« Surfer sur les vagues » d’Alexander Green, résumé
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Le roman d’Alexandre Grin, écrit en 1928, relate la quête d’un idéal spirituel, que l’auteur nomme « L’Inassouvi ». Son intrigue maritime poignante se mêle harmonieusement aux réflexions du héros sur la frontière ténue entre réalité quotidienne et fiction mystique. L’œuvre a été adaptée au cinéma à deux reprises : en 1967, un film soviéto-bulgare du même nom, réalisé par Pavel Lioubimov, et en 2007, une adaptation de Valeri Pendrakovski.
L’appel des inassouvis
Thomas Harvey se remet d’une grave maladie dans la ville portuaire de Liss. Le docteur Filatr lui trouve un appartement confortable avec une immense fenêtre donnant sur la mer. Harvey discute souvent avec le médecin du pouvoir de l’Inachevé – un fil conducteur nébuleux d’événements qui attendent leur heure. Thomas joue un double jeu avec l’ordinaire, cherchant constamment un sens caché dans les rencontres fortuites.
En flânant près du port, Harvey remarque l’arrivée du paquebot Granville. Une jeune femme se distingue parmi la foule animée des passagers. Assise sur des valises usées, elle domine le chaos environnant d’un seul regard serein. Harvey est captivé par son aura. À l’hôtel du port, il apprend le nom de cette inconnue : Bice Seniel.
Voix mystérieuse
Ce soir-là, Harvey rend visite à Sters, le secrétaire à l’irrigation, chez lui. Un joueur est en pleine partie de cartes. Thomas obtient une main forte. Au moment de miser, Sters lui demande : « Qu’avez-vous ? » Harvey entend distinctement une voix féminine dans sa tête. L’interlocutrice invisible prononce la phrase : « Surfer sur les vagues. » Le son est très clair, mais les autres joueurs ne remarquent rien. Filatr explique cette hallucination comme une étrange faille dans son subconscient.
Inquiet, Thomas quitte les lieux. Il erre jusqu’au quai et aperçoit un élégant voilier. À la poupe, en lettres d’or en relief, on peut lire « Fendant les vagues ». Harvey grimpe aussitôt sur la passerelle. Le veilleur, qui se révèle être le capitaine William Guez, accueille son invité avec rudesse et refuse de l’embarquer.
Le matin, Filatr remet à Harvey une lettre de recommandation pour Brown, le propriétaire nominal de la brigantine. L’homme d’affaires austère donne son accord écrit. Brown explique que Guez lui a refilé le navire par le biais d’un arrangement fictif afin de protéger ses biens d’une saisie. Le capitaine obéit aux ordres de Brown, mais exige deux cents livres pour le passage. Thomas se voit attribuer une cabine luxueuse ornée de miroirs vénitiens. Le décor contraste fortement avec la vocation cargo du navire.
Conflit à Dagon
Le voyage commence. L’équipage se compose de marins de passage, du second, Butler, un homme taciturne, et du navigateur, Sincright. Dans la cabine du capitaine, Thomas aperçoit par hasard une photographie de Bice Seniel. Butler laisse échapper que le navire a été construit par le père ruiné de la jeune fille, Ned Seniel. Le capitaine s’est emparé de la brigantine par la fraude.
Le voilier accoste au port industriel de Dagon pour charger des caisses de fer. Guez invite trois femmes de mœurs légères à bord. Le soir même, une bagarre générale éclate dans le carré. Le capitaine traîne l’une des invitées, réticente, vers lui et la frappe au visage. Harvey intervient et, d’un coup bien placé, met Guez KO. Furieux, le capitaine ordonne aux marins de désarmer Thomas.
En pleine nuit, au large, Harvey est contraint de monter à bord d’une petite embarcation. Il se retrouve seul, à 180 kilomètres des côtes. Soudain, une femme gracieuse en robe de dentelle apparaît au pied de la passerelle. Elle saute à bord. L’inconnue se présente comme Frezi Grant.
Éclairant son visage d’une lanterne, elle frappe Harvey par sa beauté et ses yeux noirs, d’une intensité langoureuse. Fresi leur ordonne de mettre le cap au sud, promettant de les secourir à l’aube. Elle lui demande de ne rien dire à Bicha Seniel à son sujet. Puis la femme s’avance dans l’eau. Fendant les vagues avec aisance, elle entraîne à sa poursuite un banc de requins prédateurs.
Salut et Carnaval
À l’aube, Thomas est recueilli par la goélette Dive, commandée par le calme capitaine Phineas Proctor. Daisy, la nièce vive et impétueuse de ce dernier, prépare le repas. Elle pose sans cesse des questions et témoigne d’une sincère sollicitude à Harvey. Pour remercier ses sauveteurs, Thomas perd volontairement trente-huit livres au profit du marin Tobbogan. Daisy, orgueilleuse, remarque la supercherie. Elle rend l’argent et réprimande Thomas pour sa charité secrète.
Le « Dive » jette l’ancre dans le port de Gel-Gyu. La ville est illuminée par des feux d’artifice. Les habitants célèbrent avec ferveur le centenaire de la colonie. Harvey se dirige vers la place où se dresse la statue de marbre « Courant sur les vagues ». Ce monument est l’œuvre du sculpteur Georg Gerd. Un homme riche, Grae Paran, tente de détruire l’œuvre par haine personnelle envers Gerd. Thomas se joint à un groupe de défenseurs locaux de la statue.
La nuit venue, une bande de mercenaires agressifs pointe un pendule en fonte, suspendu à une corde, vers la statue de marbre. Thomas se précipite pour l’intercepter. Le coup fatal du pendule manque son visage, détruisant le mécanisme des assaillants. Le monument reste intact.
Deux masques
Errant dans la ville, Harvey tombe sur le hall d’un théâtre. Il reçoit un message d’une dame en robe jaune à franges brunes. Thomas trouve un masque et prononce le nom de Bice Seniel. Sous le masque se cache Daisy, hilare. Elle a cousu la tenue elle-même et a décidé de jouer un tour à son ami. Sentant la frustration de Thomas, la jeune fille s’enfuit, honteuse.
Bientôt, Harvey rencontre la véritable destinataire de ses pensées. Bice Seniel est vêtue de la même manière. Elle est accompagnée de son neveu, Bothvel. Bice est venue à Gel-Gyu pour négocier avec Göz la restitution du navire de son père. Thomas décrit les excès du capitaine. Poussé par une impulsion intérieure, il enfreint l’interdiction de Frezi Grant. Thomas confie à Bice une rencontre surnaturelle en mer. La pragmatique Seniel rejette cette légende maritime comme une fiction.
Prise de vue dans la chambre
Le matin, Harvey se précipite à l’hôtel pour exiger réparation de Göz. Butler le rejoint dans l’escalier. Les hommes pénètrent dans la chambre non verrouillée et découvrent le capitaine assassiné. Une balle a traversé le front de Göz. La panique s’empare des lieux. Dans la cour, la police arrête Bice Seniel. La jeune fille refuse de donner son nom, soucieuse de préserver la tranquillité de son père âgé.
Butler sauve la situation. Il déclare haut et fort : « Elias Butler a tué Goeze ! » Le marin détaille les circonstances. Goeze l’avait escroqué en vendant de l’opium de contrebande dissimulé dans des boulons en fer. Voulant incriminer le capitaine, Butler entra dans la pièce et se cacha dans le placard.
Peu après, Bice arriva. Göz verrouilla la porte et se jeta sur la jeune fille en l’enlaçant. Bice sauta par la fenêtre. Butler sortit de sa cachette. Le capitaine se jeta sur lui, revolver à la main, mais l’assistant tira le premier. La police emmena Butler en prison.
différentes routes
Bice Seniel refuse de rançonner la brigantine. Le navire est souillé de contrebande et de sang. Thomas lui rend une dernière visite. La jeune fille déclare sans ambages son aveuglement face aux miracles invisibles. Ils se séparent dans un respect mutuel. Thomas se rend sur la goélette « Dive ». Daisy lui avoue sincèrement son amour, pleure et le serre fort dans ses bras pour lui dire adieu. Harvey quitte Gel-Gew.
Thomas retourne à Liss, puis vit longtemps à San Riol où il travaille dans une entreprise de thé. Un jour, il rencontre Daisy. Leur amitié sincère se transforme en un amour profond. Harvey comprend alors que cette jeune fille spontanée est sa véritable âme sœur. Thomas et Daisy se marient. Le couple achète une paisible maison en pierre avec jardin dans le village de Lege.
Plusieurs années passent. Un soir, le docteur Filatr leur rend visite. Il leur raconte son voyage d’affaires. Sur le cours supérieur du fleuve Tavassa, Filatr a découvert l’épave du « Courir sur les vagues ». Le navire gisait, pourrissant paisiblement, parmi les arbres. Des lianes s’enroulaient autour des hauts mâts.
Le docteur remet à Thomas un mot de Bice. Elle a épousé Hector Cavaz et souhaite du bonheur à Harvey. Daisy écoute l’histoire, les larmes aux yeux. Ravie d’avoir bouclé la boucle, elle se tourne vers la protectrice invisible des marins. Daisy appelle dans l’obscurité : «Bonsoir, Fresi!» Soudain, une voix retentit des profondeurs de l’océan : «Bonsoir, mes amis! Vous ne vous ennuyez pas sur cette route obscure? Je suis pressée, je cours…»
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