Le « Pass » de Kir Bulychev, un résumé
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Ce court roman de science-fiction de 1980 raconte la survie de colons terriens sur une planète sauvage et hostile après le crash du vaisseau spatial de recherche « Polus ». L’élément le plus important de ce texte réside dans son profond sous-texte socio-philosophique : l’auteur y explore l’inévitable régression culturelle d’une communauté humaine totalement isolée de la civilisation. Le roman a été adapté avec succès en un film d’animation culte du même nom en 1988, réalisé par Vladimir Tarasov. Cette œuvre inaugure la célèbre trilogie ou le cycle de science-fiction du village, qui comprend également les romans « Au-delà de la cabane » et « Le Village » (dont « Le Col » constitue le premier volet).
La vie en isolement
Une atmosphère pesante règne dans ce petit village perdu au cœur d’une forêt inconnue. Seize ans plus tôt, un vaisseau s’est écrasé ici, et les trente-six adultes survivants ont fondé une colonie, luttant pour leur survie. Aujourd’hui, une vingtaine de personnes subsistent, ainsi que les enfants nés ici. L’environnement est extrêmement dangereux : lianes envahissantes, chacals agressifs, moisissures toxiques et virevoltants traîtres qui laissent des traces sur les visages. Le jeune Oleg se prépare à une longue et difficile traversée d’un col pour rejoindre le vaisseau abandonné. La nuit, il veille sur les granges contre les prédateurs, et le matin, sa mère, Irina, se met à pleurer devant de vieilles photos de la Terre, refusant de laisser son fils partir vers une mort certaine.
Pendant ce temps, Maryana, une camarade d’Oleg, se rend dans les gorges pour cueillir des champignons avec Dick, un jeune homme fort et sûr de lui, devenu un chasseur né. Dans la forêt, Maryana tente de cueillir une fleur violette inhabituelle, mais elle est attaquée par des virevoltants. Dick la sauve en la protégeant de son corps, mais le visage de Maryana est lacéré par de fines aiguilles. Sur le chemin du retour, le jeune couple est poursuivi par une meute de chacals.
Un combat dans une clairière
Dans le village, Thomas, chauve et malade, en faction à la clôture, remarque une activité inhabituelle chez les prédateurs en plein jour. Un cri humain retentit dans la forêt. Thomas donne l’alerte en soufflant dans un sifflet assourdissant qui résonne dans tout le village. Les hommes du village, armés d’arbalètes et d’arcs, accourent à leur secours. Ils sont rejoints par la flamboyante tante Louise, armée d’un couperet et d’une torche enflammée. Elle sème la terreur jusque dans la flore environnante.
Dans une clairière, les sauveteurs découvrent une scène dramatique : Maryana, plaquée contre le tronc d’un pin vibrant, et Dick, luttant désespérément contre un énorme chacal au pelage gris à l’aide d’un couteau. Les prédateurs restants sont assis en cercle, attendant leur tour. Thomas abat le chef d’un tir précis, et Sergeyev et tante Louise font fuir le reste de la meute. Dick, blessé, est envoyé chez Egle, la femme de Vaitkus, malade. Là, on lui administre des cataplasmes et on console Maryana avec une gelée sucrée de carex des marais. Les anciens entament leur habituelle dispute sur le sort de la colonie. Thomas insiste : l’expédition est indispensable, car un été exceptionnellement chaud est arrivé et les enfants sont devenus résistants. Vaitkus, depuis sa couchette, constate tristement que sans un apport de connaissances pratiques, le peuple sombrera complètement dans la sauvagerie.
Des différends concernant l’avenir
Oleg rend visite à Kristina et à sa fille adoptive, Liz, gravement malade, dans l’avant-dernière cabane. Kristina, jadis une astronome terrestre de renom, est devenue aveugle à cause de la sève des virevoltants et se plaint sans cesse dans l’obscurité du manque d’huile pour sa lampe. Liz, qui éprouve des sentiments pour Oleg, le supplie de rester, évoquant une terrible prémonition, mais le jeune homme reste inflexible.
Oleg rend ensuite visite au vieux Boris, un instituteur manchot qui a perdu sa jambe lors de sa première expédition au col. Le vieux conserve précieusement un vieux microscope, sans lentille principale, sur une étagère, le protégeant des assauts de Sergueïev, qui rêvait de transformer le tube en couteaux. Boris élabore pour Oleg une théorie de la régression sociale. Il cite l’exemple historique du Groenland, où une colonie viking, ayant perdu tout contact avec sa terre natale, a peu à peu dégénéré et disparu. Le vieux confie craindre un avenir où Dick le Chasseur, qui ne sait que se fondre dans la nature et a oublié l’alphabet, régnerait. La mère d’Oleg préfère un morceau de pain à des ananas, mais Boris est persuadé que survivre au prix de la perte du savoir, c’est capituler.
Le début d’un chemin dangereux
Après le déjeuner, les quatre voyageurs — Thomas, Dick, Oleg et Maryana — se rassemblent à la porte. Toute la population est venue les saluer. Oleg prend une carte dessinée sur un bout de papier précieux et un radiomètre défectueux. Passant devant le cimetière, où, depuis plus de seize ans, le nombre de tombes dépasse celui des vivants, le groupe s’enfonce dans les sous-bois denses et dangereux.
À la tombée de la nuit, ils atteignent les falaises. En chemin, le groupe découvre une étrange tache blanche que Maryana coupe par inadvertance avec un couteau. Cette tache se révèle être un organisme gigantesque qui gonfle et s’épanouit en une immense fleur aux pétales. Thomas appelle la créature une amanite tue-mouches. Les voyageurs passent la nuit dans une grotte, dont ils masquent l’entrée avec un rideau de peaux de poisson. Une créature sauvage et poilue, dotée d’une crête osseuse, se niche près de leur feu – l’équivalent local de la chèvre que Maryana avait jadis tenté d’apprivoiser au village. Cette nuit-là, une étrange masse rose et boursouflée apparaît près de la tente, dégageant une odeur acide. Dick, se réveillant, la fait fuir d’un tir d’arbalète précis, tandis qu’Oleg reste stupéfait.
Tragédie dans les montagnes
Au matin, le détachement découvre la vallée sous la neige. Dick, mécontent de la faiblesse de Thomas, propose de le renvoyer, mais Oleg prend la défense de son chef. Thomas montre la carte à Oleg, toussant à cause d’une pneumonie naissante. La chèvre, que Maryana nourrissait de champignons séchés, dévore pendant la nuit tout le sac contenant des provisions et de la viande séchée. Fou de rage, Dick menace de tuer l’animal, mais Thomas leur ordonne de poursuivre leur route.
Dans les gorges, les voyageurs trouvent la gourde de Vaitkus contenant des restes de cognac et quelques boîtes de conserve vides. Dick boit une grande gorgée d’eau-de-vie, se brûlant atrocement la gorge. Parvenus à un plateau enneigé, le détachement installe son campement. Cette nuit-là, Oleg est piqué par une puce des neiges, un minuscule insecte dont la piqûre provoque une folie passagère et une rage incontrôlable. Le jeune homme demande à être ligoté avant que le venin n’atteigne son cerveau. Au petit matin, la chèvre s’échappe et Dick, armé d’une arbalète, suit ses traces. Maryana, craignant que le chasseur ne tue l’animal, court après lui, laissant les malades seuls. Ligoté, Oleg, pris d’une crise de folie, se débat et roule vers la falaise. Tomas, souffrant, rampe dans la neige, essayant de s’accrocher à lui, et tombe dans les gorges. Maryana revient et trouve Oleg vivant, et Tomas mort sur les rochers.
Le très attendu «Pole»
Dick revient sans la chèvre, mais garde son sang-froid. Il déclare que Thomas serait mort de toute façon et suggère de rebrousser chemin. Cependant, Oleg et Maryana prennent la carte, le couteau du mort et l’appareil. Ils poursuivent obstinément leur ascension. Dick les rattrape et reprend la tête du groupe. La nuit tombée, les nuages se dissipent et les jeunes gens découvrent pour la première fois un ciel étoilé d’une beauté époustouflante.
Le lendemain, après avoir traversé le glacier, les adolescents épuisés atteignent le col. Un bassin enneigé s’ouvre devant eux, au centre duquel se trouve l’énorme disque du navire de recherche « Pôle ». En descendant, ils découvrent une échelle de secours. Oleg utilise un couteau pour ouvrir l’écoutille bloquée, en la faisant glisser latéralement. À l’intérieur du vaisseau, le froid glacial règne, mais les couloirs sont éclairés par une lueur verdâtre auto-entretenue. Les adolescents tombent sur des entrepôts, où ils se nourrissent de lait concentré et de sprats en conserve.
Voix d’une Terre lointaine
Oleg part à la recherche de sa quarante-quatrième cabane. Il y trouve un berceau avec son hochet, la robe de chambre de sa mère, un exemplaire des « Démons » de Dostoïevski et l’uniforme de son père, orné de galons dorés. Le jeune homme enfile l’uniforme, qui lui va presque parfaitement. Dans le bureau de son père, il découvre un cahier à feuilles blanches et son plus grand trésor : un pistolet blaster en état de marche.
Grimpant dans le compartiment radio, Oleg récupère les manuels de communication. Soudain, il aperçoit une lumière verte vacillante. Tournant la manivelle, le jeune homme entend un signal automatique discret provenant de la grille : « Ici la Terre… Ici la Terre… » La radio n’émet pas, mais cette voix relie Oleg à jamais au futur. Sortant, Oleg utilise son blaster pour abattre un énorme lézard blanc et poilu qui tentait de déchirer la congère où dormaient Dick et Maryana. Chargeant le traîneau-échelle de nourriture, de médicaments et d’équipement, les trois guerriers triomphants reprennent le chemin du retour. Dans un ravin, ils rencontrent une chèvre émaciée qui vient de mettre bas trois chevreaux duveteux. Les adolescents, heureux, retournent à leur village, porteurs d’espoir de salut et du retour de la civilisation humaine.
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