Résumé des « Enfants du capitaine Grant » de Jules Verne
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Le roman embarque le lecteur à bord d’un yacht écossais à la recherche d’un explorateur disparu. Publié en 1867, l’intrigue repose sur le déchiffrement d’un document endommagé par l’eau, qui révèle des coordonnées fragmentaires de l’épave : la latitude est connue, mais la longitude est perdue. Plusieurs adaptations cinématographiques ont été réalisées. Le film soviétique de 1936 a connu un immense succès grâce à la remarquable musique d’Isaak Dunayevsky. En 1985, une série télévisée réalisée par Stanislav Govorukhin a été diffusée.
Ce roman ouvre la célèbre trilogie de l’auteur, unifiée par des personnages communs. Il est suivi de « Vingt mille lieues sous les mers » et de « L’Île mystérieuse ». L’ensemble de la trilogie appartient à la collection « Voyages extraordinaires ».
Découvert dans la mer d’Irlande
Lors d’un voyage d’essai dans le Firth of Clyde, l’équipage du yacht à vapeur Duncan capture un requin-marteau. À l’intérieur du requin, les marins découvrent une bouteille contenant des papiers en mauvais état. L’armateur du navire, Édouard Glenarvan, accompagné du major McNabbs et du capitaine John Mangles, en extraient soigneusement les fragments de texte. Les messages sont écrits en trois langues : anglais, français et allemand. En comparant les mots restants, les chercheurs déterminent la date exacte du naufrage : le 7 juin 1862. Le navire naufragé est le Britannia, un trois-mâts britannique commandé par Harry Grant. Les marins se sont retrouvés à 37° 11′ de latitude sud, et leur longitude est impossible à déterminer.
Glenarvan se rend à Londres et demande à l’Amirauté britannique d’organiser une expédition de sauvetage. Les autorités refusent, invoquant la date de l’incident et l’imprécision des coordonnées du navire. Les enfants du capitaine disparu, Mary et le jeune Robert, arrivent au château écossais de Malcolm. Lady Helen, l’épouse d’Edward, est profondément touchée par le sort des orphelins. Elle demande à son mari de partir à leur recherche sur son propre navire. L’équipage se joint avec enthousiasme à cette noble initiative. Le yacht est parfaitement équipé pour le long voyage, sous le commandement du jeune John Mangles.
Avant le départ, un imprévu survient : un étrange passager monte à bord. Il s’agit de Jacques Paganel, un scientifique français un peu distrait, secrétaire de la Société géographique de Paris. Il a confondu les navires, comptant embarquer pour l’Inde sur le paquebot « Scotlandia ». Apprenant la destination du « Scots », le géographe est enthousiasmé par l’idée de secourir les marins et reste volontiers avec ses nouveaux compagnons.
Recherches en Amérique du Sud
Guidés par l’interprétation originale de la version française du message, les explorateurs traversent l’océan Atlantique et atteignent les côtes de Patagonie. Le Duncan franchit sans encombre le détroit de Magellan et débarque un détachement de cavalerie sur la côte ouest. Glenarvan, Paganel, McNabbs, Robert et plusieurs marins courageux se dirigent vers l’intérieur des terres. Ils suivent scrupuleusement le 37e parallèle. En chemin, ils sont rejoints par un grand guide indigène, l’Indien Thalcave, et son fidèle cheval, Taouka.
Le peuple doit endurer de terribles épreuves. Ils traversent les Andes et subissent un violent tremblement de terre. Le petit Robert est emporté par un immense condor, mais le tir précis du major le sauve. Descendant dans la plaine, les voyageurs sont attaqués de nuit par une meute de loups rouges, ou aguars. Robert s’échappe sur le cheval du guide et attire les prédateurs au loin, sauvant ainsi le groupe.
Peu après, les voyageurs échappent miraculeusement à une terrible inondation et trouvent refuge dans les branches d’un immense arbre ombu. Cette nuit-là, la foudre frappe l’arbre, et des caïmans assoiffés de sang grouillent à ses pieds. Soudain, une trombe marine arrache l’arbre en flammes et le projette sur le rivage, emportant les voyageurs sains et saufs sur la terre ferme. On ne retrouvera jamais la moindre trace de l’équipage disparu en Amérique du Sud.
Paganel propose une nouvelle version du déchiffrement du texte. Il démontre que le fragment du mot « austral » désigne l’Australie. De retour à bord, Glenarvan met le cap sur de nouvelles côtes et le yacht traverse l’océan Indien. Le navire fait de brèves escales aux îles de Tristan da Cunha et d’Amsterdam. On n’y trouve aucune nouvelle d’Harry Grant.
Aventures australiennes
À leur arrivée sur les côtes australiennes, l’expédition visite la ferme du colon irlandais Paddy O’Moore. Ils y rencontrent un homme nommé Ayrton, qui prétend avoir été maître d’équipage sur le navire ayant coulé. Il affirme que le naufrage a eu lieu sur la côte est du continent. Ayrton présente le contrat original et propose ses services de guide. Glenarvan laisse le yacht à Melbourne pour des réparations, puis lui et son groupe entreprennent la traversée du continent australien par voie terrestre, dans une lourde charrette tirée par des bœufs.
Le voyage s’avère difficile. Les chevaux et les bœufs de trait meurent les uns après les autres d’une maladie mystérieuse. McNabbs commence à soupçonner le guide d’être impliqué dans un acte criminel. Bientôt, le major surprend une conversation nocturne entre Ayrton et des inconnus. L’horrible vérité éclate. Le maître d’équipage est le chef d’une bande de forçats évadés nommée Ben Joyce. Il a délibérément conduit les voyageurs dans les marais de la Rivière des Neiges en empoisonnant les animaux avec de la gastrolobe, une plante toxique. Le forçat comptait s’emparer du magnifique navire de Glenarvan pour mener des raids de pirates en haute mer.
Un bandit blesse le marin Mulready et disparaît dans la forêt. Glenarvan adresse un ordre au second du capitaine, Tom Austin, lui demandant de conduire immédiatement le navire sur la côte est. Paganel se charge d’écrire l’adresse et, dans sa distraction habituelle, écrit Nouvelle-Zélande au lieu d’Australie. Le marin blessé porte le message, mais est attaqué par des bandits en chemin. La lettre tombe entre les mains de Ben Joyce.
Terres maories dangereuses
L’équipage atteint la baie de Tufold, sur la côte, avec beaucoup de difficultés. Ne trouvant pas leur yacht, ils supposent qu’il a été capturé par des pirates. Désespérés, ils affrètent un vieux navire marchand, le brick Makari, et mettent le cap sur la Nouvelle-Zélande. Un capitaine incompétent et ivre échoue le brick près du rivage. Les passagers sont contraints de gagner la terre ferme sur un radeau de fortune fait de mâts.
Ils sont rapidement capturés par une bande de Maoris sanguinaires. Le chef sauvage, Kai-Kumu, exige une rançon. Ces Maoris sont réputés pour leur cruauté et leur cannibalisme sans pareils. Lors d’une dispute, Glenarvan abat l’un des chefs, Kara-Tete, d’un coup de revolver, en défendant sa femme, Helen, contre ses avances. Les captifs sont enfermés dans une hutte, condamnés à une exécution certaine. En évitant d’attirer l’attention des gardes, le jeune Robert parvient à creuser un tunnel et à faire s’échapper ses amis.
Les fugitifs se cachent au sommet du mont Maunganamu, lieu de sépulture de nobles indigènes. Un tabou religieux strict y est imposé, et les indigènes n’osent pas y monter. Paganel, qui s’était échappé plus tôt et attendait ses compagnons près de la tombe, conçoit un plan ingénieux. Tirant parti des propriétés naturelles du sol volcanique, les voyageurs provoquent une éruption artificielle. Paniqués par la colère des dieux, les indigènes, superstitieux, fuient, et le groupe s’échappe sain et sauf de la montagne dangereuse.
Sauvetage dans l’océan Pacifique
Après plusieurs jours d’un périple exténuant à travers les forêts sauvages, les voyageurs atteignent la côte. Ils sont poursuivis par un nombre supérieur de Maoris. Les fugitifs montent à bord d’une embarcation abandonnée et tentent de s’échapper. Les Maoris les rattrapent dans leurs canoës. Un navire apparaît au loin. Glenarvan, horrifié, reconnaît son propre «Duncan». Il est certain que des condamnés armés se trouvent à bord.
Le canon du yacht ouvre le feu, mais les obus tombent sur les embarcations des indigènes. Ces derniers battent en retraite précipitamment. Les amis grimpent sur le pont et aperçoivent leur équipage fidèle. Il s’avère que la stupide erreur de Paganel a sauvé le navire. Reçu l’ordre de mettre le cap sur la Nouvelle-Zélande, le second s’exécute. Ayrton tente de se mutiner, mais il est enfermé dans sa cabine. Les pirates se retrouvent échoués sur la côte australienne, les mains vides.
Une confrontation avec le traître a lieu à bord. Glenarvan promet de lui laisser la vie sauve et de le débarquer sur une île déserte en échange d’un récit véridique. Ayrton avoue avoir été mis à terre par Harry Grant pour tentative de mutinerie. Il ignore tout du sort du capitaine. L’expédition se retrouve une fois de plus dans une impasse.
Soudain, une idée germe dans l’esprit de Paganel. Il déclare que le mot français « abor » ne signifie pas débarquement, mais désigne l’île de Tabor. Cet îlot, connu sur les cartes anglaises sous le nom de Maria Theresa, se situe à 37 degrés de latitude. Le yacht met le cap sur cette île. Dans le silence de la nuit, Robert et Mary entendent la voix de leur père appeler à l’aide. Au matin, les explorateurs découvrent effectivement Harry Grant et deux marins sur ce petit bout de terre. Le traître Ayrton est laissé là pour expier sa faute, et on lui fournit tout le nécessaire.
Les Écossais rescapés embarquent. Le capitaine Grant remercie chaleureusement ses sauveteurs. Le Duncan rentre sain et sauf en Écosse, achevant ainsi son glorieux tour du monde. À leur retour, John Mangles épouse Mary Grant et le géographe Paganel épouse la cousine du major. Robert, quant à lui, décide de devenir un marin courageux, poursuivant l’œuvre de son illustre père.
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