Résumé de « Napoléon :
Mémoires d’un Corse » d’Edward Radzinsky
Automatique traduire
Ce livre, publié en 2013, est un journal intime stylisé d’Emmanuel de Las Cases, secrétaire de Napoléon Bonaparte. Selon le récit, exilé sur l’île de Sainte-Hélène, le souverain déchu aurait secrètement ordonné à un fidèle serviteur de s’empoisonner à l’arsenic. Le grand Corse aurait délibérément mis en scène ce lent suicide pour en accuser les Anglais et asseoir ainsi son statut de martyr.
Le début du manuscrit et les jours qui suivirent Waterloo
Le récit s’ouvre sur les notes du vieux marquis de Las Cases. En 1840, il se souvient du retour des cendres de Napoléon à Paris. Le vieil homme sort ses notes, dissimulées dans le double fond d’une valise en provenance de Sainte-Hélène. Le texte transporte le lecteur dans la chaleur étouffante qui suit la défaite de Waterloo. Napoléon revient à Paris complètement détaché. Malgré les supplications de son frère Lucien et de ses généraux fidèles, il refuse de disperser la Chambre des députés et d’armer la foule.
L’empereur, craignant la guerre civile, abdique en faveur de son fils. Sous la pression du gouvernement provisoire de Joseph Fouché, Bonaparte se réfugie à Rochefort. Au lieu de tenter de fuir en Amérique, il se rend volontairement au capitaine du cuirassé britannique Bellerophon. L’ancien souverain espère naïvement une vie paisible en Grande-Bretagne. Les Britanniques, comme on pouvait s’y attendre, le font prisonnier et l’exilent à Sainte-Hélène.
Dictée de souvenirs sur le chemin de l’exil
À bord d’un navire britannique, Napoléon dicte à Las Cases le récit de ses exploits. Il évoque son enfance en Corse, sa mère sévère, Letizia, et ses études à l’École militaire de Paris. Le jeune Bonaparte rêvait des exploits de Jules César et d’Alexandre le Grand, se préparant ainsi à de grands faits d’armes. Le futur empereur fit ses premières preuves en matière de talent militaire lors du siège de Toulon. Là, il manœuvra lui-même les canons sous le feu ennemi et força les envahisseurs à fuir. Puis, le jeune commandant réprima calmement une rébellion royaliste à Paris, arrosant la foule de mitraille à l’église Saint-Roch.
Napoléon décrit ouvertement sa liaison passionnée avec la créole Joséphine de Beauharnais. Malgré ses infidélités et sa frivolité constantes, il l’aimait profondément. Commandant de l’armée d’Italie, Bonaparte transforma des troupes affamées et dépenaillées en une machine de guerre invincible. Ses victoires éclatantes aux batailles de Lodi et d’Arcola lui valurent une renommée colossale. Durant la campagne d’Égypte, il s’empara du Caire, mais se retrouva coupé de la France suite à la destruction de sa flotte à Aboukir. Abandonnant l’armée, le commandant retourna secrètement à Paris pour s’emparer du pouvoir.
L’essor de l’empire et les grandes victoires
Le coup d’État du 18 Brumaire faillit coûter la vie au général. Des députés furieux faillirent mettre en pièces l’usurpateur, mais des grenadiers fidèles, menés par Joachim Murat, dispersèrent le Conseil des Cinq-Cents. En tant que Premier Consul, Bonaparte imposa un ordre d’une rigueur sans précédent, éradiqua le banditisme et contraignit les détourneurs de fonds à restituer leur butin. Il créa le célèbre Code civil, garantissant les droits de propriété, et rétablit le catholicisme en France en signant un concordat avec le pape. Peu après, Napoléon se proclama empereur.
La cérémonie à la cathédrale Notre-Dame fut un acte de défiance manifeste. Bonaparte arracha la couronne des mains du pape et la posa sur sa propre tête, après quoi il couronna Joséphine. Une ère de guerres d’envergure contre les coalitions européennes commença. La défaite des Autrichiens et des Russes à Austerlitz fut un triomphe de la stratégie militaire. L’armée prussienne fut anéantie à Iéna. Les forces russes furent défaites à Friedland. À Tilsit, Napoléon et Alexandre Ier scellèrent une alliance sur un radeau au milieu du Niémen. L’empire atteignit des dimensions sans précédent.
Erreurs fatales et campagne en Russie
Bonaparte instaura le blocus continental, cherchant à asphyxier économiquement les Britanniques. Afin d’assurer une succession légitime, le monarque, le cœur brisé, divorça de Joséphine. Il épousa la princesse autrichienne Marie-Louise, qui lui donna un fils. L’empereur confia à Las Cases qu’à cette époque, il avait commencé à commettre de graves erreurs politiques. La guerre d’Espagne dégénéra en une sanglante guérilla. Une querelle avec le pape et son arrestation l’aliénèrent du monde catholique tout entier. Les intrigues secrètes de Joseph Fouché et de Charles-Maurice de Talleyrand minèrent systématiquement l’État de l’intérieur.
En 1812, la Grande Armée franchit le Niémen. Napoléon rêvait de prendre Moscou et, de là, de marcher sur l’Inde. Les Russes, par des retraites incessantes et la politique de la terre brûlée, épuisèrent l’ennemi. Après l’horrible massacre de Borodino, les Français occupèrent la capitale désertée. Bientôt, la ville fut en proie aux flammes, anéantissant tout espoir d’un hiver clément. Après avoir attendu en vain des offres de paix d’Alexandre Ier, Bonaparte donna l’ordre de la retraite. Le froid hivernal, les pénuries alimentaires et les raids cosaques transformèrent le retour en désastre. La traversée terrifiante de la Bérézina coûta la vie à des dizaines de milliers de soldats. L’Empereur abandonna les restes transis de froid de ses troupes et se précipita à Paris pour lever une nouvelle armée.
La chute de l’empire
Lors de la campagne de 1813, Napoléon remporta plusieurs victoires retentissantes à Dresde et Bautzen, mais les Alliés avaient rassemblé des réserves colossales. À la bataille des Nations, près de Leipzig, les Français subirent une défaite cuisante, due à la trahison des unités saxonnes et à la destruction prématurée d’un pont. La guerre s’étendit à la France. Malgré les manœuvres ingénieuses de Bonaparte et quelques victoires, les maréchaux perdirent tout espoir. Talleyrand persuada les Alliés de marcher directement sur Paris. Après la chute de la capitale, les généraux menés par Michel Ney forcèrent ouvertement Napoléon à abdiquer à Fontainebleau.
Le premier exil sur l’île d’Elbe fut de courte durée. L’Empereur débarqua secrètement en France avec une petite armée. Il reprit le pouvoir sans tirer un seul coup de feu, contraignant les régiments envoyés contre lui à déposer les armes et à faire défection. Mais après la bataille de Waterloo, où Blücher parvint à secourir Wellington, la Grande Armée fut anéantie.
La dernière bataille de Sainte-Hélène
À Longwood, sur un rocher balayé par les vents et ravagé par la pourriture, Napoléon mène une guerre psychologique sournoise contre le gouverneur Hudson Lowe. L’ancien empereur provoque délibérément un scandale et refuse de quitter la demeure, semant la panique chez le geôlier. Par ses contacts secrets, le prisonnier répand à travers l’Europe des plaintes concernant les traitements inhumains infligés aux Britanniques. Las Cases dévoile le secret le plus important du Corse. Le régisseur, Charles Montholon, et le valet, Louis Marchand, soupçonnent depuis longtemps le domestique, Francesco Cipriani, d’avoir empoisonné l’empereur. Plus tard, l’étonnante vérité éclate.
Cipriani empoisonna son vin à l’arsenic sur ordre direct de Bonaparte. Le commandant se suicida délibérément par empoisonnement lent afin que le gouvernement britannique soit à jamais perçu comme un bourreau infâme. En provoquant un scandale avec Hudson Lowe, le souverain obtint l’exil de Las Cases. Le secrétaire emporta en Europe le manuscrit achevé de ses mémoires. Par cette ultime manœuvre, l’empereur mourant s’assura l’aura d’un martyr et une gloire historique immortelle.
Épilogue
Le roman s’achève sur une scène se déroulant à Genève en 1832. François René de Chateaubriand discute des mémoires de Las Cases avec Madame Récamier. L’écrivain avance la théorie audacieuse qu’un sosie serait mort sur l’île de Sainte-Hélène. Le véritable Napoléon se serait caché dans un monastère breton isolé pour expier ses fautes. Le vieux baron, présent lors de la conversation, rejette catégoriquement cette idée. Le vétéran soutient que seul Bonaparte lui-même aurait pu dicter de tels mémoires. Les pages du livre révèlent le pragmatisme glacial d’un commandant qui a envoyé la moitié de l’Europe à la mort. Comme le déclare le baron : « Et c’est là son principal trait de caractère : jamais, jamais de repentir ! »
Vous ne pouvez pas commenter Pourquoi?