« Vikings » de Maria Semyonova, résumé
Ce livre est un recueil encyclopédique fictif sur la vie des anciens Scandinaves, publié en 1988. Le texte combine quatre récits historiques et un essai de vulgarisation scientifique, détaillant la vie, les lois et les croyances de ces guerriers de la mer.
Deux rois
Le roi Ælla de Northumbrie capture le légendaire chef de la mer, Ragnar Lothbrok. Le souverain anglais souhaite humilier son ennemi. Assis sur un trône doré, il observe le vieux Viking, pieds nus dans la neige fondante. Mais Ragnar reste fier. Le Danois raconte une parabole sur un chasseur maladroit et une baleine qui l’a entraîné par le fond. Le roi ordonne que le prisonnier soit jeté dans une fosse aux serpents. Lothbrok meurt avec un sourire, prédisant la vengeance rapide de ses fils.
Le vieux scribe Æthelred relate ces événements. Apprenant la mort de son père, Ivar Côtes-de-Fer se transperce le pied d’une lance, Björn serre ses dés jusqu’au sang, et Ube conserve un calme glacial. Les fils de Lodbrok rassemblent une immense armée. Les drakkars danois ravagent les terres de Northumbrie. Lors d’une bataille brutale, les Angles sont vaincus. Les fils de Ragnar exécutent le roi Ælla. Le scribe Æthelred est épargné par Ube, le roux. Le savant se rend au sud, auprès du jeune prince Ælfred, dans le Wessex, espérant lui faire part de l’amère expérience du monarque déchu.
Falaise de l’Aigle
L’histoire se déroule autour d’un jeune berger esclave nommé Arni. Le garçon garde les vaches près de la falaise abrupte d’Arnarbrekka. Un jour, il est témoin d’un combat brutal. Deux fils de Skjold le Marchand tentent d’achever un homme blessé. Arni intervient, jette une pierre et lâche son chien, Svasud, sur l’adversaire. L’étranger tue l’ennemi. Cet homme n’est autre que le célèbre Viking Svan le Rouge. Arni soigne le guerrier jusqu’à sa guérison, récupère une flèche brisée et l’aide à descendre la falaise jusqu’à la mer. Svan s’éloigne à la nage, promettant de revenir.
Trois ans passent. Arni continue de garder les troupeaux. Un esclave fugitif, Khaval, apparaît dans le pâturage. Il se comporte avec effronterie, vole des provisions, blesse un veau et tue son fidèle chien, Svasud. Arni retrouve Khaval et le poignarde à mort dans un ravin argileux. Turid, l’esclave qui apportait du pain et qui était le compagnon secret du berger, l’aide à dissimuler le crime.
Un an plus tard, des navires de guerre pénètrent dans le fjord. Le chef local, Vemund, organise un festin et oblige Arni à tirer à l’arc sur Thurid pour s’amuser. Le jeune homme refuse d’être la risée de tous. Il décoche trois flèches sur Vemund lui-même, lui arrachant son bandeau frontal. Le garçon est sauvé d’une mort certaine par l’arrivée de Svan le Rouge. Le Viking a désormais une jambe de bois. Il reconnaît son sauveur. Le sage scalde Alvir révèle la vérité : Arni est le fils du frère de Svan, le noble guerrier Orm, trahi par Skjold le Marchand lors d’une tempête. Svan emmène son neveu et Thurid à bord de son navire de guerre.
Avec les Vikings au Svalbard
Helgi, quinze ans, vit avec sa mère à Raumsdal. Le jeune homme attend l’arrivée de nobles parents venus d’Hålogaland. Par hasard, il tombe sur un bandit nommé Gissur, qui projette d’attaquer un domaine des environs. Helgi trompe les cavaliers et les conduit jusqu’au cap isolé du Rocher de Fer. Fuyant les flèches, le garçon se jette du haut de la falaise abrupte dans les vagues glacées.
Il est repêché par Ottar, un guerrier aux cheveux bouclés, membre d’un navire de guerre commandé par Rakni. Le chef recherche son ennemi juré, Vagn le Navigateur. Rakni met le cap au nord, vers les rivages glacés du Svalbard. À bord, Helgi se lie d’amitié avec Ottar et le moine irlandais Lugh. Lors d’une escale dans un village sami finlandais, Ottar sauve une jeune fille du village, Belenkaya, du sacrifice.
Parvenus à l’archipel du Svalbard, l’équipage découvre la solide cabane d’hiver de Vagn. En attendant l’ennemi, Ottar, Helgi et l’ancien esclave Kark s’enfoncent dans les montagnes. Au-delà du col, ils découvrent une autre cabane remplie de cadavres gelés. Parmi eux, Helgi reconnaît son grand-père disparu, Viglaf le Corbeau. Ottar remet au jeune homme l’épée ancestrale.
Le drame survient à leur retour. Sur le glacier Helgi, il manque de tomber dans une profonde crevasse. Ottar le sauve, mais périt lui-même lorsqu’un énorme bloc de glace s’effondre dans la mer. Kark avoue avoir délibérément provoqué cette situation périlleuse par jalousie et se poignarde avec son épée devant ses hommes.
Rakni découvre le corps de son fils adoptif, pris dans un iceberg. Le chef érige un grand bûcher funéraire sur le vieux navire de son grand-père, Wiglaf. Pendant la cérémonie, le knarr marchand de Vagn le Navigateur surgit dans le fjord. Miraculeusement, Vagn sauve le navire des glaces dérivantes. Émerveillé par le courage de son ennemi et anéanti par la perte de son fils, Rakni renonce à sa vendetta. Il invite Vagn à partager la chaleur de son foyer.
Solveig et nous tous
Le jeune héritier, Eirik, passe l’hiver au domaine de Gunnar avec son père adoptif, le vieux comte Högni. Lors d’une violente tempête de neige, le skieur épuisé Thorgrim le Combattant arrive. Eirik est jaloux de lui, ainsi que de sa fiancée adoptive, Asgerd.
Thorgrim aide la compagnie à construire un nouveau navire de guerre. Son talent suscite l’envie du charpentier expérimenté, Kari le Jouteur. Une querelle éclate et Thorgrim sombre dans une rage incontrôlable. Eirik parvient de justesse à arrêter le puissant guerrier. Thorgrim montre alors au jeune homme les terribles cicatrices qui marquent son dos.
Au printemps, le Sleipnir, navire noir, est mis à l’eau. Eirik et Thorgrim font voile vers les îles Hjaltland. Ancrés sur l’île, Thorgrim défie le jeune homme en duel à mort. Il lui avoue avoir juré, jadis, vengeance contre le père d’Eirik pour une femme nommée Solveig. Cette femme est la mère d’Eirik. Le combat brutal est interrompu par l’attaque d’un ours polaire sauvage. Thorgrim protège Eirik de la bête enragée, et reçoit de graves blessures. Le jeune homme pardonne à son ennemi vaincu, et Thorgrim trouve la paix auprès d’Asgerd, qui le soigne.
Je vais vous parler des Vikings.
L’ouvrage se conclut par de nombreux essais ethnographiques. Le mode de vie des anciens peuples nordiques y est examiné avec minutie. La société scandinave reposait sur les règles strictes de la famille élargie. Chacun se considérait comme une simple partie d’un clan. Le terme même de « Viking » ne désignait pas une nationalité, mais le dangereux métier de marin.
Une grande importance était accordée aux normes juridiques. Les différends étaient réglés lors d’assemblées publiques. La justice reposait sur les serments prêtés par les proches. Une forme courante de résolution des conflits était le duel judiciaire, ou holmgang, qui se déroulait aux carrefours ou sur de petites îles. Un combattant insulté était tenu de laver son déshonneur par le sang, sous peine d’être ostracisé par la société. Les vendettas étaient strictement réglementées et servaient de moyen de dissuasion contre la violence aveugle.
La construction navale est décrite en détail. Les artisans utilisaient des haches spécialisées pour fendre les troncs de chêne et de frêne à l’aide de solides coins. Les flancs étaient assemblés par des racines d’épicéa ou des rivets en acier. Les navires étaient incroyablement flexibles, ce qui leur permettait de résister aux plus fortes vagues. Un gouvernail latéral servait à la direction et les mâts étaient démontables. Les navigateurs se repéraient grâce aux étoiles, aux courants marins et au vol des oiseaux, parcourant de vastes distances sans boussole.
La vie quotidienne scandinave était intimement liée à la pensée magique. Des têtes de dragon sculptées sur les étraves étaient censées éloigner les monstres marins. Le foyer était considéré comme le centre sacré de la maison, qu’elle soit en bois ou en terre. Partager un repas autour du feu et boire de la bière conférait à l’étranger le statut d’hôte intouchable. Les lois imposaient un traitement strict aux esclaves, qui effectuaient les travaux les plus ingrats. Ces derniers pouvaient obtenir leur rançon par l’artisanat ou gagner leur liberté par leur bravoure au combat.
Les femmes exerçaient une grande autorité tacite, gérant souvent les foyers pendant les longues absences de leurs maris, et pouvaient initier de grandes campagnes. Les déesses nordiques et les Valkyries étaient vénérées au même titre que les dieux masculins.
Les relations avec les tribus samies finno-ougriennes voisines sont étudiées séparément. Les peuples du Nord ont doté les aborigènes de la toundra de puissants pouvoirs magiques. Le mysticisme des guerriers bestiaux – les berserkers, qui entraient en transe guerrière – et les rituels rigoureux d’initiation à la confrérie guerrière – la hird – sont explorés. Tous les aspects de la vie, de la naissance à la mort, étaient soumis à des coutumes rudes mais justes, inextricablement liées à la nature et aux mythes anciens.
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