Aristonomie de Boris Akounine, résumé
Le roman « Aristonomie » a été publié en 2012. Il est écrit par Boris Akounine, de son vrai nom Grigori Chalvovitch Tchkhartichvili (en géorgien : გრიგოლ შალვას ძე ჩხარტიშვილი). Cet ouvrage inaugure le cycle « Album de famille ». Le texte entrelace deux récits parallèles. La première partie présente un traité philosophique d’un penseur anonyme, vivant en URSS au milieu du XXe siècle. La seconde partie décrit le destin d’un jeune habitant de Saint-Pétersbourg, Anton Kloboukov, dont l’histoire se déroule dans le contexte révolutionnaire de Petrograd en 1917. Les chapitres du traité alternent strictement avec les événements de l’intrigue. Le mot «aristonomie» lui-même est dérivé du grec. Il désigne une loi interne particulière. Cette loi détermine le niveau moral d’un individu.
Le terme lui-même est une construction artificielle. La première partie vient du grec «arete», qui signifie valeur ou excellence. La seconde partie se réfère à «nomos», qui signifie loi. L’auteur cherche une formule pour définir la qualité humaine. Cette formule contraste fortement avec le chaos. Le contexte historique est délibéré. La ville est en proie à l’effondrement de l’ancien régime. Les rues de Petrograd sont remplies d’hommes armés. La société perd ses repères traditionnels. Dans de telles conditions, l’épreuve du caractère moral devient extrêmement difficile.
Traité philosophique
L’auteur du traité entreprend la rédaction de la préface à un âge avancé. Il reconnaît des motivations purement personnelles. Le Penseur écrit ce livre uniquement pour lui-même. Il a besoin de donner un sens à son existence. Il souhaite comprendre le destin tragique de sa patrie. Il rejette catégoriquement diverses théories du progrès. Les idées technocratiques ont démontré leur inadéquation. Les utopies sociales ont mené aux guerres mondiales. Les dictatures totalitaires ont créé des camps de concentration. Le Penseur propose un concept alternatif. L’« aristonomie » devient le moteur principal du développement humain. Il s’agit d’une fusion particulière de qualités humaines. Elle unit la responsabilité, l’endurance, le courage, le respect de soi, le désir de progresser, l’empathie et le respect d’autrui.
Une personne dotée de telles qualités est qualifiée d’« ariston ». L’auteur élabore un système d’acronymes. Chaque lettre représente une composante distincte : R – développement, S – estime de soi, O – responsabilité. La lettre V signifie endurance, M – courage, U – respect d’autrui, E – empathie. Le traité retrace l’évolution du terme étroitement lié à la dignité. Le lecteur découvre le développement de cette idée dans les œuvres antiques de Cicéron et de Sénèque. La théologie médiévale est ensuite examinée. Le penseur se penche sur les idées d’Emmanuel Kant. Il mentionne la Déclaration d’indépendance des États-Unis et examine en détail la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies. Le penseur critique la philosophie d’Arthur Schopenhauer. Il réfute systématiquement les positions de Friedrich Nietzsche.
La théorie de la division sociale occupe une place particulière. La population est divisée en trois pourcentages : les «clairs», les «foncés» et les «gris». Ce schéma expliquerait la nature des dictatures. Des régimes cruels se sont emparés du pouvoir en Russie, en Italie et en Allemagne. Les «gris» se sont soumis sans résistance. Pour mettre sa théorie à l’épreuve, l’auteur s’appuie sur des figures littéraires. Le capitaine Maxim Maksimovich en est un exemple. Ce personnage du roman de Mikhaïl Lermontov, «Un héros de notre temps», possède presque toutes les qualités requises. Il ne lui manque qu’une chose : l’ambition.
L’histoire d’Anton Klobukov
L’histoire commence en janvier 1917 à Petrograd. Anton Kloboukov, dix-neuf ans, est étudiant en droit. Il vit chez ses parents. Son père, Marc Konstantinovitch, était auparavant chargé de cours en droit pénal. En 1897, il fut exilé de la capitale pour avoir soutenu les mouvements étudiants. Chez eux, cet événement lointain est ironiquement appelé « Holocauste », un mot qui signifie « catastrophe ». La mère d’Anton, Tatiana Ipatievna, prend soin de son mari malade. Son père souffre d’une forme grave de tuberculose. Anton, quant à lui, nourrit une obsession secrète : il recherche des signes mystiques autour de lui, cherchant la confirmation de sa destinée d’élu.
Le soir du 27 janvier, la famille commémore l’anniversaire de la Shoah. D’anciens élèves du professeur assistant arrivent à l’appartement. Le propriétaire d’usine Piotr Kirillovitch Berdychev arrive avec sa femme, Zinaïda Alexeïevna. L’avocat Arkadi Lvovitch Znamenski arrive avec sa femme, Rimma Vitalievna. Parmi les invités se trouve le théologien et publiciste Innokenty Ivanovitch Bakh. Soudain, le conseiller privé Fiodor Kondratievitch Oznobichine apparaît sur le seuil. Dans sa jeunesse, on le surnommait « Primus ». Vingt ans plus tôt, il avait été le seul à soutenir la répression des étudiants rebelles. Depuis, les anciens amis ont cessé tout contact. Son arrivée choque tous les présents. La situation rappelle une scène muette du « Visqué pour le pouvoir ». Cependant, Marc Konstantinovitch apaise les tensions. Il invite calmement son hôte à s’asseoir.
Parallèlement, le lecteur découvre le drame personnel d’Oznobishin. Il est tourmenté par des cauchemars nocturnes. Il rêve de son ex-femme, Elena. Des années auparavant, elle l’avait quitté pour l’avocat Lioubimtsev. Plus tard, elle avait tenté de revenir, mais Oznobishin l’avait repoussée. Dans la réalité, le conseiller privé est confronté à la cruauté. Il est arrêté. Le nouveau gouvernement révolutionnaire le détient dans une cellule. Des gardes ivres le rouent de coups. Ils tentent de lui prendre un médaillon en or. À l’intérieur se trouvent des photographies de ses enfants, Lucy et Seryozha.
Peu après, le père d’Anton meurt de maladie. Tatiana Ipatievna, inconsolable, se suicide. Sa mère lui laisse une lettre d’adieu, lui confiant qu’elle ne peut vivre sans son mari. Anton se retrouve complètement seul. L’hostilité de Petrograd, ville révolutionnaire, est terrifiante. De nouveaux locataires s’installent sans autorisation dans l’appartement des Kloboukov. Shmakov, un infirmier, et Pacha, un ancien domestique, partagent une chambre. Pacha tente de séduire Anton, mais le jeune homme la repousse brutalement. Anton commence à fuir son propre appartement et trouve un emploi de veilleur de nuit. Il guette les entrées des immeubles pour se nourrir. Un jour, des inconnus l’agressent et l’accusent d’espionnage. Le jeune homme échappe de justesse à la mort.
Plus tard, Anton aperçoit par hasard Oznobishin, arrêté. Il rencontre l’ancien conseiller privé dans un couloir sombre de la prison. Le jeune homme enterre son père. Berdyshev est présent au cimetière. Ce propriétaire d’usine, d’une honnêteté irréprochable, remet discrètement à Anton une enveloppe contenant de l’argent. Quarante jours après la mort de ses parents, Bach apparaît. Le théologien fait preuve d’un profond altruisme religieux. Il propose une interprétation mystique des événements. Bach déclare : «La révolution est une forge ardente.» Selon lui, c’est ainsi que Dieu forge les âmes humaines.
Un autre épisode décrit une rencontre avec Pankrat Evtikhievich Rogachev-Mikhaïlov. Anton l’aperçoit près de la demeure de la ballerine Kshesinskaya. Le bâtiment est occupé par les bolcheviks et des manifestants s’y rassemblent sans cesse. Chacun de ces personnages est confronté à une dure réalité. L’intégrité inébranlable d’Oznobishin le conduit à une tragédie personnelle. Le chaos de l’époque met à l’épreuve le courage de tous les protagonistes.
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