« Le Lai du dernier ménestrel » de Walter Scott, résumé
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Ce poème, écrit en 1805, valut à son auteur une renommée internationale et posa les fondements de son style historique. Ce récit chevaleresque et romantique fait revivre les rudes coutumes des Marches écossaises. Il mêle légendes, chroniques et motifs folkloriques évoquant des forces obscures. Le poète y décrit le déclin de la tradition du chant, donnant vie à la figure haute en couleur d’un musicien errant.
L’ouvrage connut un immense succès auprès de ses contemporains et fut réédité à plusieurs reprises. Les lecteurs furent captivés par son intrigue palpitante et ses descriptions précises de la vie médiévale. Les plus grandes figures littéraires de l’époque louèrent l’œuvre, saluant la maîtrise avec laquelle l’auteur avait su saisir l’esprit des siècles passés.
Les pérégrinations d’un vieux chanteur
Le récit s’ouvre sur la description du difficile périple d’un vieux ménestrel errant à travers les terres écossaises avec un jeune orphelin. Le temps des bardes populaires est révolu, ses vieux amis ont disparu et de nouveaux souverains persécutent leurs chants. Le vieil homme solitaire est contraint de mendier auprès du peuple, se remémorant l’époque où il était accueilli avec enthousiasme dans les châteaux des nobles.
Le ménestrel parvient à l’austère forteresse de Newark, nichée au creux des collines. La duchesse de Monmouth aperçoit le voyageur fatigué depuis sa fenêtre et ordonne qu’on l’accueille, qu’on le nourrisse et qu’on le réchauffe. La maîtresse du château, ayant elle-même connu bien des souffrances, compatit à la détresse d’autrui. En signe de gratitude, le ménestrel décide d’interpréter une ancienne ballade relatant les hauts faits des ancêtres de l’ancienne famille Buccleuch.
Se retrouvant dans une salle somptueuse, face à des invités de marque, le musicien est saisi d’une profonde gêne. Ses mains, encore marquées par l’âge, tremblent et ses doigts peinent à trouver la bonne touche sur les cordes de sa harpe. Cependant, les paroles bienveillantes et encourageantes de son hôtesse l’aident à surmonter sa timidité. L’inspiration lui redonne des forces, effaçant le souvenir de ses années de pauvreté, et il se lance dans le récit détaillé de son histoire.
Nuits troublées au château de Branksome
L’action se déplace au milieu des années 1550, au château fortifié de Branksome. Ici, trente vaillants chevaliers sont constamment en armure de combat, prêts à repousser une attaque anglaise à tout moment. Dix guerriers dorment même en armure, tenant leur bouclier sous leur tête et portant des gants de fer pour manger. Des chevaux de guerre sellés se tiennent dans les écuries.
L’ancien chef du clan, le courageux Sir Walter Buccleuch, périt dans une lutte intestine brutale contre la famille rivale des Carr. Sa veuve, une femme austère, est consumée par une soif de vengeance qui étouffe le chagrin normal des femmes. Seules les paroles de son jeune fils, évoquant la vengeance à venir contre les assassins de son père, parviennent à la faire pleurer.
La fille de la dame, la belle Margaret, nourrit en secret une liaison avec le baron Henry Cranston. Le jeune homme est un allié des ennemis de sa famille, rendant leur union apparemment impossible. Sa mère ne consentirait jamais à un tel mariage. Le père de la dame était un sage sorcier qui maîtrisait les arts occultes à Padoue et a transmis à sa fille son profond savoir magique.
Dans une tour isolée, la dame tend l’oreille aux mystérieux bruits de la nuit. Elle surprend une conversation secrète entre les esprits du Fleuve et des Montagnes, qui évoquent le destin de la jeune Margaret. L’esprit des Montagnes lui révèle, à travers les étoiles, que l’orgueil du clan l’emporte encore sur la passion de la jeunesse. À ces mots, la dame prend la ferme résolution que sa fille préférerait mourir plutôt que d’épouser un ennemi.
Le courageux William Deloraine, guerrier renommé des frontières, qui connaît chaque sentier forestier et chaque marais, reçoit l’ordre de seller son cheval sur-le-champ. Il doit se rendre à l’ancienne abbaye de Melrose avant l’aube, y trouver le moine aux cheveux gris et récupérer le trésor du tombeau sacré. L’objet de sa quête est un grimoire secret ayant appartenu au grand sorcier Michael Scott.
La Dame interdit formellement à Deloren d’ouvrir le manuscrit ou d’en lire le contenu, le menaçant de terribles conséquences. Le guerrier s’exécute sans hésiter, déclarant être totalement illettré et incapable même de réciter sa propre prière funéraire. Il entreprend alors un périlleux voyage à travers les plaines nocturnes, à la faveur de l’obscurité.
Le mystère de l’abbaye de Melrose
Deloren fonce vers l’est, laissant derrière lui fortifications frontalières et collines. Il doit traverser à gué la tumultueuse rivière Eil, où l’eau arrive au cou de son cheval. Ayant surmonté tous les obstacles, le cavalier atteint les majestueuses murailles de Melrose, qui apparaissent particulièrement belles sous le clair de lune froid.
Le gardien ouvre la porte, reconnaissant le nom du messager de Branksome, car ce clan a toujours été le protecteur du saint monastère. Guillaume entre dans la cellule silencieuse du vieux moine et lui transmet les paroles de sa dame. Le moine, épuisé par des années d’ascétisme rigoureux et de repentir pour les péchés de sa jeunesse, accepte d’exaucer la volonté de la dame et conduit le guerrier dans le temple faiblement éclairé.
Le prêtre raconte qu’il y a de nombreuses années, il a étudié la magie à Salamanque auprès de Michel Scott en personne. Avant de mourir, le grand magicien se repentit de ses actes et ordonna que le précieux livre soit enterré avec lui. Seul le gentilhomme de Branksome fut autorisé à récupérer le manuscrit en cas d’extrême nécessité. La tombe est gardée par une croix de saint Michel resplendissante, censée repousser les mauvais esprits.
Un guerrier déploie des efforts considérables pour déplacer une lourde dalle de pierre à l’aide d’un pied de biche en fer. Un puissant flot de lumière vive et surnaturelle jaillit de l’ouverture du tombeau, illuminant les voûtes antiques de la chapelle. À l’intérieur gît un sorcier, d’un réalisme saisissant, vêtu d’une large cape, tenant une croix d’argent et un livre précieux dans sa main droite.
Saisi d’une horreur mystique, le sévère Deloren arrache le lourd grimoire des doigts inertes du vieil homme. À cet instant, il imagine le défunt fronçant les sourcils d’un air menaçant. Lorsque la lourde dalle retourne à sa place, le temple sombre dans l’obscurité la plus totale. Le moine et le chevalier reviennent, entendant des gémissements sinistres et surnaturels dans le bruissement du vent nocturne.
Au matin, les moines découvrent le vieux moine sans vie devant le crucifix, où il avait prié toute la nuit pour le pardon de ses péchés. Pendant ce temps, Deloraine regagne le château en hâte, serrant précieusement le manuscrit contre sa poitrine. À l’aube, la belle Margaret quitte secrètement ses appartements pour rejoindre son bien-aimé Henry Cranston à l’ombre d’un chêne centenaire.
Les tours du nain rusé
À côté des amoureux se tient l’étrange page du baron : un nain laid et vicieux, ressemblant à un singe. Cranston l’avait jadis recueilli dans le marais, et depuis, la créature le servait fidèlement, dotée d’une ruse surnaturelle. Soudain, le nain signale un danger imminent, et Margaret se hâte de retourner à la forteresse.
Dans un ravin, le baron croise Deloraine qui revient. Un bref et violent duel à la lance éclate entre les deux vieux ennemis. Cranston blesse grièvement William à la poitrine, le laissant inconscient. Le baron s’éloigne précipitamment, ordonnant à son page difforme de panser le blessé et de le conduire à Branksome.
Le nain maléfique décide de profiter de la faiblesse du chevalier. Il dépouille Deloren de son armure et découvre un grimoire caché. Les fermoirs du manuscrit résistent à la créature non baptisée, mais le nain enduit la reliure du sang chrétien de l’homme blessé. Le livre s’ouvre et le monstre parvient à réciter le premier sort, lui conférant le pouvoir de prendre n’importe quelle forme.
Une force inconnue assène un coup violent au nain, le faisant tomber à la renverse, mais le manuscrit demeure sous son manteau. Le nain conduit Deloren, blessé, jusqu’aux portes du château, déguisé en simple paysan tirant une charrette de foin. Après avoir abandonné le guerrier ensanglanté à l’entrée, le monstre aperçoit le jeune fils de la dame et décide d’attirer l’enfant dans la forêt.
Au cœur de la forêt, le nain révèle sa véritable apparence terrifiante et abandonne le garçon apeuré. Le jeune héritier erre longtemps parmi les arbres jusqu’à ce qu’il soit capturé par un féroce chien de Saint-Hubert anglais. Le fils de Buccleuch fait preuve d’un courage exceptionnel et se défend d’une simple baguette, mais un archer anglais du Lancashire surgit des buissons et fait prisonnier le jeune noble.
Le garçon est emmené au camp de Lord Dacre. Pendant ce temps, le nain perfide prend l’apparence de l’enfant kidnappé et retourne à Branksome. Le loup-garou commence à semer la terreur : il bat ses pairs, déchire les vêtements des femmes et met le feu à la poudre à canon. Son entourage est horrifié par le comportement étrange du jeune seigneur, le croyant possédé par des démons.
La femme, d’un ton sévère, est entièrement absorbée par les soins prodigués à Deloren, blessé. Elle soupçonne une intervention divine et recourt à la magie occulte, purifiant et polissant le fragment de lance ennemie. William, alité, souffre atrocement, réagissant au moindre contact avec l’arme, mais se rétablit peu à peu grâce aux soins de sa maîtresse.
Menace d’invasion ennemie
La nuit tombe sur une obscurité agitée, et les gardes aperçoivent les lueurs des feux de guet sur les collines lointaines. Le château est en état d’alerte : des torches s’illuminent de toutes parts, les cors retentissent et les armes s’entrechoquent. Le sénéchal donne l’ordre urgent d’envoyer des messagers auprès des clans alliés afin de rassembler des renforts pour défendre la forteresse contre l’avancée des Anglais.
Au matin, une immense armée du Sud approche des remparts de Branksome. Lord Dacre et Lord William Howard mènent des détachements de soldats anglais, d’archers de Kendal et de mercenaires allemands en caftans de cuir. Un chevalier écossais grisonnant sort du château, brandissant une branche de saule en signe de trêve, et demande les raisons d’une invasion aussi audacieuse.
Un héraut anglais conduit l’héritier captif de la famille Buccleuch. Les sudistes accusent Deloraine de vol, d’incendie criminel et du meurtre d’un parent Musgrave. Lord Howard propose à la dame de lui livrer William pour un procès équitable, menaçant sinon de détruire entièrement la forteresse et d’emmener le garçon en Angleterre comme serviteur du roi.
La fière dame rejette résolument ces demandes, déclarant que son château est solidement protégé par un rempart profond et régulier. Elle propose de régler le différend par un duel loyal entre Deloraine et Richard Musgrave, conformément aux anciennes lois de la chevalerie. À cet instant, un messager arrive, apportant la nouvelle qu’une importante armée de clans écossais, menée par Douglas et Hume, se précipite vers la forteresse.
Apprenant l’approche de l’armée écossaise, Lord Howard fait preuve de prudence. Il comprend qu’un affrontement avec des forces ennemies supérieures en nombre menace la destruction de son armée. Le chef anglais persuade le fougueux Dacre d’accepter le duel proposé par la dame. Si Musgrave l’emporte, le jeune héritier restera prisonnier ; si William l’emporte, l’enfant sera libéré et les troupes se disperseront pacifiquement.
Les parties concluent un accord formel, fixant un tournoi pour le lendemain matin. Les adversaires doivent se rencontrer dans une clairière devant le château et s’affronter à l’épée et à la hache. Selon les règles, Deloraine, blessé, peut être remplacé par tout volontaire prêt à combattre pour l’honneur de la glorieuse famille Buccleuch. Les chefs écossais acceptent ces conditions, confiants dans le jugement de Dieu.
Duel chevaleresque et réconciliation
De nouveaux contingents écossais arrivent sur les lieux de la bataille imminente. Au lieu d’un affrontement sanglant entre les deux armées, une trêve temporaire est déclarée. Les ennemis jurés de la veille se rencontrent pacifiquement sur les rives de la rivière Tiviot, échangent des poignées de main amicales et participent ensemble à des jeux. Un somptueux festin est donné dans la grande salle du château en l’honneur des chefs écossais et anglais.
Le lendemain matin, de nombreux spectateurs se rassemblent sur la clairière, impatients d’assister au dénouement du duel. Les arbitres, Lord Dacre et Lord Hume, font leur entrée sur le champ de bataille. Des hérauts proclament à haute voix les noms des combattants et les règles strictes de la compétition, qui interdisent à la foule d’intervenir dans le combat. Dames de la noblesse et chevaliers prennent place avec anxiété dans les tribunes.
Les cors retentissent et Richard Musgrave engage un combat acharné contre un adversaire revêtu d’une armure de Deloraine. Des cris de joie résonnent du château : William a été miraculeusement guéri grâce à la magie de la maîtresse. Le combat est long et impitoyable, les lames étincelant sous les casques, et le sol est inondé du sang des combattants. Finalement, d’un coup fatal, le chevalier de Branksome terrasse Musgrave.
Le vainqueur ôte son lourd casque et la foule stupéfaite découvre le visage du baron Henry Cranston. Le jeune homme avait secrètement revêtu l’armure d’un autre pour sauver l’honneur de la famille de sa bien-aimée Margaret. À cet instant précis, le véritable Deloraine sort des portes de la forteresse, pâle et affaibli par ses blessures. Cranston rend le jeune fils sauvé à la dame et demande pardon pour leur querelle passée.
La sévère maîtresse de Branksome, consciente de l’inéluctable fatalité des événements, décide de mettre son orgueil de côté. Elle joint les mains des heureux amoureux et annonce leurs fiançailles, destinées à mettre fin à la longue et sanglante querelle entre les familles. Cranston raconte sans ambages comment son page s’est emparé du grimoire du sorcier et s’est infiltré dans la forteresse sous une fausse identité.
Le héros anglais Richard Musgrave, tombé au combat, est emporté avec les honneurs sur un bouclier par ses camarades. Au milieu des prières funèbres des prêtres et des chants mélancoliques des ménestrels, le cortège funèbre se dirige vers les frontières du Cumberland pour inhumer le corps du chevalier dans le caveau familial. Lord Dacre ramène ses troupes, conformément aux termes du traité.
Le festin de noces et la disparition de l’esprit
Les festivités grandioses du mariage de Margaret et Henry débutent au château. La salle s’illumine de la lueur des bougies, des tenues chatoyantes des nobles invités et du cliquetis des éperons d’argent. Les serviteurs apportent sans cesse des mets exquis : venaison, perdrix et têtes de sanglier. Les chevaliers vident leurs coupes de vins étrangers, se remémorant avec joie leurs campagnes passées et leurs glorieuses victoires.
Le nain rusé continue de tisser ses intrigues parmi les convives, cherchant à semer la discorde. Il parvient à provoquer un duel entre le mercenaire allemand Konrad Wolfenstein et le chevalier écossais Hunthill. Le monstre poignarde alors furtivement l’un des guerriers, déclenchant un terrible tumulte et un chaos indescriptible dans la grande salle.
Pour calmer la foule enflammée, la dame fait appel à des bardes renommés. Le célèbre Albert Graham chante une ballade émouvante sur l’amour malheureux d’une jeune Anglaise et d’un chevalier écossais. Il est suivi par l’inspiré Fitztraver, qui relate le triste destin du poète Surrey et de sa belle amante, Geraldine.
Le jeune chanteur Harold interprète une sombre saga sur Rosabella, disparue en mer lors des tempêtes, et sur les mystérieuses flammes qui ont ravagé l’ancienne chapelle Sainte-Claire. Son chant mélancolique captive l’auditoire, mais soudain, le jour s’assombrit et une étrange obscurité envahit toute la salle. Une terreur glaciale s’empare des convives, et le nain se met à hurler de peur.
Une flèche flamboyante perce les ténèbres, et un coup de tonnerre assourdissant retentit sous les voûtes de la forteresse. Dans l’épais nuage de fumée, des témoins terrifiés distinguent la silhouette d’une cape brumeuse et d’un doigt menaçant. Lorsque les ténèbres se dissipent, le sinistre nain disparaît sans laisser de trace. DeLorean pâlit, reconnaissant dans cette apparition le visage sévère du sorcier Michael Scott en personne.
Bouleversés par les événements, les nobles seigneurs font le vœu solennel de se rendre en pèlerinage à l’abbaye de Melrose pour prier pour le repos de l’âme du grand sorcier. La maîtresse de Branksome prend la ferme résolution de renoncer à jamais à l’aide des forces surnaturelles. Le ménestrel conclut son chant par la description de la cérémonie commémorative solennelle qui se déroule sous les anciennes voûtes du monastère.
Des pèlerins pieds nus, vêtus de cilices, s’agenouillent humblement devant l’autel au son des chants funèbres du chœur monastique. L’évêque trace le signe de croix sur l’assemblée, leur accordant pardon et bénédiction. Le vieux chanteur quitte le château de Newark, après avoir reçu de la généreuse duchesse une confortable cabane au bord de la rivière, où il passera le reste de ses jours en toute quiétude.
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