Résumé du roman « Le Gambit turc » de Boris Akounine
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Ce roman policier historique, paru en 1998, transporte le lecteur dans les Balkans durant la guerre russo-turque de 1877-1878. Le récit mêle habilement campagnes militaires réelles, portraits de commandants célèbres et intrigue d’espionnage fictive. L’œuvre a été adaptée au cinéma en 2005. Le film, du même nom, a connu un grand succès commercial en Russie et a captivé le public grâce à ses scènes de bataille spectaculaires.
Ce roman appartient au cycle des « Aventures d’Erast Fandorin », dont il constitue le deuxième tome. Il fait suite à « Azazel » et se poursuit avec « Léviathan », « La Mort d’Achille » et d’autres œuvres de cet auteur.
La route vers le front et une connaissance dangereuse
Varvara Suvorova, une jeune femme de vingt-deux ans originaire de Saint-Pétersbourg et aux idées progressistes, se rend secrètement sur le théâtre des opérations des Balkans pour rejoindre son fiancé, Piotr Iablokov. En chemin, elle fait halte dans une taverne bulgare. Son guide local, Mitko, disparaît sans laisser de traces, emportant ses bagages et son argent. Terrifiée, la jeune femme, déguisée en paysanne, rencontre Erast Fandorin. Ce conseiller municipal de vingt et un ans, aux tempes grisonnantes et au léger bégaiement, revient de captivité turque. Le jeune homme gagne un âne aux dés, en pariant sur Varvara, et ils quittent le village ensemble.
En chemin, les voyageurs sont rattrapés par un détachement de bachi-bouzouks. Les bandits portent la tête tranchée d’un soldat russe et celle de l’officier capturé, Yeremey Perepelkin. Fandorin assomme l’un des assaillants avec une lourde gourde, mais leur fuite est compromise lorsque le cheval tombe et écrase la jambe du cavalier. Les fugitifs sont sauvés par l’apparition soudaine des cosaques du général Mikhaïl Sobolev et des correspondants étrangers Seamus McLaughlin et Charles d’Evreux.
Erreur fatale et réseau d’espionnage
À son arrivée à Tsarevitsy, Varvara est interrogé par le lieutenant-colonel de gendarmerie Ivan Kazanzaki. Lavrenti Mizinov, chef de la troisième section, entre dans la pièce. Fandorin informe le général des manœuvres du moushir turc Osman Pacha, qui se dirige vers la ville de Plevna. Mizinov ordonne à Kazanzaki de télégraphier au général Kridener pour lui ordonner d’occuper immédiatement la ville. Le chef des gendarmes met en garde le conseiller titulaire contre un adversaire très dangereux : Anvar Efendi, ancien secrétaire du sultan turc déchu. Fandorin prend Varvara sous sa responsabilité personnelle en tant que secrétaire.
Varvara retrouve Piotr Iablokov. Le cryptographe est fou de joie de revoir sa fiancée. Soudain, une terrible erreur est découverte : le général Kridener a occupé Nikopol, et non Plevna. Osman Pacha est entré sans encombre dans Plevna désertée, représentant une grave menace pour les troupes russes. Kazanzaki arrête Iablokov, car le message codé qu’il a envoyé mentionnait explicitement Nikopol. Piotr est traduit en cour martiale. Varvara supplie Fandorine de trouver le véritable coupable de la falsification.
L’armée russe entame un long siège. Le premier assaut sur Plevna se solde par un échec cuisant. Le correspondant français Charles d’Évreux infiltre les rangs turcs et interviewe le colonel Ali Bey. Croyant à de fausses informations sur la faiblesse de la garnison turque, le commandement russe subit de nouvelles pertes considérables lors de l’attaque. Le colonel roumain Lucan prédit avec justesse la défaite. Fandorin étudie les comptes de Lucan et conclut que son allié l’a trahi. Le colonel vendait des dispositions à un espion nommé J. Varvara. Charles d’Évreux se rend à Bucarest pour récupérer Lucan. Dans un restaurant, le Roumain, ivre, se comporte de manière grossière, et d’Évreux le provoque en duel. Au cours du duel au sabre, le correspondant tue le colonel. Le Français est expulsé de Roumanie.
La troisième attaque et une série de morts
Le jour du troisième assaut arrive. Les troupes subissent à nouveau des pertes énormes. Le général Sobolev perce les défenses sur le flanc sud et demande des renforts. Son aide de camp, Ippolit Zurov, court au quartier général mais disparaît sans laisser de traces. Le détachement de Sobolev se replie sur ses positions initiales.
Le matin, Zurov est retrouvé mort, le poignard de Kazanzaki planté dans le dos. Le lieutenant-colonel est découvert non loin de là, abattu. On trouve dans sa poche une lettre falsifiée laissant entendre chantage et trahison. Mizinov accuse Kazanzaki d’être un espion turc. Piotr Iablokov, se sentant responsable de la mort de milliers de soldats à cause d’une dépêche erronée, tente de se pendre dans le corps de garde. Les médecins le sauvent miraculeusement. Varvara contracte le typhus et passe plusieurs mois à l’hôpital.
De retour au camp d’hiver, Varvara rencontre McLaughlin. L’Irlandais lui confie qu’Osman Pacha se rendra au général Ganetsky à 22 heures précises. Varvara transmet cette information à Fandorin. Le conseiller titulaire découvre la supercherie : les Turcs préparent une percée. Fandorin avertit Sobolev, qui repousse l’attaque de justesse.
Osman Pacha capitule avec toute son armée. L’empereur Alexandre convoque Fandorin et Varvara en audience. Mizinov tient McLaughlin pour responsable de tous les troubles, le croyant agent britannique. Fandorin part pour Londres à la recherche du journaliste.
Échangeur de San Stefano
La guerre touche à sa fin. L’armée russe progresse rapidement. Sobolev arrive à San Stefano, une banlieue de Constantinople. Le général installe son quartier général provisoire dans un immeuble de banque. Varvara et Charles d’Évreux, de retour de voyage, l’accompagnent. Le Français persuade Sobolev d’entrer dans la capitale sans ordre du commandant en chef. Soudain, Mizinov et Fandorine font irruption dans le bureau. Le conseiller titulaire s’adresse à d’Évreux en ces termes : « Salam aleikum, Anvar Effendi. »
Fandorin se lance dans une longue diatribe. Il se rendit en Europe et établit l’innocence totale de McLaughlin. Charles d’Évreux se révéla être l’espion turc Anvar Effendi, qui n’avait jamais travaillé pour la rédaction parisienne. Déguisé en journaliste, Anvar substitua un mot dans le message crypté de Yablokov et inventa un Ali Bey fictif pour tromper le quartier général russe. Il assassina Zurov pour empêcher le transfert de renforts à Sobolev, puis tira sur Kazanzaki pour créer une diversion. L’Irlandais McLaughlin fut lui aussi victime d’Anvar. Le Turc lui fournit de fausses informations sur la reddition afin de garantir la percée sans entrave d’Osman Pacha.
Comprenant qu’il est démasqué, Anvar Effendi abat les gendarmes, blesse son ordonnance, Mitya Gridnev, et prend Varvara en otage. L’espion s’enferme dans la chambre forte de la banque. Seul avec Varvara, il lui explique ses motivations. Anvar considère l’Empire russe comme la plus grande menace pour la civilisation mondiale en raison de son agressivité et de son retard de développement. Il a sacrifié des territoires turcs pour affaiblir la Russie, créant ainsi une manœuvre géopolitique inédite. L’espion attend l’arrivée des gardes turcs pour provoquer un massacre.
Une violente bataille éclate aux abords de l’entrepôt. Les soldats de Sobolev repoussent une attaque de fusiliers turcs. Le plan d’Anvar échoue lamentablement. L’agent turc libère Varvara et, refusant de se rendre, se suicide d’une balle dans la tête.
La fin de la campagne
Les diplomates signent le traité de San Stefano. Piotr Iablokov est gracié. Fandorine se sent vaincu, car Anvar a épuisé les forces russes. Erast Petrovitch est nommé secrétaire de l’ambassade au Japon. Varvara fait ses adieux au conseiller titulaire à la gare. Au dernier moment, elle monte dans le train qui démarre pour rejoindre Piotr, laissant Fandorine seul sur le quai.
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