« Et la lumière s’éteint » de Vladimir Torin, résumé
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Ce court roman noir, écrit en 2020, est un récit terrifiant mettant en scène une poupée vivante qui sème la mort et la folie au sein d’une famille ordinaire dans une métropole brumeuse. L’intrigue, d’un réalisme glaçant, décrit les réactions face à une intrusion mystique dans l’intimité d’une maison. Ce roman inaugure la série « …de Gabin », dont il constitue le premier volume. Cette série policière steampunk comprend également les romans « Mon Post-Imago », « À propos de Nez et de Boucles », « Le Mystère du 12 Rue Florette », ainsi que d’autres ouvrages se déroulant dans la ville de Gabin.
Brume brumeuse et la boutique de Maître Goodwin
Jonathan Morton travaille comme employé chez Leipschitz & Leipschitz. Son patron, cruel, oblige ses employés à travailler tard le soir. Un épais brouillard enveloppe les rues de Gaben. Les sirènes retentissent. Il se dépêche d’acheter un cadeau pour le neuvième anniversaire de son fils Caleb. Les transports en commun sont fortement perturbés. Il attend plus d’une heure à la station de tramway à vapeur du Pont des Dents. Dans le tram, Jonathan surprend une conversation entre deux passagères. Elles parlent d’un magasin de jouets populaire. Il s’avère que le magasin est déjà fermé.
Exaspéré, le père décide de chercher un autre endroit. Le tramway tombe soudainement en panne, obligeant les passagers à marcher dans l’obscurité. Un policier, posté au carrefour, déconseille de s’aventurer sur Hart Street à cause du brouillard épais. L’homme erre dans les ruelles désertes du quartier des profiteurs. Son regard est attiré par une affiche ridicule représentant un bouffon dansant, grossièrement dessiné. La publicité mène à l’impasse de Fair Alley, où se trouve la boutique de M. Goodwin, ouverte sept jours sur sept.
L’établissement est plongé dans l’obscurité. Un homme étrange, coiffé d’un tricorne et portant un vieux masque d’arlequin, se tient derrière le comptoir. Le commerçant se montre insolent et grossier. M. Goodwin reproche à Jonathan d’acheter des cadeaux à la dernière minute. Soudain, le marionnettiste, d’abord furieux, fait preuve de clémence. Il sort de l’arrière-boutique un grand carton. Jonathan, pris d’un excès d’enthousiasme, achète le jouet et l’emporte chez lui.
L’épouse de Margot accueille son mari avec une désapprobation manifeste. La boîte, nouée avec de la vieille ficelle, dégage une odeur d’humidité nauséabonde. À l’intérieur se trouve une immense poupée en bois. Elle s’appelle Bébé Cobb. Le cadeau est absolument terrifiant. Son visage en bois pâle est anguleux, ses traits sont fins, ses doigts sont longs et articulés, et son sourire est fou et indélébile. La femme s’exclame : «Qu’elle est effrayante!» Caleb, en revanche, est ravi. Le garçon emmène son nouvel ami dans sa chambre. Les parents vont se reposer.
Cauchemar dans la chambre des enfants
Petit Cobb attend que les adultes partent. La poupée s’anime et se met à parler. Le monstre de bois raconte des histoires terrifiantes. Il décrit sa vie avec le Maître, les punitions et les coups de fouet incessants. Le jouet se vante de ses méfaits. Le monstre intimide ouvertement l’enfant avec d’effrayantes créatures d’encre. Caleb est paralysé par une peur véritable.
L’homme de bois recourt à la brutalité pure et simple. Il force le garçon à monter au grenier. L’enfant apporte la vieille valise verte de ses parents. Le jouet, cynique, déchire en mille morceaux les lettres d’amour qui lui étaient chères. Cobb ordonne à l’enfant de se pencher et de ramper dans l’espace exigu de la valise. Le garçon reçoit un coup dans le dos avec le couvercle. Puis le monstre sort tous les jouets préférés de Caleb. La poupée les critique sans pitié, rejetant les ours en peluche et les soldats de bois. La créature humilie l’enfant, le frappe douloureusement avec ses doigts acérés et menace de l’envoyer en asile psychiatrique.
La situation dégénère en un bain de sang. Petit Cobb palpe le visage de Caleb de ses mains rugueuses. Puis il lui ordonne de déboutonner son gilet. Le garçon obéit en ouvrant une minuscule porte dans son coffre en bois. Le monstre sort un très long couteau. D’un geste vif, le vilain tranche la tête de l’ours en peluche. L’homme de bois enfonce le morceau de chair profondément dans la bouche de Caleb.
La poupée promet un spectacle brutal et sanglant. Bébé Cobb presse froidement une lame contre la joue de l’enfant. Méthodiquement, il tranche le visage du garçonnet vivant. La créature compte étirer la peau fraîche et ensanglantée sur sa propre tête. Bébé Cobb décide de s’approprier complètement l’identité de sa victime sans défense.
Impasse autour de la cheminée
Margot est assise au rez-de-chaussée. Elle écoute attentivement le feuilleton policier « Meurtre mystérieux » à la radio. Des bruits étranges et étouffés venant de l’étage attirent l’attention de sa mère. Celle-ci prend un balai dans le placard et monte dans la chambre d’enfant. La pièce est sens dessus dessous. Des jouets mutilés, alignés comme pour une bataille rangée, sont éparpillés partout. Une silhouette en pyjama, coiffée du vieux bicorne de son père, est assise au milieu de la pièce.
La créature se retourne lentement. Margot aperçoit le visage de son fils, déformé par une étrange tête de bois. La peau est hérissée, du sang dégoulinant sur le col de son pyjama. Dans sa main, le monstre serre fermement un vrai revolver brillant. Margot comprend alors toute l’horreur de la situation. La poupée menace ouvertement de tirer sur la femme.
La mère décide de se prêter au jeu de la créature cruelle. Elle dissimule sa nausée grandissante derrière une sévérité feinte. Margot fait semblant de faire entièrement confiance à la poupée. La femme propose de coucher son faux fils. Cobb s’allonge docilement et réclame un allume-feu. Margot allume les braises avec de l’amadou chimique. Puis elle s’assoit au bord du lit.
La mère chante une vieille berceuse d’une voix douce. L’homme de bois se détend et ronfle bruyamment. Margot retire délicatement le visage ensanglanté de son enfant du crâne de bois verni. Elle pose le masque sur la table de nuit, saisit la créature par le col et la jette brusquement dans le brasier.
La créature hurle de façon frénétique. Le monstre tente de sortir de la cheminée. Margot le fait tomber à l’aide d’un tisonnier. La poupée se fracasse contre la grille de fer. La chaleur intense provoque l’explosion des balles du barillet du revolver dans un fracas assourdissant. Une balle brûle douloureusement la main de la femme. Terrifié, Jonathan accourt à leur secours. Son mari intercepte le tisonnier. Ensemble, ils apaisent le monstre de bois, le condamnant à jamais aux flammes. Les parents découvrent Caleb, mutilé, dans le coffre à jouets.
L’intervention du Dr Doe
La famille appelle d’urgence un chirurgien. Le docteur Nathaniel Francis Doe arrive malgré la tempête grâce à des tubes pneumatiques. Ce médecin austère et froid pratique une opération complexe qui dure des heures. Il recoud le visage arraché du garçon. Le patient reçoit les vaccins nécessaires à sa guérison et survit miraculeusement.
Le matin, la police refuse catégoriquement d’enquêter sur l’incident. Le sergent Gabena ne croit pas à l’histoire de la poupée vivante et de la sinistre boutique de Goodwin. Les agents ne trouvent aucune preuve à l’adresse indiquée. M. Goodwin nie catégoriquement toute implication dans le commerce de jouets. Les forces de l’ordre menacent de poursuivre les parents pour maltraitance envers leur propre fils.
Jonathan, rongé par la frustration et la rage, perd la raison. Il tente désespérément de démasquer le fabricant de poupées. Son père engage un détective privé, M. Grimmle. Ce dernier se rend à la boutique vide et disparaît sans laisser de traces.
Un employé désespéré erre dans les rues brumeuses de la ville. Chestnut Street est plongée dans un silence pesant et lugubre. Les voisins évitent la maison des Morton avec crainte. Caleb se remet lentement physiquement. Son état psychologique reste catastrophique. Il se cache du monde, bégaie fortement, fait des cauchemars et finit par devenir complètement muet.
Le retour du marionnettiste
Dans la cour de récréation, Caleb est assis seul sur une balançoire. Un homme de grande taille, coiffé d’un bicorne et portant un masque d’arlequin, s’approche des barreaux. C’est M. Goodwin. Le marionnettiste entame une longue conversation avec le garçon effrayé. Le sévère instituteur, M. Spallwood, effraie l’étranger d’un cri menaçant : « Morton ! »
De retour chez lui, le garçon se couche. Dans ses rêves, il voit différentes personnes, changeant sans cesse de masque. D’abord, une tante Geraldine glaciale est assise au bord du lit. Puis apparaît le docteur Doe. Derrière le masque sévère du chirurgien se cache une puce humanoïde géante. Se réveillant en sueur, l’enfant terrifié appelle son père.
Caleb rapporte les propos de Goodwin concernant le ministère des Affaires secrètes, qui n’existe pas. Le garçon cite précisément la réplique des femmes dans le tram : « Ma Clotilde va être si jalouse ! » Jonathan comprend instantanément le lien entre tous ces éléments disparates. Son père a été attiré dans la boutique de façon tout à fait délibérée. L’enchaînement de coïncidences, la panne du tram et même le retard au travail avaient été savamment orchestrés. Fou de rage, le père dégaine son revolver et s’enfuit dans le brouillard.
Goodwin pénètre aisément dans la maison avec le monstre-puce. La bête obéit en laisse. Margo, assise près de la fenêtre du salon, est en proie à d’étranges rêves et complètement paralysée. Le Marionnettiste l’a immobilisée à distance. Le vilain, accompagné de son ignoble animal de compagnie, accède sans encombre à la chambre de l’enfant sans défense.
Un choix difficile
Trois longs jours s’écoulent. Jonathan est mort. La police affirme que le commis s’est suicidé avec son propre revolver sur un banc d’Elms Park. Margot saisit un énorme couteau de cuisine. Elle se dirige lentement vers la chambre de son fils. Le garçon se tient calmement près de la fenêtre, vêtu de noir. Il parle de la voix rauque et étrange de Petit Cobb.
La créature avait pris possession du corps et de l’esprit de l’enfant. Goodwin avait mené à bien une cruelle expérience mystique. Le marionnettiste cherchait un moyen efficace de donner une mère réelle et vivante au monstre de bois. La volonté maléfique qui habitait le garçon dictait calmement les conditions à la femme. Margot pouvait ôter la vie à son enfant et mourir elle-même. Ou bien elle devait se résigner et accepter les nouvelles règles de ce jeu terrifiant.
La poupée promet solennellement de laisser sortir de temps en temps le vrai Caleb. Le faux fils jure un amour filial sincère. La volonté de la femme accablée de chagrin s’affaiblit rapidement. À cet instant, la vraie Margot Morton meurt au plus profond d’elle-même. La mère pose un couteau aiguisé sur la table de chevet. Elle noue docilement la cravate du garçon. Ensemble, ils quittent la chambre d’enfant.
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