Résumé de « Le Matin d’un jeune homme » d’Alexandre Ostrovski
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Cette saynète saisissante, écrite en 1850, offre une réflexion satirique sur la vie moscovite du milieu du XIXe siècle. La bourgeoisie marchande s’efforce maladroitement d’adopter les usages mondains. Le protagoniste, cherchant à paraître aristocratique, dépense sans compter pour entretenir une image artificielle. Le texte met en lumière le conflit éclatant entre les traditions et les vaines démonstrations de mode. L’auteur décrit avec minutie les métamorphoses sociales. L’intrigue se déroule autour d’une matinée dans la vie d’un jeune homme désœuvré.
Hiérarchie des laquais et nouveaux ordres
L’action se déroule dans la chambre richement meublée de Semyon Paramonych Nedopekin. Le mobilier trahit une prétention excessive au raffinement. On y voit un canapé turc, un bureau aux ornements précieux, une imposante coiffeuse, des estampes aux murs et des rideaux somptueux. Les habitants de la maison se lèvent tard. Ivan, le domestique, et Sidorych, le commis, bavardent nonchalamment. Sidorych est venu faire une course pour la tante de Nedopekin et invite son neveu à passer la soirée. Ivan répond avec arrogance que son maître ne viendra pas. Le domestique, visiblement méprisant, raille ouvertement les coutumes marchandes. Il se moque ouvertement du fait que les parents mangent dans le même plat et se couchent à huit heures du soir.
Ivan se vante de la nouvelle vie de son maître. Le valet prétend que Nedopekine se lève délibérément à une heure du matin uniquement pour se conformer aux bonnes manières. Le maître imite avec application les manières de son entourage. Il observe comment les autres marchent au théâtre ou lors de réceptions, puis passe de longs moments à répéter ses poses devant le miroir. Ivan se comporte comme le véritable intendant de ses biens. Le domestique se targue d’avoir travaillé pour le général Simevich et de connaître parfaitement tous les usages mondains. Il offre sans vergogne à Sidorych des cigares de grande valeur, à cinquante roubles les cent. Sidorych en demande modestement deux, mais le valet l’oblige à en prendre dix.
Le commis craint la colère des propriétaires pour une telle extravagance, mais Ivan affirme avec assurance qu’il y en a à profusion dans la maison. Sidorych s’éclipse précipitamment. Resté seul, Ivan réprimande le jeune Grishka pour son oisiveté constante. Grishka réplique sèchement et fait remarquer, à juste titre, qu’Ivan lui-même a passé toute la matinée à lire le journal « Pchela ». La dispute est interrompue par la sonnette.
La quête du profit et l’orgueil blessé
Sidor Dmitrich Lisavsky entre dans la pièce. Il se comporte sans aucune cérémonie, acceptant volontiers des cigares et cherchant le dernier numéro de la revue « Bibliothèque pour la lecture ». Ivan tolère à contrecœur l’invité, exigeant la restitution des livres empruntés. Le valet de pied demande à Lisavsky de cesser de voler les affaires du maître. Lisavsky le congédie d’un geste de la main et se plaint de l’insolence du domestique. Seul, Sidor Dmitrich trouve un article sur le théâtre dans la revue. Il lit une critique acerbe de son propre vaudeville. Le texte dit : « Une plaisanterie en un acte, et sans la porte donnant sur la rue, ce ne serait pas une plaisanterie, mais une affaire sérieuse. » Le critique rend un verdict sans appel : « Pas le moindre talent ! » Lisavsky entre dans une rage folle.
L’écrivain soupçonne une connaissance, à qui il devait depuis longtemps quinze roubles, d’être l’auteur de l’article. L’humeur de Lisavsky s’assombrit encore davantage lorsqu’il remarque la manche effilochée de sa redingote. L’écrivain décide d’emprunter de nouveaux vêtements à un ami fortuné. Il appelle Ivan et lui demande de nouer la redingote verte de Nedopekin en écharpe. Ivan refuse catégoriquement de le faire sans ordre direct de son maître. Le valet rappelle à l’invité ses fautes passées. Il s’avère que Lisavsky avait déjà emprunté une bekesha (manteau) et l’avait portée jusqu’à ce qu’elle soit usée jusqu’à la corde. Sidor Dmitrich tente de l’apitoyer, le qualifiant d’homme honnête. Le valet de pied rejette froidement ces vaines paroles.
fausse société
Deux jeunes hommes se présentent à la porte. Le second refuse catégoriquement d’entrer. Il a honte d’imposer sa compagnie à un marchand inconnu pour un repas gratuit. Il déclare avec arrogance : « Après tout, c’est nous qui lui faisons l’honneur de notre relation, pas l’inverse. » Le premier explique cyniquement l’avantage évident de fréquenter un homme riche. Nedopekin propose une cuisine délicieuse et peut toujours emprunter de l’argent. Le second se rend au restaurant de Chevalier. Le premier reste et engage une conversation flatteuse avec Lisavsky. Ils évoquent un passage caustique du poème de Lisavsky : « Bien qu’il vende mal dans les rangs, / Il parvient pourtant à se hisser au premier rang. »
Finalement, Semyon Paramonych sort de son bureau. Il s’excuse de son réveil tardif, déclarant fièrement qu’il se lève toujours à minuit et demi. Le marchand justifie maladroitement son retard en évoquant de longues lectures nocturnes. Lorsque l’invité l’interroge sur ses goûts littéraires, Nedopekin répond avec assurance qu’il apprécie les ouvrages savants et les romans français. Semyon Paramonych confie son désir d’engager le meilleur professeur de chant et d’écrire ses propres poèmes. Le jeune homme promet de présenter son hôte à un homme de lettres brillant lors d’un dîner chez Chevalier. Nedopekin accepte cette offre alléchante avec une joie non dissimulée. L’invité prend congé et s’éloigne rapidement.
Le petit-déjeuner du faux aristocrate
Nedopekine demande à Lisavski de lui apprendre le français au plus vite. Le jeune marchand considère la lecture de livres russes comme une grande honte. Lisavski se met à flatter ouvertement son hôte. Il qualifie Semyon Paramonych de véritable Apollon et d’homme idéal. Nedopekine tournoie joyeusement devant le miroir. Lisavski, avec aisance, oriente la conversation vers la garde-robe de son ami. Il critique durement sa redingote verte, la jugeant de très mauvais goût. Nedopekine, sans difficulté, cède à cette manipulation grossière et ordonne à Ivan de rendre immédiatement la redingote à son hôte.
Les amis se préparent pour le petit-déjeuner. Lisavsky exige des mets raffinés. Il souhaite des asperges et un bon Lafite. L’hôte sort une bouteille de vin millésimé, mais refuse soudain de servir son invité. Une dispute absurde éclate. Lisavsky, profondément offensé, déclare que Nedopekin n’a aucun goût et ne s’intéresse qu’à la marque. L’écrivain menace de partir. Nedopekin le réprimande sèchement, exigeant le remboursement de vieilles dettes. Lisavsky se calme aussitôt et récite ses nouveaux poèmes. Les vers romantiques évoquent des péris aériens et des fées. Nedopekin ignore même la signification de ces mots étrangers. Avant de partir, l’hôte donne de l’argent à Lisavsky pour des places au premier rang.
Faillite et honte familiale
Nedopekine s’en va, ordonnant aux domestiques de recoudre les boutons du costume de Grichka. Le maître avait habillé le petit garçon d’un ridicule costume de jockey, pour se conformer autant que possible à la mode anglaise. Peu après, l’oncle Semyon, le marchand Smurov et son neveu Vassia arrivent à l’appartement vide. Les proches discutent à voix basse de la situation catastrophique. La terrible vérité éclate : le jeune dandy a accumulé des dettes colossales s’élevant à cinq mille roubles d’argent. Il signe machinalement des reconnaissances de dette sous la procuration de sa mère.
La situation est devenue intenable. Vasya révèle qu’un des paiements a été transféré des Belorybitsyns à Semyon Arefyich. Ce créancier impitoyable menace désormais ouvertement d’endetter la mère de Nedopekin. Smurov observe la pièce, stupéfait par la bêtise crasse de son neveu. Vasya prend un livre sur la table et suppose qu’il est français. Smurov éclate de rire, car Semyon ne parle aucune langue. Ces objets et livres de valeur ne servent qu’à impressionner les invités naïfs.
Le marchand remarque Grishka dans sa tenue ridicule. Smurov éprouve une véritable pitié pour le garçon. Son oncle comprend que Semyon tourmente les domestiques par simple vanité. Grishka avoue ne rien faire d’utile, si ce n’est faire des courses et dépoussiérer. Smurov conseille vivement au garçon de postuler à un emploi dans une véritable boutique, afin de ne pas gâcher sa vie et de devenir indépendant.
Ivan tend à Smurov du papier et un stylo, lui proposant d’écrire un mot à son maître absent. Son oncle interrompt brutalement le valet arrogant. Il lui ordonne de transmettre verbalement un ultimatum sans appel à son neveu. Smurov obligera personnellement sa mère à révoquer la procuration qui lui est accordée pour la gestion de ses finances. Son oncle projette de publier un communiqué officiel dans les journaux annonçant le refus de la famille de payer les factures de Nedopekin. Smurov déclare qu’il ne dira plus un mot à son neveu. Les proches s’en vont résolument, laissant Ivan, abasourdi, dans l’appartement vide.
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