« FM » de Boris Akounine, résumé
Le roman a été publié en 2006. Le récit se déroule sur deux périodes, mêlant une intrigue policière moderne à une stylisation habile d’un brouillon perdu du roman de Fiodor Dostoïevski, « Crime et Châtiment ». Le texte joue avec l’histoire de la création de ce classique de la littérature russe.
Ce roman fait partie du cycle des « Aventures du Maître ». Il s’agit du troisième tome de la série, qui relate l’histoire d’un descendant du célèbre détective Erast Fandorin. Les autres romans de la série sont « Altyn-tolobas », « Lectures extrascolaires » et « Le Faucon et l’Hirondelle ».
Dossier mystérieux
Un toxicomane moscovite surnommé « Roulette » agresse un vieil homme dans une ruelle. Le voleur s’empare d’un vieux dossier rempli de feuilles jaunies. Rooulette décide de les vendre et contacte le cabinet de conseil de Nicolas Fandorin. Le propriétaire de l’agence reconnaît immédiatement l’écriture classique de l’auteur. Rooulette laisse une feuille pour analyse et disparaît. L’experte Eleonora Morgunova examine le papier, l’encre et l’empreinte digitale. Elle confirme l’authenticité du texte.
Quelques jours plus tard, Nicolas renverse accidentellement une jeune fille nommée Sasha avec sa voiture. Un étrange hasard se produit : la jeune fille se révèle être la fille de Philip Morozov, le même homme qui avait été victime d’un toxicomane. Morozov avait découvert un manuscrit inconnu dans les archives. L’érudit en avait vendu quelques pages et avait mis le reste en lieu sûr. L’argent était destiné à une opération urgente pour son fils malade, Ilya, dans une clinique suisse. À présent, le traitement est compromis.
Nicolas, son assistante Valya et Sasha se rendent auprès de l’homme blessé. Au centre médical, le docteur Mark Zitz-Korovin soigne Morozov, atteint d’un grave traumatisme crânien. Le patient souffre d’un syndrome de Kusoyama, une maladie rare. Sa personnalité a radicalement changé. L’intellectuel autrefois calme est devenu un cynique agressif et cruel. Il se moque ouvertement des visiteurs. Après de longues discussions, il confie à Nicolas une énigme codée concernant l’emplacement du prochain morceau de papier.
Recherche de fragments
Fandorin résout avec brio une énigme complexe. La piste mène au célèbre collectionneur d’autographes Veniamin Luzgaev. Il détient effectivement le second fragment du manuscrit. Le collectionneur accepte de restituer les documents, mais exige une rançon considérable. Une nouvelle énigme désigne l’agent littéraire Marfa Sacher. Elle aussi réclame une part importante. La situation se complique considérablement avec l’intervention d’Arkady Sivukha. Ce riche député est le principal mécène de la clinique où Morozov est soigné. Sivukha avoue avoir légalement acquis le manuscrit auprès du scientifique.
Bientôt, une série d’événements horribles se produit. La police découvre plusieurs corps dans un égout près de Moscou. Nicolas reconnaît les photographies de Roulet et du collectionneur Luzgaev. Puis, on apprend la mort de l’agent Marfa Zakher et de l’experte Morgunova. Le député Sivukha jure qu’il n’a pas ordonné ces massacres sanglants. L’horrible vérité éclate. La piste sanglante mène à son fils, Oleg.
Oleg souffre d’un grave trouble hormonal. À presque trente ans, il a l’apparence d’un adolescent. Ce jeune homme possède un esprit brillant, mais est totalement dépourvu de scrupules. Pour plaire à son père et éliminer tout obstacle sur son chemin, Oleg a tué de sang-froid. Le maniaque a aménagé une cachette ultramoderne d’où il a traqué ses victimes pendant des années.
Nicolas et Valya pénètrent clandestinement dans le hangar d’Oleg. Le criminel neutralise facilement Valya grâce à ses ingénieux mécanismes et à son agilité. Fandorin s’échappe de justesse. Le député Sivukha arrive peu après. Apprenant les crimes monstrueux de son fils, le père se retrouve seul avec lui. Une brève altercation éclate et Oleg meurt d’un coup porté au bord d’une table. Accablé de chagrin, Sivukha libère Nicolas et s’empoisonne.
L’histoire de l’enquêteur
Entre deux dangers mortels, Fandorin lit les fragments du manuscrit qu’il a découvert. L’action se déroule à Saint-Pétersbourg. Le jeune inspecteur Porfiry Petrovitch enquête sur une agression brutale contre la prêteuse sur gages Alena Ivanovna et sa sœur Lizaveta. La vieille femme est tuée, mais Lizaveta survit. Elle n’a pas pu distinguer le visage de son agresseur.
Peu après, le célèbre avocat Chebarov meurt. Le criminel agit sans scrupules, en plein jour, dans le bureau même de la victime. La troisième victime est Daria Zigel, tenancière de maison close. L’inspecteur Porfiry Petrovich soupçonne l’étudiant nerveux Rodion Raskolnikov. Ce dernier a publié un étrange article de journal sur le droit d’une personnalité forte à commettre un crime pour une cause supérieure. Les soupçons s’intensifient lorsque l’étudiant s’évanouit au commissariat alors qu’il évoque les meurtres.
L’huissier adjoint Zametov interroge une jeune femme, Sofia Marmeladova. La jeune fille raconte au détective une histoire surprenante : Raskolnikov a donné ses dernières économies pour payer les funérailles de son père, un fonctionnaire alcoolique. Pendant ce temps, Piotr Loujine, le fiancé de la sœur de Raskolnikov, tente de faire accuser Sonia du vol de cent roubles. L’étudiant et son ami déterminé Razoumikhine démasquent le malfaiteur. Razoumikhine comprend que le billet a été placé là intentionnellement. Loujine s’enfuit, déshonoré, et s’enferme dans sa chambre.
Le véritable tueur
Au même moment, le propriétaire terrien Arkady Svidrigaïlov arrive à Saint-Pétersbourg. Il courtise Dounia, la sœur de Raskolnikov. Il lui offre une somme considérable pour empêcher son mariage avec Loujine. Raskolnikov refuse.
Porfiry Petrovitch décide de prendre Raskolnikov en flagrant délit. Les détectives tendent une embuscade dans le sombre appartement de Loujine. Ils s’attendent à ce que l’étudiant, fier et déterminé, vienne venger son agresseur, une hache à la main. La porte vole en éclats sous le choc d’un violent coup porté avec un banc en chêne. Ce n’est pas l’étudiant qui se tient sur le seuil. Svidrigaïlov, le propriétaire terrien, fait irruption dans la pièce.
Svidrigaïlov se débarrasse facilement de Zametov. Le criminel tue le jeune homme d’un coup de canne lourde à poignée de bronze. Il brise ensuite le bras de Porfiry Petrovitch et le désarme. Svidrigaïlov ne se presse pas d’en finir avec l’inspecteur. Il s’assoit calmement à côté de lui et lui explique en détail les raisons de ses actes.
Le propriétaire terrien se qualifiait ouvertement de monstre. Il portait déjà sur sa conscience des vies brisées : un serf, une jeune fille sourde-muette et sa propre femme. Svidrigaïlov décida de purifier le monde de ces trois personnes méprisables avant de partir pour l’Amérique. Il comptait ainsi effacer ses péchés passés. Le propriétaire choisit un usurier, un solliciteur et une proxénète. Il se débarrassa d’eux sans difficulté. Il considérait ses victimes comme de simples parasites.
Après avoir entendu l’horrible confession, l’inspecteur tente de s’emparer discrètement du revolver tombé au sol. Svidrigailov remarque ce mouvement prudent au dernier moment. Le propriétaire terrien prend l’avantage et braque l’arme chargée sur Porfiry Petrovich. La vie du détective ne tient plus qu’à un fil.
Au moment le plus captivant, le texte s’interrompt brusquement. La page est traversée de traits durs et colériques. Une note de l’auteur, empreinte d’émotion, est glissée en marge. L’auteur se plaint d’une impasse créative et décide de réécrire le livre. Nicolas Fandorin comprend alors la véritable valeur du papier. Devant lui se trouve le brouillon rejeté, duquel naîtra plus tard le texte canonique du grand roman.
Après tous ces bouleversements, Fandorin rentre chez lui. Il se réconcilie avec sa femme, Altyn. Il rejette les soupçons absurdes d’infidélité qu’il nourrissait envers la jeune pianiste. Le dénouement conduit Nicolas à la maison d’édition Kulturtreger. Oleg, déguisé en Japonais, s’y rend et remet à l’éditeur la dernière partie du manuscrit. Fandorin conserve l’intégralité du manuscrit. Sa conscience tourmentée trouve un apaisement : l’argent donné par un mécène contribuera à sauver la vie du petit Ilya Morozov. La clinique suisse réalisera avec succès l’opération prévue.
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