« Madame » d’Alexandre Bessonov, résumé
Automatique traduire
Alexander Bessonov est un écrivain de Novossibirsk, maître de la nouvelle, dont l’œuvre a conquis le public en ligne grâce à son humour subtil, son lyrisme et ses dénouements inattendus. Son troisième recueil de nouvelles, paru en 2021, rassemble vignettes, anecdotes et romans courts. Chaque texte est une histoire complète qui explore le destin humain, l’amour, la solitude, la noblesse et les curiosités du quotidien. L’ouvrage se distingue par l’alternance de récits à la troisième personne et d’anecdotes personnelles de l’auteur, qui servent en quelque sorte de guide au lecteur.
Un monde de rencontres fortuites et de chaleur
Le recueil s’ouvre sur la nouvelle qui lui donne son titre. Une femme corpulente, de retour des courses, les bras chargés de sacs, croise un sans-abri portant une écharpe jaune vif. L’homme s’adresse à elle avec des politesses distinguées – «Madame» et «Mademoiselle» – lui proposant de porter son sac et lui demandant deux cents roubles. Au lieu d’une simple aumône, un dialogue chaleureux et ironique s’engage. Il la raccompagne jusqu’à sa porte, la couvrant de compliments sincères, et elle le remercie chaleureusement, lui redonnant ainsi confiance en lui. Ils conviennent de se revoir le lendemain au même endroit.
Dans la nouvelle « Le Manteau », l’auteur explique avec autodérision pourquoi il porte un manteau par une chaleur de vingt-quatre degrés. Il s’avère qu’il est un champion incontesté de la perte de documents, et que son manteau lui sert de sac fiable, pratiquement impossible à oublier.
Le conte «La Belle au bois dormant» nous présente Svetlana, une jeune femme qui accepte de garder Kirill, le fils de sept ans de sa voisine. Le garçon se révèle être un enfant précoce, passionné de robotique et de l’émission Mythbusters. Au fil de leurs conversations, l’enfant, tel un thérapeute expérimenté, brise les rêves infantiles de Svetlana d’un «bonheur féminin ordinaire» aux dépens de son riche mari, qualifiant son attitude consumériste de comportement de «cafard parasite». Il lui conseille de devenir elle-même riche, belle et bienveillante, afin de vivre pleinement sa vie.
Dans la nouvelle « Kitty », le héros rencontre un chat gris nonchalant nommé Béhémoth dans une station-service. L’animal évoque le mécontentement des gens face au temps et leur incapacité à profiter du moment présent, laissant l’homme complètement désemparé face à la situation.
Loyauté, trahison et leçons de l’humanité
L’histoire poignante « C’est arrivé comme ça » raconte le destin tragique de Chuck, un chien fidèle abandonné dans les bois par son maître, Mikhaïl, lors d’un divorce. Chuck erre pendant des jours pour rejoindre sa famille et meurt de froid devant la porte close de son immeuble, en pleine tempête de neige. Il est recueilli par un retraité solitaire, un ancien conducteur de train de banlieue nommé Viktor Mikhaïlovitch. Les anciens propriétaires de Chuck restent indifférents : la femme prétend n’avoir jamais voulu de lui, et l’homme ment lâchement en disant qu’il est perdu. Chuck trouve un nouveau foyer chez Viktor Mikhaïlovitch, et lorsque Mikhaïl, pris de remords, tente de le rendre pour l’enfant de sa nouvelle compagne, Chuck ne bouge pas d’un pouce. Le vieux conducteur de train, d’un ton sévère, conseille alors à son voisin de se faire examiner le cœur, ce qui, de toute évidence, n’est pas le cas.
Le sketch humoristique «Le Mystère de la Barbe» révèle un secret concernant le père de l’auteur, qui enseignait dans un institut de construction. Il avait porté la barbe toute sa vie, mais l’avait rasée un jour où des élèves paresseux et en échec scolaire l’avaient pris pour un vétéran de la Seconde Guerre mondiale lors d’un examen et lui avaient demandé quel âge il avait lors de la bataille de Stalingrad. Le professeur avait répondu : «Moins sept ans!»
Dans la nouvelle « La Toux », Ekaterina Vasilyevna, solitaire, s’inscrit sur un site de rencontres sous le prétexte naïf de chercher un « remède contre la toux ». Après une série de propositions indécentes de fêtards et de passionnés de bourse, elle reçoit un message d’Igor Sergeyevich, un homme brillant, professeur agrégé, directeur du département des semi-conducteurs et guitariste. Leur correspondance se transforme rapidement en une invitation romantique au golfe de l’Ob.
La nouvelle «Gladioli» raconte une querelle de voisinage qui dégénère en beuverie. Un garçon nommé Stepan a cueilli cinq glaïeuls dans un parterre pour les offrir à sa mère en guise de «joyeux mardi». Furieuse, la voisine, Valentina Petrovna, qui avait planté les fleurs, accourt pour la confronter, mais la mère de Stepan, Tamara, apaise habilement le conflit grâce à une infusion de mélisse, un gratin de fromage blanc, une liqueur de noix de cèdre et du chocolat. Finalement, la voisine, un peu éméchée, s’en va, aimant sincèrement Stepan et reprochant à son mari son manque de galanterie.
L’histoire de «Petit Homme» est pleine de tendresse. Mason, le chien, aide ses maîtres, les Petrov, à élever leur nouveau-né, Misha. Lorsque le bébé pleure la nuit, le chien lui apporte un anneau bleu ou gémit doucement pour le calmer. Quand l’enfant tombe gravement malade et est emmené à l’hôpital, Mason attend fidèlement et prie à sa manière. Après la guérison de Misha, il reprend sa veille auprès de son berceau.
L’ironie de la vie quotidienne et des métamorphoses sociales
Dans la nouvelle « Tolérance », l’ami brutal de l’auteur, un haltérophile homophobe qui déteste les salons de coiffure, est contraint de s’y rendre lors d’un voyage d’affaires. Après un massage crânien professionnel et relaxant prodigué par un coiffeur prétentieux, il développe soudain une certaine tolérance envers la vie privée d’autrui.
Dans la nouvelle «Le téléphone sonna en silence», le héros ignore obstinément les appels d’un vieil ami. Une femme allongée à côté de lui l’incite à prendre son courage à deux mains, à décrocher et à exprimer son ressentiment : son ami ne se souvient de lui qu’après ses disputes avec ses copines. Finalement, on découvre que cette femme est psychologue et que l’homme a simplement payé pour la séance.
Dans le sketch « Femme au sac bleu », l’auteur évoque un voyage au cap Tobizine, près de Vladivostok. Arrivé sur un sentier escarpé et dangereux, il aperçoit une mère et sa petite fille ramassant les déchets des passants dans un grand sac bleu. Cet exemple de propreté sincère l’incite à revenir, à ramasser une bouteille jetée et à la garder dans la poche de sa veste pendant six mois.
La ruelle Apraksin à Saint-Pétersbourg est le théâtre d’un duel comique dans la nouvelle «Un incident incroyable au centre de Saint-Pétersbourg». Deux sans-abri se livrent à une bagarre brutale à propos de divergences historiques : l’un prétend que Mikhaïl Lomonossov était le fils illégitime de Pierre le Grand, tandis que l’autre défend farouchement l’honneur du scientifique. La rixe dégénère en un débat philosophique sur la question de savoir si les personnes qui réussissent (comme Bill Gates et Jeff Bezos) doivent leur succès à leurs propres mérites ou si l’argent de leurs parents détermine tout. Lorsque l’un d’eux crie à son adversaire : «Regarde-toi! Tu es un sans-abri!», la bagarre prend fin, victime de l’insulte personnelle.
La nouvelle «Mise en scène» est une satire mordante du théâtre conceptuel contemporain. Un auteur provincial âgé est horrifié de voir comment un metteur en scène à la mode de Saint-Pétersbourg a dénaturé sa pièce sur l’adoption : tous les personnages sur scène sont nus, le directeur de la maternité est dépeint comme un toxicomane, et la catharsis est obtenue par le choc physiologique du public.
Paradoxes de l’amour et des relations humaines
L’intrigue d’«Une autre histoire ordinaire» raconte le parcours d’Alexey et Katya, un couple marié dont la relation se détériore après deux ans d’essais infructueux pour concevoir un enfant. Alexey quitte son travail de chauffeur routier pour rembourser ses dettes médicales. Les tensions s’exacerbent, mais lors d’un de ses voyages, son mari emmène Katya avec lui. La route transforme leur vie : les champs à perte de vue, le confort des cafés routiers et leur vie partagée ravivent leur complicité. Katya lance un blog à succès, «Carnets de voyage d’une famille», son activité prospère et ses dettes sont remboursées. Finalement, le bonheur tant attendu arrive : Katya, prise d’un malaise sur la route, adresse à son mari un sourire inoubliable.
Dans la nouvelle «Les Cadeaux des Rois Mages», Anna, désespérée de trouver l’argent nécessaire pour un cadeau de Nouvel An à son mari, vend son unique héritage de son grand-père – une Toyota Corolla de 1991 – pour lui acheter un moteur hors-bord Yamaha. Son mari rentre à la maison, partagé entre joie et tristesse : il a vendu son bateau pour offrir à Anna un jeu de bons pneus d’hiver cloutés. Les roues et le moteur restent sur le balcon, sous la neige qui tombe, symbole d’un amour absolu.
La nouvelle «Dialogues à la Tchekhov» explore le thème de la fausse honte. La fille d’un contrôleur, assise dans un wagon réservé, demande à son père de mentir aux riches parents de son petit ami, Igor, en leur disant qu’il est cadre supérieur aux Chemins de fer russes. Lors d’un déjeuner, le père d’Igor, un homme d’affaires arrogant en costume gris, disserte sur l’utilité des gens et le profit, cherchant à obtenir un marché grâce à sa nouvelle connaissance. Le contrôleur avoue honnêtement sa profession, déclarant qu’il a toujours fait ce qu’il voulait et qu’il aime sincèrement sa fille, après quoi les hommes d’affaires quittent le café, dégoûtés.
Le recueil s’achève sur la nouvelle « Actif ». Un représentant du puissant oligarque Sergueï Arkadievitch, âgé de 74 ans, s’entretient avec l’auteur, Alexandre, dans un café. L’homme d’affaires, songeur, décide d’acheter le manuscrit d’un roman sur lequel l’auteur travaille depuis trois ans, avec l’intention de le publier sous son nom et d’entrer ainsi dans l’histoire littéraire. Malgré des menaces à peine voilées et une campagne de relations publiques massive, l’auteur laisse deux cents roubles sous sa tasse pour le café et s’en va en lançant : « Les manuscrits brûlent ! Et comme ils brûlent ! »
- Le meilleur du concours de piano à queue
- Piano à queue - concours pour les geeks de la musique
- Journées de l’Ermitage à Kalouga
- "Russie. Frontières historiques et spirituelles" - exposition du peintre Vasily Nesterenko à Kalouga
- Performance "L’homme de Podolsk"
- L’ours en Russie : un symbole dans l’art et l’artisanat
Vous ne pouvez pas commenter Pourquoi?