Résumé de « La négation de la négation » de Boris Vassiliev
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Le roman «La Négation de la négation», paru en 2004, relate le destin tragique de la famille Vereskovsky, une grande famille noble, sur fond de bouleversements historiques en Russie de 1917 jusqu’au déclenchement de la Grande Guerre patriotique. Il s’agit d’une interprétation philosophique de l’histoire à travers le prisme de la loi marxiste de la «négation de la négation», qui, dans la réalité russe, se traduit par un déni total et destructeur de la vie et de l’humanité elles-mêmes.
Rupture familiale et premiers décès
L’histoire commence dans une petite ville de province, à l’aube de la révolution, où vit la famille aisée du capitaine retraité Vereskovsky. La révolution de 1917 et la guerre civile qui s’ensuit déchirent la famille. Platon Nestorovitch Vereskovsky, le chef de famille, tente de maintenir l’ordre, mais les événements historiques s’abattent impitoyablement sur eux. Sa fille Nastia, fascinée par les idées révolutionnaires, quitte le foyer et rejoint les bolcheviks, devenant une commissaire impitoyable. Elle participe activement à la Terreur rouge, reniant ses origines et sa famille. Les autres enfants se dispersent également : certains tentent de survivre cachés, d’autres embrassent le nouveau gouvernement.
Les parcours des héros dans la nouvelle réalité
La vie des Vereskovsky reflète le chaos qui règne dans le pays. Alexandre Vereskovsky, ancien officier, s’engage dans l’Armée rouge, espérant servir sa patrie malgré le changement de régime. Il endure de dures épreuves, s’efforçant de préserver son honneur militaire au milieu de la haine de classe. Olga Konstantinovna, sa mère, pleure l’éclatement de sa famille et la destruction de l’ancien monde. De nouvelles figures, telles qu’Ivan Kolosov et Leonty Sukozhnikov, s’emparent du pouvoir en ville, décidant du sort des anciens nobles. Sukozhnikov, qui commande une unité spéciale des forces spéciales, est connu pour sa cruauté.
Terreur et survie
Le roman décrit avec minutie l’atmosphère de suspicion et de peur qui imprègne la société. Tatiana, une autre héroïne, est confrontée aux horreurs de la dépossession et de la répression. Son destin est intimement lié à celui de Léontia Soukojnikov. Dans un accès de désespoir et de vengeance pour la vie brisée qu’elle a subie, Tatiana abat Soukojnikov d’une balle de Mauser. Contrainte ensuite de se cacher sous une fausse identité – Agafya Silantievna Kouznetsova – , elle parvient à obtenir un certificat du docteur Troutnev confirmant son séjour dans un hôpital psychiatrique. Ce certificat lui permet de disparaître aux abords du village de Khlopovo, où elle vit dans la misère, recroquevillée dans une grange avec son seul être vivant : une chèvre.
Le destin d’Alexandre et le Goulag
Malgré son engagement dans l’Armée rouge, Alexandre Vereskovsky finit par succomber aux répressions staliniennes. Pris dans les rouages du système, il est envoyé au Goulag. La vie au camp est décrite comme une lutte sans fin pour la survie dans des conditions inhumaines, sur les chantiers des «Grands Projets» du socialisme. Au camp, il rencontre d’autres prisonniers dont la vie a également été brisée par l’appareil d’État. Dans une scène, Alexandre, charpentier sur une grue lors de la construction d’un canal, glisse et tombe à l’eau, une hache à la main. Cette chute devient le symbole des espoirs anéantis et de la destruction physique des meilleurs éléments du pays.
La fin de l’histoire
Le système ne pardonne ni n’oublie. Des années après le meurtre de Soukojnikov, le passé rattrape Tatiana-Agafya. Des agents du NKVD arrivent au village de Khlopovo en voitures noires. Ils découvrent que le docteur Troutnev a lui-même avoué avoir délivré un faux certificat. Les tchékistes arrêtent Tatiana pour le meurtre d’un «camarade fidèle». Elle monte docilement dans la voiture. Sa petite chèvre court après le véhicule, bêlant jusqu’à ce qu’un tchékiste, de sang-froid, lui tire une balle dans la tête. La mort de la chèvre met un terme terrifiant et poignant à l’histoire du déni universel de la vie décrite dans le roman. L’action s’achève sur la destruction totale de toute trace d’humanité et d’espoir.
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