« La Déroute » d’Alexander Fadeev, résumé
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Le roman d’Alexandre Fadeïev, écrit entre 1925 et 1926, relate le périple éprouvant d’un détachement de partisans rouges durant la guerre civile en Extrême-Orient. L’œuvre dépeint la dure réalité de la vie en temps de guerre sans fard. Le lecteur découvre des gens ordinaires, épuisés par la faim et cernés par l’ennemi. Ils luttent sans cesse contre leurs faiblesses, la peur de la mort et leur égoïsme. Ce livre est une exploration sincère des limites de la résilience humaine.
Adapté du roman, un film muet du même nom a été réalisé en 1931 et le célèbre film «La jeunesse de nos pères» en 1958.
L’apparition de Mechik
Osip Abramovich Levinson, commandant d’un détachement partisan, charge son ordonnance, Morozka, de livrer un colis important à un commandant voisin, Shaldyba. Morozka, ancien mineur suchan de deuxième génération, est un homme rude et espiègle, amateur de boisson, mais d’une loyauté sans faille envers ses camarades. En chemin, l’ordonnance assiste à la défaite brutale des rebelles Shaldyba face à l’avancée des troupes japonaises. Dans un champ de pommes de terre, Morozka découvre un jeune homme blessé, Pavel Mechik. Il le hisse sur la selle de son cheval, le sauvant d’une mort certaine sous le feu ennemi, et le conduit à l’hôpital des partisans.
Mechik, un ancien écolier de la ville qui a rejoint les partisans grâce à un bon des Maximalistes socialistes-révolutionnaires, peine à s’adapter à la dure réalité de la taïga. À l’infirmerie, sa sœur compatissante, Varya, l’épouse de Morozka, le soigne avec attention. Une attirance mutuelle naît rapidement entre la douce Varya et le jeune homme blessé. Morozka vient bientôt rendre visite à sa femme. Remarquant la photo d’une jeune fille blonde de la ville que tient Mechik, il se moque grossièrement du jeune soldat. Honteux de cette raillerie, Mechik déchire la photo, nourrissant à jamais une profonde rancune envers son sauveur.
Vol de melons et procès
Les partisans font une halte dans un petit village pour se reposer. Épuisé par cette oisiveté forcée, Morozka commet une faute disciplinaire : il vole des melons dans le potager du chef du village, Ryabets. Furieux, Levinson décide de ne pas étouffer l’affaire. Le commandant, conscient de sa responsabilité envers la population locale, convoque une assemblée générale avec les combattants du détachement pour une audience publique.
Le commandant de section Timofey Dubov, compatriote de Morozka et mineur respecté, réprimande sévèrement le coupable. Il menace publiquement d’expulser le voleur, qui déshonore toute la communauté des mineurs devant les paysans. Sous la pression des paroles sévères de son camarade, Morozka, honteux, promet de ne plus jamais voler. Le conflit se résout ainsi et les paysans rentrent chez eux. Levinson, profitant habilement de l’occasion, ordonne secrètement à Ryabets de faire sécher des biscuits pour la longue marche à venir.
Retraite forcée
Bientôt, des nouvelles alarmantes parviennent au quartier général : des forces ennemies supérieures en nombre – des troupes régulières de la Garde blanche et des envahisseurs japonais – se sont concentrées. Le commandant Levinson comprend parfaitement l’impérieuse nécessité de préserver le détachement comme une unité de combat à part entière. Les partisans quittent furtivement le village à la faveur de la nuit. Ils se replient à travers un terrain impraticable, au cœur de la taïga, en direction de la rivière Irokhedze.
Mechik, complètement rétabli, arrive enfin au camp de combat. Le commandant l’affecte au peloton de Kubrak et lui confie une vieille jument malade nommée Zyuchikha. Mechik est totalement incapable de s’occuper d’un animal de trait. Le jeune homme la méprise et abandonne rapidement tous ses soins quotidiens. Il fuit instinctivement les simples soldats, les jugeant grossiers, rustres et cruels. Mechik ne trouve qu’un maigre réconfort auprès du cynique et paresseux Chizh, qui critique sans cesse les décisions du commandement. Varya tente de renouer son amitié avec Mechik, mais le jeune homme, avec froideur et lâcheté, repousse son amour sincère.
Les dures lois de la survie
L’étau se resserre inexorablement entre les poursuivants. Le détachement bat en retraite sur des dizaines de kilomètres le long des sentiers les plus reculés de la taïga.
Les soldats, épuisés, meurent de faim et les vivres s’épuisent. Levinson est contraint d’appliquer des mesures d’approvisionnement militaire extrêmement cruelles. Dans un fanza coréen isolé, il ordonne qu’on prenne le dernier cochon d’un vieux paysan en larmes et qu’on l’abatte. Mechik frémit devant cette cruauté et tente de protester intérieurement, mais il mange la viande cuite comme tous ses camarades. Le facteur humain a des conséquences désastreuses.
Le partisan Frolov, grièvement blessé à l’estomac, demeure dans un hôpital clandestin. Le transporter à travers ce terrain impraticable est physiquement impossible, et le laisser se faire massacrer par l’ennemi est absolument inacceptable. Levinson donne secrètement au docteur Stashinsky l’ordre d’accélérer la mort du soldat condamné. Mechik surprend cette conversation terrifiante et est pris d’une panique incontrôlable. Le docteur Stashinsky administre du poison à Frolov, dissimulé sous l’apparence d’un sédatif, le brome. Frolov comprend parfaitement et avale calmement la dose mortelle. Le vieil homme terrifié, Pika, incapable de supporter cette réalité sanglante, déserte secrètement le camp et se réfugie dans la taïga.
Reconnaissance de Metelitsa
Levinson décide d’envoyer son chef de section le plus courageux, Metelitsa, en mission de reconnaissance à longue portée. Le commandant souhaite s’assurer que la route menant à la vallée salvatrice est dégagée. L’agile Metelitsa parcourt plusieurs kilomètres et atteint un grand village occupé par des Cosaques. Il se cache discrètement dans le jardin d’un prêtre et écoute attentivement la conversation des officiers blancs qui jouent aux cartes. Malheureusement, l’éclaireur est repéré dans l’obscurité. Un bref échange de tirs s’ensuit. Metelitsa est assommé d’un violent coup à la tête et fait prisonnier.
Tôt le matin, des officiers cosaques interrogent publiquement le partisan devant une foule de paysans rassemblés sur la place de l’église. Metelitsa se tient fièrement, défiant, et garde un silence méprisant. Pour provoquer une confrontation, les Blancs amènent un petit berger apeuré, à qui l’éclaireur avait confié son cheval la veille au soir. Le garçonnet, fidèle, refuse catégoriquement de trahir le partisan. Pour sauver l’enfant des représailles, Metelitsa se jette soudainement sur le commandant d’escadron et tente de l’étrangler à mains nues. Les gardes abattent aussitôt le courageux commandant.
La bataille et la traversée du marais
Sans attendre le retour de l’éclaireur, Levinson, obstiné, mène ses hommes à l’assaut. Comme prévu, ils tombent dans une embuscade tendue par des Cosaques. Un violent échange de tirs s’ensuit, et le détachement parvient à pénétrer dans la forêt, mais leur progression est bloquée par un vaste marais impénétrable. Derrière eux, une cavalerie ennemie supérieure en nombre avance rapidement. La situation devient critique.
Les soldats, submergés par un désespoir profond, sont au bord de la panique. Levinson, revolver au poing, impose l’ordre d’une voix impérieuse. Il les oblige à descendre de cheval, à débroussailler et à construire une chaussée de bois sous le feu nourri des mitrailleuses ennemies. Au prix d’efforts incroyables, les partisans progressent péniblement à travers le marécage. Le démineur Goncharenko mine habilement le barrage qu’ils viennent de construire et le fait sauter juste devant leurs poursuivants. Le gros du détachement est temporairement sauvé, mais de nombreux hommes périssent dans les violents combats d’arrière-garde. Parmi les morts se trouve le courageux commandant de section, Dubov.
trahison et mort
Épuisés, les partisans atteignent la route nationale. Levinson envoie une patrouille montée en avant : Mechik et Morozka.
Mechik agit le premier. Il est plongé dans une profonde auto-apitoiement. Le jeune homme rêve ardemment de s’enfuir vers une ville paisible, loin du sang et de la guerre. Soudain, il tombe sur un avant-poste cosaque dissimulé. Au lieu de donner l’alerte et de prévenir ses camarades, Mechik abandonne son cheval et s’enfuit lâchement dans les buissons au bord du chemin. Un instinct de survie aveugle prend le dessus.
Morozka, suivant la route, tombe lui aussi dans une embuscade ennemie. L’ancien mineur comprend immédiatement la gravité de la situation. Réalisant que sa propre fuite est impossible, il ne pense qu’à ses camarades épuisés derrière lui. Morozka lève son revolver et tire trois coups en l’air, signalant un danger mortel. L’instant d’après, une volée de balles cosaques bien placée met fin à ses jours.
La fin de la campagne
Entendant des coups de feu lointains, Levinson et son jeune assistant, Baklanov, mobilisent aussitôt leur détachement pour une charge de cavalerie désespérée. Un combat bref mais terrifiant s’ensuit. Baklanov est tué dans l’intense échange de tirs. Seuls dix-neuf soldats blessés parviennent à percer le dense dispositif ennemi.
Se sentant en sécurité, Mechik, abattu, gît dans les buissons, conscient de l’immense bassesse de ses actes. Il tente désespérément de se justifier, pleure amèrement, jette son arme de partisan et se résout finalement à retrouver la tranquillité d’une vie paisible. La lâcheté l’emporte sur sa conscience.
Levinson mène les partisans survivants en rase campagne. Apprenant de Goncharenko la mort du jeune Baklanov, le commandant, d’ordinaire si sévère, s’effondre sous le choc et fond en larmes. Mais au loin s’étend une vallée ensoleillée où des paysans paisibles travaillent sur une aire de battage. Levinson retient ses larmes, se redresse fièrement et se dit : «Je dois vivre et accomplir mon devoir.» La vie reprend inexorablement son cours, et le commandant poursuit sa marche avec son petit détachement.
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