"La Toison d’Or" d’Amédée Achard, résumé
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Ce roman d’aventures historiques classique, publié en 1875, se déroule sur fond de guerre austro-turque de 1664. Les personnages traversent des bouleversements historiques majeurs, dont la véritable bataille du Saint-Gothard, à travers le prisme des intrigues de cour et de leurs exploits personnels. Il fait partie de la mini-série « Les Aventures du comte de Montestruc » et en est le deuxième et dernier tome. Le premier roman de cette série est « Le Manteau et l’Épée ».
Complot à Metz et embuscade au Tyrol
L’histoire commence au printemps, sur la route de Lorraine. Le protagoniste, Hugues de Montestruc, se rend à Metz avec ses fidèles compagnons : Coquelicot, Cadour et le jeune Anguille. Ils sont bientôt rejoints par le marquis de Saint-Ellis. La crème de la noblesse française, menée par le comte de Coligny, s’est réunie à Metz. Le commandant en chef confie à Hugues une mission secrète : le Gascon doit devancer l’armée, gagner la Hongrie et découvrir les dispositions des envahisseurs turcs.
Là, Huguet rencontre par hasard son pire ennemi. L’ancien capitaine Briquetaille, dissimulé sous le nom espagnol pompeux de Don Manrique, nourrit une profonde rancune. Briquetaille traque l’Italien Pasqualino, messager de la princesse Leonora Mamiani. L’Italien est amoureux de Montestruc depuis longtemps. Elle avertit Huguet du danger imminent qui menace sa bien-aimée, Orphise de Montluçon. Briquetaille blesse le messager et dérobe la lettre, mais celui-ci parvient à transmettre à haute voix les paroles de la princesse.
Pendant ce temps, le comte César de Chivru et le chevalier de Loudéac complotent avec Briquetaille pour éliminer Montestruc. César projette de simuler une agression contre Orphise sur la route de Salzbourg. Il souhaite la sauver héroïquement des griffes de bandits et la contraindre à l’épouser en échange du titre de duc d’Avranches. Briquetaille engage des bandits menés par Penprenelle, qui tendent une embuscade dans une gorge obscure du Tyrol.
L’attaque est presque couronnée de succès. César feint la résistance et la défaite. À ce moment critique, Huguet apparaît avec ses hommes, prévenus à temps par Leonora et St. Ellis. Un véritable combat s’engage. Les bandits prennent la fuite, paniqués. Montestruc sauve Orphisa, déjouant ainsi les plans machiavéliques de Chivru.
Dans le camp ennemi
Après avoir assuré le passage d’Orfiza à Vienne, Hugues se consacre à son devoir envers la France. Il se déguise en marchand italien, Matteo Bordino. Accompagné de l’agile Anguille, le héros infiltre le colossal camp turc du Grand Vizir Ahmet Kupperli, sur les rives du Danube.
Huguet estime la taille de l’armée à cent mille hommes, janissaires et artillerie lourde compris. Mais Briquetaille, déguisé en marchand dalmate, se trouve lui aussi parmi les Turcs. Il trahit Montestruc au cruel Hussein Pacha. Huguet est arrêté et amené devant le Grand Vizir. Le Gascon refuse catégoriquement de révéler les secrets des alliés. Briquetaille soumet alors Huguet à une torture sophistiquée : de l’eau ruisselle sans fin sur le crâne rasé. Le prisonnier, fou de douleur, perd connaissance, mais garde le silence. L’anguille parvient à s’échapper du camp sans être remarquée et court au galop vers les chrétiens pour demander de l’aide.
Le lendemain matin, l’Arabe Kadour et une jeune esclave arrivent à la tente du vizir. L’esclave n’est autre que la princesse Leonora Mamiani déguisée. Kadour simule la trahison avec brio. Il confie au vizir qu’il hait son maître, Huguet, par jalousie. L’Arabe propose de révéler la position exacte des troupes françaises en échange de la vie de Montestruc. Ahmet Kupperli met Kadour à l’épreuve en le menaçant de mort par l’épée du bourreau. L’Arabe ne bronche pas. Le vizir le croit et lui livre le prisonnier.
Cette même nuit, Leonora rend secrètement visite à Hussein Pacha. Il s’avère que, bien des années auparavant, sur les rives du Brenta en Italie, alors qu’elle était enfant, elle l’avait soigné et lui avait sauvé la vie après sa capture. Reconnaissant sa bienveillante sauveuse, le Turc austère accepte de s’acquitter de sa dette. À la faveur de la nuit, Huguet, Leonora et Kadour s’échappent du camp sans encombre. Ils sont poursuivis par des mercenaires de Carpillo, l’assistant de Briquetaille. Kadour crée une diversion, abat plusieurs de leurs poursuivants et rejoint sain et sauf les Français.
Bataille du Saint-Gothard
Dans le camp allié, Huguet avoue aussitôt à Coligny que Kadour a révélé leurs intentions aux Turcs. Le commandant en chef Montecücülly décide d’exploiter cette information à des fins stratégiques. Il modifie radicalement le déploiement des troupes du jour au lendemain. Les secrets transmis au vizir se transforment en désinformation fatale.
Au matin, une bataille sanglante fait rage sur les rives de la Raab, près du monastère Saint-Gothard. L’armée turque perce rapidement le centre chrétien. Les janissaires s’emparent du village de Grossdorf et le transforment en forteresse. La situation semble catastrophique. Yuge combat héroïquement en première ligne. Il tue un noble guerrier turc lors d’un duel de cavalerie. Au cours de cette bataille, Kadur protège Montestruc d’un tir traître et est mortellement blessé. L’Arabe meurt dans les bras d’Orphisa, arrivée in extremis. Il lui baise la main et s’éteint, la conscience enfin apaisée.
Huguet suggère à Coligny d’attaquer les janissaires surexcités par les flancs. Coquelicot met le feu aux herbes sèches des marais côtiers. L’incendie et l’épaisse fumée masquent l’avancée des alliés. La cavalerie française de Lafoyade et les reîtres allemands fondent sur les Turcs désorientés. L’armée du Grand Vizir prend la fuite en panique et se noie par milliers dans les eaux tumultueuses du Raab. La bataille s’achève par un triomphe pour les Européens. Pour son héroïsme exceptionnel, Huguet est chargé d’annoncer personnellement la victoire au roi à Paris.
Intrigues à Paris
Tandis qu’Huguet combattait vaillamment, César de Chivru et Loudéac s’enfuirent précipitamment en France. Chivru amena Orphise et Leonora dans la capitale. Il s’allia à la chambellane de la reine, Olympe Mancini, comtesse de Soissons. Olympe vouait une haine farouche à Montestruc et était ouvertement hostile à la nouvelle maîtresse du roi, la duchesse de La Vallière.
Chivru demande à Louis XIV la permission d’épouser Orphise en échange de sa loyauté. La jeune fille refuse catégoriquement. Le monarque, furieux, envoie sa filleule rebelle à l’abbaye de Chelles. Peu après, Huguet arrive à Paris. Loudéac et Carpillo ourdissent un complot. Carpillo s’introduit secrètement dans la chambre de Montestruc à l’auberge des Trois Pigeons et y cache des lettres falsifiées. Les mercenaires attaquent alors Huguet au pied du monastère. Montestruc est arrêté et jeté au Châtelet. Il est condamné à l’échafaud pour trahison, un crime qu’il juge injustifié.
Les fidèles amis de Montestruc accourent à son secours avec abnégation. L’actrice Brisquette, jadis au service d’Huguet et secrètement amoureuse de lui, coordonne les efforts. Coquelicot, Anguille et leur nouvelle alliée, Penprenelle, s’introduisent en pleine nuit dans la demeure de Chivru. Ils forcent un ingénieux coffre-fort secret et dérobent des documents confidentiels. Ces documents révèlent au grand jour la duplicité et la trahison de Chivru et de la comtesse de Soissons.
Briscetta corrompt une servante du couvent et s’infiltre dans l’abbaye de Chelles. Elle échange sa robe avec Orphisa et reste enfermée dans sa cellule. Orphisa se précipite au tribunal. Elle entre dans la salle d’audience, interrompt le discours du procureur et annonce publiquement qu’Hugues est son fiancé. Le procès est suspendu, les juges sont complètement déconcertés et attendent la décision du monarque.
Victimes et châtiment
Le roi ordonne à Loudéac de transporter temporairement Huguet à la forteresse d’Amboise. La princesse Léonore intercepte le convoi à l’auberge de Beaugency et supplie Loudéac de libérer le prisonnier. Le chevalier lui lance un ultimatum : il exige la réciprocité. Léonore jure de se donner à lui, vivante ou morte, si Huguet est libéré. Dès que Montestruc s’éloigne, la princesse se poignarde avec une épingle en or empoisonnée. Saint-Ellis, accourant, découvre sa bien-aimée morte. Le marquis se lance alors dans un duel féroce avec Loudéac. Les deux adversaires s’entretuent et meurent sur le coup.
Entre-temps, Brisquette, déguisée en page en livrée royale, s’introduit clandestinement au château de Chambord. Elle remet les documents volés à la duchesse de La Vallière, qui les présente aussitôt à Louis XIV. Le roi découvre alors l’amère vérité sur la conjuration de Chivru-Soissons. Le monarque ordonne la réhabilitation complète de Montestruc et la libération d’Orphise.
Apprenant son échec cuisant, Chivru décide de tout miser. Accompagné de ses fidèles Briquetaille, Carpillo et Sanguinetti, il trompe Orphisa et la fait sortir du château, avec l’intention de l’enlever sur une barge. En chemin, les conspirateurs sabotent délibérément la diligence et s’arrêtent dans une auberge côtière. Chivru tente d’enlever la jeune fille de force. Le marquis de Frenoise, habitant du village, essaie de l’arrêter, mais Carpillo lui tire dessus. Carpillo est aussitôt abattu par les chiens de chasse du marquis.
À cet instant précis, Huguet fait irruption dans la cour de l’auberge. Gascon, Coquelicot, Anguille et Penprenelle se jettent sur les brigands. Le combat final, d’une violence inouïe, fait rage. D’un coup précis, Huguet transperce Chivrya. Petite Anguille blesse mortellement l’énorme Briquetaille. Les brigands sont enfin vaincus, la justice triomphe.
Orphise de Montluçon est sauvée à jamais. Huguet l’enlace avec une tendresse infinie. Le roman s’achève sur une lettre touchante du jeune comte à sa mère. Il lui demande respectueusement sa bénédiction pour épouser Orphise, annonçant fièrement qu’il a enfin conquis sa Toison d’or.
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