« Yvain ou le Chevalier au Lion » de Chrétien de Troyes, résumé
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Ce livre est un roman de chevalerie classique, écrit vers 1180. L’auteur y décrit en détail le conflit entre le devoir militaire et l’amour qu’il porte à la femme qu’il aime. L’intrigue est étroitement liée aux légendes de la Table ronde du roi Arthur. Ce récit fait partie du cycle arthurien de l’auteur, écrit en parallèle avec l’histoire de Lancelot.
Lors des festivités de la Pentecôte à la cour du roi Arthur en Bretagne, nobles dames et chevaliers conversent sur les anciennes coutumes amoureuses. Ils déplorent que la courtoisie et la pureté des sentiments d’antan aient été remplacées par la feinte et la tromperie. Tandis que le monarque, épuisé, somnole dans ses appartements, les chevaliers Sagremor, Kay, Gauvain et Yvain poursuivent leur conversation. Calogrenan décide alors de conter à l’assemblée l’histoire de sa honte ancestrale.
Il y a sept ans, Calogrenant partit seul en quête d’aventure. Il erra dans l’épaisse forêt de Brocéliande, au milieu des fourrés d’aubépines et de prunelliers. En fin de journée, le chevalier rencontra un noble hospitalier, un oiseau de chasse sur le bras. Le seigneur du château frappa trois fois un gong de cuivre pour appeler ses serviteurs. Le voyageur fut chaleureusement accueilli, et la ravissante fille du noble le combla d’attentions et de conversations affectueuses.
Au matin, Calogrenan reprit sa route et découvrit une clairière où des taureaux sauvages se livraient à de féroces combats. Au milieu de la harde déchaînée se tenait un berger difforme, armé d’une énorme massue. Ce monstre hirsute avait un crâne de cheval, des oreilles d’éléphant, des yeux de hibou et des défenses de sanglier. L’esprit de la forêt ne portait que des peaux de taureau, mais parlait le langage des humains. Il montra au chevalier le chemin de la source magique.
Le berger conduisit Calogrenan le long d’un sentier étroit jusqu’à un pin à feuilles persistantes, un abri contre la pluie. Sous l’arbre, une source glacée bouillonnait. Non loin de là se dressait une magnifique chapelle, une précieuse émeraude sertie de quatre rubis et une louche en or. Sur les conseils du géant de la forêt, Calogrenan recueillit de l’eau et l’aspergea sur une pierre pour invoquer l’aventure.
Aussitôt, le ciel s’obscurcit et une terrible tempête éclata, accompagnée d’éclairs, de pluie et de grêle. Des chênes centenaires s’effondrèrent et les animaux sauvages s’enfuirent, terrorisés. Lorsque la tempête se calma, les oiseaux se rassemblèrent autour du pin et entonnèrent des chants merveilleux. Peu après, le maître de la forêt apparut sur un cheval rapide. Le guerrier à cheval accusa Calogrenan d’avoir détruit sa demeure. Lors d’un duel, le chevalier local terrassa aisément l’étranger de sa lance et s’empara de sa monture.
Le sénéchal Kay se met à railler le Calogrenan de retour avec sa verve habituelle. La reine tente de raisonner le serviteur calomniateur. Le courageux seigneur Yvain, cousin du vaincu, est résolu à venger personnellement l’affront fait à sa famille. Le roi Arthur, qui vient de se réveiller, promet également de se rendre dans la forêt magique avec toute sa suite dans deux semaines. Yvain comprend que Gauvain ou Kay pourraient le vaincre au combat.
Yvain ordonne secrètement à son écuyer de préparer son équipement de combat et de vérifier ses fers et ses clous. Cette nuit-là, le chevalier quitte furtivement le château à toute vitesse. Il traverse montagnes et chemins, arrive au château d’un noble qu’il connaît, puis croise un berger difforme. Parvenu à la source, le héros verse hardiment de l’eau glacée sur la pierre émeraude. Un orage éclate, après quoi le gardien de la source, furieux, surgit du fourré.
Duel à la source magique
Un duel féroce s’engage, les lances des guerriers se brisant instantanément contre les boucliers. Les cavaliers dégainent leurs épées et portent des coups dévastateurs, tranchant les cottes de mailles. Yvain se retrouve face à un géant qui le dépasse d’une bonne tête. Le brave héros frappe son adversaire au casque avec son épée, lui infligeant une blessure mortelle. Saignant abondamment, le maître de la source fait volte-face et court vers la forteresse.
Yvain poursuit le fugitif à toute allure, craignant de manquer la preuve de sa victoire. Juste devant la porte, le guerrier blessé parvient à se glisser à l’intérieur. Un piège se referme aussitôt derrière lui : une lourde porte en forme de hache s’abaisse. Le fer tranchant fend le cheval d’Yvain en deux et lui arrache les éperons. Le héros, lui, reste indemne, mais se retrouve coincé dans un passage étroit.
Le protecteur de la source meurt dans ses appartements, et les vassaux se lancent à la recherche de son assassin. Yvain, emprisonné, est découvert par sa servante Lunetta. Elle se souvient de la rare courtoisie dont ce jeune noble avait fait preuve à la cour royale. Lunetta remet au prisonnier un anneau magique. L’anneau rend son porteur invisible, tel l’écorce d’un arbre. Protégé par l’anneau, Yvain devient totalement invisible à ses ennemis.
Les vassaux fouillent la salle, fouillant chaque recoin et glissant des bâtons sous les lits. Ils aperçoivent le cheval mort, mais ne parviennent pas à localiser le chevalier invisible. Yvain se rend dans la chambre de Lunetta, où on lui sert un chapon rôti et un excellent vin. De la fenêtre, le héros assiste aux funérailles du seigneur. Il aperçoit la belle veuve Lodine de Landuc et en tombe instantanément amoureux.
Lodina sanglote inconsolablement, s’arrache ses cheveux blonds et maudit le tueur invisible. Le corps dans le cercueil se met à saigner, signe de la proximité de l’ennemi, et la panique se répand à nouveau parmi les vassaux. Le regard d’Yvain est rivé sur la belle dame, prêt à mourir pour sa beauté. Lunetta décide de profiter de la situation et entame un subtil jeu psychologique avec sa maîtresse.
La servante rappelle à Lodina que le château est sans défense et que le roi Arthur marche sur leurs terres. Lunetta rétorque que les chevaliers de la cour sont trop lâches et trop vertueux pour monter à cheval. Il faut un nouveau chef, un chef fort. La servante persuade Lodina que l’homme qui a vaincu son ancien époux le surpasse en bravoure et en noblesse. Lodina est furieuse, mais elle reconnaît la vérité de ces paroles.
Lunetta révèle à sa maîtresse le nom du héros secret : Yvain, fils du roi Urien. Lodina accepte de pardonner au guerrier pour la sécurité de ses terres. Lunetta habille Yvain d’une robe cramoisie ornée d’une agrafe d’or et le conduit auprès de sa maîtresse. Le chevalier tombe à genoux, avoue sa culpabilité et remet sa vie entre les mains de Lodina. Stupéfaite, la dame annonce à ses vassaux sa décision de l’épouser.
Serment brisé et folie
Les barons approuvent avec joie le mariage, espérant ainsi éviter un conflit armé. Avec la bénédiction de l’aumônier Lodin de Landuc, Yvain et Yvain s’unissent légalement. Quelques jours plus tard, le roi Arthur arrive à la source. Le sénéchal Kay se met à dénigrer bruyamment Yvain, absent, le traitant de vantard et de lâche. Le roi verse alors de l’eau sur la pierre, provoquant un orage.
Yvaine part à leur rencontre, vêtu d’habits neufs. Le belliqueux Kay défie le maître de la source en duel, espérant ainsi se distinguer. D’un puissant coup de lance, Yvaine fait tomber le moqueur de sa selle, l’envoyant s’écraser au sol. Yvaine s’empare du cheval de Kay et révèle son nom au roi stupéfait. Toute la cour célèbre la victoire d’Yvaine, tandis que Kay est couvert de honte.
La suite royale festoie pendant une semaine entière dans les vastes appartements du château. Lord Gauvain commence à réprimander Yvain avec bienveillance, l’exhortant à ne pas se laisser aller à la oisiveté. Il encourage son ami à participer à des tournois de chevalerie pour entretenir sa gloire militaire. Yvain cède à ses conseils et demande à Lodina la permission de quitter le château quelque temps.
L’épouse accepte de laisser partir son mari pendant un an, jusqu’à la Saint-Jean. Elle lui offre un anneau magique, capable de protéger un amant fidèle de toute blessure ou captivité. Lodina prévient Yvain que tout retard le privera à jamais de son amour. Le chevalier pleure à leurs adieux, laisse son cœur au pays et s’en va avec Gauvain.
Yvain passe une année entière à enchaîner batailles et tournois, s’attirant gloire et éloges partout où il passe. Emporté par les joutes martiales, il oublie le temps qui passe. Le splendide mois d’août arrive. Pendant le festin du roi Arthur, le messager de Lodina surgit soudain sur un cheval noir. Elle accuse Yvain de trahison et de cruelle perfidie devant tous.
La jeune fille lui arrache la bague du doigt et déclare que sa maîtresse interdit le retour du traître. Yvain, fou de honte et de chagrin, s’enfuit de la tente royale, déchire ses précieux vêtements et se cache dans la nature sauvage. Le chevalier, quant à lui, sombre dans la débauche, vivant nu et se nourrissant de viande de cerf crue, et dérobant l’arc d’un forestier.
Un ermite du village, pris de pitié pour le fou, le nourrit de simple pain noir par une étroite fenêtre. Yvain apporte à l’ermite des carcasses de cerfs en signe de gratitude. Un jour, Dame de Nourisson et ses deux suivantes aperçoivent un homme nu dormant sous un chêne immense. L’une des suivantes reconnaît Yvain à la cicatrice caractéristique sur son cou. La dame décide alors de sauver le célèbre guerrier.
Elle donne à la servante le baume miraculeux de Morgane, capable de guérir la mélancolie et le brouillard mental. La servante enduit Yvain de la potion guérissante de la tête aux pieds, vidant entièrement le précieux coffre. Yvain se réveille, lucide et honteux de sa nudité, et revêt la robe qu’il avait apportée. Il monte son cheval neuf et reprend sa route.
Des exploits pour une juste cause
Soudain, le chevalier entend un cri désespéré dans les buissons. Il aperçoit un énorme serpent crachant du feu et tenant un lion par la queue. Yvain décide de secourir la noble bête, car il abhorre les reptiles venimeux. Il se protège de son bouclier, dégaine son épée et tranche le monstre. Yvain libère délicatement la queue du lion de la gueule du serpent.
Le lion, reconnaissant, s’agenouille et exprime sa dévotion au chevalier. La bête devient le compagnon inséparable du héros, chassant pour lui et gardant sa demeure. Yvain adopte le titre de « Chevalier au Lion ». Ils retournent bientôt à la source magique. À la chapelle, Yvain retrouve Lunetta. Le sénéchal l’accuse de trahison pour la disparition d’Yvain.
Lunetta est sur le point d’être brûlée vive. Le sénéchal et ses deux frères s’opposent à elle. Yvain promet de protéger la jeune fille, dissimulant sa véritable identité. Au matin, un combat inégal s’engage. Trois adversaires pressent le chevalier. Soudain, le lion fidèle brave les règles et se jette sur ses ennemis. La bête déchire le sénéchal de ses griffes. Yvain vainc les frères survivants.
Lunette est pleinement innocentée et ses calomniateurs sont brûlés vifs. Lodina remercie le Chevalier au Lion, ne reconnaissant pas son époux sous sa visière. Yvain s’en va et le gentil guerrier soigne son lion blessé. Entre-temps, le seigneur de Chorrose meurt. Sa fille aînée hérite de tout. Sa sœur cadette réclame un partage équitable des biens.
L’aînée engage secrètement Gauvain pour la protéger. La cadette part à la recherche du Chevalier au Lion. Son amie rencontre Yvain, qui accepte d’aider la jeune fille lésée. Ils arrivent à la cour royale, où doit se tenir le procès. Gauvain et Yvain entrent dans l’arène. Aucun des deux ne connaît le nom de son adversaire.
Un duel brutal s’engage entre deux adversaires de force égale. Les épées brisent boucliers et casques, le sang coule à flots. Pendant de longues heures, aucun des deux ne prend l’avantage. À la tombée de la nuit, les guerriers épuisés cessent le combat. Ils entament une conversation polie. Gauvain décline son nom. Horrifié, Yvain jette à terre son épée ensanglantée.
Les amies s’étreignent et se disputent, chacune reconnaissant la victoire. Le roi Arthur écoute attentivement leurs explications. Il décide de trancher le différend entre les sœurs. Le roi intimide l’aînée grâce au pouvoir du « Chevalier au Lion » et la contraint à céder à la cadette sa part légitime. Les amies blessées sont conduites à l’infirmerie et confiées aux soins du meilleur médecin.
Yvain continue de souffrir de l’absence de Lodine. Après sa convalescence, il retourne secrètement à la source et déchaîne une nouvelle fois une violente tempête. Le château tremble. Lunetta recourt alors à la ruse. Elle persuade Lodine de jurer sur les reliques sacrées qu’elle aidera le Chevalier au Lion à reconquérir le cœur de sa dame.
Lodina prête serment devant Dieu. Lunetta ouvre alors la porte secrète et amène Yvain. Reconnaissant son époux, Lodina est d’abord furieuse, mais elle ne peut rompre son serment sacré. Elle pardonne à Yvain, comprenant la profondeur de son remords. Leur histoire s’achève sur leurs retrouvailles. Ils continuent de vivre dans l’amour et l’harmonie.
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