"La Chasse Royale" d’Amédée Achard, résumé
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Ce livre est un roman d’aventures historiques écrit en 1850. Le texte dépeint avec force détails le destin tragique d’un jeune noble français sur fond de guerres de Succession d’Espagne, où les complots de palais sont étroitement liés à des batailles sanglantes.
La jeunesse du marquis et le duel fatal
L’histoire commence en septembre 1706, près de Turin assiégée. Le jeune marquis Hector-Dieudonné de Chavaillé, simple soldat, bloque le passage à ses parents de haut rang : le duc Guy de Riparfond et le comte Paul-Émile de Fourquevaux. Le jeune homme, vêtu de haillons, leur raconte la véritable histoire de sa vie. Il a grandi au château des Femmes Enchantées, près de Vienne, élevé par son père, un homme sévère, et son fidèle serviteur, Coq-Héron.
Dès son plus jeune âge, un maître militaire inculqua à Héctor un talent exceptionnel pour l’escrime et l’équitation. Après la mort de son père, les terres tombèrent sous le joug de sa tante, Madame de Versillac, et de son favori, l’abbé Hernández, un homme rusé. Le maître harcelait sans cesse le jeune héros épris de liberté. Lors d’une énième dispute, Héctor défia ouvertement l’abbé, le blessa grièvement à la gorge d’un coup d’épée de Tolède et, certain de la mort de son adversaire, s’enfuit à jamais du domaine familial.
Rencontres sur les routes d’Italie
Fuyant les persécutions, le jeune homme rencontre un ermite errant. Le prétendu moine se révèle être Frère Jean, le cruel chef d’une bande de faussaires. Le bandit attire le fugitif à la citadelle du Mont Ventoux et lui propose de rejoindre ses criminels sous peine d’être décapité. Le marquis fait preuve d’un sang-froid remarquable et échappe aux malfrats par une nuit noire. Sur un chemin forestier, il avertit la calèche du vieux comte de Blétarens d’une embuscade.
Le noble sauvé invite le jeune homme chez lui, où Hector fait la connaissance de la jeune fille du comte, Christine. Sur le chemin d’Avignon, le héros rencontre une gitane qui lui lit dans les lignes de la main et prononce une étrange et terrifiante prophétie, incluant le mot « trop tard ». Peu après, le marquis retrouve son fidèle écuyer, Coq-Héron. Le vieux soldat, utilisant ses dernières économies, rassemble une troupe de mercenaires pour rejoindre la garde papale.
La défense de Crémone et les secrets du palais
L’impulsif Hector perd tous ses soldats au profit d’un tricheur aux cartes en une seule nuit. Démunis, les amis s’engagent comme simples soldats dans le Régiment de la Couronne. Le marquis fait preuve d’un courage remarquable en défendant Crémone contre l’armée autrichienne du prince Eugène et gagne l’immense respect de ses camarades. Une rencontre fortuite avec Riparfon et Fourquevaux ramène Hector dans l’aristocratie. Les fidèles amis partent ensemble pour la capitale.
Pour sa bravoure militaire et grâce au patronage du duc d’Orléans, Louis XIV confère personnellement à Hector le grade de colonel. Le marquis devient aussitôt le centre de l’attention à la cour de Versailles. La belle duchesse de Berry est profondément attirée par le jeune officier et le courtise avec insistance. Mais les pensées du héros sont exclusivement tournées vers Christine de Blétarens, désormais adulte. La jeune fille est contrainte de se cacher secrètement près de Paris avec son père, qui craint d’être exécuté pour son implication de longue date dans les révoltes de la Fronde.
La ruse de l’agent secret
Pour éviter toute rencontre avec la duchesse, Hector et Paul simulent un duel, à l’issue duquel Chavaillet prétend être grièvement blessé. Entre-temps, on apprend que l’abbé Hernandez a survécu à une précédente altercation. Le malfaiteur usurpe l’identité du chevalier de Sainte-Claire et devient un espion infiltré de la police métropolitaine. Rongé par une jalousie maladive envers le marquis et obsédé par une passion sordide pour Christine, Sainte-Claire ourdit un complot machiavélique.
L’intrigant manipule habilement l’orgueil blessé de la duchesse de Berry. Par de fausses dénonciations, le chevalier parvient à accuser Hector d’hérésie. Le roi exile aussitôt le marquis au cœur de la guerre de Flandre pour cinq ans. Restée à Paris, Sainte-Claire intercepte toutes les lettres des amants séparés. Christine, trompée et convaincue de la trahison d’Hector, se prépare, accablée de chagrin, à prononcer les vœux monastiques rigoureux à Chevreuse.
Combat nocturne et mariage secret
En Flandre, Hector démasque accidentellement Saint-Clair, espion ennemi. Le colonel organise aussitôt une audacieuse attaque nocturne contre le quartier général du prince Eugène de Savoie à Saint-Vast. Il s’empare d’une caisse en bois contenant des documents compromettant les traîtres parisiens. Peu après, les troupes françaises remportent une brillante victoire sur les Autrichiens à Denain. Chavaille remet en personne au monarque un rapport sur la défaite totale de l’ennemi.
Après avoir examiné les lettres confisquées, Louis XIV les fait brûler pour protéger la couronne et promet de gracier le vieux de Blétarens. Tout semble enfin s’être arrangé. Hector et Christine sont réunis dans la joie. Les jeunes gens se marient en secret dans le pavillon de chasse isolé de la comtesse d’Argenson, entourés des amis fidèles du marié. Aussitôt la bénédiction religieuse passée, Hector, fidèle à son devoir militaire, est contraint de retourner au front.
Exécution et enlèvement
Ces espoirs sont anéantis par la vengeance de Saint-Claire. Le policier corrompu corrompt les gardiens de prison, intercepte le décret de grâce du roi et orchestre un raid nocturne brutal contre le pavillon de chasse. Le scélérat obtient l’emprisonnement immédiat du comte de Blétaren dans les cachots glacés de la Bastille. En défendant le vieil homme, le duc de Riparfont tombe raide mort, transpercé par un coup de poignard porté par le mercenaire de Coquelicot. Quelques jours plus tard, Blétaren est exécuté sans pitié à la lueur des torches sur la place de Grève.
La folle Saint-Claire enlève Christine de force, espérant l’emmener sur un navire-prison à destination de La Nouvelle-Orléans avec un convoi de femmes décédées. L’actrice Sidalise envoie une lettre inquiétante au front. Hector, Fourquevaux et Coq-Héron désertent l’armée et se précipitent vers la capitale. Apprenant l’ampleur de la tragédie, ils s’allient au frère Jean, repentant. Quatre courageux cavaliers se lancent dans une poursuite effrénée du convoi de prisonniers le long de la route de Normandie.
Tragédie sur la falaise
Un galop effréné permet aux amis de rattraper la calèche du ravisseur près d’une falaise abrupte. Un échange de tirs désespéré s’engage avec la garde personnelle du chevalier. Le courageux comte de Fourquevaux reçoit une balle bien placée en pleine tête et meurt sur le coup. Frère Jean se livre à un combat au corps à corps brutal avec son complice de toujours, Saint-Clair. Trempés de sang écarlate, les ennemis jurés s’empoignent et plongent du haut de la falaise dans les eaux glacées de la Seine.
Au cours d’un violent échange de tirs, Hector est touché en plein cœur. Le marquis, ensanglanté, s’effondre lourdement au bord d’une route forestière. Le fidèle Coq-Héron parvient à abattre les mercenaires restants et à ramener la calèche transportant Christine, désormais libre, à son époux mourant. Le jeune colonel rend son dernier souffle dans les bras de sa femme en larmes, se remémorant la prophétie funeste prononcée jadis par la gitane. À jamais brisée par le chagrin, Christine décide de se retirer du monde derrière les murs austères d’un monastère. Ayant perdu tout sens à son existence, Coq-Héron retourne en Flandres, priant ardemment pour une mort rapide sur le champ de bataille.
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