« Tantamaresque » de Vladimir Torin, un résumé
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Le roman de Vladimir Torin, paru en 2017, est un récit policier mystique qui mêle les activités des services de renseignement modernes à des motifs bibliques et aux secrets de civilisations disparues. L’intrigue repose sur l’idée que les rêves humains servent de refuge aux Hyperboréens désincarnés, qui, en secret, orientent le cours de l’histoire mondiale. Cet ouvrage fait partie du cycle « Amalgama ». Il s’agit du deuxième tome, faisant suite au premier, intitulé « Amalgama », et le troisième, « Adieu à l’Hyperborée », poursuit ce récit fantastique.
L’histoire commence sur une route italienne baignée de soleil. Depuis dix siècles, le Conseil vénitien, secret et discret, protège les miroirs de Murano antiques qui renferment le mystérieux Amalgame. La plus valeureuse des guerrières du Conseil, la jeune Glafira, vêtue de cuir noir, enlève un prisonnier de grande valeur dans la ville de Gaeta. Elle échappe habilement à la poursuite de moines armés et agressifs, arborant des croix pétriniennes inversées sur leurs manteaux.
Après avoir livré le prisonnier au palais des Doges, Glafira est confronté à un procès impitoyable. Le Conseil des Dix interroge le guerrier à l’aide d’anciens miroirs magiques. Le mentor de Glafira, le sage maître Giuseppe Borsoloni, lui explique en détail la vérité. Une vérité terrifiante se révèle : les services de renseignement de divers pays, dont la CIA américaine et le FSB russe, ont appris à pénétrer les rêves. Une telle ingérence brutale détruit le fragile équilibre entre notre monde physique et la dimension astrale invisible.
En Russie, un centre secret nommé « Sosny » mène des recherches similaires sur les rêves. Ce projet militaire classifié est dirigé par le général du FSB Valery Verkhoturov et le professeur de psychologie clinique Ivan Sidorchuk. Ils recrutent un jeune programmeur talentueux, Alexei Krestnikov, pour y travailler. Ce jeune homme roux est chargé de créer un algorithme informatique novateur permettant de localiser le subconscient des personnes endormies grâce à l’analyse à distance de leurs fréquences cérébrales. Les scientifiques sont convaincus que le cerveau endormi fonctionne comme un ordinateur en veille. Le programme d’accès à distance est capable de télécharger n’importe quel scénario directement dans le cortex cérébral. Jusqu’à présent, les chercheurs travaillaient à l’aveugle, se fiant uniquement à des pratiques d’hypnose ancestrales.
Les secrets des Hyperboréens et la menace qui pèse sur la paix
Les sujets d’expérience marginalisés sont maintenus sous haute surveillance au laboratoire. Parmi eux, Mikhaïl Rudik, ancien officier du renseignement militaire. Gravement handicapé par une commotion cérébrale subie pendant la guerre de Tchétchénie, il communique régulièrement en rêve avec une entité hyperboréenne nommée Eo. Rudik pénètre secrètement dans la chambre d’Alexeï et avertit le programmeur de l’apocalypse imminente.
Il s’avère que les mystérieux Hyperboréens ont survécu à l’ère glaciaire, perdant à jamais leurs corps physiques. Ils vivent constamment dans les rêves, ne pénétrant les êtres humains que par le biais de reflets dans les miroirs. Ils croient que chaque être humain n’est qu’un substitut, une enveloppe de carton pour la véritable vie astrale. Eo raconte à Rudik comment les Hyperboréens ont passé des siècles à tenter, en vain, de retrouver des corps physiques. Une expérience ratée a conduit à la création de la Bête du Gévaudan, assoiffée de sang, en France. D’autres tentatives ont impliqué l’incarnation de prophètes, dont les enseignements pacifiques ont rapidement été pervertis à des fins politiques, déclenchant des guerres de religion.
Les Hyperboréens se nourrissent de dopamine, l’hormone du bonheur et de l’amour. La paix, la compassion et la cessation totale des effusions de sang leur sont vitales. La production d’adrénaline les prive de nourriture spirituelle. Ces êtres anciens ont donné naissance à de nombreux dogmes, apparaissant aux prophètes sous les traits d’anges rayonnants et de saints sages. L’invasion des machines électroniques détruit leur habitat, provoquant l’anéantissement imminent des deux civilisations. La montre électronique au poignet de Rudik entame un compte à rebours inexorable vers la fin du monde. L’ancien soldat périt tragiquement lors d’un combat astral contre le dragon à sept têtes des textes bibliques de saint Jean l’Évangéliste, luttant pour sauver une paix fragile.
Le Conseil des Dix dépêche Glafira d’urgence à Moscou. Elle est secondée par Rainald von Dassel, un chevalier teutonique immortel et ancien archevêque de Cologne, qui a traversé de nombreuses époques brutales et est désormais muet. Dans le parc Gorki, Glafira sauve Alexei des griffes d’agents d’élite du FSB, neutralisant sans peine ces redoutables combattants professionnels. Les fugitifs se réfugient dans un appartement enfumé de cambrioleurs, en périphérie de la capitale. Les impitoyables chefs du crime organisé, Shilo, Kudryavy et Makhno, informés de l’apocalypse imminente, décident de prêter main-forte aux fugitifs pour attaquer l’imprenable complexe « Sosny ».
La bataille pour l’avenir de l’humanité
Glafira voyage en Italie à travers des rêves lucides. Dans la sinistre crypte d’une église capucine à Rome, ornée d’ossements humains, et dans l’amphithéâtre anatomique de Bologne, elle rencontre un ancien Hyperboréen nommé Qualcuno. Celui-ci montre à la guerrière des visions saisissantes et terrifiantes du passé. La jeune fille assiste personnellement à la mort de l’empereur romain Néron, sauvé de l’horreur d’une foule enragée par le castrat dévoué Sporus, et à la crucifixion brutale de l’apôtre Pierre. Les chroniques historiques confirment clairement que les Hyperboréens ont toujours cherché à inculquer à l’humanité les idéaux humanistes d’amour et le rejet inconditionnel de toute violence.
Au cours de ses voyages astraux, Glafira découvre un autre secret profond. L’empereur russe Alexandre Ier simula sa propre mort dans le sud de Taganrog, sous l’influence puissante des Hyperboréens et suite à ses rencontres avec le vieux Séraphim de Sarov. L’empereur se repentit de ses crimes sanglants passés et devint le moine errant Fiodor Kouzmitch. Plus tard, ce dernier s’introduisit secrètement dans les rêves du jeune contrebandier italien Giuseppe Garibaldi, l’inspirant à mener une lutte politique de libération contre le joug autrichien honni. Tous ces événements avaient été orchestrés pendant des siècles par la main invisible d’une civilisation disparue.
Lors d’une attaque armée désespérée contre le complexe spécial de Sosny, des chefs du crime périssent héroïquement dans un échange de tirs inégal avec des mercenaires du FSB en armure. Le criminel Shilo se sacrifie, éloignant délibérément Alexei de la dangereuse poursuite. Le programmeur et von Dassel parviennent miraculeusement à pénétrer dans la base sécurisée, mais sont immédiatement capturés par le général Verkhoturov. Après de longues discussions avec leurs collègues, les scientifiques du FSB soupçonnent déjà la réalité de la menace astrale imminente. Le général Verkhoturov se souvient alors de son rêve prophétique, dans lequel il conversait avec un sage et un ancien empereur sur le rivage.
Le professeur Sergueï Platonov explique un paradoxe linguistique aux services de sécurité : le concept antique d’amour absolu a été profondément déformé par la société moderne. C’est précisément le manque d’un véritable amour spirituel qui alimente les idéologies politiques destructrices qui, jour après jour, anéantissent l’humanité. Les chercheurs l’ont compris : le piratage informatique du subconscient humain a déclenché une réaction en chaîne mortelle. Il ne reste que quelques minutes avant la fin du monde.
Un miroir ancien ayant appartenu à Joseph Staline, recouvert d’un amalgame sombre de Murano et confisqué par les services secrets, est précieusement conservé dans une base secrète. Glafira se rend instantanément à Moscou par ce portail mystique, où elle triomphe d’un serpent géant et de son ennemi de toujours, Atul, lors d’un combat astral. La force invisible de l’amour sincère qui l’unit au sévère chevalier allemand von Dassel rétablit l’équilibre énergétique rompu.
Le compte à rebours de l’apocalypse inéluctable s’arrête et entame sa marche arrière salvatrice. Le laboratoire militaire américain de Gaeta, ville portuaire, cesse également précipitamment ses travaux secrets sur ordre de sa hiérarchie. Les scientifiques russes mettent définitivement hors service leurs ordinateurs de combat, diffusant de la musique classique de Tchaïkovski dans les rêves de leurs sujets d’expérience endormis.
Alexei quitte définitivement la base du FSB, signant un accord de confidentialité strict et gardant le silence sur son expérience. Dans l’ancienne cathédrale Saint-Basile, sur la place Rouge, il aperçoit par hasard une icône ancienne de l’archange Michel, au regard perçant du défunt Rudik. Glafira file à travers Moscou au crépuscule sur sa moto noire, savourant pleinement la vitesse. Elle éprouve un amour infini pour chaque passant, comprenant que c’est ce sentiment lumineux qui, jour après jour, sauve ce monde cruel d’une destruction inéluctable.
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