« Perceval ou l’Histoire du Graal » de Chrétien de Troyes, résumé
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Ce roman de chevalerie en vers, écrit en 1182, est la première œuvre de la littérature européenne à introduire l’image mystique du Saint Graal. Les anciens mythes celtiques s’y mêlent harmonieusement à un profond mysticisme chrétien. En 1978, il a été adapté au cinéma par le réalisateur français Éric Rohmer.
Dans la forêt sauvage galloise, une veuve élève seule son jeune fils, loin de la culture guerrière et des usages, du strict code de conduite des nobles. Elle lui cache jusqu’au concept même de chevalerie. Ses fils aînés sont morts au combat, et son mari, de chagrin. Un jour, le jeune homme rencontre dans la forêt une troupe de guerriers en armure. Il les prend pour des anges descendus du ciel. Apprenant leur véritable vocation, le héros décide de se rendre sur-le-champ à la cour du roi Arthur pour être adoubé chevalier. Sa mère le supplie amèrement de rester. Tandis que son fils s’éloigne à cheval, armé de trois javelots de chasse, la femme s’effondre près d’un pont.
Le jeune homme, ignorant, suit scrupuleusement les instructions de sa mère tout au long du chemin. Dans la forêt, il découvre une magnifique tente où dort une jeune fille. Sans ménagement, il la réveille, l’embrasse de force et lui dérobe sa précieuse bague d’émeraude. Après avoir dévoré toutes les provisions de la pauvre fille, il reprend sa route. Bientôt, le Gallois atteint le château de Carduel, où se trouve la cour d’Arthur. Il pénètre directement dans la vaste salle de banquet.
Le roi Arthur est plongé dans un chagrin silencieux. Le Chevalier Écarlate de Kincroix vient de lui arracher une coupe d’or des mains, répandant du vin sur la robe de la reine. Le Gallois réclame bruyamment son initiation, mais n’est intéressé que par l’armure rouge du coupable. Il rattrape le Chevalier Écarlate et le tue sur le coup d’une flèche précise en plein œil. Le jeune intendant, Yoneth, l’aide à récupérer la lourde armure sur le cadavre. Pendant ce temps, le cruel sénéchal, Kay, frappe une jeune fille au visage. Dans un rire cristallin, la jeune fille prédit une gloire sans précédent au Gallois. Le héros transmet par Yoneth la promesse d’une vengeance implacable contre Kay.
Peu après, le jeune homme rencontre un noble nommé Gorneman de Gor. Ce mentor expérimenté prend sous son aile le naïf et l’initie à l’art de la guerre. Il lui apprend à manier correctement un bouclier et une lance. Le mentor le pare d’éperons, lui remet une épée et l’adoube chevalier. Gorneman prodigue à son élève de précieux conseils de vie : faire preuve de clémence envers ses ennemis vaincus, parler peu et prier régulièrement à l’église.
Défendre Beaurepaire contre les envahisseurs
Un jeune chevalier arrive au château assiégé de Beaurepaire. La forteresse est gouvernée par la belle Blanchefleur. La jeune fille vient la nuit dans les appartements de son hôte, implorant son aide en larmes. Le cruel seigneur Clamade de l’Isle et son sénéchal, Anguigerron, affament la ville, espérant capturer Blanchefleur. Les défenseurs du château sont épuisés.
Au cours de plusieurs duels, le Gallois vainc Anguigerron et Clamade en personne. Se souvenant des instructions de son mentor, il épargne la vie de ses deux adversaires. Le vainqueur leur ordonne de se présenter comme prisonniers au roi Arthur. Beaurepaire est secouru, et un navire, après avoir accosté, apporte des provisions aux villageois. Peu après, le héros quitte Blanchefleur, désormais libre, pour rendre visite à sa mère, qui se sent seule.
Le soir venu, le voyageur atteint une rivière profonde et tumultueuse. Un pêcheur du village l’oriente vers son château isolé pour la nuit. Au palais, le chevalier est chaleureusement accueilli par un vieil homme malade, le Roi Pêcheur. Jadis blessé à la cuisse par une fléchette, il ne peut plus monter à cheval. L’hôte offre à son invité une magnifique épée de damas. Pendant le repas, le héros est témoin d’une procession mystique et inexplicable.
Un jeune homme traverse la salle, une lance blanche à la main. Une goutte de sang écarlate perle lentement de la pointe de fer de l’arme. Derrière lui, une jeune fille porte un graal d’or pur, d’une brillance éblouissante et incrusté de pierres précieuses. Une autre jeune fille tient un plateau d’argent. Se souvenant du conseil de son mentor de parler le moins possible, l’invité garde un silence obstiné. Il ne questionne pas ses hôtes sur la signification de ces objets mystérieux.
Au matin, le vaste château est complètement désert. En franchissant les portes, le chevalier rencontre une jeune fille en pleurs sous un chêne. Il s’avère que cette jeune fille est sa cousine. Apprenant le silence du héros, elle le réprimande amèrement. De simples questions pourraient instantanément guérir le Roi Pêcheur souffrant. La cousine révèle que la mère du jeune homme est morte de chagrin. Le héros recouvre la vue et révèle son véritable nom : Perceval le Gallois.
Retour à la cour d’Arthur
Perceval poursuit sa route à travers la forêt. Il punit le Hautain de la Landa. Ce chevalier avait cruellement torturé la même jeune fille de la tente que Perceval avait imprudemment embrassée au début de son voyage. Perceval contraint le Hautain à comparaître devant Arthur et à tout lui avouer. Fasciné par les exploits de l’inconnu chevalier en armure écarlate, Arthur décide de partir à sa recherche, accompagné de toute la cour.
En hiver, Perceval aperçoit trois gouttes de sang frais d’oie sauvage dans la neige. Leurs couleurs éclatantes lui rappellent le rougissement des joues de Blanchefleur. Le chevalier sombre dans une profonde mélancolie amoureuse. Les guerriers d’Arthur tentent de le contraindre à rejoindre le camp royal. D’abord, le turbulent Sagremor subit une défaite cuisante. Puis, Kay attaque avec fureur. Perceval désarçonne habilement le sénéchal. Le bras droit et la clavicule de Kay sont brisés : la vengeance pour la jeune fille bafouée est accomplie.
Le sage Gauvain parle doucement à Perceval. Il conduit paisiblement le jeune homme éveillé jusqu’au monarque. Toute la cour célèbre avec joie l’arrivée du héros.
Malédiction et nouveaux défis
La joyeuse festivité est soudainement interrompue par une jeune fille d’une laideur repoussante, montée sur une mule. Elle a un nez de singe, des yeux de rat et une barbe de chèvre. Elle maudit bruyamment Perceval pour son silence fatal au château du Graal. La jeune fille affirme que le malheur s’abattra sur de nombreux royaumes à cause du roi incurable. Elle parle également aux chevaliers d’un captif qui languit sur le haut sommet de Montclair.
Aussitôt après son départ, le chevalier Geganbresil apparaît. Il accuse publiquement le neveu du roi Gauvain de trahison et du meurtre odieux de son seigneur. Perceval jure de ne plus jamais passer la nuit au même endroit avant d’avoir percé le secret du Graal et de la lance sanglante. Gauvain, quant à lui, se met en route pour laver son honneur bafoué.
Les exploits de Gauvain dans Escavalon
Gauvain se rend auprès du roi d’Escavalon pour y être jugé. En chemin, il découvre par hasard un tournoi de chevalerie. La plus jeune fille du seigneur local, surnommée Manchette-Étroite, demande l’aide de Gauvain. Ce dernier se porte volontaire comme son champion (son défenseur durant le tournoi) et, d’un seul coup, désarçonne l’invincible Mélian de Lys. Fort de nombreuses victoires éclatantes, le paladin poursuit son voyage.
À Escavalon, Gauvain séjourne dans une haute tour avec la sœur du roi. Une attirance mutuelle naît entre eux. Soudain, un vassal reconnaît Gauvain et déclenche une émeute sanglante, l’accusant d’être responsable de la mort du monarque. Les habitants, furieux et armés de haches et de pioches, tentent de tuer l’étranger haï. Gauvain se défend vaillamment, ainsi que la jeune fille, brandissant un lourd échiquier et la légendaire épée Excalibur.
Le roi et Geganbresil parviennent de justesse à contenir la foule, aveuglée par la colère. Le monarque accepte de reporter le duel d’un an. Durant cette période, Gauvain est tenu de retrouver la lance ensanglantée et de la remettre à Escavalon.
La rédemption spirituelle de Perceval
Pendant ce temps, Perceval erre à travers le monde pendant cinq ans. Il vainc plus de soixante chevaliers, mais oublie complètement Dieu et la prière. Le Vendredi saint, il rencontre dans la forêt un groupe de pèlerins pénitents, vêtus de cilices. Les femmes l’orientent vers un ermite.
L’ermite se révèle être l’oncle de Perceval. Le vieillard explique que le silence fatal du héros est dû à un péché inavoué : la mort de sa mère. Le Roi Pêcheur est également l’oncle de Perceval. Ce monarque malade ne se nourrit que d’une seule hostie. Cette relique lui est apportée chaque jour sur un graal d’or. L’ermite absout son neveu de ses péchés accumulés et lui prescrit un jeûne rigoureux. Le héros communie le dimanche de Pâques et trouve la paix intérieure. L’histoire de Perceval s’achève ici.
Le château des merveilles et le gué mortel
L’intrigue reprend avec les voyages de Gauvain. Le chevalier trouve Gregorias, grièvement blessé, sous un chêne et le soigne avec amour grâce à une herbe magique. Gauvain rencontre ensuite la fière Dame de Logra, une jeune fille qui le raille sans cesse. L’ingrat Gregorias vole le formidable destrier de Gauvain. Le chevalier est alors contraint de poursuivre le moqueur sur un vieux cheval décharné.
Après un certain temps, le chevalier et la demoiselle atteignent un large fleuve. Sur l’autre rive se dresse l’imprenable forteresse de Laroche de Sanguine. Gauvain vainc le neveu de Grégorias et reprend de force son cheval de guerre, Gringale. Un passeur du village fait traverser Gauvain et l’avertit sévèrement du danger mortel qui rôde dans le palais.
À la porte, ils sont accueillis par un garde – un infirme à la jambe d’argent ornée de rubis et d’émeraudes. Gauvain pénètre hardiment dans une salle somptueuse coiffée d’un dôme de vitraux. Il s’assoit calmement sur le Lit Magique doré. Aussitôt, une tempête magique éclate. Les fenêtres s’ouvrent en grand et des centaines de flèches acérées, décochées d’arcs invisibles, foncent sur le bouclier du chevalier. Gauvain retire les éclats de son corps. Puis un lion immense et affamé se jette sur lui. Le chevalier tranche la tête et les griffes de la bête enragée. La terrible malédiction est brisée à jamais. Cent cinquante belles jeunes filles sortent pour accueillir le vainqueur et le reconnaissent avec joie comme leur souverain légitime.
Les maîtresses du somptueux château se révèlent être Ijerna, l’épouse du roi Lot – la grand-mère et la mère de Gauvain. Le chevalier ignore encore leur véritable identité. Du haut d’une fenêtre, Gauvain aperçoit la Dame de Logra, d’une grande orgueil, en compagnie du noble chevalier Grinomalan. Avec adresse, Gauvain franchit le redoutable Gué du Destin sur sa monture pour aller à leur rencontre.
Grinomalan avoue ouvertement son amour profond pour Clarissan, la sœur de Gauvain. Le jeune homme lui offre même une bague en or ornée d’une pierre verte par l’intermédiaire de son hôte. Parallèlement, il voue une haine féroce à Gauvain, avec qui il entretient une vieille querelle. Apprenant la véritable identité de son hôte, Grinomalan le défie aussitôt en duel à mort. Le combat est prévu dans sept jours, devant une foule immense.
Gauvain envoie un messager de confiance directement au roi Arthur, porteur d’une invitation pour ce tournoi capital. La nouvelle de l’arrivée du messager parvient rapidement à la cour. Apprenant la disparition inattendue de son neveu, Arthur s’évanouit. Dame Laure, alarmée, court chercher la reine.
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