« Intrépide » d’Alexei Alexandrov, résumé
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« Intrépide » est un roman d’Alexei Alexandrov, issu de la série « Le Temps des étoiles mortes », publié en 2022. Son intrigue tourne autour d’un homme que l’on croyait mort : Mark Ortiz de Phobos revient dans l’espace des Maisons Nobles en tant que cadavre vivant, ce qui transforme immédiatement son destin personnel en un jeu politique majeur.
Le déclenchement de la guerre
Dans le prologue, Suman Grant, chef des Brave Boys, réunit les commandants des compagnies de mercenaires et de pirates pour mettre fin à leurs divisions et unir leurs forces afin de conquérir le secteur Tartarus-2. Il les convainc que l’ancien ordre s’effondre, que les Mondes du Noyau exercent une pression croissante sur les corporations et les mercenaires, et que le mode de vie traditionnel des Systèmes Neutres touche à sa fin. Plutôt que des raids aléatoires, Suman propose une véritable conquête : non pas le pillage, mais la prise de systèmes entiers dans l’espoir de devenir les nouveaux barons et comtes.
Dans ce contexte, Mark Ortiz de Phobos revient dans le système Ignis après avoir fui Kaitos, où une révolte d’esclaves et le chaos du Grand Califat ont entraîné sa mort officielle. Il embarque à bord de la corvette Baby et tente de passer inaperçu, accompagné de troupes et d’actifs évacués liés à la maison de commerce Abraj al-Bait et à la famille Soko. Il apparaît d’emblée que sa mort passée arrange bien des choses et offre à Mark une occasion unique de dissimuler une partie de ses plans.
Le retour de Marc
À son arrivée, Mark rencontre Aella et décide que les funérailles de Gnaeus Sert de Veloth doivent se dérouler en secret, de peur que la supercherie des corps ne soit découverte et que l’identité des véritables survivants du désastre de Caitos ne soit révélée. Son retour déclenche une série de discussions difficiles avec ses alliés et les maisons nobles, chacun cherchant à tirer profit de la situation précaire de de Phobos. Presque aussitôt, Mark sent un nouveau piège se tendre autour de lui et, derrière une politesse de façade, une lutte acharnée pour le pouvoir est déjà en cours.
Il s’installe ensuite à Gemina et prend en charge les affaires intérieures de son domaine. Mark délègue la gestion quotidienne à Severov, mais se concentre sur la tâche la plus importante : bâtir un futur système de pouvoir où les forces des différentes Maisons Nobles sont destinées à fusionner en une force militaire unifiée. Son ambition n’est pas la coexistence pacifique, mais l’ascension sociale, et cette ascension est, dès le départ, associée au risque, à la violence et à la volonté de réprimer toute résistance.
Politique et tromperie
Le livre déplace simultanément l’action vers Mustafa Çelebi et d’autres acteurs liés au Grand Califat en déclin. Ces récits révèlent que le domaine des Maisons Nobles est pris en étau entre plusieurs forces : rivaux internes, flottes mercenaires, fragments du Califat et ceux qui cherchent à faire des possessions locales une base arrière pour une guerre majeure. Personne n’agit ouvertement, et presque toutes les alliances se révèlent éphémères.
Mark réagit à cet environnement comme il sait le faire : par la reconnaissance, la pression, les négociations secrètes et des calculs précis. Il s’entretient avec des baronnes, des proches d’alliés comme d’ennemis, évaluant qui rassurer temporairement, qui intimider et qui attirer dans son orbite par des promesses, des profits ou une crainte partagée d’une invasion extérieure. Le livre contient de nombreuses scènes où la force militaire reste silencieuse, mais où l’issue des batailles futures se joue déjà à huis clos, à travers des cartes du système.
Le thème des faux-semblants joue également un rôle important. Mark se fait tour à tour souverain, intrigant, militaire et intermédiaire, et ces masques empêchent constamment les autres de percer à jour ses véritables limites. Cela lui permet de gagner du temps, un temps précieux : pendant que ses adversaires débattent, il a le temps de consolider son pouvoir, de redistribuer ses forces et de préparer le terrain pour une contre-attaque.
Conflit croissant
À mesure que les hostilités progressent, la guerre passe du statut de menace à celui de réalité. Dans des systèmes comme RXZ-9781, des combats d’envergure font rage, impliquant flottes, forces de débarquement, butins, mouvements de troupes et la question cruciale du partage des vaisseaux et territoires conquis. Même les victoires n’apportent pas la paix, car chaque butin devient aussitôt source de nouveaux conflits, et chaque concession engendre de nouvelles rancœurs.
Mark est constamment contraint de mener plusieurs combats de front. Il doit repousser les adversaires extérieurs, surveiller l’ambiance au sein de ses domaines, éviter que ses alliés ne paniquent et empêcher ses rivaux de lui imposer leurs règles. C’est là que réside le cœur du livre : dans presque chaque nouveau chapitre, une action réussie engendre une nouvelle crise, et de Phobos vit dans un état de réaction permanent face aux menaces.
Plus tard, une mobilisation d’envergure se dessine. Mark rassemble sous sa bannière ceux qui sont encore prêts à combattre à ses côtés et s’efforce de transformer les liens personnels entre les maisons en un véritable réseau militaire. À ce stade, il devient particulièrement évident qu’il ne raisonne plus en termes de simple baronnie, mais bien en termes de secteur entier, où l’ancien ordre local peut soit être guidé, soit en être victime.
Combats près de la finale
Dans les derniers chapitres, l’action se concentre sur les systèmes SCK-4530 et Elioz, où la préparation, la ruse et de longs calculs débouchent sur un combat direct. Les forces qui opéraient auparavant de manière fragmentaire s’affrontent désormais, cherchant à décider de l’issue de la campagne par une frappe rapide et brutale. Mark mène ses hommes au combat, s’appuyant sur les actions de ses chefs, maintenant la ligne malgré la supériorité numérique ennemie et s’efforçant de transformer un succès local en un tournant stratégique.
Les scènes de bataille finales révèlent cruellement le coût de cette guerre. Ici, la victoire est toujours teintée de pertes, et toute ligne sauvée n’est qu’un répit avant l’arrivée d’un nouvel assaut ennemi. Même lorsque de Phobos repousse l’attaque et empêche l’ennemi de percer rapidement ses défenses, il devient évident que la situation générale est plus dangereuse qu’auparavant : les marqueurs rouges des territoires hostiles encerclent presque entièrement son territoire.
Le dénouement du livre s’appuie sur une escalade dramatique. Mark se retrouve seul avec une carte du secteur et comprend qu’il ne s’agit plus d’un conflit privé ou d’une querelle entre quelques maisons, mais d’une guerre majeure imminente pour la redistribution du pouvoir. Sa réaction est sans équivoque : si ses ennemis veulent la guerre, il la leur donnera et tentera de conquérir le secteur lui-même, quitte à le réduire en cendres.
Tout le livre converge vers ce point précis. L’histoire du retour secret d’un homme que l’on croyait mort se mue peu à peu en chronique de la consolidation du pouvoir, d’une lutte politique acharnée et du passage de la défense à la conquête ouverte. « Intrépide » ne s’achève pas sur une note rassurante, mais sur une tension renouvelée, car la volonté personnelle de Mark se conjugue à l’ampleur d’une future guerre interstellaire.
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