"Eisen:
A Novel-Buffoonery" de Guzel Yakhina, résumé
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Ce livre est une biographie fictive du célèbre réalisateur soviétique Sergueï Eisenstein. L’auteur a achevé le texte en 2025. Le récit s’écarte délibérément des canons stricts de la biographie classique. L’ouvrage est structuré selon le principe du « montage d’attractions », chaque section portant le titre d’un film célèbre du cinéma mondial. Les poèmes de Dziga Vertov servent d’épigraphes aux chapitres. Vertov apparaît constamment dans le roman comme l’opposant idéologique d’Eisenstein.
L’histoire débute par un épisode tragique. Le protagoniste danse une valse avec une célèbre actrice soviétique lors d’une réception de gala. Soudain, le cœur du metteur en scène lâche. Une douleur fulgurante lui transperce la poitrine et le monde autour de lui se trouble. Il s’effondre sur le parquet glissant, au milieu des cris de l’assistance. Les personnes qui l’entourent, des lauréats de Staline, ne forment plus qu’une seule image. Des médecins accourent aussitôt à son secours.
Devenir réalisateur
Sergueï Eisenstein se souvient de son passé. Il a passé sa jeunesse à la recherche de son propre langage artistique. Les expérimentations théâtrales ont cédé la place au cinéma. Le réalisateur a rapidement saisi le pouvoir de l’impact visuel sur les masses. Il travaillait avec d’immenses foules de figurants et construisait des scènes gigantesques. Chaque mouvement à l’écran obéissait à une logique interne rigoureuse. Le processus de travail exigeait un dévouement incroyable de la part de toute l’équipe.
Le chef opérateur Eduard Tisse devint le fidèle compagnon d’Eisenstein. Ensemble, ils mirent au point de nouvelles techniques de tournage. La caméra suivait des trajectoires incroyables, capturant les expressions faciales en gros plan. Grigory Alexandrov contribua à l’organisation du tournage. Ce trio créa des films qui révolutionnèrent le langage cinématographique. Eisenstein vivait dans un état de tension nerveuse constante. La célébrité ne lui apportait aucune satisfaction, mais une peur permanente de commettre une erreur.
Dziga Vertov, fervent défenseur du cinéma documentaire, critiquait régulièrement Eisenstein pour ses plans mis en scène. Vertov exigeait qu’il capture «la vie sur le vif». Eisenstein, quant à lui, insistait sur la nécessité d’une mise en scène pour un impact émotionnel maximal. Leurs discussions dégénéraient souvent en conflits ouverts.
Un voyage à l’étranger
Une crise créative contraignit Eisenstein à voyager à l’étranger. Ce voyage en Europe lui apporta de nouvelles rencontres et de nouvelles impressions. Le réalisateur rencontra d’éminentes personnalités du monde culturel et discuta de la théorie du montage. Il chercha des financements pour de nouveaux projets. Les dirigeants soviétiques attendaient de lui un retour triomphal.
Le périple de l’équipe de tournage les mena aux États-Unis. L’Amérique accueillit les cinéastes soviétiques avec méfiance. Eisenstein eut du mal à trouver un terrain d’entente avec les producteurs hollywoodiens. L’élaboration du scénario prit beaucoup de temps, mais aucun projet ne fut finalement produit. Hollywood rejeta les idées du réalisateur.
L’étape suivante fut le Mexique. Ce pays émerveilla Eisenstein par ses couleurs et ses coutumes. Il y entreprit le tournage d’un film ambitieux sur l’histoire du peuple mexicain. Le tournage se déroula dans des conditions difficiles. Le financement fut fréquemment interrompu. L’atmosphère locale enivra l’équipe, mais les relations avec les investisseurs se tendirent progressivement.
Les images étaient d’une beauté à couper le souffle. Édouard Tisse avait magistralement composé les plans sous un soleil de plomb. Pourtant, le film ne fut jamais achevé. Il fut confisqué par les producteurs. Eisenstein retourna à Moscou sans son film terminé, anéanti.
La vie sous contrôle
L’Union soviétique a changé durant l’absence du réalisateur. Les diktats idéologiques se sont durcis. Eisenstein a dû faire face à de vives critiques concernant ses idées novatrices. Il a dû consacrer beaucoup de temps à prouver sa loyauté aux autorités. L’État exigeait des films patriotiques porteurs d’un message historique clair.
Le tournage d’un film sur Alexandre Nevski s’avéra être une forme de compromis. Le réalisateur travaillait sous la stricte supervision des dignitaires du parti. Sergueï Prokofiev composa la musique du film. Leur collaboration reposait sur une parfaite entente. Image et son ne faisaient plus qu’un. Le succès du film permit brièvement à Eisenstein de regagner les faveurs du dirigeant.
Pendant la guerre, l’équipe du film fut évacuée au Kazakhstan. La vie à Alma-Ata était difficile, mais le processus créatif ne s’arrêta jamais. Eisenstein entreprit la réalisation d’une fresque cinématographique monumentale sur le tsar Ivan le Terrible. Ce projet épuisa le réalisateur.
Travaillez sur Ivan le Terrible
Le scénario du film est né d’une profonde réflexion. Le réalisateur peinait à saisir la nature du pouvoir absolu. L’acteur Nikolaï Tcherkassov était idéal pour le rôle principal. Son allure distinguée et son visage expressif traduisaient avec justesse le tourment intérieur du monarque. Le tournage se déroulait de nuit, en raison des coupures d’électricité durant la journée.
La première partie du film fut bien accueillie. Staline y vit une justification des méthodes brutales de gouvernement. Eisenstein reçut un prix. Cependant, la seconde partie provoqua la colère des dirigeants du pays. Le portrait du tsar y était jugé trop sombre et ambigu. Les opritchniki y étaient assimilés à des agents secrets modernes.
Les critiques s’abattirent de toutes parts sur le réalisateur. Le film fut interdit. Eisenstein fut contraint de présenter des excuses publiques et de promettre un nouveau remake. Sa santé se détériora rapidement. Il enchaîna les crises de nerfs. Les médecins lui prescrivirent un repos complet, mais Eisenstein poursuivit ses travaux théoriques.
Théorie et héritage
Durant les dernières années de sa vie, le réalisateur écrivit abondamment. Il analysa ses propres expériences et formula les lois du langage cinématographique. Ses articles se distinguaient par leur profonde compréhension de la psychologie de la perception artistique. Eisenstein enseigna au VGIK. Les étudiants adoraient ses cours. Le maître partageait généreusement son savoir, dessinant des schémas à la craie sur un tableau noir.
Son cœur le faisait de plus en plus souffrir. Les crises d’angine de poitrine devenaient fréquentes. Cette danse à la réception fut le coup de grâce. Eisenstein perdit connaissance. Une longue convalescence s’ensuivit, mais il n’avait plus jamais retrouvé son énergie d’antan. Le réalisateur se retrouva alité.
Dans sa chambre d’hôpital, Eisenstein continua de dessiner. Ses œuvres graphiques, d’une sincérité saisissante, le frappaient de plein fouet. Il repensa à sa relation avec ses parents et se remémora des traumatismes d’enfance. Ses tentatives de se comprendre aboutirent à des conclusions amères. La solitude devint la compagne constante du grand cinéaste. Le roman de Guzel Yakhina brosse un portrait complexe d’un génie qui paya un prix exorbitant pour son art.
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