud. Semyon trouve de quoi manger, nourrit un chiot noir hirsute et s’endort profondément sur un lit de plumes délabré.
Cette nuit-là, il est réveillé par des coups rapides à la porte et les aboiements d’un chien. Un inconnu lui glisse par la fenêtre un paquet froissé et rêche. Dans l’obscurité, l’étranger prend Bumbarash pour un commandant militaire. Semyon glisse nonchalamment le papier incompréhensible dans la manche de son pardessus gris et se rendort.
Un étranger parmi les siens
Au matin, Bumbarash parcourt les derniers kilomètres et aperçoit Mikheïevo, sa ville natale. Les rues familières sont méconnaissables. Sa maison en rondins inachevée a laissé place à un champ de pommes de terre. Son frère Vassili et sa femme Séraphina accueillent Semyon avec une peur viscérale. Séraphina, instinctivement, saisit un rouleau à pâtisserie. Vassili lui montre avec empressement un document officiel du bureau du régiment de Belgorod concernant la mort du soldat Semyon Bumbarash au combat.
La dure réalité éclate au grand jour. La maison de Semyon a été vendue pour laisser place à un nouveau bain public. Varvara Gordeeva a épousé Gavrila Poluvalov, qui dirige désormais le groupe d’autodéfense local. Le costume bleu de Semyon a été refait pour Vassili. Bumbarash garde ses pensées sombres pour lui et garde un silence maussade.
La famille organise un festin somptueux. Un prêtre, un diacre véreux et le grand-père Nikolaï, un peu éméché, arrivent. Les vieillards boivent de l’alcool de contrebande trouble et racontent des histoires rocambolesques. Grand-père Nikolaï évoque un incident récent : l’ataman Dolgunets a dispersé un monastère, forçant les moines à monter à cheval sous la menace des mitrailleuses. Yashka Kournakov, un ami d’enfance, apparaît, le bras bandé. Il emmène Semyon au bord de la rivière et l’invite à le rejoindre dans l’Armée rouge.
Kurnakov relate les atrocités de Gavrila Poluvalov. Les corps du commissaire à l’alimentation et du marin Vaska Kulikov sont retrouvés dans les environs. Yashka projette de désarmer les gardes de Gavrila de nuit à l’aide de la bombe qu’il a obtenue en échange. Bumbarash rejette catégoriquement ce plan insensé. Il aspire à une vie paisible, loin de tout bain de sang.
Collision
Ce soir-là, Semyon, ivre, se rend chez Gavrila. Des gardes armés sont postés devant la cabane. Varvara est effrayée par l’invité. Gavrila tente discrètement de savoir si Semyon travaille pour Kurnakov. Peu après, Polvalov est convoqué au conseil municipal pour un document officiel urgent. Semyon sort dans le jardin obscur. Il y retrouve son ex-fiancée.
Varvara pleure à chaudes larmes. Elle traite son mari d’homme abominable et supplie Semyon de s’enfuir au plus vite. Bumbarash propose de partir avec elle. Varvara refuse de risquer sa vie. Soudain, Gavrila et le garde principal reviennent. Ils s’en prennent à Semyon. Bumbarash donne un coup de genou à Polvalov dans le ventre. Semyon reçoit un violent coup de poing américain à la tête et dégringole dans un ravin épineux.
Cette nuit-là, Semyon, blessé, se glisse dans le grenier à foin de son frère. Serafima lui donne de l’eau fraîche, aperçoit du sang séché et promet de garder le silence. Le lendemain, Semyon se cache discrètement sur le toit. Serafima lui annonce de nouvelles nouvelles. Varvara le supplie de se cacher le plus loin possible.
Bumbarash mange des pommes cueillies sur une branche surplombant le toit délabré. Il se souvient avec nostalgie du front autrichien. Ses pensées le ramènent à la nuit fatidique de la retraite de Lombez. À l’époque, il s’était perdu dans la campagne, guidé par trois étoiles, et était tombé droit dans les griffes d’un avant-poste autrichien.
Cette nuit-là, une explosion assourdissante retentit. Des coups de feu crépitent. Serafima se réfugie dans le grenier à foin. Varvara lui raconte que Yashka Kurnakov a lancé la bombe, tué le garde Shurka Plyusnin et emporté trois fusils. Gavrila accuse Bumbarash de tout. Semyon prend son sac et traverse la rivière peu profonde. Les hommes de Gavrila, furieux, font irruption dans la maison. Serafima, hors d’elle, chasse les intrus.
Réunions à Katryomushki
Au matin, Bumbarash se lave à l’eau froide. Il éprouve une étrange sensation de paix indifférente. Près du village de Katryomushki, il aperçoit un grand bouleau brisé. Un garçon, tout en haut, cloue un grand drapeau rouge. Semyon aide le jeune homme à récupérer un marteau de fer tombé à terre.
Le village de Katryomushki est occupé par un détachement de soldats de l’Armée rouge. Bumbarash est hébergé par une femme hospitalière au visage marqué par la variole. Pendant qu’il dort dans une cage en osier, elle lave son linge sale. Semyon revêt les haillons troués de son défunt beau-père.
Dans la cour, un jeune garçon nommé Irtysh persuade un commandant de l’Armée rouge de l’enrôler dans une unité combattante. Ce jeune homme plein d’entrain s’appelait autrefois Vanka. Irtysh se fait passer pour un héros intrépide. Le commandant refuse catégoriquement. Il ordonne cependant au jeune homme de remettre un colis au commissaire militaire de la ville de Rossoshansk.
Un soldat de l’Armée rouge, l’air sombre, entre dans la cuisine. La femme prend le manteau de Semyon pour réparer le col déchiré. Le soldat découvre dans sa manche un paquet du poste forestier, livré pour la nuit. Après avoir lu la lettre, il se met à transpirer. Sous la menace de son arme, il conduit Bumbarash au quartier général. Près de celui-ci, Semyon donne un coup de pied au ventre du jeune garde, Sovkov. Le fugitif disparaît aussitôt dans la forêt dense.
Tard dans la soirée, il s’approche d’un feu de camp. Deux moines sont assis près du feu. Les fugitifs de Semikrutovo discutent de la mort de leur frère Simon, ivre mort, qui avait courageusement longé le rebord de l’église. Bumbarash effraie les moines en prétendant que la forêt appartient au bandit Ivanyuk. Apercevant un feu de signalisation au loin, les moines paniquent. Semyon siffle bruyamment. Les moines abandonnent leurs affaires et s’enfuient. Prenant la soutane noire du défunt Filimon, le soldat va se coucher.
L’ordre d’Irtysh
Avec son sac de commandant sous le bras, Irtysh marche d’un pas rapide vers Rossoshansk. Dans ses poches, un chargeur vide et une bague de sécurité anti-bombe. Irtysh rêve de posséder un authentique fusil italien ou russe. Dans un village traversé en chemin, il s’arrête pour la nuit chez une vieille femme sourde et une jeune fille nommée Valka.
Irtysh apaise les propriétaires. Il prend un crayon et dessine un magnifique portrait de Valka, parée de boucles d’oreilles en or. Le père de Valka revient peu après. Il est furieux suite à une dangereuse altercation avec les hommes armés du bandit Dolgunets.
Au matin, l’Irtych, fleuve joyeux, approche de Rossoshansk. La ville est défendue par quatre-vingt-deux soldats de l’Armée rouge contre deux cents fantassins et cinquante cosaques sous les ordres du colonel Tourgatchev. L’Irtych frappe aux lourdes portes de la vieille prison de pierre. Son frère aîné, le pachka Troubnikov, y est de service. Des otages importants sont détenus dans la cellule : l’épouse du colonel Tourgatchev et son fils, Styopka.
Irtysh taquine le jeune maître roux Styopka à travers les barreaux. Le commis de cuisine Motka Zvonarev monte la garde. Il est furieux contre les prisonniers pour leurs repas copieux. Le garde n’ose pas tirer sans ordre direct. Irtysh franchit les portes de la prison. Il se dirige vers l’intendance militaire, installée dans la maison rose du marchand Penkov.
Commissaire Greenwald
Les couloirs de l’intendance sont bondés. Irtysh insiste pour remettre en personne un colis secret au commissaire Greenwald. Le trapu Kapiton Babushkin, récemment nommé commandant de section de la compagnie de garde, sort de son bureau. À l’intérieur, le marchand barbu Liapounov se plaint des réquisitions militaires massives, des murs percés à coups de barres de fer et des arrestations brutales d’otages civils.
Greenwald répond sévèrement à Lyapunov. Il accuse les riches habitants de la ville de soutenir secrètement les forces blanches. Le commissaire rappelle les fusils volés par l’officier Tiunov et l’eau sciemment vidée du moulin. Greenwald exige avec fermeté la réparation urgente de quarante paires de vieilles bottes de soldats. Il conseille de destituer le prédicateur du monastère local.
Lyapunov, abattu, s’éloigne. Greenwald lit attentivement l’important rapport d’Irtysh. Le garçon demande un fusil pour pouvoir partir à la guerre. Greenwald refuse, prétextant une grave pénurie d’armes. Irtysh propose de peindre une belle enseigne avec une étoile pour l’intendance. Le commandant, ravi, accepte aussitôt.
Irtych retourne à Vorobyova Slobodka, son village natal. Sa mère, lavandière, l’accueille avec un lourd rouleau à pâtisserie. Soudain, Irtych s’assoit à même le sol. Il se met à raconter des histoires incohérentes sur une lueur divine à Katryomushki. Après avoir distrait sa mère par des propos absurdes, il prend les seaux et court chercher de l’eau. La femme repose le rouleau à pâtisserie. Elle est sincèrement émerveillée par l’ingéniosité de son fils turbulent.
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