« Olga, reine des Rus » de Boris Vasiliev, résumé
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Le roman historique de Boris Vasiliev retrace la vie de la princesse Olga, de sa jeunesse à ses dernières années, alors que le destin de sa famille est indissociable de celui de toute la Rus’. Ce livre fait suite au roman « Oleg le Prophétique » et s’intéresse à la lutte pour le pouvoir, à la structure de l’État, aux guerres, à la vengeance et à la lente transition d’un monde païen à un monde chrétien.
La jeunesse d’Olga et le pouvoir d’Igor
Olga grandit à Pleskov sous la tutelle des hommes d’Oleg et, dès son plus jeune âge, s’habitue à la contrainte, au danger et à la conscience de son devoir princier. Oleg la marie à Igor, le fils de Rurik, car ce mariage vise à renforcer le pouvoir de Kyiv et à lier l’union familiale à des considérations politiques.
Après la mort d’Oleg, le pouvoir revint à Igor, mais il n’hérita ni de sa fermeté ni de sa clairvoyance. Igor mena des guerres, marcha sur Byzance et tenta de conserver ses terres, mais ses décisions se révélèrent souvent maladroites et la situation de Kiev demeura précaire. Dans ce contexte, Olga s’impliqua de plus en plus dans les affaires de la principauté, faisant preuve d’intelligence, de courage et d’une capacité à dépasser les coutumes guerrières.
La mort d’Igor
Le tournant survient durant la Polyudye, lorsqu’Igor, ayant déjà perçu un tribut des Drevlyans, décide de revenir piller davantage avec une petite troupe. Cette décision, née de l’avidité et de la prétention, conduit rapidement au désastre. Le prince drevlyan Mal et ses hommes se révoltent, attaquent le détachement d’Igor à Iskorosten, anéantissent la troupe et exécutent le prince lui-même de façon cruelle.
Olga, devenue veuve prématurément suite au décès de Sviatoslav, comprit immédiatement qu’il ne s’agissait pas seulement d’une tragédie personnelle, mais d’un défi direct à l’autorité de Kiev. Les Drevliens envoyèrent des ambassadeurs à Kiev et lui offrirent la main de Mal, espérant ainsi soumettre la Rus’. Dès lors, Olga ne se comporta plus comme une épouse éplorée, mais comme une souveraine qui se devait de réagir de manière à inspirer à nouveau la crainte de Kiev à tous ses sujets.
La vengeance d’Olga et la structure de Rus’
La riposte d’Olga est froide et implacable. Elle ordonne que les premiers ambassadeurs soient transportés avec les honneurs dans une barque, puis les jette dans une fosse et les y enterre vivants. Elle ordonne ensuite que la seconde délégation, plus distinguée, soit enfermée dans un bain public et brûlée vive.
Olga se rend ensuite chez les Drevliens, soi-disant pour un festin funéraire en l’honneur d’Igor. Durant les festivités, profitant d’un moment d’inattention des hôtes, sa suite massacre de nombreux Drevliens. Mais cela ne lui suffit pas : elle ne cherche plus une vengeance soudaine, mais l’anéantissement total de cette contrée rebelle.
Le siège d’Iskorosten s’éternise, et Olga recourt alors à la ruse. Elle exige un tribut en apparence dérisoire : quelques pigeons et moineaux par foyer. Lorsqu’on attache de l’amadou fumant aux pattes des oiseaux, ils regagnent leurs nids, et la ville s’embrase de toutes parts. Avec la chute d’Iskorosten, le royaume de Drevlyan est anéanti, et la vengeance de la princesse est accomplie.
Après avoir vaincu les Drevliens, Olga tire une conclusion politique de la mort d’Igor. Elle modifie en profondeur le système de perception du tribut, instaure les « urok » (leçons), ou montants fixes, et établit des « pogosts » (comtés) où le tribut est collecté selon des procédures établies. Les tournées personnelles de pillage des terres sont remplacées par une structure administrative plus stable, et l’autorité princière se fait plus stricte et plus disciplinée.
Olga parcourt personnellement ses domaines, veille à l’exécution des ordres, consolide son pouvoir et renforce les liens entre les régions périphériques et Kyiv. Le roman la dépeint comme une souveraine alliant rigueur et prudence, consciente qu’un État ne repose pas uniquement sur la force militaire, mais sur un ordre constant.
Constantinople et le baptême
L’étape suivante fut le voyage d’Olga à Constantinople. Elle était préoccupée par le commerce, la diplomatie et la place de la Rus’ parmi les grandes puissances. À Constantinople, elle fut baptisée et reçut le nom d’Hélène.
Cette décision est présentée comme mûre, harmonisant l’expérience personnelle d’Olga, sa conception du pouvoir et sa vision de l’avenir du pays. Le baptême la rapproche du monde chrétien, mais elle se heurte à la résistance de Sviatoslav, qui refuse d’abjurer le paganisme et craint de perdre le respect de sa suite. Un profond désaccord s’installe entre la mère et le fils quant à leur conception même de ce que devrait être la Rus’ et des fondements du pouvoir princier.
Svyatoslav et le dénouement
Parvenu à l’âge adulte, Sviatoslav monta sur le trône, mais demeura avant tout un guerrier. Les campagnes, les combats ouverts et la gloire militaire l’attiraient, tandis que la gouvernance paisible de Kiev lui semblait un fardeau. Pendant qu’il était à la guerre, Olga maintint l’ordre intérieur et empêcha l’État de s’affaiblir complètement.
Sviatoslav écrase le Khaganat khazar, fait la guerre au Danube, s’oppose à la Bulgarie et à Byzance, et rêve de transférer le centre de son empire à Pereïaslavets. Pour lui, ce lieu est synonyme de richesse et de pouvoir, mais Olga perçoit ses projets comme une menace pour Kiev. Son expérience lui a appris qu’un prince qui s’éloigne trop de ses terres les laisse sans défense.
Ces craintes se confirment lorsque les Petchénègues assiègent Kyiv. Olga reste en ville avec ses petits-enfants et endure une épreuve difficile jusqu’au retour de Sviatoslav. Cet épisode illustre particulièrement bien la différence entre eux : le fils cherche la victoire de l’extérieur, tandis que la mère sauve l’État de l’intérieur.
Après le siège, Olga s’affaiblit et meurt peu après. Sa mort est perçue comme la fin d’une époque, car avec elle disparaît une femme qui incarnait la mémoire de la Rus’ ancienne, le sens politique et la force intérieure.
Sviatoslav, privé du soutien de sa mère, s’engagea dans la guerre avec une détermination encore plus grande. Il partagea les terres entre ses fils – Yaropolk, Oleg et Vladimir – et se tourna de nouveau vers les affaires danubiennes. La guerre contre Byzance ne se termina pas comme il l’avait espéré, et il fut contraint de faire la paix avec l’empereur Jean Tzimiskès.
Sur le chemin du retour, Sviatoslav est pris en embuscade par les Petchénègues aux rapides du Dniepr et y trouve la mort. Le khan Kourya ordonne que son crâne soit transformé en coupe de vin, et ce dernier détail souligne la cruauté de l’époque où vivent les héros du roman. Les dernières lignes relient l’histoire aux générations futures à travers le destin des membres de l’entourage du prince et les souvenirs conservés dans la chronique.
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