Résumé du « Sphinx de glace » de Jules Verne
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Le roman a été publié en 1897. Il s’agit d’une suite directe du récit d’Edgar Allan Poe mettant en scène Arthur Gordon Pym. Jules Verne propose une explication physique parfaitement rationnelle aux événements surnaturels décrits par l’écrivain américain. L’ouvrage examine en détail les itinéraires des véritables découvertes géographiques aux latitudes polaires au XIXe siècle.
Ce livre fait partie de la célèbre série «Voyages extraordinaires». Il s’agit du quarante-quatrième roman du cycle, qui comprend également des œuvres aussi connues que «Les Enfants du capitaine Grant» et «Vingt mille lieues sous les mers».
L’Américain Jorling attend une embarquement providentiel sur les rudes îles Kerguelen. La goélette anglaise Halbrane, commandée par le taciturne Len Guy, fait escale à Christmas Harbor. L’aubergiste local, Fenimore Atkins, recommande vivement ce navire fiable au passager. Le capitaine refuse catégoriquement d’embarquer d’autres voyageurs. Apprenant les origines de Jorling, originaire du Connecticut, il change d’avis. L’Américain connaît parfaitement l’histoire d’Arthur Gordon Pym, telle que racontée par Edgar Allan Poe. Len Guy croit fermement à la véracité de ces événements fantastiques.
Durant le voyage vers l’archipel de Tristan da Cunha, le capitaine reste à l’écart, étudiant sans cesse les cartes marines. Le second, Jam West, dirige le navire d’une main de fer. En chemin, le quart aperçoit un morceau de glace dérivante. L’équipage repêche le bloc de glace fondu. À la surface gît le corps gelé de Patterson, second de la goélette Jane. Un journal intime trouvé dans la poche du défunt confirme la survie d’une partie de l’équipage britannique sur l’île polaire de Tsalal. Len Guy révèle la vérité aux marins : William Guy, capitaine du Jane disparu, est son frère.
Le navire fait escale aux îles Malouines pour des réparations programmées et un réapprovisionnement en provisions pour deux ans. Le gouverneur de l’île contribue au recrutement d’hommes robustes. L’équipage est porté à trente-deux hommes grâce à l’embauche de pêcheurs et de baleiniers locaux. Parmi les nouvelles recrues, le harponneur Hearn, à l’air sombre, et un homme fort et bourru nommé Hunt se distinguent. La goélette met hardiment le cap au sud, au plus près du vent, c’est-à-dire en naviguant à angle aigu par rapport à celui-ci.
Les conditions de glace sont favorables à la progression. L’Halbrane franchit avec succès les îles Orcades du Sud et Sandwich du Sud. Le passage du cercle polaire antarctique s’accompagne d’une violente tempête. Durant celle-ci, le matelot Martin Holt tombe à la mer. Sans hésiter, Hunt plonge dans l’eau glacée et le repêche. Après avoir traversé une zone de glace compacte, l’océan devient libre.
L’île de Tsalal et la mutinerie
L’expédition atteint l’île Bennett. Les marins y découvrent un fragment de planche de chêne portant l’inscription effacée « Jane ». Le détachement débarque ensuite sur l’île Tsalal. La région a été entièrement dévastée par un puissant tremblement de terre. Plus aucune trace de végétation, plus aucun signe de vie sauvage, plus aucun indigène : tout a disparu à jamais. Les ossements blanchis par le soleil des autochtones gisent là où se dressait jadis le village de Klok-Klok. L’espoir de retrouver William Guy s’évanouit. Le capitaine Len Guy, profondément attristé, ordonne le retour.
Soudain, Hunt prend la parole. Le marin, au caractère bien trempé, les supplie de ne pas abandonner Arthur Pym. Hunt révèle son véritable nom : Dirk Peters, un Indien métis, seul survivant de Pym. Peters est absolument certain que son camarade sera secouru plus au sud. Une mutinerie ouverte se prépare parmi les nouveaux marins, menée par Hearn. Jorling offre une récompense de deux mille dollars par degré au sud du 84e parallèle. L’intérêt personnel l’emporte sur la peur de l’hiver polaire. Les marins acceptent de poursuivre leur voyage.
catastrophe glaciaire
Les jours passent. L’Antarctique reste introuvable. Le mécontentement de l’équipage grandit rapidement. Dirk Peters confie secrètement à Joerling un meurtre ancien. Lors d’une terrible famine à bord du brick chaviré Dolphin, un métis a ôté la vie au marin Ned Holt, frère du maître d’équipage. La victime avait été désignée par le sort pour nourrir les autres. Hearn surprend par hasard cette conversation franche par un hublot entrouvert.
Un épais brouillard masque la route de la goélette. Soudain, un immense iceberg émerge de la brume grise. Une violente collision se produit. L’iceberg chavire et emprisonne l’Halbrane dans la banquise. Le navire se retrouve à une trentaine de mètres au-dessus du niveau de la mer. Cinq marins périssent dans le naufrage. L’équipage survivant transfère en toute hâte des provisions et un canot de sauvetage dans de profondes crevasses de glace.
L’équipage taille méthodiquement une pente douce pour immerger délicatement le navire. Les marins utilisent des palans, un système de poulies permettant de descendre des objets lourds. Durant ces préparatifs, un morceau de la banquise qui le soutenait se détache soudainement. L’Halbrane plonge et disparaît à jamais dans les profondeurs de l’océan. Trois autres hommes périssent avec le navire.
Les marins, accablés de chagrin, se précipitent vers le seul canot de sauvetage restant. Des officiers, armés, maîtrisent la foule enragée. Jam West et le maître d’équipage Harligerly abattent deux mutins d’un tir précis. La collision avec un morceau de glace libère l’iceberg. Ce dernier se met en mouvement et est emporté vers le nord par le courant.
Terre d’Halbrane
La montagne de glace s’échoue sur une côte rocheuse inconnue. Les voyageurs transfèrent leurs biens récupérés dans une grotte côtière sèche. Le capitaine fixe une date pour le départ du bateau. Cette nuit-là, Hearn et ses hommes de main attaquent Dirk Peters. Le harponneur crie à Martin Holt la vérité brutale sur le meurtre de son frère. Le contremaître, sous le choc, rejoint faiblement les fugitifs. Treize hommes s’emparent du bateau. Neuf fidèles restent pour affronter l’hiver forcé.
Quelques semaines plus tard, une pirogue indigène apparaît près du cap. Dirk Peters plonge courageusement et intercepte l’embarcation à la dérive. À l’intérieur gisent des personnes épuisées. Len Guy reconnaît le frère de William et trois marins rescapés du « Jane », disparu.
Remis d’un épuisement extrême, William Guy raconte son histoire. Les indigènes abandonnèrent précipitamment Tsalal à cause d’une épidémie de rage canine propagée par l’animal de compagnie d’Arthur Pym. Les Anglais vécurent paisiblement, isolés, pendant de nombreuses années. Un tremblement de terre à l’automne détruisit entièrement l’île. Les marins trouvèrent un bateau à temps et se laissèrent porter par les courants marins. La famine emporta une partie de la population avant que la pirogue ne s’échoue sur le rivage.
Sphinx de glace
Treize survivants chargent des provisions dans une pirogue et mettent le cap au nord. L’embarcation ne contient pas un gramme de fer. Les éléments de sa structure rudimentaire sont solidement fixés par des cordages souples, faits de lianes. Un vent et un courant favorables permettent une progression rapide en pleine mer.
Les marins aperçoivent un étrange rocher d’une centaine de mètres de haut. La silhouette de cette montagne noire évoque le Sphinx mythique. La vitesse de la pirogue augmente soudainement de façon exponentielle. Le gaffe en acier se détache de ses amarres et file vers la rive. Le rocher se révèle être un aimant naturel colossal. Des courants électriques émanant de ses pôles lui confèrent une force gravitationnelle incroyable.
L’épave du bateau volé de Hearn gît, désolée, sur le rivage. La montagne magnétique avait arraché tous les clous et agrafes de fer qui fixaient les membrures transversales de la coque. Le harponneur et ses compagnons se sont noyés dans l’eau glacée. Les survivants n’ont retrouvé que trois corps sans vie échoués sur le sable.
Soudain, Dirk Peters pousse un cri déchirant. Un squelette humain est suspendu à la pente abrupte d’une montagne magnétique. Le canon en fer d’un fusil est solidement fixé à la roche. Le métis reconnaît les restes d’Arthur Gordon Pym parmi les fragments restants. L’Américain est mort il y a de nombreuses années, immobilisé par un aimant. Le cœur de Dirk Peters ne peut supporter l’immense douleur. Son camarade dévoué meurt sur le coup aux pieds de son commandant.
Les douze marins survivants poursuivent courageusement leur voyage vers le nord. Un courant froid emporte la pirogue indigène jusqu’à l’océan Pacifique. Le 6 avril, le Tasman, un trois-mâts américain, apparaît au loin. L’équipage recueille les rescapés à bord et les conduit sains et saufs jusqu’au port civilisé de Melbourne.
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