"Sulazhin" de Boris Akunin, résumé
Ce livre est un jeu narratif interactif, publié en 2016. L’intrigue se ramifie en fonction des choix du lecteur, transformant la lecture en un véritable défi psychologique. À la fin du jeu, un profil personnel est établi. Le texte propose huit fins différentes, réparties dans plusieurs genres : thriller policier, thriller psychologique, drame philosophique et roman d’amour. Le lecteur influence le cours de l’histoire par ses propres actions.
Ce livre inaugure la série « Octopus » de l’auteur. Le projet vise à créer une forme unique de littérature interactive. De multiples intrigues se développent à partir d’une source unique, telles des tentacules, offrant au lecteur une grande liberté de navigation. Il s’agit du premier tome de la série.
Résumé général de l’histoire
Le protagoniste souffre d’un cancer de l’estomac en phase terminale, une maladie incurable. Le pronostic du médecin est de trois mois à vivre au maximum. Un puissant médicament expérimental, la sulagine, contribue à soulager ses douleurs atroces. Ce traitement provoque de graves effets secondaires : confusion, pertes de mémoire et perception altérée de la réalité. Sa vie se réduit alors aux limites d’un appartement solitaire et à l’attente d’une fin inéluctable.
Sur les conseils de son médecin, Lev Lvovitch, le héros suit les cours secrets d’Oleg Gromov dans une cave humide. Le mentor dispense un entraînement psychologique à des individus condamnés, leur promettant de leur apprendre à affronter la mort avec dignité. La séance prend la forme de thérapie de groupe. Les patients – Albina, ancienne propriétaire de café, une jeune femme nommée Margarita aux cheveux postiches et un homme d’affaires âgé nommé Sergueï Ivanovitch – partagent leurs peurs les plus profondes. Ils défoulent leur agressivité latente sur les personnes en bonne santé, racontent leurs vies brisées et mettent en scène leurs propres funérailles. Gromov orchestre avec brio les émotions de ses sujets.
Une jeune brune entre dans le salon. Elle fait ses adieux à Gromov pour toujours, lui lançant un regard complice avant de partir. À cet instant, le récit bifurque pour la première fois. Le lecteur doit faire un choix conscient : répondre à cet appel silencieux ou rejeter l’obsession. Ce choix détermine le genre du protagoniste.
La branche de Nikolai : Crime et Détective
Si le lecteur choisit de suivre l’inconnu, le héros se révèle être un homme. Il s’agit de Nikolaï, un ancien agent de sécurité. Il avait quitté la sécurité en raison d’une maladie chronique. Lors d’une pause cigarette dans la cour, il engage la conversation avec une femme prénommée Lana. Ils se rendent en voiture au modeste appartement de Nikolaï. Après un moment d’intimité, Lana examine les cicatrices de guerre de son maître et s’intéresse vivement à son passé. La suite des événements dépendra de l’expérience professionnelle du héros.
Le parcours d’un officier des forces spéciales
Nikolaï parle de son service dans une unité spéciale d’intervention rapide. Lana révèle son identité : elle travaille comme opératrice pour des criminels. Elle propose un million de dollars à l’officier. La cible est un homme d’affaires louche surnommé « Fixer ». En guise de garantie, une somme importante est transférée sur le compte bancaire du jeune fils de Nikolaï.
Le soldat des forces spéciales accepte, y voyant le seul moyen d’assurer l’avenir de l’enfant. Nikolaï prépare méticuleusement l’assassinat, avec sang-froid et calcul. Il tue Fixer dans les toilettes d’un restaurant ou près des portes d’un club privé, éliminant les gardes armés. Le sort du héros dépendra de ses choix tactiques. Dans un scénario, il meurt dans la rue, abattu par un tireur d’élite – les clients se débarrassent de l’assassin. Dans un autre, Nikolaï s’expose aux tirs des gardes. L’homme meurt paisiblement, ayant accompli son dernier devoir de père.
Le parcours d’un enquêteur criminel
Nikolaï explique qu’il travaillait comme agent, un détective de carrière, au sein du service des enquêtes. Lana, effrayée par le policier, se montre distante. Le lendemain matin, elle quitte l’appartement. Quelques minutes plus tard, des saboteurs font exploser sa voiture dans la rue. L’officier décide de mener sa dernière enquête en toute indépendance et de retrouver l’assassin de son ancienne maîtresse.
L’enquêteur met au jour le passé trouble de Gromov et découvre ses talents de contre-sabotage, une capacité à déjouer les menaces et les pièges dissimulés. Armé d’un vieux pistolet de service, Nikolaï fait irruption dans le cabinet du psychologue, ligote l’assistant et interroge le propriétaire. Le détective est convaincu que Gromov a orchestré le meurtre pour s’emparer des appartements luxueux des patients décédés. Ignorant ses excuses, il abat le psychologue d’une balle dans la tête.
Souffrant atrocement, Nikolaï appelle Lev Lvovitch. Le médecin lui révèle l’horrible vérité : Lana, assassinée, était son épouse infidèle, et Gromov son amant. Lev Lvovitch a orchestré sa vengeance en se servant du patient mourant, envoyant délibérément Nikolaï sur le lieu de l’accident au moment précis. L’enquêteur avale une dose mortelle de sulajine et meurt, hanté par des visions terrifiantes : Lana lui tend la main depuis un vortex surnaturel.
La branche antonine : un drame psychologique
Si, dans le premier chapitre, le héros ignore le regard de la femme et reste assis dans la pièce, l’héroïne se révèle être une femme saisissante nommée Antonina. Elle a souffert d’une profonde dépression et a connu deux échecs matrimoniaux. Gromov mène une séance privée avec elle. Il lui raconte son expérience personnelle de mort imminente – son arrêt cardiaque et son retour à la vie – , sa purification spirituelle et la nécessité de se libérer des attachements terrestres qui pèsent sur son âme. La patiente tombe sous le charme hypnotique de ce mentor bienveillant. La suite de l’intrigue repose sur la volonté d’Antonina d’établir une relation de confiance avec Gromov.
Jeux psychologiques et perte de la réalité
Antonina choisit le contact visuel sans le toucher. Après une séance tendue, elle rentre chez elle et appelle Lev Lvovitch. Le médecin entre dans une colère noire, traitant la psychologue de sectaire et exigeant une rencontre urgente devant le monument à Gogol assis. Aussitôt après, Gromov appelle. Lui aussi lui demande de venir devant un autre monument à Gogol, grandeur nature. La femme se trouve face à un choix difficile.
Quand une femme se rend chez son médecin, Lev Lvovitch n’apparaît pas sur le boulevard. Antonina se souvient d’un traumatisme profond : elle n’a pas pu sauver sa jeune fille d’une voiture en flammes. Peu après, Sofia Vassilievna, son médecin traitant, l’appelle. Une terrible vérité éclate. Lev Lvovitch n’a jamais existé. Il n’a tout simplement jamais existé. Cette voix masculine autoritaire n’est qu’un fruit de l’imagination d’Antonina, qui se désagrège sous l’effet de la sulagine. L’héroïne prend conscience de l’effondrement total de son esprit. L’effondrement de sa propre raison. Elle avale un autre comprimé.
Après avoir choisi Gromov, Antonina rencontre un psychologue. Ce dernier lui propose de devenir son successeur direct. Il affirme qu’après une transition spirituelle mystique, les métastases physiques disparaîtront. Antonina aura pour mission de guérir les âmes malades, prenant ainsi pour toujours la place de Gromov sur Terre.
Attraction fatale et passion mortelle
Antonina privilégie le contact physique : elle prend les mains de Gromov. Éprouvant une forte attirance physique, elle accepte qu’Oleg la raccompagne chez elle. Près de l’entrée sombre, elle se retourne peut-être pour le regarder ou entre dans l’appartement.
Si la femme se retourne, Oleg reste avec elle toute la nuit. Au matin, Antonina découvre par hasard une photo de Lana, accompagnée d’une dédicace touchante, dans sa veste abandonnée. En examinant le téléphone portable de son amant endormi, l’héroïne découvre des galeries photos de patientes décédées. Une vérité terrifiante éclate : Gromov souffre d’un trouble pathologique. Il séduit méthodiquement des femmes condamnées, se délectant d’être leur dernier homme. Antonina prend un couteau à double tranchant dans la cuisine. Elle s’en empare et pénètre dans la chambre du maniaque.
Si Antonina trouve la force de ne pas se retourner, elle s’enferme dans l’appartement vide. Gromov grimpe le long de la gouttière jusqu’au deuxième étage. Il lui déclare son amour, lui propose de passer les trois mois restants ensemble et d’oublier sa mort imminente. Antonina lui ouvre les bras, accueillant ce bonheur tardif.
Résultats de la lecture interactive
Chacune des huit fins se conclut par un bloc de texte spécifique. L’application analyse l’enchaînement complexe des actions entreprises. Elle fournit un résumé du profil émotionnel du lecteur, de sa capacité à réagir en situation de crise, de son rapport au risque et de son niveau d’empathie latente. Le texte l’invite à revenir sur les points clés du récit et à reconsidérer ses choix initiaux afin de découvrir les autres intrigues sous-jacentes.
Vous ne pouvez pas commenter Pourquoi?