« Interdit d’aimer » d’Anna Jane, résumé
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Le roman d’Anna Jane a été publié en 2024 ; la quatrième de couverture le classe dans la catégorie « jeunes adultes » et indique que l’histoire se poursuit dans le livre « Permission to Love ». L’aspect le plus marquant de l’intrigue est la naissance de l’amour entre Yaroslava et Ignat après la décision de leurs parents de fonder une famille, un sentiment immédiatement mêlé à la haine, la honte, la jalousie et de vieilles blessures familiales.
Le récit s’ouvre sur un prologue, sur le toit d’un immeuble : une jeune fille apeurée, vêtue d’une robe azur, tente de s’échapper, suivie d’un homme aux cheveux noirs, la chemise blanche tachée de sang. Cette scène instaure une atmosphère angoissante, presque catastrophique, qui imprègne toute l’intrigue. Le livre revient ensuite en arrière et détaille comment les personnages en sont arrivés là.
L’histoire se concentre ensuite sur Yaroslava. Enfant, elle vivait avec sa mère et son père biologique qui, sous l’emprise de l’alcool, était devenu un tyran cruel et autoritaire. Le souvenir de cette terreur la hantait toute sa vie. Sa mère l’emmène dans une autre ville, où elles vivent longtemps dans la pauvreté, dans un logement exigu et désorganisé. Yara grandit discrète et impressionnable, et apprend très tôt la prudence.
Au fil du temps, leur vie évolue : Yaroslava entre à l’université, et sa mère sort peu à peu de la pauvreté pour s’adapter à un milieu plus aisé. Pour Yara, les apparences sont moins importantes ; elle apprécie les livres, la tranquillité et un sentiment de sécurité rare, presque inédit. Dans ce contexte, sa rencontre avec Ignat Yeletsky – d’abord presque fortuite, puis de plus en plus intime – prend une dimension particulière.
D’abord, Yaroslava est confrontée à l’attitude grossière des enfants de riches de l’université, et lors d’un moment tendu, un homme apparaît et exerce sur elle une fascination presque hypnotique. S’ensuit une rencontre à la bibliothèque, où une attirance physique immédiate se développe entre Yara et Ignat, les effrayant tous deux par son intensité. Yaroslava éprouve alors des sentiments inédits : un mélange de confiance, de désir et de trouble intérieur, tandis qu’Ignat, habitué à la facilité, perd soudainement toute assurance.
Dans les chapitres où le récit se concentre temporairement sur Ignat, on découvre que sa grossièreté et son attitude autoritaire dissimulent une grave crise familiale. Sa mère, après l’infidélité de son mari, est au bord du désespoir, et Ignat la trouve inconsciente près de flacons de pilules vides et d’un album de famille. Son père, Konstantin, exerce une pression excessive sur son fils, cherchant à tout contrôler, et Ignat, de ce fait, accumule colère, humiliation et le sentiment que son foyer est déjà détruit.
Alors que Yaroslava croit encore vivre son premier grand amour, sa mère lui annonce son mariage prochain avec un homme riche nommé Kostya. Lors d’un dîner au restaurant, Yara découvre une vérité terrifiante : Kostya est le père d’Ignat, et Ignat deviendra son demi-frère. Pour Yaroslava, c’est un double coup dur : un déchirement pour son cœur et une atteinte à sa dignité, car elle comprend que l’homme qui l’attire est lié à ce même monde que sa mère lui présente.
À partir de ce moment, l’intrigue se cristallise autour d’un affrontement brutal entre amour et haine. Ignat est persuadé que la mère de Yaroslava a détruit sa famille et, dans sa rage, il reporte une partie de cette haine sur Yara elle-même, bien que son attirance pour elle demeure indéniable. Lors d’un dîner de famille, il humilie son père, la nouvelle épouse de celui-ci et Yaroslava. Cette dernière comprend presque aussitôt que l’intérêt qu’Ignat lui portait se muera en une intimité douloureuse dont elle ne pourra ni se soustraire ni se libérer.
Après le mariage de leurs parents, Yaroslava et Ignat sont contraints de cohabiter. La maison, qui pour la mère de Yara devait être un symbole de prospérité, devient un lieu de tensions constantes pour le jeune couple : ils se croisent chaque jour, s’échangent des piques, sont rongés par la jalousie, et pourtant, leur attirance mutuelle ne cesse de croître. Ignat se montre dur, parfois presque cruel, comme s’il voulait punir Yara pour la faute d’autrui, tandis que Yaroslava dissimule obstinément son amour, car avouer ses sentiments reviendrait à se livrer volontairement à l’homme qui l’a déjà blessée.
Peu à peu, leur relation se transforme, passant d’un conflit extérieur à un conflit intérieur. Yaroslava perçoit Ignat non seulement comme un héritier gâté, mais aussi comme un homme qui a vécu l’éclatement de sa famille et l’humiliation de sa mère. Ignat, quant à lui, remarque que derrière la réserve apparente de Yara se cachent des traumatismes d’enfance, une peur de l’agression masculine et une habitude de survivre. Cette vulnérabilité partagée modifie leur relation : l’hostilité ne disparaît pas, mais elle laisse place à une inquiétude grandissante, un désir de protéger et une dépendance mutuelle presque douloureuse.
En parallèle de l’intrigue principale, se tisse un cadre universitaire et convivial où les sentiments des personnages sont constamment mis à l’épreuve. Yaroslava a Stesha, son amie proche, et Ignat fréquente un cercle d’amis habitués à des divertissements bruyants. Dans ce contexte, la moindre rumeur, le moindre geste, la moindre moquerie devient rapidement un prétexte à une nouvelle dispute. Le livre regorge d’épisodes où la jalousie, le ressentiment et le désir de nuire l’emportent sur la raison, et où même les moments d’intimité sincère se soldent presque toujours par une nouvelle rupture.
Plus l’intrigue progresse, plus les personnages sont accablés par les intrigues d’autrui et les vieux secrets de famille. Yaroslava est confrontée au harcèlement, aux complots, à une concurrence féroce et aux jeux pervers des adultes, tandis qu’Ignat, malgré son pouvoir et sa richesse, se sent de plus en plus impuissant face à la rancœur, aux mensonges et à la violence qui l’entourent. Dans les derniers chapitres, Stas apparaît – un personnage ouvertement dangereux, lié à un monde interlope sordide – et son histoire ramène le roman au thème du monstre, que Yara associe dès les premières pages à la cruauté masculine.
À ce stade, Yaroslava tente déjà de se protéger et d’empêcher l’amour de détruire complètement ses limites personnelles. Ce n’est pas un hasard si l’un des derniers chapitres s’intitule «Je me choisis» : pour l’héroïne, c’est une tentative de briser le cycle où ses sentiments pour Ignat coexistent constamment avec la douleur, l’humiliation et la peur. Mais c’est alors que de nouvelles confessions, d’anciens crimes et une vérité sur le passé sont révélés, qui finissent par faire voler en éclats l’ancien ordre familial.
Le dénouement ramène l’histoire à la catastrophe annoncée par le prologue. Dans les derniers chapitres, Yaroslava retrouve la trace de Stas, obtient l’adresse de son «bureau», et la menace qui pèse sur elle n’est plus banale, mais directe et mortelle. Pendant ce temps, Ignat, rongé par l’angoisse, tente en vain de joindre Yaroslava, son père et sa belle-mère, lorsqu’il reçoit un bref et étrange appel de son père lui demandant de rentrer immédiatement.
Le livre bascule alors brutalement du drame amoureux à la tragédie. Ignat arrive trop tard, s’effondre, exige de voir Yaroslava, pleure et, pour la première fois dans le roman, perd toute carapace, toute fierté, tout masque familier d’homme fort et dangereux. De sa question à son père – «Ont-ils eu mal?» – il est clair qu’il y a eu deux victimes, et la scène finale n’est plus fondée sur l’espoir, mais sur le désespoir, tandis que père et fils s’étreignent et partagent littéralement le vide à égalité.
L’histoire de Yaroslava et Ignat dans ce livre ne mène ni à la réconciliation ni à un dénouement heureux. Elle pousse l’amour interdit jusqu’à un point où passion, fautes parentales, violence domestique, humiliation et soif de vengeance s’entremêlent en un enchaînement d’événements inextricable, et ce qui avait commencé comme une obsession dévorante se termine par une perte irréparable.
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