« Le Comte de Chantelean » de Jules Verne, résumé
Automatique traduire
Le roman de Jules Verne transporte le lecteur à l’époque de la Révolution française, relatant les événements historiques de la révolte vendéenne. Écrit en 1864, l’ouvrage ne fut publié en volume qu’un siècle plus tard par Georges Hetzel, son éditeur habituel, pour des raisons idéologiques, ce dernier craignant les sympathies monarchistes et pro-catholiques de l’auteur.
Le début de la rébellion et la défaite de Savenay
En février 1793, la Convention révolutionnaire annonça la mobilisation de trois cent mille hommes supplémentaires. La mobilisation forcée et la répression brutale contre le clergé furent la goutte d’eau qui fit déborder le vase pour les paysans des provinces de l’Ouest. Une rébellion armée de grande ampleur éclata. Le noble breton Humbert de Chantelen abandonna son château familial, laissant sa femme et sa jeune fille Marie rejoindre les royalistes. Les troupes monarchistes unirent paysans et aristocrates sous un commandement commun. Les insurgés occupèrent les villes, construisirent leur propre arsenal et remportèrent une série de victoires impressionnantes sur les troupes régulières.
Le succès du soulèvement est de courte durée. Les forces républicaines, sous le commandement de Kléber et Marceau, entament une répression systématique et impitoyable de la résistance. L’armée vendéenne est contrainte de se replier sur la Loire en pleine déroute. Après dix mois de combats héroïques, le 23 décembre a lieu la bataille fatidique de Savenay. Sous une pluie glaciale, les républicains encerclent les derniers insurgés. Le comte de Chantelin se bat avec acharnement, protégeant la retraite des femmes et des vieillards sur la route de Guérande.
Son fidèle serviteur et frère adoptif, Kernan, retrouve miraculeusement le comte au milieu du chaos. Le Breton apporte de mauvaises nouvelles : parmi les soldats ennemis, il a croisé Carval. Cet homme avait autrefois servi le comte, mais avait été exilé pour vol qualifié. À présent, Carval est devenu officier dans l’armée de la Convention. Dans le feu de l’action, il a lancé une menace inquiétante à Kernan, lui faisant clairement comprendre qu’il se dirigeait vers le domaine Chantelean pour régler ses comptes avec la famille de l’aristocrate.
La route menant à la maison en ruines
Prenant conscience du danger imminent, Humbert de Chantelean et Kernand se précipitent en Bretagne. Les fugitifs contournent les portes verrouillées de Guérande et atteignent le port de Piriac. Contre quelques pièces d’or, ils achètent une barque à un pêcheur local. Kernand prend la barre et fait preuve d’une grande habileté à la navigation. Ils naviguent sur les dangereux tronçons de la côte bretonne, en pleine nuit, au milieu d’une violente tempête.
Après avoir traversé le cours d’eau, les voyageurs débarquent et traversent des champs enneigés pour rejoindre la maison familiale. Les environs sont sinistres : la ferme voisine a été entièrement détruite par les flammes et les traces d’une bataille sanglante sont omniprésentes. Le château de Chantelean est resté intact, mais une affiche officielle annonçant la confiscation des biens au profit de la République est accrochée aux grilles.
Une vieille femme, folle de peur, se cache dans des douves en ruine. Elle révèle l’horrible vérité : le château a été pris d’assaut par les troupes de Carval. La comtesse a été tuée dans la chapelle même, et la jeune Marie, ainsi que l’aumônier Fermon, ont été enchaînés et emmenés dans les prisons de Quimper. Le père, éploré, se précipite pour sauver son unique enfant.
Échafaudage à Quimper
Les fugitifs arrivent à Quimper, où règne une terreur d’État implacable. Les commissaires du Comité de salut public exécutent quotidiennement des dizaines de personnes, désengorgeant ainsi les prisons surpeuplées. Le comte et Kernand apparaissent sur la place de la cathédrale tandis que la liste des condamnés à la guillotine est lue. Un héraut proclame les noms de l’abbé Fermont et de Mademoiselle Chantelaine. À ces mots, le comte s’effondre dans la foule.
Kernand conduit le monsieur jusqu’à une taverne voisine, ornée de symboles révolutionnaires. L’aubergiste, un sans-culotte bavard, lui raconte les détails de l’exécution du matin. Il s’avère qu’un incident inouï s’est produit pendant l’exécution. Un jeune homme est arrivé sur la place avec une grâce officielle pour sa sœur, signée par un membre éminent de la Convention. Arrivé en retard, il a vu la tête de sa parente tomber dans un panier. Or, la victime suivante était hissée sur l’échafaud : Marie de Chantelen, inconsciente. Le jeune homme s’est précipité au commissariat et a fait passer Marie pour sa sœur, la sauvant ainsi des griffes de la mort.
Cette nuit-là, le comte, inconsolable, se rend au cimetière, à la fosse commune des exécutés. Là, il rencontre un jeune homme en larmes : Henri de Trégolan. Après avoir appris leurs noms respectifs, ils se retrouvent. Le comte conduit le père jusqu’à sa fille, qu’il a sauvée et cachée dans une maison sûre aux abords de Quimper.
Refuge des pêcheurs à Douarnenez
Rester en ville est extrêmement dangereux. Le groupe quitte Quimper en secret et se met en route à pied vers la mer. En chemin, Marie est transie de froid et manque de mourir. Les fugitifs sont contraints de passer la nuit dans la forêt, cachés dans le creux d’un chêne immense. Au matin, ils atteignent le village de pêcheurs de Douarnenez.
Ici vit Locmaye, un vieux et dévoué serviteur de la famille Trégolan. Il cache les exilés dans sa cabane de pierre au cap Les Gués. Les fugitifs se font passer pour des parents du vieux pêcheur. Commence alors une vie rude, faite de privations et de travaux forcés. Le comte, Henri et Kernand partent chaque jour pêcher en mer agitée. Marie coud des chemises de marin grossières et gagne quelques sous par jour.
Leur vie commune rapproche les jeunes gens. Henri de Trégolan tombe profondément amoureux de Marie, qui lui rend ses sentiments avec une affection ardente et sincère.
L’exil de l’île de Tristan
En hiver, la vie paisible du village est bouleversée par une violente émeute. Les habitants vouent une haine farouche au père Ivan, un prêtre catholique qui a prêté allégeance au nouveau gouvernement républicain. En signe de protestation, les pêcheurs refusent de lui parler et le condamnent à une mort certaine en le débarquant de force sur l’île rocheuse de Tristan. Ivan survit grâce aux coquillages et sombre peu à peu dans la folie, rongé par la faim.
Une nuit, une foule de paysans enragés se dirige vers l’île en barque pour achever l’exilé. Kernand et Henri se précipitent à leur suite, refusant d’assister à un lynchage sanglant. Ayant rattrapé la foule, Kernand prend de l’avance sur ses poursuivants. Il saisit le prêtre qui se débat et le plonge dans les eaux glacées de la baie. Après avoir ramené l’exilé sur le continent, le Breton lui ordonne de quitter la Bretagne à jamais. Les paysans, croyant le blasphémateur noyé, regagnent paisiblement leurs foyers.
Le prêtre secret et le mariage dans la grotte
Au printemps, le comte de Chantelen disparaît subitement, ne laissant qu’un mot. Ses proches, fous d’inquiétude, le croient retourné en Vendée pour y affronter une mort certaine. Quelques semaines plus tard, Humbert revient et révèle un incroyable secret. Constatant le déclin spirituel de la région, privée de pasteurs, il se souvient de sa jeunesse au séminaire de Rennes. Le comte a secrètement retrouvé l’évêque qui s’y cachait, a reçu les ordres et, la nuit, confesse, baptise et distribue la communion aux habitants des villages environnants.
Il approuve avec joie le mariage d’Henri et Marie. Les noces sont prévues pour le 13 juillet. Afin de préserver le plus grand secret, la cérémonie se déroule dans les gigantesques grottes marines de la Morgue, accessibles uniquement à marée haute.
Le jour venu, des dizaines de bateaux de pêche s’amarrent aux voûtes de pierre. La lueur rouge des torches se reflète sur le granit humide. Le comte, vêtu d’habits sacerdotaux, commence la messe solennelle, debout sur un îlot rocheux au beau milieu de la grotte.
Tirs de canon et captivité
En plein milieu des noces, des coups de canon assourdissants retentissent. Le brick militaire « Sansculotte » bloque l’étroite sortie de la grotte. Carval, ayant intercepté le billet d’Henri annonçant l’événement, arrive avec une compagnie de soldats. Des soldats en barques font irruption dans la grotte.
Kernand fait preuve de réflexes incroyables et dirige la barque transportant Marie et Henri dans une crevasse étroite et profonde, dissimulée par un épais mur d’obscurité. Carval atterrit sur l’autel de pierre et arrête lui-même le comte. Après avoir fouillé la grotte sans y trouver la jeune fille, le commissaire ordonne qu’Humbert de Chantellain soit embarqué. Le brick met aussitôt le cap sur Brest pour y exécuter l’aristocrate.
À marée basse, Kernand sort la barque de sa cachette. Abandonnant l’embarcation, les amis traversent à pied un terrain accidenté pour rejoindre un lieu sûr près de Brest. Le Breton jure solennellement de sauver son maître des bourreaux, même au péril de sa vie.
Rocher de la justice
Kernand se rend à Brest en reconnaissance. Arpentant les ruelles sinueuses de Recouvrance, il repère Carval. Attendant la nuit tombée, le Breton surprend silencieusement l’ennemi. Un long couteau pointé sur sa poitrine, Kernand contraint le commissaire à passer sans bruit devant les gardes de la ville.
Ils débouchent sur une plage déserte, où les vagues se fracassent contre de hautes falaises. Terrifié, Carval offre n’importe quel prix pour sa vie, mais le Breton reste inflexible. Par une incroyable coïncidence, la silhouette du père Yven surgit des ténèbres : le prêtre même qu’ils avaient sauvé sur l’île de Tristan.
Kernan contraint le prêtre tremblant à écouter la confession de l’officier républicain mourant. Dès qu’Ivna l’absout, le fidèle serviteur rend justice. Il précipite Karval du haut d’une falaise dans les flots déchaînés de la baie, débarrassant ainsi la famille de son pire ennemi pour toujours.
La révolution thermidorienne
Le matin de l’exécution arrive. Un chariot rouge tiré par des chevaux sort des portes de la prison. Le comte de Chantelien se dirige calmement vers sa mort. Kernand suit le cortège de près, au milieu d’une foule agressive de sans-culottes, serrant son arme et se préparant à une attaque suicide contre le convoi.
À quelques centaines de mètres de l’échafaud, une agitation soudaine éclate sur la place de la cathédrale. Un message urgent du gouvernement est transmis de Paris par le réseau télégraphique Chapa. Un coup d’État a eu lieu dans la capitale. Le régime de terreur radicale a été renversé et Robespierre arrêté. Le 9 Thermidor est arrivé.
La foule en liesse change instantanément d’humeur et arrête la calèche. Kernan libère le comte et le met en sécurité.
La famille réunie embarque secrètement pour l’Angleterre. Marie et Henri s’y marient officiellement. Des années plus tard, la situation politique de leur pays natal s’étant stabilisée, ils rentrent en France. Humbert de Chantelen renonce définitivement aux privilèges de l’aristocratie et accepte une modeste paroisse, consacrant le reste de sa vie à aider les plus démunis.
Vous ne pouvez pas commenter Pourquoi?