"Amalgam" de Vladimir Torin (Résumé)
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Le roman « Amalgama » (2015) de Vladimir Torin entremêle faits historiques, intrigues politiques et mysticisme autour du secret ancestral des miroirs vénitiens. Ces artefacts ont le pouvoir de manipuler la volonté humaine et d’ouvrir des portails temporels. L’auteur entremêle avec audace l’époque des croisades, l’Europe médiévale, l’URSS stalinienne et la Russie contemporaine. L’intrigue passe aisément d’un siècle à l’autre, relatant le destin de personnages historiques réels, d’agents de renseignement et de sociétés secrètes. L’auteur plonge le lecteur au cœur de conspirations, de loges maçonniques et de coups d’État.
L’ouvrage a été salué par la communauté littéraire. Pour ce roman, l’auteur a reçu le prix international Valentin Pikul en 2016. Le livre a également remporté le prix Terra Incognita pour l’ensemble de son œuvre littéraire.
Ce premier tome inaugure une série du même nom. Il s’agit du premier volume d’un cycle qui s’est enrichi par la suite des romans «Tantamaresque» et «Adieu à l’Hyperborée». Ces nouveaux volumes poursuivent le développement du thème aventureux et mystique cher à l’auteur, offrant aux lecteurs la possibilité d’explorer plus en profondeur cet univers fantastique.
Les secrets de l’amalgame vénitien
En 2014, Sergueï Antsiferov, un cadre moscovite ordinaire, passe des vacances à Venise. Sur la place Saint-Marc, il rencontre un vieil homme étrange. Le visage de cet homme présente une ressemblance frappante avec le célèbre bas-relief de la «Gueule du Lion». Cette nuit-là, le vieil homme remet à Sergueï un parchemin ancien dans une pochette transparente et lui conseille de s’enfuir. Quelques instants plus tard, trois assassins égorgent le vieil homme. Sergueï se cache sur un balcon médiéval et échappe de justesse à l’exécution. Il retourne ensuite à Moscou avec le mystérieux manuscrit.
L’histoire se déroule à Londres en 1991. Le lieutenant-colonel Nikolaï Sirotin, agent du renseignement soviétique, étudie le tableau de Jan van Eyck, « Portrait des époux Arnolfini », à la National Gallery. Sirotin remarque une ressemblance frappante entre le marchand Arnolfini et son camarade de l’institut du KGB, Vladimir Poutine. Un Japonais s’approche de l’officier et lui demande de se regarder dans un petit miroir. Sirotin perd instantanément connaissance et se retrouve transporté à Bruges au XVe siècle, précisément dans le Salon Rouge représenté dans le tableau.
Les événements de 1178 se déroulent simultanément. Le puissant empereur allemand Frédéric Barberousse assiège les villes italiennes. L’habile ambassadeur vénitien, Enrico Dandolo, lui offre un miroir. L’empereur soupçonne les dangereuses propriétés magiques de ce présent. Dandolo se regarde le premier dans le miroir. Le souverain allemand ignore que l’ambassadeur s’est volontairement aveuglé. Barberousse contemple son reflet et perd complètement son sang-froid. L’empereur met fin à la guerre, se prosterne devant le pape et laisse Venise en paix pour toujours.
À Moscou, Sergueï et son ami Ivan tentent en vain de vendre un manuscrit vénitien à des antiquaires. Dans une boutique de la rue Arbat, un homme aux cheveux gris et à la moustache fournie, Alexandre Valentinovitch, s’intéresse au mystérieux document. Il raconte à ses amis des faits historiques sur le fameux amalgame vénitien. On disait que les miroirs rendaient les monarques fous, causaient des décès ou, au contraire, conféraient une santé miraculeuse. Alexandre Valentinovitch leur conseille de faire examiner le parchemin par Rudolf Mikhaïlovitch Tchetverikov, professeur et expert au département de chimie de l’Université d’État de Moscou.
À travers les couloirs du temps
L’intrigue transporte le lecteur à la datcha de Joseph Staline, Kuntsevo, en 1941. Le dirigeant soviétique exige que Lavrenti Beria perce le secret du miroir de Pierre le Grand. Staline active lui-même l’objet antique : le miroir se trouve enveloppé d’une brume scintillante. Il ordonne à son jeune garde du corps, Piotr Chelomov, de s’avancer dans la fumée. Le soldat de l’Armée rouge disparaît sans laisser de trace. Il finira par se retrouver à Bruges, changera de nom pour Giovanni Arnolfini et demandera à un artiste de peindre un étrange portrait de son visage – celui d’un ancêtre du président russe.
Bien des années plus tard, le lieutenant-colonel Sirotin, rescapé du XVe siècle, se retrouve interné dans un hôpital psychiatrique fermé de Gorki. Nous sommes en 1980. L’officier de renseignement rédige des rapports pour le chef du KGB, Youri Andropov. Il l’avertit de l’effondrement imminent de l’Union soviétique et des conflits interethniques. Il tient ces informations de Chelomov, un homme venu d’une autre époque. Sirotin reçoit la visite du général Alexandre Valentinovitch Khomiakov, agent secret du Conseil des Dix. Le général écoute le patient, lui montre le miroir mortel, puis s’en va calmement. Dehors, il brise l’artefact antique.
De nos jours, Sergueï et Ivan rencontrent le professeur Tchetverikov. Le scientifique leur présente les différentes propriétés du verre dans son laboratoire. Il leur demande ensuite de lui laisser le manuscrit pour un examen approfondi. À peine sortis de l’université, les jeunes hommes sont enlevés par de robustes militants. Le géant borgne, Gocha, et Mutny les torturent dans une datcha abandonnée près de Moscou. Les ravisseurs exigent avec insistance la restitution du manuscrit vénitien.
L’histoire nous ramène au XIIe siècle. Rainald von Dassel, l’archevêque de Cologne, fidèle à son poste, tente d’arrêter Enrico Dandolo. Durant le duel, le doge aveugle brandit un miroir fumant. Von Dassel traverse un portail temporel et se retrouve propulsé dans la Russie des années 1990. Ce guerrier médiéval impitoyable élimine sans peine les bandits locaux, finit en prison et s’en prend brutalement aux criminels. Bientôt, le général Khomyakov le découvre et l’engage au service du Comité de sécurité d’État. L’intrépide Muet devient l’assassin et le garde du corps idéal.
En 2014, Sergueï et Ivan, roués de coups, sont sauvés par une jeune fille fragile nommée Glafira. Les amis l’avaient rencontrée la veille dans une boîte de nuit. Elle se révèle être membre de la caste des Gardiens, guerriers d’élite du Conseil des Dix. Elle tue les ravisseurs à mains nues. Puis, grâce au miroir guérisseur de Dandolo, elle soigne les blessures des garçons. Glafira explique le fonctionnement des portails temporels et confie ses sentiments à Sergueï. Les héros retrouvent la trace du professeur Chetverikov dans la capitale de la Lituanie.
La bataille pour un ancien secret
La véritable nature du professeur est révélée. Chetverikov est un maniaque et un tueur en série. Il convoite la formule d’un puissant amalgame pour asservir totalement de jeunes étudiantes. Le maniaque étrangle une hôtesse de l’air, vole sa voiture et s’enfuit à Vilnius. Dans la vieille ville, il tend une embuscade à Sergueï, Ivan et Glafira. La jeune fille est ligotée dans des filets paralysants. Khomyakov et une unité des forces spéciales arrivent soudainement à leur secours.
Une fusillade sanglante s’ensuit. Chetverikov se cache dans une ancienne cave où était conservé le miroir personnel d’Adolf Hitler pendant la guerre. Khomyakov et Mute von Dassel se précipitent à sa suite. Le professeur déclare au général : «Je sais quand le miroir s’activera.» Soudain, le miroir s’anime. Chetverikov plonge dans la brume scintillante. Mute von Dassel se jette sur lui, l’étranglant d’une poigne mortelle. Khomyakov se retrouve seul, les mains vides, devant une simple vitre.
L’archevêque de Cologne et un professeur mort s’échappent d’un sarcophage contenant les reliques des Rois mages dans la cathédrale de Cologne. Nous sommes en 1970. Von Dassel, à l’extérieur, peine à se relever. Il enlace la pierre antique qu’il avait posée lors de la construction de la cathédrale, des siècles auparavant. Le chevalier meurt, le visage empreint de sérénité.
Dans le Moscou d’aujourd’hui, des policiers corrompus tentent d’inculper Sergueï et Ivan. Glafira les sauve en projetant l’illusion d’un lion immense et féroce sur les enquêteurs. Les héros quittent calmement le centre de détention grâce au Miroir de la Subordination au point de contrôle. Auparavant, le livre explique le mystère de la mort de Staline. Le dirigeant mourant tenta de dire : « Je vais me relever », mais Lavrenti Beria utilisa le « Miroir de la Colère de Dieu » contre lui, provoquant une crise cardiaque fatale.
Glafira, Khomyakov et le vieux Maître, miraculeusement rescapé des rues vénitiennes, se retrouvent dans un restaurant chic au trente-cinquième étage de l’hôtel Ukraine. Un touriste japonais, haut dignitaire du Conseil des Dix, s’installe avec eux. Il prend le tube contenant le manuscrit à Khomyakov et reproche aux agents leur manque d’initiative. Le touriste japonais oblige le général à regarder dans un miroir noir et envoie Glafira suivre une formation de remise à niveau. Khomyakov, au volant de sa voiture, perd connaissance sous l’effet du miroir et meurt dans un terrible accident.
Les événements du dénouement se déroulent par une nuit d’hiver sur un balcon moscovite. Sergueï et Glafira savourent leur présence mutuelle et se promettent de rester ensemble pour toujours. Glafira offre à Sergueï un médaillon orné d’un lion ailé, faisant de lui un nouveau guerrier du Conseil Secret. D’anciens mystères demeurent enfouis dans les brumes du temps. Le gardien vénitien continue de protéger les secrets du monde des regards indiscrets.
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